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  • : En peinture, l'art de l'aquarelle est un mode d'expression qui va des carnets de voyages à la création de tableaux : en voici les différentes facettes inspiratrices, techniques et créatives selon Alain MARC ...
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Alain MARC en live : si vous me voyez sur l'écran ci-dessous, c'est que je suis en ligne (pour le vérifier cliquez sur l'interrupteur, puis cliquez sur "Live Streaming Video") . Vous pouvez alors communiquer avec moi par message instantané (on peut aussi "basucler" sur Tinychat si vous avez webcam - micro) = voir tout en bas des pages de ce blog !

Stages d'aquarelle et carnets de voyages :
Pensez dès à présent à réserver vos stages 2010 :

- Les stages "classiques" tels ceux du JURA ORIENTAL (été et pour la 1ère fois cette année hiver), de PROVENCE, des GORGES DU TARN, ou dans LE GERS (mais il y en a d'autres) sont des sessions multi-niveaux d'aquarelle traditionnelle avec une initiation à son application aux carnets de voyages, ils vous offrent de nombreuses opportunités de travail sur le motif, très polyvalentes, se sont des stages pour tous niveaux, y compris pour débutants .

Cliquer sur l'image ci-dessus,

c'est l'un des "classiques" 2010 !

- Les stages "carnets de voyages" sont une véritable immersion dans la pratique du carnet de voyage et de l'aquarelle sur le terrain, et sont ouverts aux débutants comme aux stagiaires plus expérimentés . Ce sera vers le Maroc, l'Atlas, Marrakech et Essaouira, mais aussi vers le Vietnam et la Baie d'Halong que vous pourrez aller en 2010, et l'Andalousie de la Route du Califat, l'Algérie du Mzab ou l'Anti-Atlas et le Tibet qui vous attendent pour 2011 ...

 

Cliquer sur l'image ci-dessus,

c'est l'un des carnets de voyages 2011 !

- Les stages "formule découverte" sont de nouveaux stages en séjours courts ou carnets de voyages avec planning «allégé» : plus qu'une découverte, ils vous ouvrent les portes de l'aquarelle en voyage !

N'hésitez pas à me demander les informations sur tous ces stages par courriel (voir plus haut) .

 

Extraits vidéo d'Aquarelle en Voyage :  

Vos prévisions météo

- précises et à 3 jours en France pour votre localité
ou destination avec Météociel
- à 3 jours aussi dans le monde quel que soit le pays, avec La chaîne météo

  

Équipiers-équipières aquarelle

 

- Vous aimeriez partager vos bons moments d'aquarelle lorsque vous partez peindre dans votre ville ou votre quartier ? - vous aimeriez aller peindre avec d'autres artistes motivés comme vous lorsque vous voyagez ?
Alors cet espace est fait pour vous uniquement si vous êtes amateurs souhaitant vous retrouver entre-vous (je réfléchis pour l'avenir à une autre rubrique possible s'adressant aux professionnels ou semi-professionnels) : - si vous êtes amateur donc,  et voulez entrer dans ce module transmettez-moi votre prénom (ou un pseudonyme et lieu de résidence) je les rajouterai ci-dessous en établissant un lien anonyme avec votre e-mail, et vous pourrez ainsi trouver des coéquipiers  (ères) de peinture plus facilement . Il suffira de cliquer dessus pour vous écrire un e-mail !


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Aveyron, carnets de voyages et balades

Journées d’initiation au « carnet de voyage » dans le cadre du Festival de la Randonnée Pleine Nature (A) .

Voici le résumé des deux journées de « randonnée - aquarelle - carnet de voyage » que je vous avais annoncées lors d’un précédent article .

Je devais les animer sur des parcours très faciles du 8ème Festival de la Randonnée Pleine Nature qui se déroulent en ce moment en Nord - Aveyron, et elles connurent un véritable succès lié certainement au choix des itinéraires et à l’intérêt qu’ils présentaient sur le plan pictural .

- Premier jour premier itinéraire, « Lo Camin del Castel » (ce qui veut dire en occitan « Le chemin du château ») qui emprunte l’ancien chemin médiéval d’Espalion à Calmont jusqu’en haut de la butte de ce petit hameau, contourne cet important château médiéval du Haut Rouergue, et revient à Espalion par l’ancienne rue droite de Calmont qui aboutit en plein centre de la jolie bourgade . Les points de vue jalonnant le parcours sont parmi les plus beaux de cette région, et les sujets de peinture innombrables .

Une partie du trajet emprunte un très joli sentier constitué de fragments d’orgues de basalte, la butte du Calmont étant presque exclusivement basaltique, reliquat au sud du Lot de l’immense coulée de lave qui donna naissance au plateau de l’Aubrac …

L’objectif de cette initiation au carnet de voyage était de réaliser au moins une planche de croquis, textes et aquarelles relatant notre journée, tout en apprenant les rudiments de ce mode d’expression . Chacun était autonome, avait dans son sac matériel de peinture et pique-nique, était bien chaussé et prêt à se consacrer entièrement à la découverte de l’aquarelle, moteur de cet original parcours .

Résultat de l’expérience chaque participant revint avec au moins deux pages très intéressantes, certains avec trois pages de motifs très vivants et variés !

Les ruines du vieux château comme toile de fond pour ce paysage verdoyant et bucolique qui aurait inspiré les plus réfractaires contradicteurs de l’aquarelle !

 Formidable moment de récréation dans la basse-cour d’une ferme du hameau de La Saliège : même celles et ceux qui se croyaient les moins doué (es) ont réussi de magnifiques motifs, … et la fermière toute émue décida sur le champ de se mettre à l’aquarelle tant elle fut convaincue !

L’étape du chapiteau médiéval au sonneur de cor fut aussi très appréciée, ce petit chef-d’œuvre rajouté à ce mur par hasard provient certainement du château voisin . J’imagine qu’il illustre un passage de la Chanson de Rolland, si quelque un peut m’en dire plus j’en serai ravi, il est photographié dans l’article de présentation des ces journées que vous pouvez revoir en cliquant ici .

Voici en résumé l’une des pages réalisées par une participante, qu’elle me pardonne d’avoir oublié son nom, son travail était très vivant, si elle le reconnaît j’espère qu’elle m’écrira pour me rappeler comment elle se nomme : je réparerai immédiatement cet oubli !

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Aquarelle et randonnée, … au Festival de la Randonnée Pleine Nature .

Vous vous souvenez peut-être de l’article que j’avais écrit à propos de la sortie du topoguide du Comité Départemental de la Randonnée Pédestre de l’Aveyron, aux presses de la Fédération Française de la Randonnée :

« Les plus beaux villages de l’Aveyron… à pied » …

Eh bien c’est dans cet esprit mais avec deux randonnées très courtes (pour les rendre accessibles à des enfants ou personnes n’ayant aucune habitude de la randonnée pédestre), que j’animerai sur des parcours très faciles, deux journées d’aquarelle dans le cadre du 8ème Festival de la Randonnée Pleine Nature qui vient de commencer en Aveyron .

J’éprouve beaucoup de plaisir à partager mon expérience dans ce type de randonnée à aider chaque participant à réaliser son motif avec le plus de réussite possible . Nos poses peinture ne sont jamais trop longues, et elles ponctuent notre parcours en s’adaptant aux changements de lumière autant qu’au plaisir de la découverte : assurément, vous y êtes toutes et tous les bienvenus (es) !

Ce fort intéressant festival connaît un succès croissant qui dépasse à présent les limites de notre beau département . Il se déroule du 14 juillet au 15 août sur 11 cantons du Nord Aveyron et ne concerne pas seulement les randonneurs pédestres .

Sur des parcours extrêmement nombreux et variés, ce sont des centaines de sorties qui sont proposées sous toutes les formes de moyens « naturels » de locomotion : promenades au pas de l’âne, descentes en canoë et Kayak, randonnées VTT libres ou accompagnées, cyclotourisme, « escalarbre », vias ferratas et parcours aventure, canyonning, trotinette de montagne, parcours aérien, spéléologie sportive, « golfun », randonnées équestres, visites guidées à thèmes (patrimoine, culture, histoire, etc.), balades à thèmes plus scientifiques ou spécifiques (astronomie et observation du ciel en nocturne, botanique, faune, flore, géologie et géomorphologie, parcours écologiques et pêche en rivières), avec en plus de tout cela autour d’expositions, de veillées et de nombreux films, un grand nombre d’animations (quilles de 8, championnat de France de chiens de troupeaux, etc.) …

Cette ferme rouergate (grange à droite couverte de tuiles mécaniques rouges ce qui est plutôt anachronique en nord Aveyron et pays ruthénois) présente un porche d’entrée remarquable, c’est pour cette raison que je m’y suis arrêté . Je l’ai traitée en aquarelle classique de façon assez légère, et une fois l’aquarelle sèche j’ai rehaussé au trait et à la plume avec de l’encre sépia délébile les détails graphiques les plus évidents (bordures et angles de certaines pierres, de certaines lauzes des toitures, le bord des parties à l’ombre des linteaux de portes et fenêtres et de bordures de toits, etc.) . Enfin j’ai dilué ou fait fuser à l’eau claire avec le pinceau les traits d’encre les plus marqués, afin de mieux intégrer le graphisme à la couleur … (Aquarelle Alain MARC 21 x 29,7 cm)

Ce coq de clocher en tôle polychrome orne une croix dans le hameau de Pomerols perché avec les ruines de son château médiéval au dessus du Lot . Nous découvrirons ainsi de petits joyaux de l’art populaire dans le plus beau des musées : le milieu rural qu’ils n’ont jamais quittés et où leur rôle d’identification aux racines ancestrales est toujours vivant …

Je vais donc en ce qui me concerne animer deux balades artistiques basées sur l’initiation au carnet de voyage et à l’aquarelle, qui nous feront cheminer sur deux très jolis petits itinéraires …

- Premier itinéraire le mardi 1er août : départ d’Espalion pour une balade originale sur « Lo Camin del Castel » qui nous emmènera par l’ancien chemin médiéval d’Espalion à Calmont jusqu’en haut de la butte de ce petit hameau, au pied de cet important château médiéval du Haut Rouergue . Nous redescendrons par la rue droite de Calmont qui nous ramènera devant la mairie d’Espalion .

Nous travaillerons aussi bien le paysage avec les très belles vues sur la vallée du Lot et l’Aubrac, que l’architecture ou les détails du patrimoine local .

Superbe chapiteau polychrome aussi (mais il a perdu ses couleurs) représentant un personnage sonnant du cor (troubadour, chevalier, chasseur ?) une pierre de grès de rougier parmi les autres dans le bâti d’une maison du hameau de Calmont : sans doute provient-elle du château médiéval à une centaine de mètres de là ? - Encore un intéressant motif pour notre petit carnet de voyage d’un jour !

- Deuxième itinéraire : le vendredi 4 août à partir du petit village de Coubisou . Ce sera une jolie boucle autour de ce charmant village perché sur un promontoire . Comme pour la boucle du « Camin del Castel », nous peindrons de bucoliques paysages avec en fond le hameau aux ombres toujours différente selon les heures du jour, et de nombreux petits motifs en rapport avec l’architecture ou le patrimoine .

Pour les deux sorties, il faudra amener son pique-nique personnel, ne pas oublier de boire régulièrement s’il fait chaud comme ces jours-ci, et être correctement chaussé pour cheminer dans les sentiers et chemins creux qui nous attendent .

Une avancée de grange nord aveyronnaise typique : - c’est un motif qui peut être réalisé assez vite sur la base d’un croquis aquarellé aux crayons de couleurs aquarelle . Il faut faire très attention avec ces crayons à ne pas utiliser des couleurs qui se révèleront criardes une fois humidifiées (par exemple la plupart des verts) . Une fois le dessin réalisé on pose les couleurs au pinceau comme pour un croquis aquarellé au crayon à papier (et pas seulement avec de l’eau seule), puis on laisse sécher . Enfin on peut faire quelques rehauts au crayon aquarelle de couleur bleu outremer ou gris, ou terre d’ombre brûlée ou sépia (ou un peu de chaque suivant nécessité) . Un peu d’eau claire sur le pinceau passée en bordure de ces derniers traits peu les intégrer au motif plus harmonieusement s’ils sont trop « visibles » . (Aquarelle Alain MARC 14 x 18 cm)

Si vous êtes en Aveyron à ce moment-là et que vous souhaitiez vous essayer au croquis et à l’aquarelle inscrivez-vous dès à présent auprès de l’Office du Tourisme d’Espalion au 05 65 44 10 63 ou directement au 05 64 44 10 37 vous êtes les bienvenus (es) !

Et si vous voulez connaître le programme détaillé de cet original festival d’été, rendez-vous sur leur site :

http://www.netrando.fr/fr/festirando2006.htm

 Voici une superbe sarrasine en fer découpé à la forge au tranchet, ornant et défendant un « fénéstrou » (petite fenêtre en occitan), toujours dans le village de Calmont . Il y en avait à l’origine une autre placée perpendiculairement : elle croisait la première, et on en voit les trous de fixation carrés sur les pierre d’encadrement en haut et en bas . C’est un motif à ne pas négliger qui peut tout à fait « terminer » une page consacrée aux détails du bâti local .

 

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Fin du parcours aquarelle - VTT .

 

Suivant le cours du Dourdou, nous arrivons enfin à l’aplomb du gros rocher de Rodelle, un village charmant perché sur la dite roche, qui pourrait être s’il n’y en avait pas tant dans le département, encore un village parmi les plus beaux de France .

Sans doute est-il trop petit pour en faire partie ?

Il domine le vallon où nous arrivons, et petit Jo préfère ne pas regarder vers le haut pour ne pas se décourager en voyant la montée qui nous attend à présent !

Heureusement qu’il y a une pose « découverte » à mi-chemin : nous voyons sur notre droite peu après avoir commencé la montée vers Rodelle, une pancarte indiquant « Grotte de Sainte Tarcisse, bout du pré, 200 m » .

Voilà une chose surprenante en ces lieux, mais ma foi, il y a déjà à l’autre extrémité de la région la grotte de Lourdes, pourquoi n’y aurait-il pas ici aussi une grotte « miraculeuse » ?

- Allons voir cela de plus près !

Il faut franchir un petit ruisseau pour s’engager dans la prairie menant à la grotte, nous allons en savoir plus dans quelques instants …

- Bizarre cette grotte ! … Et puis, comme dans de nombreuses grottes, pas d’éclairage dedans !

Après s’y être glissé avec prudence, Petit Jo y découvre faiblement éclairé par l’ouverture de l’entrée, un bénitier recueillant l’eau de la voûte : c’est l’eau aux vertus miraculeuses !

Juste à côté de la grotte est construit un minuscule sanctuaire abritant une statue de la Sainte, où nous obtenons toutes les explications : petite fille de Clotaire (premier roi de France), Ste Tarcisse est née en 525 .

Guidée par une voix divine, elle se réfugie dans cette grotte après avoir traversé toute la France, fuyant un mariage princier (un riche seigneur de Germanie bien plus âgé qu’elle) qui ne l’intéressait pas du tout .

Elle mena en ces lieux une vie angélique, et son premier miracle se produisit après sa mort à l’entrée de la ville de Rodez, lorsque l’évêque de la ville la pria intensément auprès de la dépouille d’un jeune homme qu’on emportait vers le cimetière, et qu’elle ressuscita sur le champ (enfin, sur le tour de ville de l’époque) !

Depuis, nombreux ont été ses miracles, particulièrement pour les maladies des yeux (à laver avec l’eau de la grotte qui n’est toujours pas polluée par les infiltrations du plateau), pour les histoires de mariages compliqués, l’heureuse délivrance des femmes en couches, et plein d’autres prodiges pouvant intéresser jeunes mères et nourrices …

Nous quittons bientôt cet endroit bucolique pour reprendre la montée vers Rodelle, le but de notre courte randonnée .

Un autre ravitaillement et la voiture du retour nous y attendent, c’était une formidable après-midi !

Au milieu des jolies maisons rouergates, fin de la Grand rue de Rodelle, qui se termine par un sentier à flancs de rocher tout parfumé de roses sauvages et de lilas d’Espagne .

J’y peins cette première aquarelle sans aucun dessin préalable, que je ne veux pas « bâcler » mais qui va être très vite réalisée de la pointe du pinceau, car je n’aime pas passer des heures sur une aquarelle, ni même chercher des effets à ne plus en finir, le produit de l’instant étant ce qui me comble le plus avec ses erreurs de séchage ou de dessin . (Aquarelle Alain MARC 21 x 29,7 cm)

 

Celle-ci, c’est un croquis aquarellé « vite fait » lui aussi, où on voit le rocher dominant la vallée de plus loin, sur lequel s’appuient les maisons du village … (Aquarelle Alain MARC 12 x 16 cm)  

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En VTT, la descente vers le Dourdou .

 

Le village de Barriac, au nord du Causse Comtal en Rouergue n’est pas très éloigné de celui de Bozouls, plus à l’est, qui est situé autour d’une véritable merveille géologique .

Effectivement, ce site exceptionnel a été créé par le cours de la petite rivière du Dourdou venant du sud du causse, elle y a creusé une profonde gorge en forme de boucle autour de laquelle le village de Bozouls s’est construit .

Je suis avec petit Jo et Fred en parcours VTT .

Nous reviendrons une autre fois visiter ce curieux village, et découvrir son environnement si particulier, mais aujourd’hui ce sont les gorges un peu plus en aval qui nous intéressent dans le cadre de notre randonnée .

Au dessus, le causse est plus verdoyant qu’ailleurs, avec ses bocages séparant les prairies et les champs de blé, même si le karst y est omniprésent avec ses affleurements et ses avens comme le gouffre de Barriac tout proche .

Herbes rases et champs cultivés dans les dolines, lapiaz à nu, cades, buis et genévriers, petits chênes, murettes de pierres sèches : c’est tout le charme de notre causse, nu sous le soleil, qui exhale ses parfums de sarriette, de lavande officinale, d’origan commun … (Aquarelle Alain MARC 21 x 29,7 cm)

Causse vert et bleu des plantes médicinales,

Ocre et grisé aux calcaires feuilletés des marnes ancestrales,

Mémoire vivante des océans endormis en ses entrailles,

Mémoire des lagunes aux aiguilles d’oursins figées dans le lias,

Mémoire des blondes dolomies émergeant du permien,

Chant trisyllabique, répétitif et doux des huppes fasciées,

Tireli cristallin des alouettes lulu aux landes et garrigues,

Perçant piaulement des buses survolant les dolines,

Bruissement des ascalaphes soufrés aux catananches bleues,

Blanche chevelure des stipes pennées emportées par le vent,

Cliquetis de sonnailles des troupeaux,

Vous êtes dans la force des esprits de la terre,

Vous êtes dans le souffle de l’autan sur les fétuques,

Vous êtes dans la chair des stalactites ocres qui distillent le Temps,

Vous résonnez en moi comme un chant de griot,

Vous me dites l’amour des bergers pour l’argile nourricière

Ce plateau repoussant ses limites dans l’espace,

En mêlant vos racines aux clameurs de mon être,

Pour que chacun de mes pas relie mes origines

Aux sources des étoiles …

Nous sommes partis très tard et le « ravitaillement » nous attend au métier à ferrer des Escarbins : rafraîchissement et goûter sont les bienvenus pour petit Jo !

Et puis c’est la plongée vers le Dourdou sur le chemin caillouteux au pied de la falaise aux étonnantes strates qui nous livrent les secrets de leur géologique et sédimentaire histoire .

À mi-chemin des deux derniers lacets avant le Dourdou, la cascade temporaire des Escarbins (elle coule surtout par temps d’orage), se déploie à droite du chemin dans un superbe petit cirque surplombant le taillis . (Aquarelle Alain MARC 24 x 32 cm) Enfin c’est l’arrivée au pont des Prades et au moulin du même nom, qui marque l’entrée de l’itinéraire dans sa deuxième partie de parcours …

Après plusieurs chutes dans la descente, (petit Jo se relève chaque fois courageusement sans céder aux larmes malgré son genou et ses mains écorchés), il ne met vraiment pied à terre la première fois que dans le raidillon de La Pradelle, quittant le casque pour aborder un peu plus calmement cette remontée transitoire !

 

 

Nous aborderons la prochaine fois la dernière partie de ce petit trajet en photos et aquarelles, il y a de belles découvertes sur le chemin …

En attendant, si vous aimez et connaissez le riche terroir aveyronnais, je vous invite à participer au concours organisé par le magazine d’été de La Dépêche du Midi Guide 2006 vacances spécial « Aveyron » (page 91) et les Éditions du Rouergue, vous pourrez ainsi gagner mon livre « Aveyron, Carnet de routes » et bien d’autres ouvrages sur notre beau département ! 

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Randonnée peinture et VTT au cœur du Causse Comtal .

 

Aujourd’hui j’ai retrouvé mon petit Jo, et nous partons avec Fred en « rando VTT » et aquarelle, à la découverte d’une secrète vallée du Causse Comtal et d’un village qui, même s’il n’est pas classé parmi les plus beaux de France a beaucoup de charme perché sur son éperon de Rocher calcaire .

La randonnée n’est pas très longue (moins de 10 km) ni difficile et peut être réalisée par un petit garçon de huit ans comme le petit Jo . (Photo Alain MARC)

Carte IGN au 25000 ème : 2438 Ouest « Estaing » .

Dénivelé négatif : 195 m

Dénivelé positif : 95 m

Temps nécessaire envisageable avec un enfant : 2 à 3 heures .

Ne pas oublier une gourde d’eau pour chacun, des fruits secs et autres petits « en-cas » énergétiques . Le casque est indispensable surtout pour la descente sur le Dourdou caillouteuse et cassante .

Sujets de peinture : innombrables dont paysages, sous-bois, cours d’eau, objets ruraux traditionnels, architecture des hameaux de départ, d’arrivée et traversés .

Voici le détail du trajet surligné en vert . Il peut être continué en boucle en rejoignant Barriac par le petit village de Maymac, mais il faut rajouter 100 de dénivelé positif .

Notre point de départ se situe à la sortie du village de Barriac situé au nord du causse et connu pour son gouffre du même nom, haut lieu de la spéléologie locale . Partir par la petite route des Escarbins (hameau peu éloigné) qui permet de traverser les bocages du Causse Comtal . En arrivant aux Escarbins quitter la route à l’entrée du village pour un chemin de terre légèrement à droite, peu après l’ancien métier à ferrer : il se prolonge par un parcours caillouteux descendant directement vers le Dourdou .

Nous découvrirons avec petit Jo et Fred dans le prochain article quelques aspects de ce trajet avec les aquarelles que j’ai pu en retirer .

En attendant voici un tombereau abandonné sur le Causse Comtal : c’était une grosse charrette tirée par des boeufs qui servait à transporter des matériaux lourds et des pierres, particulièrement pour les travaux des champs et le bâtiment . On le vidait en faisant basculer son plateau qui était fixé au timon par un axe en l’inclinant vers l’arrière . (Aquarelle Alain MARC 21 x 29,7 cm)  

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Les plus beaux villages de l’Aveyron, … à pied, et en aquarelle .

 

Voilà un excellent petit topoguide qui vient de sortir !

Car c’est un bonheur pour l’aquarelliste, le paysagiste et le carnettiste que de découvrir un pays, une région et ses sentiers les plus secrets, ce genre d’ouvrage à la main .

« Les plus beaux villages de l’Aveyron… à pied » vient donc de paraître à l’initiative du très dynamique Comité Départemental de la Randonnée Pédestre de l’Aveyron, aux presses de la Fédération Française de la Randonnée .

Il appartient à cette intéressante série de documentation pratique dans la collection « Promenade et Randonnée » que tout peintre de nature et de beaux paysages devrait avoir dans sa besace .

La couverture du topoguide avec en photo une jolie rue de Conques …

Les plus beaux villages de France sont souvent au rendez-vous des concours de peinture et autres journées de découverte picturale dont le succès va sans cesse croissant .

Chaque région, chaque département s’enorgueillit d’en posséder un ou plusieurs : - savez-vous que l’Aveyron est un des départements qui en possède le plus ?

Souvent restés à l’écart des grands axes de développement, ils ont gardé un charme incomparable, avec leur architecture miraculeusement préservée .

Je vous reparlerai dans d’autres articles de ces dix villages privilégiés dont j’ai déjà eu le privilège de « brosser le portrait » dans mon livre de croquis et aquarelle de voyage « Aveyron , Carnets de Routes » .

Mais cette fois, à la demande du CDT, c’est sous un jour nouveau que je les ai revisités apportant par de toutes petites illustrations ma contribution à cet ouvrage .

Les cartes topographiques au 25000 ème et de superbes photos illustrent aussi les pages de randonnées se déroulant dans et autour de ces villages, et mes propres petits dessins et aquarelles sont là pour porter un regard sur le détail inattendu, l’objet, la plante, la chose rare, infime et pourtant essentielle à découvrir au détour du chemin …

La « cardabelle » nom local de la carline à feuilles d’acanthe est l’emblème du Rouergue, le chardon chéri (que dis-je : adulé !) de toute une région, on en trouve en masse sur le Larzac tout autour du village templier de la Couvertoirade . (Aquarelle Alain MARC)

La particularité des plus beaux villages de l’Aveyron est bien qu’aucun ne se ressemble, qu’ils sont là à vous attendre chacun dans son écrin de verdure, de roches ou d’eau vive, et qu’on découvre à travers eux des caractères du terroir totalement différents puisque ce terroir est soumis à des influences climatiques, géographiques, architecturales et réales elles-mêmes très différentes .

L’unité dans la diversité : une chance incomparable dans notre ruralité souvent uniformisée par le passage de la polyculture variée à la monoculture à outrance .

Le Rouergue a échappé à cela Dieu merci, et le découverte de nos campagnes en témoigne .

Ce vieux brabant est abandonné dans un fossé en lisière d’un champ non loin de la bastide royale de Sauveterre, mais les paysages du Ségala où se blottit ce superbe village n’a pas changé avec ses bocages et ses châtaigneraies … (Aquarelle Alain MARC)

Parcourez ces merveilleux villages : vous serez surpris par le concentré de richesses historiques qu’ils vous réservent, la gentillesse de leurs habitants et le nombre incroyable de sites à peindre avec toutes les lumières possibles !

Ambiances uniques les couleurs bleutés du matin dans les ruelles embrumées de Brousse-le-Château en automne au bord du Tarn .

Basalte brun et oxyde rouge et anthracite des laves sombres de Roquelaure, pierres lie de vin et calcaire blond de Conques la mystique sur les chemins de Saint-Jacques …

Chaque lieu va vous enchanter, et vous ne saurez plus où poser votre chevalet, où saisir vos aquarelles .

 

 À Sainte-Eulalie coule l’eau vive qui descend du causse et se mêle à celle du Lot . On y trouve d’adorables moulins et de jolies maisons aux riches façades . (Aquarelle Alain MARC)

Un ancien verrou tout rouillé mais qui fonctionne encore : vous le découvrirez si vous cherchez bien dans la bourgade d’Estaing, un village « coup de coeur » avec son château et ses toits pentus aux ardoises grises et luisantes sous le soleil d’été . (Aquarelle Alain MARC)

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La parenthèse des quilles de huit .

 

Je fais une parenthèse au milieu de mes articles consacrés à la « démarche globale du peintre voyageur », car ce matin en faisant mon entraînement VTT, je suis passé près du stade de quilles (oui, cela existe) du petit village de Gages le Pont, où se déroulait le championnat du district local des « quilles de huit » ...

J’ai donc fait demi-tour et ai foncé chez moi chercher mon matériel d’aquarelle de voyage et d’enregistrement vidéo pour vous faire partager ce moment tout à fait unique, dont je vous ai déjà par ailleurs livré quelques croquis dans mon livre de notes rouergates « Aveyron, Carnet de routes » .

Car qui n’est pas rouergat ne peut connaître ce sport traditionnel qui est le jeu favori de très nombreux aveyronnais .

Ils l’ont même porté au rang de philosophie tant ses adeptes les plus engagés y trouvent le reflet de toute l’âme de leur terroir .

Il faut dire que l’originalité, le pittoresque et la convivialité de cette pratique véhiculent de très nombreuses valeurs culturelles et humaines qui ne le cèdent en rien à la performance sportive !

 Animation colorée, bruit de quilles et boules de bois qui s’entrechoquent, éclats de rires et invectives : toute l’ambiance d‘une matinée de championnat de quilles de huit… (croquis aquarellés A. MARC)

Imaginez : une boule de bois (de 4 à 6 kg pour 24 à 28 cm de diamètre !) dont il faut se servir comme d’une masse pour frapper une quille tenue à bout de bras (nommée « quillou » ou « quille joueuse ») qui va s’envoler et tomber sur les huit autres avant que la boule de bois dur ne vienne à son tour tenter de faire tomber celles restées encore debout sur le sol (elles font 60 cm de haut) …

Cela demande d’autant plus de force, d’adresse, d’équilibre et de stratégie, que les joueurs (et joueuses car ces dames et demoiselles sont de plus en plus nombreuses à pratiquer ce sport) doivent reculer de plus en plus loin à chaque nouvelle frappe jusqu’à une distance de 20 m !

Ce qui vous laisse imaginer les prouesses auxquelles se livrent les quelques 3500 personnes qui jouent régulièrement aux quilles en Aveyron .

L’âpreté et le pittoresque des championnats et la passion se dégageant de ces rencontres (où les meilleurs sont classés en « excellence » et « honneur »), nous révèlent des joueurs qui méritent vraiment le qualificatif « d’élite » à la manière de sportifs de haut niveau qui restent dans ce domaine totalement modestes et anonymes …

Aussi, je tenais en passant à rendre hommage à ces ambassadrices et ambassadeurs d’une tradition où toutes et tous des poussins aux vétérans, élèvent leur sport favori au statut de phénomène culturel, pour le meilleur de leur terroir .  

                

Une minute de vidéo et vous en saurez plus sur cette étonnante pratique grâce à cette superbe et sympathique équipe de Sébazac-Concourès (du district « Comtal-Phalanges » près de Rodez) …

Si vous possédez le lecteur multimédia « Microsoft Windows Média Player », vous pouvez facilement visionner ce clip . 

 

 

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Bonne Année 2006 : émerveillez-vous !

Toujours en Aubrac : la forêt est aussi jolie que celle du « Monde de Narnia »  !… (photo Alain MARC)

Dire que je vous avais préparé une magnifique page pour le jour de l’an !

… Et puis rien, sur mon blog rien du tout ce jour-là, j’étais aux abonnés absents .

Surtout ne vous en fêtes pas (non ce n’est ni un lapsus ni une faute de frappe), je ne vous avais pour autant pas oublié, vous étiez simplement avec moi différemment .

En voici la preuve par laquelle vous en viendrez à constater comme moi que la notion du temps est relative, et bien qu’elle nous assomme tous les ans d’une année de plus il est possible comme le pensait ce cher Einstein de la considérer autrement .

C’est ce qui se produisit pour moi le jour et le lendemain de la Saint-Sylvestre, grâce à la puissance de l’émerveillement …

C’est comme un conte de Noël déplacé au jour de l’an, comme un retour dans un monde oublié depuis pas mal de temps déjà .

Mais voilà, quand un petit Jo déboule du haut de ses huit ans (appelons-le « Jo » pour protéger son anonymat), au diable réveillon et cotillons, vive un retour dans l’enfance bien plus intéressant !

Pour lui l’après-midi avait déjà bien commencé : avec sa première leçon de ski de fond sur le plateau de l’Aubrac .

Nous étions passé louer des skis dans la jolie petite station de ski de Laguiole, mais c’est loin de la foule bariolée et des remonte-pentes qu’il fit ses premières foulées dans le silence et l’immensité de la montagne balayée de brumes et de vent . (photo Alain MARC)

Il a patiemment appris ses premiers gestes nordiques, équilibre et souplesse, dosage des appuis, pas tournant, alternance de la foulée, synchronisation de la poussée, positions de montée et de descente, freinages les plus simples, techniques de relance, etc., etc.

Il est tombé de moins en moins souvent, assimilant vite, en redemandant encore alors que la nuit allait tomber …

Le soir en guise de réveillon, cette journée s’est terminée par une séance de cinéma : nous avons été voir « Le monde de Narnia » qui vient de sortir sur les écrans .

On peut plus que jamais parler de 7ème Art, car même si le coréalisateur de « Srek » peut être critiqué sur la façon dont il a adapté le conte de C.S. Lewis (la critique est facile !), Adamson a eu le mérite d’empreindre de magie cette belle histoire grâce à ses effets spéciaux magnifiques et à son immense talent de spécialiste du film d’animation .

Il y a longtemps que je n’avais été touché de la sorte par un comte merveilleux . Pas simplement parce qu’il allumait des étoiles de bonheur dans les yeux du petit Jo, mais aussi parce qu’il réveillait en moi le garçonnet que je suis resté au grand désespoir d’une bonne partie de ma famille .

Sans doute aussi parce qu’il touche à la mythologie et qu’il redonne au rêve sa part de réalité, tentative risquée dans la matérialité du monde qui nous entoure au quotidien . 

Des traces en relief ? … Par quel sortilège le monde se mettrait-il à l’envers ? (photo Alain MARC)

 

Au retour, nous avons beaucoup discuté : de la capacité à s’émerveiller, de l’importance de l’imaginaire, de celle des mythes, de leur rôle dans l’histoire des cultures et des civilisations, du rapport entre les personnages de la mythologie et le sens du voyage comme approche d’autres formes de connaissance …

Petit Jo n’est pas avare de remarques et de questions . Il admet que si les belles histoires n’existaient pas, il faudrait les inventer pour nous faire rêver, pour nous aider à échapper à la dureté de l’existence, et aux difficultés du quotidien .

Il comprend déjà que ce qui est primordial en tout cela c’est ce que nous pouvons y puiser, ce que nous allons en retenir, le sens et la force des symboles qui doivent s’en dégager . Il voit qu’il suffit de chercher pour trouver derrière les apparences d’étonnantes réalités .

En s’endormant ce soir-là entouré de minotaures effrayants, de faunes et de centaures bienveillants, il pressent bien qu’il y a deux façons de se divertir : pour oublier le temps qui passe sans se poser de questions, ou pour élargir sa conscience en nous enrichissant intérieurement, autre moyen plus accomplissant pour nous libérer de l’emprise du temps … 

Animal étrange et fantastique : est-il sculpté par le vent, ou monte-il la garde à l’entrée du territoire de la Sorcière Blanche ? (photo Alain MARC)

 

Le lendemain matin, pour envoyer ses vœux à son oncle d’Afrique, il a dessiné un skieur et un bonhomme de neige, en me disant : « - tu sais, je veux en faire un dessin animé : ce sera l’histoire d’un bonhomme de neige qui évite de se faire écraser ! »

Nous nous sommes mis à l’ordinateur . J’ai expliqué à Jo le fonctionnement du logiciel de dessin, l’enchaînement des images, leur réduction de poids et de dimension, leur compression au format GIF, etc., je vous assure qu’il a voulu se débrouiller seul .

Voilà le résultat :

"Skieur et bonhomme de neige" la première animation du petit "Jo" .

 

Nous sommes tous petits bonhommes de neige ou skieurs .

On fonce ou on contemple la vie .

On se déplace ou on voyage sur place .

Lorsqu’on est bonhomme de neige, si on rêve un peu trop la tête dans les nuages, on risque bien de se faire écraser par quelque skieur : il faut vite réagir lorsqu’on nous fonce dessus si on ne veut pas disparaître !

Et si l’on veut reprendre sa place, on vous fonce toujours dessus !

Et Jo de me poser de nouvelles questions : « - qui est le plus fort ? le skieur ou le bonhomme de neige ? - vaut-il mieux affronter ou esquiver ? - l’art de l’esquive n’est-il pas un art de combat ? » Et de conclure : « … le bonhomme de neige vivra plus longtemps s’il maîtrise l’art de l’esquive . »

C’est-ce que je vous souhaite également avec mon petit Jo en plus de tout le reste pour cette nouvelle année 2006, ... en attendant le dégel !

  

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Aquarelle et randonnée en raquettes en Aubrac .

 

En montant au Puy d’Alte-Teste, on abandonne progressivement la vallée, et après la traversée du bois des Vergnes la vue se dégage sur l’horizon par-delà le sillon du Lot jusqu’au Causse Comtal et au Lévézou … (photo Isabelle D.)

Il paraît qu’il fait un temps de chien sur presque toute la France !

Raison de plus pour remonter en Aubrac où le soleil a rendez-vous avec la neige .

Je suis avec Isabelle et Serge, de bons copains .

L’objectif ? - Ils connaissent bien le secteur du Mailhebiau, et je ne me fais pas prier pour partager avec eux cette balade loin de tout, de buron en buron sur les crêtes dominant les boraldes sud du haut plateau . Je prends simplement crayons, couleurs, bloc et pinceaux dans le sac à dos .

Skis vite chaussés, quelques foulées en terrain vierge, et c’est la catastrophe : l’un de mes bâtons casse au bout de cent mètres !

… Il faut dire que la belle neige de la semaine dernière s’est transformée en glace vive, de la glace à perte de vue, et quand ce n’est pas de la glace c’est une sorte de banquise croûteuse et irrégulière pratiquement « inskiable » . Il faut déchausser et mettre les raquettes, qui sont maintenant de magnifiques outils à arpenter la montagne avec leurs crampons à pointes d’acier et leur forme adaptée à la marche soutenue en tout terrain hivernal . Je garde le bâton cassé, toujours utile et moins handicapant qu’avec les skis !

Direction le sommet d’Alte-Teste (tête haute en occitan), le plus haut point d’Aveyron à 1448m . Le paysage est prodigieusement beau, la vallée encore un peu sous la brume, et si ce n’était ce vent glacial, on resterait longtemps contemplatifs devant cet horizon bleuté et les glaçons étincelants accrochés aux branches des feuillus décharnés de la pente .

Le trajet que nous suivons permet en une quinzaine de kilomètres de traverser des lieux particulièrement sauvages et de découvrir 5 à 6 burons abandonnés . Nous ne rencontrons personne de la journée, si ce n’est deux autres randonneurs près de la ferme des Vergnes .

Aussitôt après le sommet d’Alte-Teste, c’est un univers très différent qui nous attend : balayé par les vents, le plateau s’étend à perte de vue à peine ponctué par endroits du toit de quelque buron dépassant des congères …

Le plateau de l’Aubrac vu de l’Alte-Teste : aucune proéminence ne paraît plus haute qu’une autre … (photo Alain MARC)

 

 Bientôt, nous redescendons vers le bassin du Malramont où le buron de la Pelle du Trap dort comme un vaisseau échoué … Il s’abrite au début d’une vague dépression ; j’en réalise rapidement un petit croquis aquarellé avant de rejoindre mes amis pour le casse-croûte de midi, protégés du vent derrière le mur sur une grande congère bien au sud .

Le buron de la Pelle du Trap vu du nord-ouest pendant que je le dessine à cent mètres de là ; au fond derrière, le début de la forêt de Cazalès . (photo Isabelle D.)

Le projet de voir tous ces « masucs » (le nom occitan des burons), les dessiner et enchaîner dans la foulée l’Alte-Teste et le Mailhebiau, ne nous laisse guère de temps et nous rejoignons rapidement le buron suivant : c’est le buron du Trap Haut, tout talqué de neige lui aussi, qui a fière allure dans sa blanche solitude .

Les deux parties qui constituent un buron : « l’ habitat-fromagerie » des buronniers, et la porcherie .  (photo Isabelle D.)

 La porcherie est presque aussi grande que la bâtisse qui abritait l’habitat des bergers et la fromagerie . C’était une économie très structurée qui fonctionnait il y a peu de temps encore ici pendant toute l’estive : les bergers vivaient en autarcie tout l’été, chacun assurait sa besogne dans le respect de la tradition pour participer à la gestion des troupeaux et à la fabrication du fromage de Laguiole . Les petit groupe était hiérarchisé de la même façon dans tous les « masucs » et du responsable fromager (le « cantalès ») jusqu’au garçon à tout faire (le « roul »), petit moussaillon de cet étrange équipage, tout le monde s’affairait dans la montagne loin de l’agitation des villes et des migrations touristiques de la belle saison .  La porcherie permettait d’écouler le petit lait de la fruitière, le buron était généralement bâti près d’une source où se trouvait l’abreuvoir, et l’ensemble possède peu ou pas de fenêtres, le bâti solidement ancré dans le sol paraissant encore plus massif avec ses murs de basalte et granit, et sa toiture de lourdes lauses d’ardoise .

Là, je vais abandonner, car l’eau gèle au fur et à mesure où elle sort du réservoir du pinceau malgré l’alcool rajouté et le fait que je le range régulièrement dans la poche intérieure de mon parka ; il faut dire qu’il doit faire entre moins dix et moins quinze !  (photo Serge D.)

C’est quand elle est là qu’il faut profiter de la neige pour la peindre : c’est l’une des raisons qui me font aimer la neige, nous verrons dans de futurs articles comment réussir ce type de sujet …

Et puis, loin des tracas de la circulation routière, rien n’est plus beau, plus simple, plus pur …

J’y retrouve cette virginité si émouvante des sources, des torrents de montagne, de la lumière immaculée d’un ciel matinal, avant que le soleil ne se lève et qu’il est plus transparent encore depuis le sommet des montagnes !

 

Esquisse sur le motif des deux burons du Trap avec les crêtes du Bois du Cau que nous avions à gauche en montant à Alte-Teste .  (aquarelle Alain MARC)

En descendant vers le « masuc » de la Rozière Basse, la croûte neigeuse devient plus tourmentée, elle est comme un océan figé où le buron que nous laissons derrière nous paraît disparaître comme un esquif à la dérive …   (photo Alain MARC)

 

Le buron de la Rozière basse avec son énorme congère, vu de l’ouest .  (aquarelle Alain MARC)

Le même vu du nord : comme il a dû résister ce petit arbre à deux troncs, pour tenir encore debout malgré les tourmentes et les hivers successifs autant que la brûlure des étés d’altitude !  (aquarelle Alain MARC)

 

Tout autour, on retrouve ce « Grand Nord » de chez nous comme nous aimons le partager entre amis : tel une désertique banquise, avec sa vie secrète (un lièvre est passé par-là il n’y a pas très longtemps), et son impression d’immensité !   (photo Alain MARC)

Ensuite, c’est la traversée de la plaine de la Rode qui mène à la forêt de Cazalès . En cette saison, le GR 6 qui fait le tour de l’Aubrac n’est plus qu’un vague souvenir pour randonneurs d’été …

Mais il peut aussi être pratiqué en hiver à skis ou raquettes à condition de bien connaître son itinéraire, d’être prudent et solidement équipé, de s’être bien organisé pour ses étapes et de respecter son horaire : alors on peut découvrir des croix comme celle de la Rode dans leur simple et bouleversante beauté .

Elles sont de basalte ou de granit, et paraissent surgir du fond des âges, portant avec elles la mémoire d’un mégalithisme perdu autant que l’affirmation farouche à témoigner de la foi jusque dans les lieux les plus déshérités !

La croix de la Rode, au milieu de nulle part …  (photo Alain MARC)

Montée vers la forêt des Cazalès .  (photo Isabelle D.)

Sortie de la même forêt …  (photo Isabelle D.)

C’est la montée vers les pentes du Mailhebiau, où se rejoignent les reflets de la glace, et les rayons du soleil .  (photo Alain MARC)

Au somment du Mailhebiau, la neige a été soufflée par la tourmente .

Seuls à traverser la glace : les piquets des clôtures de pâturage, qui ont à présent une allure polaire totalement inconnue des randonneurs de la belle saison …  (photo Alain MARC)

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Aquarelle et randonnée à skis en « Grand Nord » de proximité .

Quoi de plus tentant que de quitter les pistes, pour partir à la découverte d’un paysage inviolé, entre blocs erratiques et petits burons endormis ? (photo Alain MARC)

 

Le ski nordique n’est pas le ski de fond tel que nous le pratiquons sur pistes .

S’il emprunte aux techniques modernes la gestuelle la plus connue (le skating, qui ressemble plus au patin à glace ou au roller), il conserve de la tradition les enchaînements classiques comme la foulée alternative, le pas tournant, le stackning (sorte de « relance des 2 bras avec flexion, poussée sur les bras, redressement au niveau des hanches), et se pratique surtout hors piste, en terrain non damé, non préparé pour le ski de fond …

 

 

« À la rencontre du jour naissant » : une aquarelle que j’avais réalisée dans les années 70 … (aquarelle Alain MARC)

 

Alors que la France est plongée dans un épais brouillard, c’est le moyen de locomotion que j’utilise depuis plus de quinze jours pour parcourir un « grand nord » tout proche de chez moi mais au dessus des nuages, sous un soleil et une lumière d’exception .

 

 

L’inversion de subsidence caractéristique des anticyclones d’hiver, recouvre de sa mer de nuages la vallée du Lot et le Causse Comtal, laissant le plateau d’Aubrac émerger en plein soleil … (photo Alain MARC)

Notre Grand Nord à nous, ici, c’est l’Aubrac, ce bel Aubrac longtemps ignoré qui puise directement ses racines dans les glaciers qui le recouvraient encore il y quelques milliers d’années alors que la grotte de Lascaux était déjà ornée, et que les hommes du magdalénien allaient quitter leurs abris pour passer à d’autres formes de civilisation …

L’Aubrac l’un des derniers reliefs du Massif Central avec les Cévennes avant les plaines méditerranéennes, se situe à la rencontre de trois départements : le Cantal, l’Aveyron et la Lozère .

 

Dans cette extraordinaire période géologique, une calotte glaciaire recouvrait la région sur plusieurs centaines de mètres d’épaisseur .

Il en reste, sur ce plateau basaltique en forme d’ellipse (d’une surface de plus de 650 Km² pour une altitude moyenne dépassant les 1100 m), un relief doux, souvent plat, aux sommets modestes, avec des tourbières et lacs de surcreusement venus remplacer les pingos péri-glaciaires, ces zones d’eau stockées dans les tufs transformées alors en lentilles de glace .

Laguiole, Aubrac, Nasbinals font partie des villages les plus proches des points élevés de l’Aubrac, où de nombreux cours d’eau prennent naissance .

En quelque sorte le dépaysement total à côté de chez soi !

Le plateau de l’Aubrac vu du cimetière du village du même nom, enfoui sous la neige, l'ombre du clocher de l'église et de la "Tour des Anglais" se projetant sur plusieurs centaines de mètres dans la cuvette que domine le village  . (Photo Alain MARC)

 

Notre premier rendez-vous sera pour le village qui a donné son nom à cette région, le petit hameau d’Aubrac .

Arrivée à Aubrac : à l’altitude de 1350m, les quelques maisons du village se blottissent au pied de la Tour des Anglais, vestige médiéval de la domerie fondée par des religieux vers 1120 .  (Aquarelle Alain MARC)

 

La vie s’y déroule un peu comme en dehors du temps, chaque maison recouverte de son épais manteau de neige . 

Un petit chien qui n’a pas l’air d’avoir chaud sur la place d’Aubrac… (Photo Alain MARC)

 

Petite maison à la congère, derrière l’église d’Aubrac . (aquarelle Alain MARC)

Arrivée au buron du Couderc près d’Aubrac . (Photo Alain MARC : avec pied et  retardateur !)

Finalement, c’est d’ici qu’il est le plus joli, le soleil va se coucher et j’ai juste le temps d’en réaliser une ou deux esquisses ! (Photo Alain MARC : avec pied et  retardateur !)

Le même buron quelques instants plus tard … (aquarelle Alain MARC)

Je vous reparlerai des burons, ces ancestrales et émouvantes bâtisses qui parsèment l’Aubrac : ils servaient il y a quelques années à peine de maisons d’estive pour les bergers et de caves d’affinage pour la fabrication du Laguiole (ce bon fromage, produit bovin parent du Cantal) ; ils sont aujourd’hui abandonnés, certains s’écroulent, leur protection est urgente car ils constituent une part importante du patrimoine et de la mémoire rurale de toute cette région . 

Regard vers les bois de Brameloup, qui se parent des couleurs du soir de l’autre côté du ruisseau d’Aubrac, où se trouve « Lou saltou del grel » . (aquarelle Alain MARC) 

« Lou saltou del grel » a disparu sous le neige, et à l’heure où j’y arrive, croquis et photos sont inutiles car la nuit va tomber, j’y reviendrai un autre jour (« Lou saltou del grel » c’est le nom d’une jolie cascade sur le ruisseau d’Aubrac, qui veut dire en occitan « Le petit saut du grillon » ) .

Caractère montagnard pour cette grange du hameau déjà dans l’ombre à cette heure tardive . (Photo Alain MARC)
Avant de redescendre vers la plaine et le brouillard, un dernier coup d’œil au soleil couchant qui pare la neige de chauds reflets roses et cuivrés .

Je décide que le plus vite possible je vous emmène dans une autre randonnée picturale d’hiver pour découvrir un coin peu connu d’Aubrac et pour peindre quelques burons isolés au milieu de leurs congères de neige .

Ce sera l’occasion d’expliquer quelques petits « tours de main » pour réussir vos paysages de neige .

 Soleil couchant sur la route enneigée en redescendant vers Espalion . (photo Alain MARC)

Deux ou trois croquis aquarellés dans le village, puis les skis sont vite chaussés pour une randonnée vers le plateau du Rigambal , enfin retour en contournant le nord et l’est du village par la crête du Pesquier avec aquarelle au passage du buron du Couderc l’un des plus proches du hameau .

Odeurs de feu de bois, on doit se blottir auprès des cheminées, seule un peu d’agitation devant chez Germaine me prouve que de l’aligot a dû être servi à midi avec les bonnes tartes qu’elle prépare dans son petit restaurant … J’y arrive après moult patinages, malgré mes pneus neige en bon état . C’est dans ce magnifique décor que je vous emmène pour un nouveau carnet de route pendant les derniers jours de cette fin d’année et chaque fois que possible au cours de celle qui vient .Ajoutez à cela quelques moraines (latérales et frontales), des verrous glaciaires, des roches moutonnées, striées, des blocs erratiques qui couvrent de grandes surfaces, (n’oubliez pas que le modelage péri-glaciare continue toujours), et vous aurez un décor hivernal tout à fait digne de certains endroits d’Islande ou du Groenland .Ne croyez pas que c’est si loin que cela, la dernière période glaciaire (de Würm) se terminait il y a « à peine » 10 000 ans, c’était le moment où des rennes, mammouths et autres rhinocéros laineux gambadaient encore sur le sol de nos campagnes !Il faut dire que je suis en quête de sujets immaculés et étincelants destinés à ajouter à mon carnet de route des aquarelles aussi rares que les paysages qui en constituent le décor : éphémères et changeants comme la neige qui les recouvre !
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