« Démarche globale du peintre voyageur», le carnet « d’atelier » .
Dans l’article précédent, j’abordais le passage du carnet de terrain au carnet d’atelier …
Entrons à présent dans la belle aventure du carnet d’atelier .
Il correspond à « l’assimilation » du voyage, et s’inscrit au milieu du processus de la démarche globale, à mi-chemin entre le carnet et les prises de notes de terrain et les créations grand format d’atelier .
L’objectif de cette phase est de restituer « l’empreinte » reçue par l’artiste de son propre voyage, avec une plus grande affirmation de son apport personnel .
Il s’agit en pratique de la reprise en atelier des travaux réalisés sur le motif, en conservant le plus de spontanéité possible, mais avec une recherche de plus grande authenticité d’expression .
Suite de mes exemples concernant la « tauromachie » : voici une page du carnet d’atelier qui reste fidèle à l’esprit du carnet de terrain . Elle reprend le travaux réalisés sur le motif, mais j’ai essayé de les épurer en leur conservant la spontanéité du trait … (aquarelle Alain MARC, détail)
Ce processus est établi autour d’une « quête de mémoire », d’un « retour vers le réel » où l’intervention des matériaux rapportés (objets, matériaux, documents, végétaux, etc. ) s’associe avec les réalisations graphiques et l’aquarelle pure (aquarelle, croquis aquarellé, aquarelle rehaussée, dessins, schémas et plans explicatifs dont une partie réalisée sur le motif sera reprise et intégrée à ce nouveau travail) .
Même chose pour ce torero l’une des figures embèmatiques de l’Andalousie … (aquarelle Alain MARC, détail)
Techniques de réalisation :
Elles utilisent dans cette nouvelle dimension plastique des méthodes de travail non applicables pendant le voyage sur le terrain : collages et marouflages longs ou complexes, charges de matières lourdes, inclusions, assemblages et applications diverses impossibles à réaliser en dehors de l’atelier .Tout en restant dans son cadre de témoignage et d’information, le rendu s’attache à une mise en valeur du ressenti, il exprime un émotionnel qui, restitué par les effets sélectifs de la mémoire, va magnifier le voyage, lui donner sa véritable dimension esthétique, humaine, personnelle, à la fois plus poétique et onirique .
Détail d’une peinture sur collage d’articles de journaux et d’affiches, une page de plus du carnet d’Andalousie chapitre « corridas » … (peinture Alain MARC, détail)
Ce rendu passe par une « restructuration » des éléments rapportés tant au niveau des notes, croquis et peintures réalisés sur le motif, que celui de l‘écriture .
En respectant les notes prises pendant le voyage sur « l’esprit » des êtres, des choses et des lieux rencontrés, du regard porté à l’instant même de leur découverte sur les réflexions et échanges qu’ils provoquaient, il engendre une nouvelle approche réflexive .
Il se libère aussi dans le domaine de l’expression en n’étant plus dominé par le renvoi aux données extérieures, mais en affirmant le caractère unique que l’artiste imprime aux éléments qu’il emprunte, en les utilisant à ses fins propres, en les pliant à ses nécessités intérieures et personnelles .
Le carnet d’atelier s’ouvre sur la peinture mais reste « fidèle » à l’esprit du carnet de terrain . Il n’est cependant pour un peintre exigeant jamais assez près de « l’esprit sublimé » du voyage, dont seule la peinture « à part entière » donne l’accès … (peinture Alain MARC, détail)




Pour continuer mon exemple à propos du volet « tauromachie », voici une aquarelle de « terrain » où je me suis efforcé de ne traduire que l’ambiance globale du « ruedo », (la partie centrale des arènes où se déroule le coeur de l’action), en la traitant directement, sans dessin, à larges coups de pinceau … (aquarelle Alain MARC, détail)
Mais le carnet d’atelier ne se limite pas à une approche informelle de la réalité dans ses manifestations de mémoire : il peut nous ramener par le jeu des rapports d’écriture, de graphisme et de peinture à sa perception fidèle tout en étant plus poétique ou même onirique, qui prolonge le voyage différemment dans les méandres de la pensée … (peinture Alain MARC, détail)
Plus sensible dans le domaine pictural, la « mémoire » du voyage ne prend réellement son sens qu’à travers la création pure, surtout si celle-ci emprunte les chemins magiques de la « spiritualité » . Toute la démarche globale du peintre voyageur doit arriver ici, à ce but suprême qui n’est rien d’autre que la recherche véritable d’un autre cheminement . C’est celui de la peinture au sens le plus profond, celle qui donne une autre dimension à l’existence, qui « ouvre » les yeux, qui enrichit la pensée avant « d’ élargir la conscience » .
Prise de notes et croquis réalisés pendant
un fête en Bretagne : si le sujet ne peut être traité de façon élaborée, il faut le mémoriser et le terminer de mémoire si on n’a pas disposé d’assez de temps, et surtout noter très vite les
éléments essentiels du visuel chromatique … (croquis aquarelle Alain MARC)
Détail aquarelle ci-dessus
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J’aborde ici la préparation des moyens et objectifs du carnet de voyage en conférence, avec l’approche multimédia des premières phases de mise en œuvre d’un projet … (Photo Jean PERIE)




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