Aquarelliste et peintre voyageur - En peinture, l'art de l'aquarelle est un mode d'expression qui va des carnets de voyages à la création de tableaux : en voici les différentes facettes inspiratrices, techniques et créatives selon Alain MARC ...
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  • : Aquarelliste et peintre voyageur
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-  Les stages "aquarelle" dans l'Hexagone sont ouverts aux débutants et aux pratiquants déjà confirmés souhaitant se perfectionner : ils ont pour but d'apporter efficacité et aisance d'expression à l'aquarelliste de terrain.
- Les stages "carnets de voyages" sont une véritable immersion dans la pratique du carnet de voyage et de l'aquarelle sur le terrain, orientés "autonomie" ils sont ouverts aux stagiaires ayant assez de pratique pour en profiter pleinement . De la Provence au Jura Oriental, du Portugal, à l'INDE DU SUD, ce sont quelques destinations où vous pourrez aller en 2016...

- Tous les stages sont différents, n'hésitez pas à m'en demander les informations par courriel (voir plus haut) .

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Alors découvrez le nouveau site d'Alain MARC :

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Extraits vidéo d'Aquarelle en Voyage :

Pour me retrouver sur HOUZZ :

Alain MARC Artiste peintre in GAGES, FR sur Houzz

 

https://alain-marc.fr/

 

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N'hésitez pas à les contacter

et à leur commander de ma part,

ce sont de vrais amis qui soutiennent mon travail !

 

Andalousies

«Andalousie, la Route d’Alain MARC», carnet de voyage de Pierre NAVA
Découvrez article après article en cliquant sur les vignettes ci-dessous le carnet spontané de Pierre m’accompagnant en Andalousie, et les «Petites Histoires vidéo» qu’il m’a inspirées :

La-Barca-1b-Pierre-Nava.jpg

Préambule

La Barca 2a Pierre Nava

L'étape de Peniscola

Andalousie b Pierre Nava

Sur la route de l'Andalousie...

Moulin-b Pierre-San Jose 2

Au Cabo de Gata

Bateau Pierre Isleta 3b

La Isleta del Moro

Huebro Pierre vignette

Huebro, la montagne enchantée

Pierre-Nava-Guadix-4-copie-1

Guadix, les maisons troglodytiques

Rio Fardès

Le rio Fardés

Équipiers-équipières aquarelle

 

- Vous aimeriez partager vos bons moments d'aquarelle lorsque vous partez peindre dans votre ville ou votre quartier ? - vous aimeriez aller peindre avec d'autres artistes motivés comme vous lorsque vous voyagez ?
Alors cet espace est fait pour vous uniquement si vous êtes amateurs souhaitant vous retrouver entre-vous (je réfléchis pour l'avenir à une autre rubrique possible s'adressant aux professionnels ou semi-professionnels) : - si vous êtes amateur donc,  et voulez entrer dans ce module transmettez-moi votre prénom (ou un pseudonyme et lieu de résidence) je les rajouterai ci-dessous en établissant un lien anonyme avec votre e-mail, et vous pourrez ainsi trouver des coéquipiers  (ères) de peinture plus facilement . Il suffira de cliquer dessus pour vous écrire un e-mail !


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Petit Nuage

 Christine

9 mai 2011 1 09 /05 /mai /2011 22:00

Nous avons quitté Hanoï pour les montagnes du Nord, frontalières de la Chine.

…Soif de découverte, de rencontres authentiques, de croquis à connotation ethnologique et d’aquarelles fortes, empreintes  de cette mémoire des minorités ethniques rencontrées il y a deux ans déjà au Yunnan, de l’autre côté de la frontière sino-vietnamienne .
Elles doivent redynamiser nos carnets en les ramenant à leur vocation première : éterniser le regard et capter le vivant dans l’authenticité du témoignage .


Il m’a fallu beaucoup de temps avant de finaliser ce petit clip mais le voici enfin en préfiguration de ce que sera à l’avenir le type de reportage que je vous présenterai (accompagné d’articles comme celui-ci) sur un nouveau site entièrement dédié à mon approche de l’aquarelle en voyage, le jour (prochain ?) où j’arrêterai d’animer des stages, afin de voyager et peindre en pensant juste un peu plus à moi …

B.CAZA3

Synthétique au possible le travail de Bernadette CAZAL (souvenez-vous d‘elle) : aller à l’essentiel, saisir l’ambiance des lieux, celle  de nos émotions elles-mêmes, au cœur de l’action …
La route serpente et s’élève laissant le fond des vallées plonger au cœur de la brume dans une sorte d’onirique vertige .
Nous sommes dans l’une des aires culturelles les plus riches du monde et nous savons que c’est pour nous comme un retour à des sources très lointaines, issues d’identités ethnolinguistiques globalement réparties de façon transnationale…
Celle des H’Mong Fleuris (ou « Bariolés »), l’un des quatre groupes vietnamiens ethnolinguistiques de cette minorité, les trois autres étant les H’Mong Blancs, Verts et Noirs . Ils se distinguent autant du point de vue vestimentaire que linguistique (dialectes miao-yao) même si localement leur implantation ne s’étend pas sur un très vaste territoire .

Bus Route de Can Cau 1Elle se gagne la piste qui mène dans certains villages ! Ici, la pelle mécanique qui nous retirera de l’enlisement lors du premier voyage s’approche du bus pour nous sortir de là, et nous repartons comme si de rien n’était … 

B.CAZAL2Il faut ne rien rater : pendant que la pelle mécanique nous dépannait, plusieurs d’entre-nous ont eu le temps de réaliser un certain nombre de croquis comme celui de ces enfants assistant aux manœuvre, dessinés par Bernadette CAZAL .
Le paysage est tour à tour sauvage et mystérieux ou d’une extraordinaire sérénité .
Partout où l’humanisation de la nature révèle la présence humaine, déboisement, cultures sèches (surtout maïs, légumes, chanvre, coton) et rizières en terrasses montent à l’assaut des pentes dans une merveilleuse harmonie . Nous sommes en période de brulis, généralement pratiqué en itinérance depuis des siècles, mais la sédentarisation  en fixant les familles (qui vivent dans des maisons aux murs de torchis à même le sol et aux toits de chaume), influence les modes de culture et l’orientation agricole .
L’équilibre des formes, la diversité des cultures, la beauté de l’étagement végétal et sa répartition ne sont jamais troublées par un anachronisme architectural, la disgrâce du moindre bâti rural .
Les villages y sont paisibles et calmes . 

FABIENNE VELTHUIS WOHREL 1L’arrivée au village, l’une des illustrations de Fabienne VELTHUIS WOHREL : sur les sommets la montagne sauvage, en dessous les premières terrasses et habitations, descendant progressivement jusqu’au bas des vallées, l’eau s’écoulant de rizières en rizières sur tout le flanc de la montagne, les parties hautes et certains terrepleins étant réservés aux brulis et cultures sèches ainsi que certaines rizières asséchées dans ce but par intermittence . 
C’est dans cet harmonieux environnement que nous arrivons sur l’un des plus vivants marchés ruraux de la région . Il est établi sur un terreplein en terrasse dominant les environs, entouré de quelques maisons, et les paysans descendus de la montagne qui à pied qui à cheval ou accompagné d’un ou plusieurs buffles destinés à la vente y sont nombreux, autant que ceux montés de la vallée en motos, la moto servant ici à transporter aussi bien la famille que les marchandises !  

B.CAZAL2La moto justement : on y voit sur le porte-bagage tour à tour toute la petite famille (jusqu’à trois ou quatre personnes !) autant que la volaille, le cochon, et la foule innombrable de tout ce qui peut être transporté de la sorte … (Carnet Bernadette CAZAL)
Si les hommes ont pour la plupart perdu leurs vêtements traditionnels, les femmes portent toujours de magnifiques ensembles colorés, tissés, cousus à la main, (souvent peints au batik) et des bijoux d’argent superbes, bracelets et colliers .
Le marché est le lieu de rendez-vous hebdomadaire incontournable .
Si son rôle premier est économique (vente, échange, achat de denrées diverses, d’animaux domestiques et de trait où le buffle et les bovins se taillent la principale part), son intérêt en tant que moteur essentiel de la vie culturelle et sociale est tout aussi considérable : on y vient aussi pour se rencontrer, et c’est le principal lieu de rendez-vous pour la jeunesse où de nombreux couples, de nouveaux foyers trouvent leur origine .
Rose-Marie 3En route pour le marché : rien n’est plus joli sur les sentiers et chemins de montagne que de rencontrer ces femmes et enfants la hotte d’osier et de bambou dans le dos marchant à vive allure pour se rendre au marché … (Carnet Rose-Marie HENRY)
IMGP0836Deux jeunes femmes choisissent une pièce de tissu sur un étalage du marché : féerie de taches colorées !
Michèle Le Bris 1L’une des belles pages du carnet de voyage de Michèle LE BRIS, auteur d’un travail révélant une grande pratique …
Dans une contrée où le rapt symbolique de l’épouse est très répandu, où le mariage est interdit entre deux personnes portant le même nom de lignage, le marché est donc un lieu de passage parfois déterminant pour la destinée de chacun !
On y mange en famille et entre amis (toutes la matinée les baraques restaurants de plein-air ne désemplissent pas), on y échange les dernières nouvelles, et surtout on y boit énormément, et il n’est pas rare d’y croiser de jeunes (et moins jeunes) hommes dans un état d’ébriété plutôt avancée !
Il faut dire que les jerricanes d’alcool de maïs et de riz y sont aussi bien remplis le matin que les hottes de légumes et de fruits le sont dans le dos des paysannes descendues de la montagne …

Les restaurants de plein-airDevant les baraques restaurants : il faut penser à se restaurer un peu avant de reprendre le chemin du retour …
IMGP0796L’une des baraques vues de l’intérieur : on voit bien en bas à gauche l’un des fameux jerricanes de plastique blanc rempli des (trop) délicieux alcools de maïs ou de riz … 
Rose-Marie 1La vie aux abords du marché : l’une des pages du carnet de Rose-Marie HENRY .
Ce qui nous fascine le plus ce sont les costumes féminins traditionnels, au corsage soit ouvert sur le devant, soit croisé avec la partie supérieure biaisée en pointe, bordé de franges de fils colorés ou de perles et pendeloques, ou de rubans, aux manches décorées de bandes de tissus multicolores, aux jupes plissées souvent recouvertes d’un tablier et dont la ceinture fait plusieurs fois le tour de la taille .
La plupart des femmes portent aussi des sortes de guêtres en tissu autour des mollets et leur chevelure est maintenue par un foulard tout aussi multicolore, souvent porté comme un turban .
Nicole et JacquelineNicole et Jacqueline en plein travail : chaque participant à ce voyage gardera longtemps en mémoire ces moments forts de la rencontre avec les H‘Mong Fleuris…
Virginie Estienne 1Silhouettes féminines aux crayons de couleurs : croquis de Virginie ESTIENNE .
Virginie Estienne 3Encore un croquis de Virginie ESTIENNE .
B.CAZAL1Dans un style très différent Bernadette CAZAL sillonne elle aussi le marché…
Rose-Marie 4Quant à Rose-Marie HENRY, elle entreprend des scènes complètes comme ces marchandes de canne à sucre,
Rose-Marie 2...ou ce coin du marché aux bestiaux.
Marché coc Ly 1Mouphida et Évelyne du côté des motos …
Virginie Estienne 2Aussi à l’aise en aquarelle qu’en dessin au crayon, Virginie va de portraits en portraits …
FABIENNE VELTHUIS WOHREL 2Cet enfant énigmatique aux yeux profonds regardait Fabienne VELTHUIS WOHREL…
Virginie Estienne 4Lorsque nous nous décidons à repartir, Virginie dessine encore quelques marchands attendant un éventuel chaland .

En ce qui concerne les vêtements masculins, bien qu’ils aient presque tous perdu leur confection traditionnelle, l’usage de pantalons et de vestes amples et sombres teints à l’indigo subsiste toujours bien que jeans et pantalons plus fonctionnels généralement venus de Chine rendent plus facile la conduite de la moto, principal moyen de locomotion sur les pistes et les routes de la région .
Je pourrais encore disserter longtemps sur l’architecture rurale, les arts et traditions populaires, les croyances, l’artisanat et d’autres particularités des H’Mong Fleuris, mais cet article n’est qu’un extrait d’un projet plus vaste que je réserve à un futur site dont je vous reparlerai le moment venu .
Pour l’instant je tiens à remercier à travers lui tous les stagiaires qui m’ont suivis dans les deux belles sessions des carnets de voyages vietnamiens et prépare pour vous comme pour eux encore pour quelques temps peut-être, d’autres inoubliables aventures…

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9 mai 2011 1 09 /05 /mai /2011 19:05

Je ne veux pas revenir vers l’Extrême Orient et notre rencontre avec les H’Mong Fleuris des montagnes du nord Vietnam sans évoquer Sakura («Fleur de cerisier»), jeune et jolie Tokyoïte née à Naha, amoureuse de la région de Takahagi sur la côte nord-est où elle se rendait souvent, entité symbolique, inspiratrice créative empruntée à mon imaginaire, …mais à peine seulement !

Elle est liée (et à travers elle tout le peuple japonais) à une partie de mon être comme le sont pour nous tous ces inconnus aujourd’hui en souffrance au Pays du Soleil Levant auxquels nous ne pouvons que penser, que nous ne devons abandonner ne serait-ce que par la force de notre pensée .

Je ne peux vous dire plus de Sakura, mais elle restera en éternelle beauté liée à tout jamais en cette période de l’année aux chemins du hanami venu comme elle de l’archipel d’Okinawa, autant qu’à une importante période de ma vie .

Elle était pour moi comme un Somei Yoshino dans son kimono de soie blanche brodée de fleurs au rose pâle évanescent.

Mais c’est dans la blancheur de sa nudité fragile à l’image de la vie que j’aimais le plus Sakura… «Sakura» sur fond de forêts et montagnes nipponnes, un etegami sur papier de riz peint il y a déjà si longtemps (en 1984) mais que je n’ai jamais envoyé à qui que ce soit comme carte postale parce qu’il n’appartenait qu’à ma mémoire . D’ailleurs il était trop grand, et j’ai préféré ne pas le terminer avec l’ajout d’un texte qui aurait pu le dénaturer … 

Où es-tu Sakura ?

Le vent pousse vers la mer

L’exhalaison des fleurs

Blanches et roses

Avec l’exosmose

De terribles radiations …

À travers la neige qui tombe

Sur le silence des îles du nord

Et sur le vide immense

Qui a remplacé la ville,

Qui a remplacé le port,

Je recherche ton visage

À l’infinie douceur…

Tu me disais

Accepter la singulière Iphigénie

D’une nature pouvant

Sans aucune mesure

Décimer autant

Les enfants de ton pays

Que tout étranger

Venu en ta Tauride

Essayer de te conquérir.

Je découvrais alors

Ton regard perdu

À la seule pensée

De l’orgueil démesuré

Des hommes qui croient

Maîtriser le monde

En manipulant

Les forces de l’atome,

En imposant

À leurs semblables

Le dictat insensé

De leur unique pensée .

Tu fredonnais la musique inoubliable

De la venue du hanami

Cette métaphore de la vie

À la fois lumineuse et belle

Mais aussi fragile et éphémère

Qu’une floraison de cerisiers.

Ainsi dans tes yeux

Je voyais perler

Des larmes de cristal

Aux reflets indescriptibles

De pétales roses et blancs

Se mêlant aux flocons de la neige,

Qui dispersaient dans ma mémoire

Un grand chiru silencieux

Et déchirant…

- Où es-tu Sakura ?  

  Cerisiers en fleurs

Cerisiers en fleurs, aquarelle 50 x 65 cm réalisée en 1985 pour la Foire d’Art Contemporain de Tokyo…

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Plus que jamais la perception musicale qui me parait le mieux évoquer Sakura est la remarquable musique du compositeur Kenji Kawai écrite pour le film d’animation japonais Innocence sorti en 2004 (qui est si ce n'est une suite, tout au moins une variation sur le thème de Ghost in the Shell sorti en 1995 ). 

Innocence débute par une citation : «Si nos dieux et nos espoirs ne sont rien d'autre que des phénomènes scientifiques, alors notre amour est également scientifique.» - l'Ève Future de Auguste de Villiers de l'Isle-Adam (1886).

Ce film apparaît plus sombre, plus épiméthéen et plus désenchanté vis à vis des promesses prométhéennes de la technique ou de l'évolution de la conscience qu'avait suscité son illustre prédécesseur, Ghost in the Shell… Innocence faisait partie de la sélection officielle du Festival de Cannes 2004.

Hiver au Mont FujiDans une expression très différente «Hiver au Mont Fuji» est une petite aquarelle réalisée en 1985 sur fond texturé qui fait partie d'émotions créatives liées aux souvenirs «forts» de cette époque des salons d’Osaka et de Tokyo … 

C’est en 1984 que je fus invité par l’association «Bilan de l’Art Contemporain» à exposer mon travail d’aquarelliste à Osaka au «Festival International Paris - Osaka» . J’y exposais par le biais de l’association quelques-unes de mes plus représentatives aquarelles grand format .

Cette époque fut remplie de coïncidences extraordinaires ; je m’intéressais  à cause de cela pour la première fois avec autant de passion à l’Extrême Orient et à ses principales cultures .

J’ai «rencontré» Sakura à ce moment-là . Je ne le savais pas encore, mais 15 ans plus tard je devais la retrouver à Hong-Kong au cours d’une exposition singulière dont très certainement un jour, je vous reparlerai, à travers de nouveaux mythes, légendes et traditions proches de ceux liés à Sakura …

C’est en tout cas grâce à l'exposition d’Osaka que mon travail fut apprécié de collectionneurs japonais et que je fus invité de la même façon l’année suivante à participer à la Foire d’Art Contemporain de Tokyo .

J’ai depuis longtemps abandonné ma participation à ce genre de salon car la reconnaissance est aussi éphémère que l’illusoire prétention de penser laisser à l’histoire une trace de son art, alors que tant d’artistes majeurs malgré toute la puissance médiatique du monde dans lequel nous vivons ne seront jamais connus ni reconnus … 

Expo Osaka, Alain MARC 1984

Visiteurs devant mon travail à Osaka . L’attrait pour l’art occidental a toujours été très vif en Extrême Orient …

Expo Tokyo, Alain MARC 1985

L’année suivante à Tokyo pendant l’inauguration de la Foire d’Art Contemporain. Une photo parmi tant d’autres .

Ces fragiles documents font partie des souvenirs solidement ancrés dans la mémoire de tout artiste qui a un jour où l’autre choisi d’emprunter certains chemins. Mais ils ne sont qu’un témoignage pour dire que tout est aussi éphémère et illusoire que la prétention d’un rêve humain …

Ajout de ce matin 18-03-2011, pour agir concrètement : outre la Croix Rouge Française à laquelle on peut faire un don ponctuel pour aider le Japon, j'ai entendu ce matin également sur radio Monte-Carlo dans l'émission de Jean-Jacques BOURDIN "Bourdin and Co" l'intervention de Monsieur David MARTIN, Directeur Général des Éditions SUDARENES, qui lance une généreuse opération de solidarité en faveur des sinistrés du séisme japonais : il offre sur la vente du livre "Sakura, les fleurs de l'éphémère" (je vous assure que je ne connaissais pas l'existence de cet ouvrage lorsque j'ai écrit cet article) 10 € par livre vendu (le livre vaut 20 €) . Une occasion unique de découvrir un beau livre et son auteur (Brigitte Lascombe), de s'approprier une émouvante histoire romantique, tout en faisant une bonne action .

Pour en savoir plus et agir, cliquez ici .

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8 mai 2011 7 08 /05 /mai /2011 16:16

J'ai changé le titre de mon dernier article car de nombreux moteur d'antispam l'avaient classé en spam : si c'est le cas pour vous allez retrouver ma newsletter dans votre boîte spam et remettez-là dans les messages amis, si non vous ne recevrez plus mes newsletters !

Je reprends l'article là où il en était, et je disais :

- Ou le signifiant premier dans l’art révèle-t-il le carrefour entre la perception sensorielle, l’intention, l’inconscient, des forces et énergies immatérielles, certaines formes de mémoire collective et leur quête matérialisée par le produit pictural ?

Après avoir interrogé nos rapports avec le temps, les commencements de la vie et de ses développements dans ce que la peinture peut y puiser d’enseignements et de sources autant que de possibles réponses à nos questions existentielles, c’est l’imaginaire et la puissance intellectuelle, mentale et spirituelle de l’homme confronté à sa survie face aux forces naturelles sur lesquelles il devait s’affirmer depuis ses origines, que j’essaie d’interroger à travers l’inconnu dans mes toiles …

Car si le monde a bien changé (et il n’est pas devenu tendre et facile pour autant loin de là même si la durée de vie humaine s’est considérablement rallongée), nos fondamentales interrogations restent nécessairement les mêmes, au moins par rapport à la souffrance, à la signification de l’existence, à la mort : nous ne sommes que des grains de poussière dans l’univers …

Alors, même si la peinture n’apporte pas de réponse formelle, elle édifie une tête de proue sur laquelle nous pouvons nous pencher pour essayer de voir le fond de l’océan dans cette traversée remplie de points d’interrogation .

  En cela, faire pour moi référence à ces artistes de la préhistoire qui étaient très certainement des chamanes, à essayer de me lover dans les traces de leur art, c’est tenter de "remonter" à ces sources indéfinissables en utilisant leurs évocations, pour mieux me "connecter" au mystère de cette mémoire, de ces forces et énergies enfouies dans les arcanes d’un temps non quantifiable ...

Il n’y a donc pas de différence dans cette quête entre ses manifestations «formelles» proches d’un mimétisme d’expression et ses productions de nature informelle bien plus proche dans ses apparences plastiques de ce dont à quoi nous a habitué l’art moderne et ses débuts contemporains .

le-grand-bouquetin-peinture-alain-marc«Le grand bouquetin», Acrylique, pigments et sable sur toile 25 F (Alain MARC collection particulière)

Griffures et signes, évocations et appel aux «ressentis» perçus au fond des gouffres et des cavernes (tels ceux de l’Aven Noir, qui fait partie pour moi d’une expérience réelle de dépassement au contact d’une nature restée vierge depuis l’aube de l’humanité) font partie de cette quête ...

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«Grande toile informelle» Acrylique et sable sur toile (180 x 180 cm Alain MARC Collection particulière) .

Pas de différence donc, dans l’aventure picturale entre la toile précédente et celle-ci (jamais éloignées d’un très fort rapport à la nature) : toujours à la recherche de la mémoire enfouie d’une quête universelle, de la communication avec des entités incertaines qui me renvoient à des images mystérieuses, comme des signes ou des visions me rappelant un vécu indéfinissable …

- Suis-je seul à avoir cette impression ?

Cet entretien avec le préhistorien Michel LORBLANCHET nous donne-t-il des clés ?

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Published by Alain-Marc - dans L'aventure picturale
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7 mai 2011 6 07 /05 /mai /2011 15:11

 Parmi les nombreux articles du dernier numéro de la revue «ARTISTES Magazine», il en est un qui risque fortement de vous intéresser !

D’autant plus à regarder de près qu’il nous concerne tous, que nous soyons aquarellistes de terrain ou d’atelier, illustrateurs, encadreurs ou dessinateurs, calligraphes et même graphistes, parce que dans cet article j’ai le plaisir de vous faire part des tests que j’ai effectués pour cette revue et pour vous (pages 24 - 25 «d’ARTISTE») de nouvelles encres végétales de très bonne qualité que vient de mettre sur le marché «l’Artisan Pastellier», encres fort attrayantes puisque totalement élaborées à partir de très anciennes recettes, et 100% naturelles .

Revue-Artistes Le numéro 145 de la revue «ARTISTES Magazine» (numéro de mai - juin que vous pouvez sommairement consulter en cliquant sur l’image de sa couverture ci-dessus), que vous pouvez trouver dans les kiosques, ou bien vous abonner en cliquant ici

Je peux vous faire une confidence : malgré un planning débordant je n’ai pas compté mon temps ni mes efforts pour réaliser ces tests, qui se sont déroulés en deux parties :

1) - les tests techniques (de la fluidité à la résistance aux UV)

2) - les tests créatifs (de la réalisation des nuanciers chromatiques à celle de motifs d’illustration et de carnets de voyages)

Il en résulte donc une analyse poussée qui permet aussi bien au professionnel qu’à l’amateur de se faire une très bonne idée du produit et de l’acquérir en toute confiance en sachant exactement pourquoi il va l’utiliser .

Berger-cevenol-Alain-MARC

Parmi les essais réalisés celui-ci sur papier Canson Montval 300 gr : un berger cévenol peint à partir de différents croquis réalisés sur le motif lors de la transhumance il y a quelques années et que je n’avais pas eu le temps de mettre en couleur (que vous retrouverez dans l’article «d’Artistes») .

Transhumance-Alain-MARC

Le travail sur le motif pour ce genre d’exercice demande un minimum de dextérité et un maximum de rapidité si on veut le traiter (et le réussir) directement à l’aquarelle car croyez-moi, des brebis pendant la transhumance ça va vite, et même très vite, il faut dire qu’elles ont hâte d’arriver dans la fraîcheur des verdoyants et gras pâturages, on les comprend . Ici sur la grande draille du Mont Aigoual .

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Et là sur la draille du Parc aux loups, au col du Haut de Côte  toujours dans les Cévennes . Là, il faut choisir : croquer ou peindre car croquer «et» peindre est presque illusoire ! Pour mon «Berger cévenol», c’est à partir des notes prises et des croquis de terrain que je l’ai peint avec ces excellentes encres végétales …

Pour terminer ce billet, voici le nuancier du test «lavis» de ces fameuses encres qui n’est pas dans «ARTISTES Magazine» (mais dans la revue il y en a un autre de tout aussi intéressant), qui donne une idée de la réaction à l’eau de la couleur et dont ma conclusion est qu’elles gardent toute leur luminosité, leur transparence, et leur intensité même désaturées . Un tableau comparatif des différents tests que j’ai réalisés vous permettra également de voir couleur par couleur comment ces encres se comportent dans tel ou tel cas .

Enfin vous trouverez aussi dans cet article de la revue «Artistes» deux autres œuvres (et avis correspondants) de deux consoeurs : Claire DUPOIZAT et Fleur DESCHAMPS

encres-vegetales-de-l-Artisan-Pastellier

Les chatoyantes encres végétales de l’Artisan Pastellier .

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7 mai 2011 6 07 /05 /mai /2011 08:35

Peut-être vous souvenez-vous de cette incroyable aventure qui m'est arrivée l'an dernier lorsque je suis parti à la rencontre de cette lointaine civilisation, et de mon accueil au sein de la tribu des Revenols ?

Elle est aujourd'hui reprise dans une très intéressante revue en ligne consacrée aux voyages publiant tous les 3 mois jusqu'à 5 carnets de voyages choisis parmi les nouveautés de la presse, de l'édition et du Web, en portfolio (l'un des meilleurs magazines du genre qui se différentie par son exigence de qualité) je vous laisse découvrir cet article en cliquant sur l'image ci-dessous :

GreatfiveCliquez sur cette image et vous arriverez directement sur

la page de la revue en ligne GreatFive consacrée à

mon aventure de la civilisation des Treilles ...

Mais ce billet est d'abord pour moi l'occasion de vous présenter cette excellente revue : CreatFive

C'est un magazine en ligne qui publie tous les 3 mois jusqu'à 5 de vos meilleurs carnets de voyage ou portfolio .
Dédié en particulier au voyage "sac à dos", ils souhaitent vous présenter le monde à travers ses diverses cultures et ses magnifiques paysages .
Vos témoignages peuvent s'avérer être une mine d'or pour tous ceux qui désirent découvrir les récits de voyage d'autrui, d'où l'originalité de leur site .

C'est une sympathique et dynamique équipe de 4 globe-trotters qui en est à l'origine (trois suisses et un sud-africain) .

Voici leur démarche, elle est toute faite pour vous :

"Vous aimez voyager . Vous ne manquez pas une occasion de prendre la plume ou votre appareil photo avec vous ?

Alors ce site est pour vous !
Vous êtes allés à la rencontre des continents, de ses peuples, de ses nombreux regards, de ses somptueux paysages qui façonnent le monde d'aujourd'hui ?

GreatFive a pour but, par vos photographies et vos récits de voyage, de donner l'opportunité aux amateurs passionnés de partager leurs expériences de voyageur . Vos histoires sont des rencontres, des images, des mots, des odeurs et des souvenirs .  Un coquillage ramassé sur une plage, une carte postale, un timbre ou encore une fleur séchée collée dans une page de votre journal ...

Le carnet, c'est comme le livre d'Or du voyageur, qui relu plus tard, permet de faire revivre ce qui avait pu être oublié.  Vous êtes d'imperturbables rêveurs, toujours prêts à décoller (vous enfuir) vers d'autres aventures humaines à l'autre bout du monde, ou même tout près de chez vous. Ramasseurs de babioles, curieux observateurs et infatigables récolteurs de sensations, ce sont vos histoires qui feront notre magazine ."

En vous enregistrant sur GreatFive.net vous pourrez découvrir tous les carnets de voyage et portfolios de ses membres . Et ceci gratuitement !!!
Enregistrez-vous vite...

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6 mai 2011 5 06 /05 /mai /2011 20:10

Puisque je suppose que ma peinture vous intéresse, (enfin me semble-t-il car nous nous éloignons ici du concept de l’aquarelle), je vais un peu vous parler d’elle .

Je ne veux pas vous embêter avec cela, mais je suis sûr que vous aurez plaisir à voyager également avec moi en sa compagnie, puisqu’elle existe et que votre regard, votre pensée peuvent aussi la nourrir sur les chemins du devenir …

Car elle continue de vivre et de grandir à travers le regard de celui qui se sent concerné, interpellé ou attiré par elle .

D’abord il m'est très difficile de parler de "ma" peinture .  Je n'aime guère le faire car cela peut paraître prétentieux hors je ne voudrais pas l'être, mais je me dis aussi que pour permettre aux autres d'ouvrir certaines portes, il faut leur donner des clés ...

Ce qui compte c’est de la produire, de la réaliser, car à travers elle c’est un cheminement intérieur qui se révèle, qui vient parfois de fort «loin» et qui peut même souvent dépasser l’acte déjà très complexe de l’accomplissement pictural …

Mais si on perçoit une partie de ce qu’il se passe à travers cette alchimie on perçoit en même temps que le monde qui nous entoure, tout aussi laid, pourri, impitoyable, ou (et) beau, riche et flamboyant qu’il soit en même temps dans ses incroyables paradoxes, n’est qu’une apparence qui nous cache un univers palpitant et secret qu’il nous appartient de chercher, peut-être de «retrouver», en tout cas d’essayer d’entrevoir de toute son âme …

poisson -peinture-alain-marc«Le poisson originel», Acrylique et sable sur toile (170 x 115 cm collection personnelle)

À l’origine la vie … Si loin dans notre mémoire collective que nous ne pouvons y remonter . Peut-être une tentative de profonde communication avec le passé nous rapprocherait-elle seulement des premiers vertébrés, des paysages inconnus de l’éocène ?

J’aimerais que mes toiles soient empreintes des espaces insondables qui m’ont inspirés, nous rendent aux sables, aux algues, à la terre, aux limons, aux cendres originels . Qu’elles nous ouvrent des portes sur les profondeurs des forces qui sous-tendent l'existence, établissant une communication nouvelle avec les mystères et les questionnements qui nous ramènent à l'éternité de la vie ...

 Donatella Micault, critique d'Art, (Association des Historiens et Critiques d'Art), a écrit à mon sujet il y a déjà près de 30 ans de cela :

«Alain Marc est le peintre de la pensée qui nous échappe .

Deux techniques picturales ont sa préférence : l'aquarelle et la peinture .

Les aquarelles sont figuratives . Elles révèlent les formes visuelles que la conscience ordinaire appréhende . Les formes sont familières . Nous sommes dans le monde du connu .

Après avoir séduit le spectateur, le peintre nous entraîne dans l'univers de ses toiles .

L'artiste s'évertue à franchir les frontières du visuel . Sa recherche, véritable marche en avant perpétuelle, puise ailleurs sa création .»

 

- Avait-elle perçu la quête (peut-être désespérée ? … mais dans le fond qui m’a tout de même délivrée d’intimes et troublantes certitudes) entreprise avec ma réflexion picturale ?  

En tout cas elle avait nettement perçu que ma peinture n’est pas spécialement faite pour séduire, éblouir, flatter .

Il s’agit plutôt pour tous les collectionneurs qui m’en ont acheté une ou plusieurs d’une sorte de "fascination intériorisée" … 

L'hipparion rouge

«L'hipparion rouge» Acrylique et sable sur toile 25 F (Collection privée en Allemagne) .

Comme sur les parois des bouleversantes cavernes explorées par mon ami Jean PÉRIÉ au cœur du Matogrosso, j’essaie de toucher par ces «réminiscences visuelles» la mémoire enfouie d’une quête universelle, d'entrer en communication avec des présences incertaines, subtiles, qui parfois se révèlent, parfois non, mais me renvoient souvent à des images mystérieuses, soit comme des signes ou des images prémonitoires, soit comme des éléments me reliant à des visions échappant à la notion du temps quantifiable : un autre, différent de celui que nous pouvons voir passer …

 
La réalisation ?

Parfois mon travail est si long et laborieux, demande tant de réflexions passant par mille doutes (non pas techniques mais de connivence avec ma quête), qu’il me faut des années pour réaliser une toile .

Parfois, c’est immédiat, foudroyant, comme si c’était un autre qui peignait .

Quelquefois je peux «peindre» sans réaliser la moindre toile .

Je la vois dans la tête comme une vision, un acte accompli . Et je peux ne jamais la réaliser car elle s’efface vite et disparaît dans l’inconnu d’où elle m’est apparue . Je me dis «la toile est terminée, elle a existé» et pourtant je ne l’avais pas commencée : elle a cependant vraiment existé pour moi .

... C'est pour cela qu'il m'est arrivé de détruire de nombreuses toiles (bien réalisées celles-là), que personne (sauf certains proches) n'a jamais vues (j'en ai tout de même conservé des photos pour ne pas être taxé de menteur) . 

D’ailleurs je peux rester dix ans sans réaliser la moindre peinture .

C’est-ce que je viens de faire …

Il me fallait des «réponses» à des questions que je me posais .

Dix ans pour les trouver et simplement, ce matin en m’éveillant, d’une incroyable clarté : je savais .

Alors je vous confie : dès la première heure, avant mes autres «chantiers» je me suis remis à peindre, à retravailler …  

Pour terminer ce premier article consacré à l’un des principaux questionnements de ma quête picturale je vous emmène avec ce beau documentaire d’Arte, dans un voyage à la fois dans l’espace, (au fond de la fosse de Messel) et dans le temps jusqu’à l’Éocène : un jour je vous reparlerai de cette conjonction entre la science, l’art et la spiritualité qui fascinait tant Jean Guitton, et qui pour clôturer cet article a ici tout à fait sa place …

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5 mai 2011 4 05 /05 /mai /2011 22:07

C’est à une belle exposition que nous invite Laurette GÉVAUDAN .

Peut-être vous souvenez-vous de cette superbe traversée du Yunnan que nous avons réalisée en carnet de voyage l’an dernier pendant plusieurs semaines ?

Laurette y était …  

- Si vous voulez en avoir une idée, vous pouvez revoir l’extrait vidéo ci-dessus que j’ai réalisé à notre retour, mais vous n’en aurez vraiment qu’une toute petite idée à travers ces simples images : on ne peut pas en quelques minutes résumer trois semaines de découvertes, d’émotion, de rencontres, de joie de peindre, partager, échanger entre passionnés à 10000 km de la France, dans un pays magnifique !

On ne peut pas non plus traduire l’esprit d’une équipe enthousiaste et solidaire, alors que beaucoup ne se connaissaient pas avant de partir …

Sur le fond d’un mur bien plus beau que beaucoup de toiles abstraites, quelque part dans les rizières des «sculpteurs de montagnes», Laurette GÉVAUDAN en compagnie de deux jeunes femmes de la minorité ethnique Yi .

Mais ce que l’on peut constater au retour, c’est ce que chacune, chacun en a rapporté à travers son carnet de voyage et son vécu personnel .

On se rend alors compte que c’est bien plus qu’un stage hors du commun, plus qu’un superbe voyage, plus qu’un rêve qui s’est accompli : c’est une véritable aventure artistique et humaine qui débouche sur quelque chose d’autre, quelque chose de profond et de beau, d’apte à un véritable enrichissement individuel, et cela, Laurette GEVAUDAN nous le prouve à son tour à travers l’exposition de ses œuvres, résultat de sa quête personnelle à la rencontre des minorités ethniques du Yunnan bel hommage rendu à ce pays après celui de Ling et Antoine PERRELET .

Ces rizières en étage qui sculptent la montagne du côté de Yuanyang, Laurette en a bien saisi l’atmosphère dans ce lavis . Quand on sait que le lavis est l’une des premières disciplines à maîtriser pour avancer en aquarelle que c’est une technique plus difficile et technique qu’il n’y parait on se rend mieux compte en voyant ces rizières aux contours compliqués descendre vers la vallée dans une miroitante perspective que Laurette a réussi là l’un des plus complexes exercices de ce voyage …

Ce qui me frappe le plus en revoyant les carnets et aquarelles réalisés par tous les participants c’est l’originalité et la singularité de leur regard ! Laurette GÉVAUDAN nous le démontre encore dans son travail : on pourrait imaginer qu’en abordant ainsi en groupe des sujets communs ou très proches (d’abord tout le monde n’a pas peint le même sujet pendant une séquence donnée de travail) le résultat en est des motifs identiques, mais il n’en est rien .

Non seulement chacun voit et traduit à sa façon, mais en plus l’impression d’être en groupe disparaît presque lorsqu’on est captivé par son sujet, impression bien plus grande encore lorsque son autonomie d’expression et de maîtrise d’exécution en temps donné étant acquise, on traite un sujet à l’écart du groupe : là se dégage le plus le sentiment de réussir une aventure individuelle magnifique, comme si on faisait seul son voyage tout en profitant de la logistique, de l’organisation et de l’amitié que ce groupe apporte par ailleurs …

N’hésitez pas si vous passez par là (où êtes de la région de Valence) à aller rue Mondan encourager Laurette lors de son vernissage : vous y serez récompensés par un superbe travail et vous pourrez évoquer avec elle les souvenirs extraordinaires qui habitent son carnet de voyage et ses aquarelles sur les cimaises !

Le carnet de Laurette justement : en voici quelques aquarelles, qui traduisent ce que son regard attentif et sensible a saisi de ces autres lieux, ces autres gens, ces atmosphères si différentes des nôtres .

On devine des odeurs, des bruits, des impressions prégnantes ou subtiles, des moments saisis rapidement de ce temps qui passe trop vite, conservés dans leur fragilité, leur fugacité, mais ô combien intenses, plus encore que la photo les aurait éternisés .

Car si la photo a la particularité de figer l’instant, de le sublimer parfois dans une sorte de «sacralisation», l’aquarelle le restitue au sein même de la vie comme s’il suffisait de la regarder pour qu’elle réveille l’éphémère préciosité de choses disparues, aptes à revivre dans le cœur et dans l’esprit de l’observateur, un peu comme le baiser magique du prince charmant réveille la Belle au bois dormant . Car avec l’aquarelle nous ouvrons les portes du magique …

Nous sommes donc toutes et tous des «princes charmants» lorsque nous regardons une aquarelle : nous réveillons une princesse endormie !

Et les aquarelles du voyage de Laurette sont toutes des princesses endormies que nous réveillerons en les découvrant .

Ici nous sommes à Kunming, la capitale du Yunnan … La vie y grouille comme dans toutes les grandes villes de Chine, mais Laurette nous en montre le visage plaisant, plein de joie de vivre et de diversité . Nous entendons les bruits de la rue, mais ne pouvons détacher le regard de ces mille petits métiers qui colportent plus que des denrées : ils tissent des échanges dans l’un des pays les plus peuplés du monde, depuis la nuit des temps …

Extrait d’une page du carnet de Laurette : le pont du Double Dragon à Jianshui . Nous avons passé là une extraordinaire après-midi loin de la foule du tourisme traditionnel : un tel lieu chez nous serait envahi de touristes le photographiant sous toutes les coutures !

Sur le marché de Shaping : l’un des temps forts du voyage, ce fut notre première rencontre avec les minorités ethniques Bai et Yi …

Ici, au cœur des territoires Naxi, le pont de Longchuan, en technique humide à peine rehaussée au trait, image vaporeuse d’une Chine d’un autre âge …

Cette vielle femme appartient à l’ethnie des Hani . Elle porte la coiffe et l’habit traditionnels . C’était un vrai bonheur que d’avoir autant de sujets intéressants à aborder ; lorsque nous étions à Yuanyang par exemple, les vêtements des habitants étaient si beaux qu’il y aurait eu à dessiner et peindre au moins une année entière !

Retour des champs pour deux paysans de Shanxi : Laurette les a saisis tandis qu’ils passaient sur le pont de la vieille ville alors que nous dessinions l’un des lions de pierre ornant les bouts de parapets .

Femme Mosuo rentrant en barque sur le mythique lac Lugu (voir l’article que j'avais publié sur cette passionnante société matriarcale) .

Laurette GÉVAUDAN a su voir dans cette rencontre entre les paysages et les cultures qui s’y sont développées, ce que le temps et l’histoire n’ont pu effacer : l’identité d’hommes et de femmes qui par leurs traditions et la solidité de leurs liens sociaux ont su transmettre à nos générations des valeurs éternelles, mais de plus en plus fragiles dans notre monde contemporain …

Votre prochain beau voyage vous emmènera au Vietnam au mois d'octobre prochain : ce sera une nouvelle découverte et le nouveau point de départ pour d'autres carnets de voyages et de nouveaux projets d'exposition, peut-être les vôtres : il ne reste plus que deux places à prendre (pour quelques jours seulement) avant que ne soient définitivement clôturées les inscriptions à ce groupe, si l'aventure vous tente, faites-le moi vite savoir  !

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5 mai 2011 4 05 /05 /mai /2011 21:34

Chantal et Jean PÉRIÉ au cœur du Mato Grosso …

Terre de découverte par excellence, le Mato Gosso est le troisième État du Brésil de par sa superficie, immense zone de transition entre Cerrado et Amazonie, l’un des territoires les moins connus et les plus extraordinaires d’Amérique du Sud .

C’est en plein cœur de ses paysages grandioses et particulièrement sauvages, qu’un couple d’amis est en ce moment en train de vivre une aventure extraordinaire loin de la médiatisation que devrait normalement susciter une telle épopée .

Si j’utilise ce dernier mot, c’est que cet évènement est le dernier et l’un des plus intéressants épisodes d’une histoire hors du commun commencée il y a 40 ans, lorsque mon copain Jean PÉRIÉ jeune explorateur, (qui allait bientôt être lauréat de la Fondation de la Vocation), entrait pour la première fois avec une petite équipe de scientifiques et d’aventuriers, en contact avec les fameux indiens aux «lèvres de bois» .

 

«Indiens à plateau», dessin pour Jean PÉRIÉ , à la manière des premiers croquis d’explorateurs .

 

Voici un extrait de son journal pendant l’expédition de contact avec ces indiens à plateau de la jungle amazonienne du Mato Grosso en 1969 (Manuscrit « Lèvre de Bois ») :


«... L'attente est chaque jour plus terrible . Doublée d'incertitude, elle mine les nerfs, rend fou. Nous ne savons pas encore quand nous allons les voir, quand nous découvrirons leur visage avec cette lèvre en plateau qui en fait des êtres étranges. Nous ignorons même si nous parviendrons à les apercevoir ne serait-ce qu'une minute. Nous savons en revanche avec certitude qu'ils sont anthropophages, que pour eux notre chair est bonne à manger .» .


Vous pourrez retrouver d’autres extraits de ce passionnant récit en cliquant ici . C’était ainsi le début d’une longue histoire qui se continue donc en ce moment pour Jean PÉRIÉ et son amie Chantal sur la piste des grottes ornées par les lointains ancêtres de ces indiens d’Amérique du Sud, à travers un tout aussi passionnant périple que celui qui avait conduit Jean sur ces territoires il y a de cela tant d’années .

 

- Qui ne rêverait pas de ressentirr les fabuleuses émotions qu’ils sont en train de vivre sur place, dont la teneur scientifique, photographique, littéraire et "vidéographique" a valeur de carnet de voyage à travers leur journal traduisant si bien leurs découvertes actuelles, dans un environnement qui n’a guère changé ?
 

Leur aventure est d’autant plus méritoire que c’est sans aucune aide ni soutien, et dans une grande indifférence médiatique qu’ils accomplissent sur place un énorme travail, difficile, souvent dangereux, mais oh combien passionnant !  C’est pour cela que je leur dédie cet article et que je vous invite à les encourager .

 

 

Le «canyon des diamants» l’un des plus inaccessibles sites de prospection de Jean, tel que je l’imagine au milieu des brumes après une pluie tropicale, à partir de ses récits … Aquarelle A. MARC technique dite «humide» .

 

Je vous invite à accompagner Jean et Chantal sur leur nouveau parcours à travers les étapes les plus importantes de ce cheminement au bout du monde sur leur blog, qui, après leur départ de Paris (cliquer sur les mots soulignés) les a directement plongés dans un univers si éloigné du notre, et à leur laisser quelques commentaires, je suis sur que cela leur fera un immense plaisir :

- Rumo as Parnaíbas... un paysage sans fin : les retrouvailles de Jean avec sa région de prédilection …  

- Guiratinga la vallée des canyons… O vale dos canyons : l’arrivée au «Canyon des diamants»
- L’enfer pour un paradis : la descente au fond du «Canyon des diamants»,

- L’enchanteresse Sierra des Araras : où Jean nous dit l’envoûtement de la montagne des grands perroquets …

 

Pour terminer cet article voici des images inédites extraites des dernières vidéos que Jean, grâce à un cybercafé perdu, vient de me faire parvenir (ah, que c‘est formidable Internet utilisé comme cela !) .

Ne vous fiez pas à la qualité de ma maladroite compression en «flash» de ces 3 mn de partage hors du commun : à un moment où tout le monde «a tout vu» et «sait tout», c’est aussi un exemple de volonté et d’humilité sur notre façon d’aller à la rencontre des beautés du monde que nous envoient Jean et Chantal, comme s’ils voulaient que nous ayons encore plus de bonheur en collant nos billets d’avion à la dernière page de nos carnets de voyage …

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5 mai 2011 4 05 /05 /mai /2011 20:51

Aquarelle de reportage : le Pétassou de Trèves .

Voici la nouvelle rubrique promise, dont je pense qu’elle va beaucoup vous intéresser !  ... Lisez-là pausément  (même si elle est assez longue) avant de lancer la vidéo, cela vous permettra de bien la comprendre et de mieux l'apprécier .

L’aquarelle de reportage :

Elle est le fruit d’un travail qui même s’il parait rapide et facile sur le terrain, n’en est pas moins approfondi, faisant appel à de nombreux médias et demandant un minimum de recherche et d’enquête pour s’affirmer pleinement . La mise en ligne d’articles nouveau dans cette rubrique sera moins fréquente que pour celle des carnets de voyages, car l’aquarelle de reportage et ses investigations demandent qu’un minimum d’éléments soient réunis pour offrir toute leur potentialité .

Mais le résultat débouche toujours sur une expression multiple, où l’aquarelle seule bien qu’étant un élément de l’ensemble, est un élément déterminant, car c’est autour d’elle (comme dans le carnet de voyage) que vont s’articuler les principales lignes de force dégageant l’identité du reportage et la mise en valeur du sujet dont il est l’objet .

Ce qui différencie l’aquarelle de reportage et son produit global (dont écriture, photos, documents multimédias, etc.) du carnet de voyage, c’est que l’aquarelle de reportage est assujettie pendant la durée d’un évènement aux trois grandes lois du classicisme dans les principes de la tragédie : unité de temps, de lieu, d’action, principes dont elle est tributaire, et pour lesquels « l’aquarelliste reporter » pour être plus performant dans sa démarche, doit être préparé .

Elle se double par conséquent de recherche d'informations et d’une enquête préalable de terrain (ce qui n’est pas nécessaire en carnet de voyage, le voyage lui-même avec ses rencontres et aventures constituant la matière du carnet), permettant de suffisamment connaître l’évènement afin d’être plus « attentif » au moment de s’y confronter, et par la suite de compléter son investigation pour en finaliser le reportage de la façon la plus élaborée et la plus fidèle possible .

Elle s’implique aussi davantage, en élargissant sa démarche de base à une action dans laquelle elle participe à l’évènement en devenant l'un de ses supports et de ses prolongements . La boucle est ainsi bouclée, l’artiste devenant objet de son art, ( - la vie elle-même pouvant alors être « art » à son tour … - ) son produit pictural devenant donc acteur de l'évènement auquel il participe .

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Le matériel de peinture de l’aquarelliste de reportage est réduit à sa plus simple expression : il doit contenir sans encombrement dans les poches du gilet, sans crayon, sans gomme, ni eau . (Photo Alain MARC )

Sur le plan purement technique, l’aquarelle de reportage doit être libérée de toute contrainte d’exécution (accentuation et adaptation de certains procédés déjà efficaces en carnet de voyage et apparition de nouveaux procédés) : pas ou peu de dessin (celui-ci étant directement réalisé par la mise en forme des couleurs), adaptation des prises de notes selon le déroulement de l’évènement, maîtrise parfaite de la technique « aquarelle de terrain », des mélanges de couleur, très grande rapidité d’exécution, disponibilité permanente par rapport au sujet (ce n’est pas lui qui doit s’adapter à nous, mais nous qui devons être capables de « le suivre » quelle qu’en soient les difficultés), improvisation et mémorisation pour restituer au mieux l’éphémère, matériel très léger et fonctionnel (ce qui fait de l’aquarelle le seul médium « élaboré » offrant autant de possibilités d’expression, le pinceau à réservoir, la boîte pliable et le gilet de pêcheur avec carnets de peinture dans les poches devenant alors indispensables) .
C’est donc autant dans la forme que dans le fond que cette approche de l'aquarelle se différencie de celle généralement utilisée dans le carnet de voyage (bien qu'elle en emprunte certains aspects et que son utilisation dans ce cas bénéficie de ses plus performants moyens) !

Sa complémentarité avec les autres formes de support (écrit, photo, multimédia, etc. qui restent quant à eux comparables à ceux du carnet de voyage) en tant qu’outil d'expansion et de vie propre de l'évènement en question, lui permettant de s'inscrire dans la durée non seulement avec la valeur d'un témoignage, mais resituant ses valeurs et son existence dans une intemporalité sans distanciation .

Le Pétassou de Trèves : 

Pour l’aquarelle de reportage il faut des sujets forts, captivants, hors du commun . Peu importe que l’évènement soit médiatisé ou pas, très connu ou tout à fait confidentiel …
Le choix du Pétassou pour ce qui est du premier article me permettant de lancer ce concept nouveau « d’aquarelle de reportage » n’est pas anodin : ce personnage est selon Jean-Marie LAMBLARD l’un des archétypes de celui d’Arlequin, Arlequin évocation de la Commedia dell’arte, le mouvement humaniste produit par la renaissance qui donna aux bateleurs et aux artistes dans une dimension tout à fait novatrice, leur véritable droit de cité …

Ne soyez pas étonnés de me voir avec une minerve à la fin de cette vidéo : elle est le produit d’un monumental vol plané effectué dans les Gorges du Trévezel !

En ce qui concerne ce clip, (merci à Isabelle qui en me véhiculant m’a permis de le réaliser) c’est pour des raisons d’espace que j’ai dû compresser en les accélérant légèrement les images d’introduction de cette première vidéo consacrée à l’aquarelle de reportage (la démo de peinture des chevaux et leurs cavaliers) .

Quant à moi, j’espère maintenant que les ondes positives du Pétassou vont m’aider à surmonter la présente passe et à guérir vite de tous les soucis associés . (Vidéo Alain MARC, la laisser se télécharger avant de la relire)

Dans le cas du Pétassou de Trèves, nous partons à la découverte de l’une des plus anciennes et des plus étranges traditions, qui relève plus de l’ethnologie que du folklore, car il s’agit d’une tradition bien vivante, toujours inscrite dans notre époque et qui joue un rôle social en véhiculant des valeurs de référence pour toute une communauté . Un héritage qui, bien qu’il soit liée aux manifestations carnavalesques, demeure une originalité par sa spécificité autant que par le lieu de sa manifestation .

Trèves est effectivement un petit village du nord des Cévennes, au fond des Gorges du Trévezel, dont le destin, avant même que le lieu-dit n’existe, puisait déjà ses racines dans les profondeurs de l’irrationnel par la magie de pratiques sépulcrales néolithiques des plus mystérieuses, en témoignent les vestiges (classés) de la grotte du Pas-de-Joulié dominant (elle n’est pas la seule) le village . À noter dans ce domaine du monde souterrain, la proximité de l’Aven Noir, ce qui m’amène à vous révéler qu’une partie de cet article est extraite des pages consacrées à Trèves dans mon carnet d’exploration de ce gouffre (édition à venir de cette exploration menée par Roland PÉLISSIER et de ses équipes, dont je témoigne dans ce carnet) .

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Trèves : le joli pont romain sur le Trévezel, avec en fond le Causse Noir sur les pentes duquel se trouve l‘entrée de l'Aven Noir . ( Aquarelle extraite du Carnet d’exploration de l’Aven du même nom )

Mais la présence du Pétassou en ces lieux ne remonte pas aussi loin …

Trèves viendrait du mot « carrefour » - en latin « trivium » - ici croisée de trois importantes voies de communication . On y vivait autrefois en autarcie quasi-totale, de différentes cultures, du ramassage des châtaignes et de l’élevage de petit et gros bétail, de volaille, d’apiculture . En parallèle avec ces activités, un artisanat saisonnier florissant à base de textiles (laine, soie, coton et surtout chanvre), permettait au village de commercer avec l’extérieur, d’affirmer son identité à travers cette particularité . En atteste mon ami Daniel ANDRÉ, historien et spéléologue, dont certains ancêtres vivaient dans la vallée du Trévezel, qui me dit : « …il y avait des Canaguiers et un dénommé Canaïer possédait des propriétés dans le secteur de la Baume Saint-Firmin (autre grotte dominant le village où se serait réfugié ce saint aux débuts du christianisme) il est curieux que ce secteur s'appelle aujourd'hui "causse de Canayères".

Entre "canayères" et "Canabières", il n'y a pas grand chose !

Les champs qui pouvaient produire du chanvre étaient toujours siliceux ; c'est le cas des abords de Canayères » .

C’est dont tout naturellement que la petite communauté s’en remettait à un autre saint et en faisait le saint patron du lieu : Saint Blaise, évêque arménien martyrisé en 316 dont le corps fut lacéré par des peignes à carder, ce qui en fit le patron des tisserands et des peigneurs de chanvre, ainsi que d’autres métiers dont la plupart des métiers du textile ; il est aussi le « maître des vents », ce qui est très important dans de nombreuses cultures, particulièrement celle du Languedoc .

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Le Pétassou dans sa première version, tel que je l’ai dessiné pendant sa tournée des fermes de la commune de Trèves . C’est la spontanéité et le ressenti qui priment dans l’exécution de ce type de travail . (Aquarelle extraite du Carnet d’exploration de l’Aven Noir)

Ainsi, le 3 février, Trèves fête la Saint Blaise : c’est le jour de la fête votive, (on dit en occitan la « voto ») . Nous sommes au lendemain de la chandeleur, et c’est à cette occasion que sort le « Pétassou », personnage central de mon reportage .

Les origines de sa présence au village restent mystérieuses, (elles seraient associées à l’apparition du carnaval à la fin du Moyen-Âge et au début de la renaissance), mais j’ai de la part de Régis VALGALLIER, (l’un des habitant de Trèves interrogé pour cette enquête et connaissant le mieux son village et ses environs), une fort intéressante hypothèse : « Ce serait une famille de tisserands gitans d’Andalousie, la famille  TREVES  originaire de Trevélez (notez la similitude des noms et leur force symbolique) le plus haut village d’Espagne dans les Alpujaras de la Sierra Nevada, qui l’aurait amené à Trèves (le village) lorsqu’à l’époque de Charles Quint, elle vint s’y réfugier » . À cette époque les populations gitanes de la région de Grenade, déjà pourchassées au même titre que les mauresques, s’étaient réfugiées avec elles au lendemain de la chute de la dynastie nasride (et de la prise de la ville par les catholiques en 1492) dans les contrées les plus reculées des Alpujaras . Hors un décret (dit de Tolède en 1539), signé par Charles Quint, leur intima l’ordre de se soumettre (ce que certains firent en s’enrôlant dans les troupes de l’empereur d'où le mot « flamenco » - flamand - dans l’argot des gitans de l’époque, Charles Quint étant d’abord ce souverain qui bien que petit fils d’Isabelle la Catholique venait des Pays Bas), ou de quitter le royaume, ce que firent les andalous réfugiés à Trèves . Ils y apportèrent leurs coutumes dont celle du Pétassou (car il paraît que le Pétassou est toujours fêté en août dans le village de Trevélez - information en cours de vérification par mon amie Katia FERSING spécialiste des contes et légendes d’Andalousie - ) .

Régis VALGALLIER a eu la chance et le mérite pour fonder cette hypothèse de recueillir le témoignage d’un descendant direct de cette famille vivant aujourd’hui en Vendée .

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Dans cette version je me suis davantage attaché à traduire du personnage son côté naïf, primitif, révélant sous le bouffon l’ogre débonnaire et protecteur ... (Aquarelle extraite du Carnet d’exploration de l’Aven Noir)

Le Pétassous est vêtu d’un habit recouvert de centaines de « pétas », chutes de tissus multicolores plutôt longs et étroits comme des rubans, conservées par les couturières et servant généralement au rapiéçage, cousues les unes au dessus des autres sur une blouse de paysan comme les écailles d’un poisson . Ce costume était autrefois entretenu par les jeunes du village, qui, après collecte des « pétas » par les garçons célibataires dans les fermes et maisons des environs, (garçons de la tranche d’âge des conscrits de l’année mais ceux qui avaient contracté mariage étaient exclus) se retrouvaient à la veillée pour préparer avec les filles dans les longues soirées d’hiver, la fête du Pétassou . Parmi tous ces garçons était désigné la semaine avant la fête celui d’entre eux qui allait porter l’habit et ses attributs (le masque, le balai de genêt et une vessie de porc remplie d’air et accrochée dans son dos) .

Cette tradition est aujourd’hui relancée grâce à l’association des Ganels, animée par les jeunes du village, qui se réunit deux semaines avant la fête du Pétassou pour en préparer le déroulement tout en rafistolant son habit . 

Le masque change chaque année et nul ne doit reconnaître le Pétassou : celui-ci est porteur des forces surnaturelles venant purifier la communauté de ses culpabilités (fautes, erreurs et péchés), un être magique sur lequel on va aussi projeter ses vœux les plus secrets !

La vessie de porc gonflée d’air est très importante car c’est elle qui contient les « souffles », les esprits assimilés à l’air, au vent, véhicule des âmes à naître autant que celui libérant celles des morts portée en soi par chacun, la métaphore du souffle cosmique, celui de la vitalité en cette période de Carnaval qui marque la fin de l’hiver et l’arrivée du printemps …

Elle est également assimilable aux symboles liés aux « pets » (comme l’ours sortant de son hibernation aux alentours de la chandeleur qui se purge de diverses façons), symboles d’ailleurs repris sous différents aspects par d’autres bouffons carnavalesques, tels que les « buffétaïres » de Lunas .

Au sortir de l’hiver, en jouant avec les souffles, Pétassou tente symboliquement de maîtriser la mort en exaltant la vie et en affirmant son triomphe dans la joie et les facéties . Il est le bon génie du village, sorte d’ogre débonnaire apte à éloigner les maléfices et les mauvais esprits .

C’est pour cela qu’il va défendre cette vessie accrochée dans son dos de qui s’en approcherait, avec son balai de genêt . On retrouve ici le mythe carnavalesque du balai fertilisateur, un balai qui lui sert à bien des drôleries comme celle d’effrayer les passants ou les chiens, ou d’arroser l’assistance en le trempant dans la fontaine du village .

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La danse avec le Pétassou . Ici, ayant plus de temps pour travailler, j’ai eu recours pour le dessin au crayon à papier, on se trouve alors dans la classique problématique des carnets de voyages, qui vient en complément de celle de l’aquarelle de reportage . (Aquarelle extraite du Carnet d’exploration de l’Aven Noir) .
Le rite du Pétassou se déroulait traditionnellement sur trois jours, le dernier d’entre eux, celui où son habit en flammes était précipité du haut du pont de Trèves en contrebas dans le Trévezel ayant aujourd’hui disparu faute de participants pour en maintenir la tradition .

Mais les deux autres se déroulent toujours avec le même enthousiasme et la même implication de la part des habitants de la localité et des environs, prouvant ainsi la vitalité de leur jeunesse d’esprit tant au niveau individuel que collectif, ayant su conserver une tradition identitaire apte à regrouper toute une communauté autour de son mythique personnage tutélaire et fédérateur :

Le premier jour, le samedi, c’est la tournée des fermes pour le droit de quête exercé par les garçons . Les filles, qui ne boivent pas, (ou le plus sobre des garçons) conduisent la fourgonnette transportant la jeunesses environnante avec le Pétassou (ne portant pas à ce moment-là sa vessie accrochée dans le dos pour des raisons pratiques) et l’accordéoniste accompagnant la petite troupe de ferme en ferme sur les routes communales . Quelques habitants suivent dans une ou deux voitures tous warnings allumés pour sécuriser le cortège .

À chaque arrivée dans les fermes, à grands renforts de coups de klaxon et de cornet à piston, au son de l’accordéon qui joue des airs de fête et du folklore régional, le Pétassou va frapper aux portes, suivi par les filles qui portent la fougasse et un gros couteau pour en couper des parts (on prononce ici « fouasse », c’est une brioche parfumée à la fleur d’oranger en forme de couronne préparée par le boulanger du village) ainsi que la boîte à offrandes, sorte de grande tirelire destinée à recevoir l’obole de chaque maître de maison .

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La tournée des fermes se continue tard dans le froid piquant de la nuit cévenole … On la termine aux lampes de poche avant de rejoindre le bal populaire à la salle des fêtes du village . (Photo Alain MARC )

Le Pétassou est toujours attendu avec impatience et accueilli comme un véritable ami . On prend plaisir à danser avec lui, à rire de ses facéties, et on lui offre ainsi qu’aux différents convives la « goutte » (liqueur familiale et alcoolisée comme le vin de noix, la prune ou l’eau de coing) quand ce ne sont pas toutes les boissons à la fois d’un copieux apéritif ! Le maître ou la maîtresse de maison est alors invité à découper sa part de fougasse (d’autant plus importante que sa famille est nombreuse), et il ou elle dépose ensuite dans la boîte à offrande son obole, qui en s’ajoutant à toutes les autres servira à couvrir les frais occasionnés par cette fête .

Les enfants sont parfois amusés parfois apeurés par cet ogre à l’allure sauvage et au comportement inattendu, mais c’est avec ravissement qu’ils se joignent au cortège pour suivre toute l’équipe dans les fermes voisines …

Quant aux chiens, qu’ils soient de berger ou de garde (ils assument généralement les deux rôles ici), je les ai toujours vu aussi féroces soient-ils reculer, même en aboyant, certains manifestant une sacré frousse devant le Pétassou !

La tournée se termine parfois tard dans le nuit, tant sont isolées les fermes dans cette région des Cévenne et Grands Causses … Un bal a lieu au retour du Pétassou dans la salle des fêtes .

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La farandole dans les rues de Trèves le dimanche matin : temps fort du rôle social et symbolique du Pétassou . (Aquarelle extraite du Carnet d’exploration de l’Aven Noir)

Le lendemain, (le dimanche), a lieu le matin la farandole menée par le Pétassou (dont la vessie accrochée dans son dos au niveau de l'omoplate gauche n’est aujourd'hui plus celle d’un porc mais de son cousin sauvage le sanglier) sur la place et dans les rues du village, avec la tournée des maisons avoisinantes . Elle avait traditionnellement lieu après la messe, mais il n’y a plus de messe à Trèves ce jour-là, le seul prêtre disponible du secteur officiant à tour de rôle pour plusieurs paroisses .

Les sympathiques restaurants du village proposent en cette occasion pour les repas de midi et du dîner des menus de circonstance souvent terminés par des « pérals » (fromages de chèvre), du Roquefort et des oreillettes (savoureux gâteaux de pâte fine, craquante et sucrée cuite dans l’huile) .

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Danses traditionnelles du dimanche après-midi à la salle des fêtes : moments de partage de toute la population autour d’un évènement ludique et joyeux . (Croquis extrait du Carnet d’exploration de l’Aven Noir)
L’après-midi marque les retrouvailles de tous les habitants à la salle des fêtes pour assister à un spectacle, un moment de grande convivialité apprécié tant des grands que des petits fascinés par un retour aux sources avec des danses folkloriques ou des tours de magie .

Enfin, c’est un grand bal qui clôture en soirée ces deux journées de « voto », occasion pour tous les jeunes des environs de se rencontrer une fois encore autour du Pétassou .

Je tiens pour terminer cet article à remercier toutes les personnes (citées dans le texte) qui m’ont aidées à approfondir mes sources et à effectuer ce reportage, à commencer par les habitants de Trèves et la dynamique association des Ganels (mot qui a plusieurs significations en occitan mais veut localement dire « les gens curieux ») qui perpétue la tradition du Pétassou et a entrepris d’animer le village .

Grâce à elle cette très rare mémoire collective continue de vivre dans nos campagnes, et l’esprit du Pétassou ne cesse de jouer son rôle protecteur et fédérateur, s’inscrivant ainsi dans les plus intéressantes manifestations culturelles du vivant .

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J’ai bien besoin moi aussi en ce moment de la protection et de l’aide du Pétassou ... (Photo Isabelle DONDRILLE )

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5 mai 2011 4 05 /05 /mai /2011 16:42

Ecrire un article et le mettre en ligne depuis certains endroits du Vietnam, n’est pas si évident que cela … Je n’avais pas eu le temps de poster celui-ci depuis Hanoï, et d’ici, depuis les montagnes du nord, c’est même compliqué!

Pourtant je voulais vous faire partager ces instants si particuliers où l’histoire nous fait de nostalgiques clins d’œil, au cœur du hourvari des grandes villes .

Ainsi en est-il du pont Long Biên anciennement nommé Paul Doumer (du nom du gouverneur général de l'Indochine, Paul Doumer, fervent amateur de transports ferroviaires) à Hanoï.

Voilà un ouvrage qui pur produit de l’Indochine Française du 19ème siècle est devenu au fil du temps l’un des monuments auxquels les Hanoïens sont le plus attachés .

Il faut dire qu’il permet de relier en franchissant le Fleuve Rouge, la capitale au Nord Vietnam, et, plus loin au Yunnan le centre et la gare de Hanoï étantt sur la rive droite du Fleuve Rouge, le pont Long Biên permettant à la voie ferrée de passer sur la rive gauche.

Pont 2Partie du pont franchissant le boulevard Au Co entre la gare de Long Bien et le Fleuve Rouge.

Avec une longueur totale de 1682 m, une hauteur de 13,5 m et une profondeur de 30 m, le pont Long Biên fut le premier pont en acier à enjamber le Fleuve Rouge. Ce pont est caractérisé par ses 19 travées basées sur des poutres en porte-à-faux et par les deux passages piétons de chaque côté de la voie ferrée centrale.

Il a été construit comme de très nombreuses structures métalliques de l’époque dans le style Eiffel en 1898, les travaux se sont achevés le 28 février 1902, le pont a été mis en service en 1903. À cette époque il était seulement accessible aux vélos, aux trains et aux piétons, les motos, très nombreuses s’étant rajoutées aujourd’hui.

La rapidité de cette construction est exceptionnelle vu l'éloignement géographique de la France, ce fut donc une véritable prouesse logistique. Il était alors l’un des quatre plus longs ponts du monde et le plus marquant en Extrême-Orient, un grand symbole de la révolution industrielle imposée en Asie.

Un certain manque d'entretien et surtout les intenses bombardements qu'il a subis de la part des États-Unis lors de la guerre du Viêt Nam, s'ils n'ont jamais pu le détruire définitivement, mais ont considérablement endommagé sa structure.

C’est dire si l’ouvrage est l’un des plus atypiques et incontournables de la capitale vietnamienne !

Aussi le rendez-vous pictural que nous avons avec lui est-il des plus complexes : traduire son étonnante silhouette, impressionnant amas de ferraille à la fois complexe et aérien, et la resituer dans le contexte de son environnement bruyant, klaxonnant et pétaradant, puisque le boulevard qu’il enjambe avant le Fleuve Rouge, est le fidèle reflet de l’incroyable circulation urbaine de cette ville grouillante, vivante au possible, attachante comme nulle autre.  Pont 1La circulation en dessous (et « sur », puisque piétons, vélos et motos y circulent de chaque côté de la voie ferrée) le pont : une marée motorisée incessante, assourdissante, étourdissante !

 C’est donc avec une certaine incrédulité que la plupart d’entre nous s’installe sur le trottoir du boulevard d’Au Co pinceaux et aquarelles en mains, car à première vue se lancer dans la représentation d’un tel amas de ferraille au milieu d’un bruit assourdissant et de la puanteur des gaz d’échappement, n’est pas très réjouissant…

Pour ma part, si j’ai amené ici mes amis(es) aquarellistes, c’est pour une approche nouvelle de la réalité, que je veux ludique, rapide, expressive et créative, car le carnet de voyage tel que je l’entends doit être une fête chargée de symboles et d’accomplissements comme celui de  non seulement dessiner des ponts, mais aussi en créer qui relient les hommes et les femmes, tous les êtres vivants, les objets et les choses qui, parce qu’ils sont différents, font de la diversité du monde la plus grande des richesses dans le bonheur d’exister .  Pont 3Je dirai que vous êtes formidables, chères et chers amis (es) carnettistes de m’avoir suivi jusqu’ici, et d’avoir essayé avec autant de succès ma méthode synthétique, informelle et décomplexée, pour réaliser un motif à priori aussi rébarbatif !  IMGP2207Dans un hourvari de poussière, de gaz d’échappement et de bruit, un jour ordinaire sous le pont Paul Doumer de Hanoï…  Marie MoncourtoisDeux interprétations différentes au hasard du pont Long Biên selon ma « méthode » de travail par des aquarellistes ne l’ayant jamais essayée auparavant : celles de Marie et d’Elisabeth .

Elisabeth VALLEJOS

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Published by Alain-Marc - dans Voyages et aquarelle
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