aquarelliste - un destin personnel - Aquarelliste et peintre voyageur
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  • : Aquarelliste et peintre voyageur
  • Aquarelliste et peintre voyageur
  • : En peinture, l'art de l'aquarelle est un mode d'expression qui va des carnets de voyages à la création de tableaux : en voici les différentes facettes inspiratrices, techniques et créatives selon Alain MARC ...
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- Les stages "carnets de voyages" sont une véritable immersion dans la pratique du carnet de voyage et de l'aquarelle sur le terrain, orientés "autonomie" ils sont ouverts aux stagiaires ayant assez de pratique pour en profiter pleinement . De la Provence au Jura Oriental, du Portugal, à l'INDE DU SUD, ce sont quelques destinations où vous pourrez aller en 2016...

- Tous les stages sont différents, n'hésitez pas à m'en demander les informations par courriel (voir plus haut) .

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Alors découvrez le nouveau site d'Alain MARC :

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Extraits vidéo d'Aquarelle en Voyage :

Pour me retrouver sur HOUZZ :

Alain MARC Artiste peintre in GAGES, FR sur Houzz

 

https://alain-marc.fr/

 

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Andalousies

«Andalousie, la Route d’Alain MARC», carnet de voyage de Pierre NAVA
Découvrez article après article en cliquant sur les vignettes ci-dessous le carnet spontané de Pierre m’accompagnant en Andalousie, et les «Petites Histoires vidéo» qu’il m’a inspirées :

La-Barca-1b-Pierre-Nava.jpg

Préambule

La Barca 2a Pierre Nava

L'étape de Peniscola

Andalousie b Pierre Nava

Sur la route de l'Andalousie...

Moulin-b Pierre-San Jose 2

Au Cabo de Gata

Bateau Pierre Isleta 3b

La Isleta del Moro

Huebro Pierre vignette

Huebro, la montagne enchantée

Pierre-Nava-Guadix-4-copie-1

Guadix, les maisons troglodytiques

Rio Fardès

Le rio Fardés

Équipiers-équipières aquarelle

 

- Vous aimeriez partager vos bons moments d'aquarelle lorsque vous partez peindre dans votre ville ou votre quartier ? - vous aimeriez aller peindre avec d'autres artistes motivés comme vous lorsque vous voyagez ?
Alors cet espace est fait pour vous uniquement si vous êtes amateurs souhaitant vous retrouver entre-vous (je réfléchis pour l'avenir à une autre rubrique possible s'adressant aux professionnels ou semi-professionnels) : - si vous êtes amateur donc,  et voulez entrer dans ce module transmettez-moi votre prénom (ou un pseudonyme et lieu de résidence) je les rajouterai ci-dessous en établissant un lien anonyme avec votre e-mail, et vous pourrez ainsi trouver des coéquipiers  (ères) de peinture plus facilement . Il suffira de cliquer dessus pour vous écrire un e-mail !


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Petit Nuage

 Christine

14 septembre 2015 1 14 /09 /septembre /2015 18:14

Vous entrez aujourd'hui dans le vif du sujet de ce rapport « action – création » avec une aventure qui va vous emmener sur les parois de l'une des « classiques » d’escalade en Haut-Languedoc.

Outre les valeurs essentielles que représente la pratique de la montagne et de l'escalade, leur pouvoir d'émerveillement au contact d'une nature généralement intacte, ma quête par delà ma recherche des « étants » qui constituent le cosmos (si bien évoqués par Michel Onfray, interprétés ici même à travers les éléments de la terre et de l'air), initie une nouvelle série d'articles (et de mini reportages vidéo) dans lesquels j'aborde nombre de questions liées à une exploration créative atypique de l'aquarelle.

Il ne s'agit pas d'une nième redite de peinture sur le motif, mais de l'ouverture de champs exploratoires essayant de confronter activité sportive, complet engagement physique et mental en terrain d'aventure, et application picturale élémentaire de circonstance.

Je vais donc tenter d'apporter quelques éléments de réponse tout au long des articles qui suivent, à cette question :

  • Les états modifiés de conscience induits par une activité sportive intense en conditions de grande concentration peuvent-ils avoir une influence pendant et après cette activité sur l'expression créative traduite par l'aquarelle ?

Si vous voulez avoir une meilleure idée de l'ambiance de cette vidéo je vous conseille de la voir dans un plus grand format en vous rendant sur http://dai.ly/x3779j5

Elle est consacrée à la première longueur d'escalade de la Tête de braque où j'aborde une définition de la forme d'aquarelle « action – communion - » qui en découle, me servant de l'escalade pour tester à posteriori les effets conjugués euphorisants de l'adrénaline et des endorphines sur mon regard, ma pensée, et les sensations que je vais éprouver par rapport au sujet (lui-même d'ailleurs inspiré par le milieu naturel dans lequel j'évolue, quitte à revenir en « solo » revivre l'expérience ultérieurement si je ne dispose pas d'assez de temps sur le moment, pour me remettre dans les conditions psychologiques, mentales et physiques de l'instant)...

 

A) Contexte :

Le lieu où va se dérouler pour nous cette première expérience est le splendide massif gneissique du Caroux (souvent nommé « montagne de lumière ») culminant à 1 091 m d'altitude dans le Parc Naturel du Haut-Languedoc (en fait, ce n'est pas la première puisque j'ai déjà consacré plusieurs articles à des expériences similaires mais sans réellement prendre conscience de l'importance du sujet).

L'ambiance vertigineuse de ses parois plongeant vers la plaine du Languedoc, l'escarpement de son relief, l'ampleur de ses dénivelés, en font un excellent lieu d'entraînement à la pratique de l'alpinisme dans un véritable terrain d’aventure.

Le choix de la voie, en ce qui nous concerne mes compagnons de cordée et moi-même, de l'arête Nord-Est de la Tête de braque (qui porte ce nom à cause de l'étrange rocher en forme de tête de chien en coiffe le sommet), est d'abord dicté par l'hommage que nous souhaitons symboliquement rendre en la gravissant à notre ami Guy S. et à mon fils Jean-Sébastien qui sont aujourd'hui tous deux disparus et pour lesquels cette arrête avait une grande importance. Nous dédions aussi notre ascension à Daniel, un autre compagnon de cordée qui ne nous accompagne pas cette fois.

Grande similitude entre la forme de la tête d'un braque et le rocher du sommet de cette aiguille !

Grande similitude entre la forme de la tête d'un braque et le rocher du sommet de cette aiguille !

Grande similitude entre la forme de la tête d'un braque et le rocher du sommet de cette aiguille !
La voie d'escalade, classée « assez difficile » en alpinisme (mais ne dépassant pas le 4+ / 5 en escalade) est composée de six longueurs de corde particulièrement belles et aériennes à partir de la 3e, la progression entrecoupée d'essences végétales dans la première longueur inspirera mon choix d'un chêne vert comme sujet d'aquarelle symbolisant le long dièdre incliné du départ.

Tracé de la voie d'escalade de la Tête de braque vue depuis les Gorges d'Eric.

Tracé de la voie d'escalade de la Tête de braque vue depuis les Gorges d'Eric.

Tracé de la voie d'escalade de la Tête de braque vue depuis les Gorges d'Eric.

L'historique des voies d'escalade de ces aiguilles et parois remonte à 1896, dès la création du club alpin français de Béziers Caroux. En 1910 déjà, les plus hautes aiguilles sont gravies par Viala, Déplasse, Dulong-de-Rosnay. Viendront ensuite Azéma, Frayssinet et d'autres grimpeurs émérites qui ouvrent de nombreuses voies. Puis de 1960 à 1980, Henri Blanc, Guy Pistre, François Pugibet et les frères Raynal signent d'autres beaux itinéraires, et les « plus grands » tels Armand Charlet, Robert Flématti, et René Demaison, ont également grimpé ici.

B) Action - création :

    a) - Partie « escalade » :

        Le fait pour moi de grimper cette fois en tête de cordée me permet simplement de mieux entrer en connivence avec la roche, la végétation ambiante, le vent et la lumière qui y prennent une toute autre dimension. Si pour d'évidentes raisons d'équilibre, d'horaire et de sécurité je ne vais pas systématiquement réaliser d'aquarelle en plein milieu des longueurs de corde, je vais par contre m'imprégner de tout ce qui dans mon environnement me permettra de dépasser le cadre de la simple contemplation. L'implication mentale, la concentration, l'effort physique, les sensations uniques liées à l'évolution dans une dimension de l'espace indissociable du vide et de la verticalité créent des émotions aptes à transcender le filtre du simple regard, ouvrant de nouvelles portes d'entrée me reliant à une conscience indéfinissable du cosmos... Je me sens « rechargé » d'énergie, dans un calme étrange où j'ai l'impression de parfaitement contrôler mes pensées et actions, dans un état de sérénité exempt de toute forme de distraction comme si j'étais dans une sorte de transe. Je ne ressens même plus la douleur liée à certains efforts mais suis davantage à « l'écoute du monde » tout en m'en sentant détaché.

    b) -Partie aquarelle :

        J'ai rapidement enchaîné la réalisation des 3 aquarelles correspondant aux principales longueurs de l'escalade sans interruption ni dessin préalable.

        Sur le plan purement technique j'ai emporté dans mon sac à dos mon plus léger matériel d'aquarelle (dont pinceau à réservoir d'eau Pentel et petite boite pliable de Winsor et Newton) avec un petit carnet Paperblanks pour un travail dans la voie et un bloc de plus grand format + boite d'aquarelle en tube à alvéoles et différents pinceaux dont un spalter et un stryper n°1 de Léonard (que vous pouvez commander de ma part à aquarelle et pinceau si vous n'en avez pas) pour le travail à postériori.

        Je pense avoir bénéficié de l'effet euphorisant de la partie « escalade » pendant plus d'une heure après les rappels de redescente de la voie, ce qui est suffisant pour plus de disponibilité créative dans la démarche picturale, bien que certaines des sensations et des perceptions sensorielles ressenties pendant l'escalade aient disparues. Par contre, il faut beaucoup d'efforts dans sa « remise en conditions » ultérieure pour retrouver sur les lieux une partie des sensations déjà éprouvées, afin de terminer certaines aquarelles, lorsque tout n'a pas été fait dans l'immédiateté.

Le chêne vert fruit de mon "expérience".

Le chêne vert fruit de mon "expérience".

C) Conclusion :

Le motif du chêne vert a été très vite réalisé sans que je réfléchisse vraiment aux couleurs que j'employais ni à la façon dont je travaillais, dans une sorte d'euphorie (ou plutôt de vide intérieur), sans notion de temps et d'espace, où j'avais l'impression d'être en lien avec l'essence même de l'arbuste. Je peux en cela dire qu'effectivement « quelque chose » s'est également passé après l'escalade pour cette partie créative (nous verrons le cas de l'aquarelle réalisée au troisième relais de la voie elle-même dans un futur article).

Je n'ai pas encore assez de données pour tirer des conclusions évidentes mettant en valeur l'effet des composantes « fatigue – adrénaline – endorphines – etc. » sur la pensée et le produit qui en découle (l'aquarelle), mais je constate au résultat final que j'ai travaillé différemment, plus librement, plus « facilement » presque sans m'en apercevoir comme dans un état second.

Nous verrons dans le prochain article avec la deuxième longueur où davantage d'efforts physiques et d'implication mentale sont sollicités pour l'escalade quel motif elle m'a inspirée, comment je l'ai réalisé, et quelles réflexions elle a soulevées...

Article et vidéo suivants : Aquarelle, rocher et lichens, Tête de braque (2e longueur)

Article et vidéo précédents : - Quelles perspectives entre aquarelle de création et aquarelle d’action ?

 

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13 juillet 2013 6 13 /07 /juillet /2013 12:00

Lever-de-soleil.jpg

Lorsque l'été frappe à la porte, c'est souvent depuis longtemps que nous l'attendons !

Cette fois il est là pour la plupart d'entre-nous, et c'est avec bonheur que nous l'accueillons.

Si pour ma part je vous ai depuis quelques temps donné trop peu de nouvelles par rapport aux mois ou années passées, c'est qu'il a frappé à ma porte toute l'année, et que des reflets du soleil levant sur les vagues du lac Inle ou celles de l'embouchure du Saint Laurent jusqu'aux chaudes effluves de sable au coeur du désert marocain, des senteurs de Provence, des rivages de Bretagne, les semaines, les mois d'aquarelle, se sont succèdés sans que je les vois passer.

Mais pas que cela : il était dans les toiles, les carnets, les projets de toutes sortes sur lesquels je travaillais...

Le soleil, et l'été étaient aussi au rendez-vous jusqu'au fond des entrailles de la terre où je recherchais avec vous le Bonheur.

Il était dans nos stages, et je le retrouve ici dans les verdoyantes prairies du Jura Oriental, dans cet îlot de joie de vivre d'où partiront les nouvelles sessions à la rencontre des tourbières millénaires et des crêtes de sapin dominant des paysages où la beauté est synonyme de quiétude et d'horizons bleutés.

Cela seulement suffirait à remplir une vie...

En fait, comme la rivière au fond du gouffre, le Bonheur est partout.

Il suffit de s'investir un peu pour le chercher.

Parfois, on ne l'approche qu'avec mille efforts et grandes difficultés, mais pour qui le recherche de toute son âme il apparaît un jour comme l'été venu frapper à sa porte.

Alors, si vous ne vous lassez pas de mes billets sur ce blog ni de mes balades et aquarelles ou pages de carnets partagées, si vous avez la patience d'attendre, je vous assure que je vous ferai bientôt découvrir tout ce qui, de semaine en semaine, m'a un peu éloigné de vous, ne me laissant vous donner des nouvelles que de temps en temps...

Tout n'est pas encore prêt, le temps n'est pas tout à fait venu, mais j'ai de belles surprises pour vous pour les mois à venir. Elles feront (tout au moins je l'espère), que ce ne sera pas seulement l'été qui viendra frapper, mais des vrais bouts de soleil, aptes à vous nourrir par la pensée d'incroyables instants. Des instants précieux et rares, qui bien au-delà de ces voyages aux étés toujours recommencés, vous emmèneront dans la projection de rêves portés depuis longtemps, enfin réalisés, et que les plus perspicaces et les plus fidèles à ce blog d'entre-vous peuvent en partie déjà facilement deviner !

Jura 3

Pour le moment, c'est en Jura Oriental que l'été vient frapper à la porte de nos rendez-vous aquarellés... 

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1 août 2006 2 01 /08 /août /2006 00:12

Aquarelles de montagne et de vol libre (A) ...

 

J’ai toujours rêvé de voler …

J’ai toujours voulu aller jusqu’au bout de mes désirs de pure liberté dans les trois dimensions de l’espace, d’élévation au dessus du monde, par tous les moyens possibles pourvu qu’ils correspondent à un accomplissement …

Je pensais dès ma petite enfance qu’il était possible d’associer la mémoire des instants vécus dans ces moments exceptionnels aux images que je pourrais en retirer plus tard à partir de mes propres souvenirs à travers la peinture (figurative ou abstraite) que cette expérience pourrait m’inspirer .

J’ai raconté la réalisation de l’un de ces rêves dans deux articles récents : vous pouvez les revoir ou les découvrir, en visionner le film et en examiner les aquarelles en cliquant ici et ici .

Étude d’un vautour fauve en vol . Causse Méjean ce jeudi 27 juillet 2006 . L’oiseau reste pour moi l’archétype de la plus belle réussite naturelle en matière de vol, particulièrement en ce qui concerne les voiliers … (Détail aquarelle page carnet de stages . Alain MARC 22 x 32 cm 2006)

Mon enfance était nourrie de récits évoquant les exploits liés à l’aviation alliée associée à la résistance, racontés en famille par mes parents et leurs amis maquisards au lendemain de la dernière grande guerre . Chacun avait participé à ces sauvetages de nuit pour rapatrier un pilote ou aux parachutages de munitions .

Tous les jours, de la maison de ma grand-mère paternelle, j’étais fasciné par la voltige des Stampes évoluant au dessus du village : ils passaient en rase-mottes au dessus de la maison, reprenant rapidement de l’altitude au dessus du Tarn et virevoltaient avant d’atterrir sur le petit aérodrome de Gaillac d’où ils avaient décollés . En même temps j’étais en admiration devant le carnet de tranchée de mon grand-père maternel qui resta malheureusement pour lui et pour nous inachevé (comme sa vie !) au cours de la grande guerre précédente, et ceux de mon père remplis de croquis à l’aquarelle et à l’encre de Chine .

C’était en 1966 au Centre régional de parachutisme Claude Lahille de Gaillac : j’y réalisais mes premiers sauts en parachute et venais de concrétiser un rêve qui était de voir mon village paternel depuis le ciel et d'appréhender l‘espace dans une nouvelle dimension … À l’endroit même où je regardais enfant les Stampes survoler la maison de ma grand-mère, et les pilotes venir saluer mon père !

Les années sont passées …

Le parachutisme me paraissait trop contraignant, dépendant d’une infrastructure lourde, pas assez individualiste ni conforme à mon désir de liberté même s'il m'avait beaucoup apporté .

Dans les années soixante j’allais souvent voir les « Mantas », ailes de Rogallo transformées en deltaplanes et leurs intrépides pilotes décoller et planer devant les falaises de Saint-Antonnin-Noble-Val . Époque aussi de mes premières escalades sur ces mêmes parois . Mais le delta n’offrait pas la sécurité qu’il offrira plus tard et l’engin me paraissait encore encombrant et peu manoeuvrant . Mes tentatives dans ce domaine ne furent guère réussies, et je fis même une chute mémorable mais sans gravité avec un engin peu fiable que je m’étais moi-même fabriqué !

En attendant, je découvris l’alpinisme et la haute montagne vers lesquels mon regard se tourne toujours … J’en retirai de nombreuses aquarelles comme celles de la collection Mythra qui m’avaient été commandée par cet éditeur dans les années 1970 .

Pourtant, le rêve d'un vol absolu, en totale liberté, me poursuivait .

La nuit du 16 au 17 juin 1979 j'écrivis dans mon journal de rêves : " ... Je plongeais dans la vallée en déployant mes bras . Il faisait nuit . Je pris rapidement de l'altitude pour atteindre 800 à 1000m au dessus de la maisonnette . En bas la route, les rochers, les champs, la rivière, étaient très beaux sous les étoiles et la lune qui les éclairaient . Pour redescendre je devais me forcer, basculer tête la première, mettre les bras le long de mon corps pour enfin tomber brutalement jusqu'à quelques mètres au dessus de l'Aveyron ."

Mais ce n’est que 5 ans plus tard qu’apprenant à la télévision que des parachutistes venaient de décoller d’une paroi des Alpes que je me lançais aussi dans l’aventure avec d’abord des voiles de saut (« Surfair », « Strato-Cloud »), puis mon premier parapente, une "Randonneuse" qui dépassait tout juste les deux de finesse !

Extrait d’une page du carnet de vol . J’avais dessiné André en train de plier sa voile au moment où j’atterrissais près de lui un soir d’automne au crépuscule, loin de toute zone habitée : nous n’étions en ce temps-là qu’une poignée dans la région à pratiquer le parapente, surtout en escalade et randonnée . (Extrait carnet de vols . Alain MARC 1986)

Je vous raconterai une autre fois cette exaltante époque où des Pyrénées aux Alpes, de la dune du Pilat à l’Aveyron, j’ai eu la chance de côtoyer des pionniers formidables et de partager avec eux les débuts de la passionnante aventure de l’arrivée du parapente dans le vol libre .

Pour aujourd’hui je me limite à vous offrir ces deux extraits de mon carnet de vol illustrés à l’aquarelle . Ils datent du milieu des années 80, lorsque nous avions la chance d’ouvrir des « premières » depuis toutes les hauteurs qui nous paraissaient dignes d’intérêt .

Inoubliable épopée !

Nous partions le parapente sur le dos, et plongions dans le vide sans savoir toujours où nous allions atterrir … Que d’émotions, (ici dans les Gorges du Tarn où nous n'avions pour seuls repaires d'atterrissage que les grèves étroites longeant son long ruban argenté), et que de souvenirs dans lesquels nous côtoyons des oiseaux aussi majestueux et beaux que les aigles et les vautours, qui parfois indifférents parfois curieux, croisaient notre trajectoire ou quelques instants nous accompagnaient … (Extrait carnet de vols . Alain MARC 1988)

 

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9 juillet 2006 7 09 /07 /juillet /2006 10:45

Aquarelles abstraites à découvrir en milieu souterrain ... (B)

 

Je vous ai raconté dans le dernier article notre arrivée dans cette profonde cavité …

Ici, le temps s’est arrêté et on ne voit pas les heures passer .

Pourtant, il faut avancer si on veut aller jusqu’au lac dans le réseau inférieur .

Je voudrais explorer de tous les côtés à la fois car des couloirs assez considérables partent régulièrement à droite et à gauche du principal couloir où nous cheminons : ce sont certainement des affluents du cours d’eau qui a creusé le tunnel où nous nous trouvons ?

Étrange balcon d’orgues de calcite bleutée qui retombent en cascade au dessus de nous de part et d’autre d’une superbe rotonde minérale !

Plus loin un peu d’escalade vient varier le parcours, et c’est le passage d’un ressaut de quelques mètres qui nous permet de nous enfoncer dans la partie la plus profonde de notre visite . Ici le nombre de colonnes, de stalactites et de stalagmites est si important qu’elles constituent un véritable bosquet minéral à travers lequel nous faisons grand nombre de photos, et où je m’installe à nouveau pour quelques aquarelles à la limite de l’abstrait, mais je n’ai même pas commencé que mes camarades sont déjà bien avancés et je me dépêche pour les rattrapper .

L’enchaînement des draperies, des colonnes, des concrétions qui descendent vers le sol ou se projettent vers le plafond sont autant de flammes étincelantes et colorées qui dansent dans la lumière de nos frontales et de nos lampes, sur fond d’ombres bleutées … (Aquarelle Alain MARC 24 x 32 cm)

Nous progressons rapidement . On voudrait courir, voler ! La chance d’être dans un autre monde si proche et lointain à la fois, si féerique dans sa singularité, nous transporte d’émotion et de joie . Il en est toujours ainsi pour moi depuis ma plus tendre enfance et mes premières aventures souterraines sur les traces de mon père et de ses amis dont la référence à l’époque était Norbert Casteret .

Bientôt le silence est troublé par le bruit de gouttes qui tombent à intervalles plus ou moins régulier à la surface d’un plan d’eau . C’est une musique légère, raffinée comme une mélodie orientale, mystérieuse, gaie, et cristalline .

Nous savons bien avant de le voir, que nous sommes arrivés au petit lac qui annonce l’ultime but de notre randonnée .

Mon copain fait une acrobatie au dessus de l’eau pour me photographier au bord du petit lac : j’aime bien ces reflets de lampes qui sont comme des étoiles qu’on aurait apprivoisées et qui flotteraient dans un espace où les différents états de la matière se rencontreraient …

Et puis on fait le silence, on éteint toute lumière, on ne bouge plus pour n’être qu’en écoute de ces petites gouttes qui tissent dans l’obscurité les draperies de pierre et les fragiles tubes de calcite transparents comme du verre .

- Qu’ils sont loin les projecteurs bariolés des grottes touristiques qui font se pâmer les foules blasées d’un monde d’assistés, alors que sous leurs pieds la vie secrète des profondeurs de la terre continue de nous émerveiller en nous apprenant le respect pour la beauté d’une nature qu’il ne faut jamais dégrader !

Peindre dans la solitude des profondeurs du causse, au cœur d’une nuit éternelle qui contient à elle seule toute l’histoire de nos origines, entouré des couches sédimentaires des mers primitives est un privilège rare, générateur d’un intense bonheur !

Même si les chefs d’œuvre ne sont pas au rendez-vous, les aquarelles qui en naissent sont autant de lettres d’amour entre cet univers que j’aime et mes rêves d’infini, enfantés par la déesse mère, la déesse terre, que les hommes préhistoriques les premiers, par le chamanisme avaient choisie

pour se dépasser …

Avant de remonter, une dernière fois regarder la lumière de la lampe le visage à même le sol, voir s’animer ces obscures merveilles pour les sentir vivre, les sentir « respirer » et lui dire mon amour et mon respect, dans la tiédeur de la minérale poussière où nous retournerons un jour à jamais .

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5 juillet 2006 3 05 /07 /juillet /2006 15:36

Aquarelles abstraites à découvrir en milieu souterrain (A) ...

 

Le causse ne nous décevra jamais !

Hier au soir, un bon copain me dit : « J’ai appris l’existence d’une grotte qui devrait t’intéresser : - on va y faire un tour ? »

Pas besoin de me le demander deux fois, surtout parce qu’il paraît qu’elle est à la fois « sportive » (puits et ressauts, petite escalade, « ramping » en laminoirs et chatières, passages en « opposition »), déjà profonde (1 ou 2 km), grande (salles de plusieurs dizaines de mètres de diamètre), et belle, très belle même, avec des draperies, des concrétions de toutes sortes, un lac souterrain et des cristaux rares comme l’aragonite .

Préparation du matériel, de l’éclairage, et d’un peu d’eau pour boire, quelques fruits secs, le matériel d’aquarelle, les appareils à photos, etc.

Nous voici à pied d’œuvre, nous sommes trois, un autre joyeux luron s’étant joint à notre petite équipée .

L’entrée de la cavité, comme souvent, ne paye pas de mine : un simple trou plus petit que la taille d’un homme dans un talweg très pentu . Mais au bout de quelques mètres le boyau s’agrandit jusqu’à ne plus permettre de distinguer les parois devant soi dans la lumière des torches … Soudain la cavité paraît s’arrêter brusquement sur une épaisse paroi qui descend jusqu’à quelques centimètres du sol : juste le passage du corps bien à plat, en rampant, la tête sur le côté .

À plat ventre dans un passage surbaissé parmi tant d’autres, celui-ci sous une forêt de stalactites très fragiles qu’il s’agit de ne surtout pas toucher pour les préserver et ne pas les briser en rampant dans la progression …

La suite n’est qu’un enchaînement de rétrécissements et d’étroitures avant d’arriver dans une vaste salle au fond de laquelle s’ouvre un large puits dont on éclaire à peine le fond malgré l’usage de nos deux torches réunies .

Je descends au fond du puits pour y entamer ma première aquarelle qui a du mal à sécher tant l’humidité y est élevée, mais je me régale car les conditions y sont idéales pour mener un travail où le papier doit justement rester humide longtemps !

Une grande stalagmite jaune, orange et ocre s’élève dans le noir du puits, comme fluorescente sous la lumière de la lampe à acétylène … (Aquarelle Alain MARC 21 x 29,7 cm)

 

Étrange sentiment d’émotion et d’impatience mêlées …

Dans le prochain article, vous prolongerez cette aventure dans les profondeurs du causse, et vous découvrirez ce qu’apporte cette sorte d’intimité avec ce monde étrange et secret …

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31 mars 2006 5 31 /03 /mars /2006 09:59

De l’Afrique à la lune qui cache le soleil …

Un évènement s’est produit avant-hier qui est passé presque inaperçu sous nos latitudes, car il se voyait à peine depuis nos pays européens : c’est l’éclipse du soleil qui a plongé dans l’ombre une grande partie de l’Afrique centrale .

Avec cette aquarelle abstraite dédiée à cet immense continent, je vous invite à revivre cet évènement comme si vous y étiez, à travers le petit reportage réalisé par Adeline et Florent (il vous suffit de cliquer sur l’aquarelle ci-dessous pour vous retrouver au milieu des enfants d’Accra, en train de découvrir l’éclipse qui était totale là-bas) : un beau voyage, de superbes photos et que du bonheur !

undefinedTerres africaines … Terres ocres et vertes, sanguines et magenta . Terres d’espaces solaires, d’astres apprivoisés depuis la nuit des temps, vous portez dans vos racines les premiers souffles de l’être humain !

Nous voudrions voir vos regards toujours émerveillés par le miracle de la vie avoir sur l’avenir la même jovialité toute illuminée d’espérance ! (Aquarelle Alain MARC)

Pour conclure ce petit article je vous donne rendez-vous la semaine prochaine si j’arrive à trouver un cybercafé ouvert dans mes horaires de disponibilité : je serai en Afrique justement ! … Et j’espère bien que je pourrai vous donner des nouvelles du stage d’aquarelle que j’aurai le plaisir d’animer sur les traces de Majorelle, de Delacroix, Matisse et tant d’autres qui sont passés par là . 

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6 décembre 2005 2 06 /12 /décembre /2005 18:14

«Porte de La Jane», Jean MARC, petite aquarelle représentant la porte d’entrée de la dernière enceinte de village de Cordes, côté Nord, en dessous l’église .

1958 : papa venait donc d’installer son atelier à Cordes-Sur-Ciel, magnifique petite cité médiévale à quelques kilomètres de la propriété familiale, (je raconterai plus tard l’extraordinaire aventure de ce déplacement qui allait changer son existence) .

«Fontaine de la Rue Chaude» Jean MARC, petite aquarelle d'une fontaine située dans une des plus agréables rues de Cordes à cause des jardins suspendus qui la dominent, côté sud.

Ce village, l’un des plus beaux de France, avait vu passer et séjourner nombre d’artistes et de penseurs célèbres de l’après guerre, et certains d’entre eux comme Yves Brayer ou Albert Camus, y revenaient encore pour se ressourcer loin des mondanités parisiennes .

Stimulé par les belles aquarelles qu’en ramenait mon père, je décidais que j’y réaliserais mon premier carnet de voyage .

Aussitôt dit, je me mis en chantier, parcourant les ruelles, interrogeant les habitants, dessinant portes fortifiées, maisons, tours et tourelles, photographiant le village sous toutes ses facettes, établissant des plans, accompagnant les archéologues qui fouillaient le fameux puits de la halle (accroché au bout d’un frêle câble d’acier qui nous descendait à plus de 100 m de profondeur), "décortiquant" les études de Charles Portal, (historien local fervent défenseur de son village et du patrimoine occitan), écrivant et illustrant à mon tour ce "Cordes revisité" au fur et à mesure de mes explorations .

Cordes est un village de légendes et de beauté où l’histoire du pays d’Oc plonge de profondes racines … Je n’avais qu’une idée en tête : en découvrir en et raconter la vie secrète qui palpitait sous les merveilleuses façades de grés rose, les pavés millénaires des ruelles, dans les patios et les souterrains de calcaire blond, et même au fond des yeux des chats noirs disparaissant dans les venelles, aussi bien qu’au cœur des gens qui y vivaient .

"Page de texte illustrée", détail d’une page de mon premier carnet de voyage : celle-ci explique l’histoire médiévale de Cordes .

Cette étonnante cité m’inspira tant et si bien, que mon ouvrage avança vite . Les semaines se suivaient sans que je les vois défiler, attendant impatiemment la fin des journées d’écoles pour me replonger dans cette « aventure » passionnante .

J’étais en train de le terminer, lorsque j’entendis à la radio qu’un concours national était lancé pour la jeunesse sous forme de « reportage écrit et dessiné sur son village ou son quartier», organisé par les animatteurs d'une émission qui me captivait et qui avait pour nom « Partons à la découverte » !

"Plan de la cité", page de mon premier carnet de voyage : celle-ci est un plan des fortifications et de la répartition des quartiers médiévaux de Cordes .

Je participais donc avec ce livre unique, illustré et manufacturé avec tant d’enthousiasme et d’amour, ce qui me valut le plaisir pour ma première réalisation de « carnettiste » d’obtenir un magnifique premier prix national, attribué par la Radio Télévision Française, (RTF en abrégé) .

J’avais appris ma deuxième leçon d’approche globale du carnet de voyage : l’âme des êtres et des choses est plus importante que l’apparence qu’ils peuvent en donner, et c’est-ce qu’un carnet de voyage devrait tendre à révéler .

 

 «Rue de la brodeuse», Jean MARC, petite aquarelle représentant la rue d'une maison voisine de celle de mon père, celle de la dernière brodeuse mécanique de Cordes .

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4 décembre 2005 7 04 /12 /décembre /2005 16:34

L’une de mes premières leçons d’enfance était donc que traduire le monde tel qu’on le voit n’est pas suffisant pour en exprimer la réalité, l’authen-ticité, et en permettre la compréhension

Je devais donc me mettre en route, m’interroger sur les problèmes de la perception, explorer des pistes multiples, m’informer sur la démarche et les moyens utilisés par ceux qui y étaient arrivés et travailler, encore travailler !

" Animaux de la basse-cour" Alain MARC, dessin des années 50 / 60, quelques-uns des exercices de mon enfance …

Sous la houlette de mon père, et encore plus celle de son copain Gérard CAPOU, professeur d’arts plastiques et talentueux artiste qui venait en renfort, travailler n’était pas de tout repos …

Avant même de savoir lire j’avais accès à la bibliothèque bien documentée de mes parents, et avec une mère littéraire et un père peintre et sculpteur, les conditions étaient toutes réunies pour entrer dans cet univers fascinant du « voyage créatif » .

De nombreux artiste passaient à la maison, et nous assistions avec mes frères et sœurs à tous ces débats qui n’en finissaient plus sur les batailles d’idées entourant l’effervescence créatrice des années 50/60 .

À sept ans, ma marraine m’acheta ma première encyclopédie pratique de dessin, et tout de suite après mon premier livre d’histoire de l’art préfacé par Georges HUISMAN alors Directeur Général des Beaux-Arts, ouvrage qui avait pour ambition « de mêler le public juvénile à la vie quotidienne de ceux qui furent les plus grands créateurs de tous les temps et de tous les pays » .

Ce livre qui marqua mon enfance, se terminait par Paul GAUGIN, et par ces phrases qui évoquaient sa fuite en pleine révolution de 1848 : « Après avoir parcouru le vaste monde, il partit pour l’océan Pacifique et s’installa dans l’île de Tahiti . C’est là qu’il peignit ses plus belles toiles . »

Ainsi donc parcourir le monde, serait très utile pour créer de fort belles toiles ?

Pourquoi des toiles et pas seulement des dessins qui raconteraient le monde ?

De nombreuses questions se bousculaient dans ma tête …

 

« Portail de L’Horloge », Jean MARC, petite aquarelle représentant une des portes d’entrée les plus typiques du village de Cordes, où mon père venait de s’installer .

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29 novembre 2005 2 29 /11 /novembre /2005 23:25

Je n’avais pas cinq ans, mon père m’apprenait à observer, à écouter, à traduire ce que je voyais, ce que je ressentais, en essayant de comprendre ce qu’il définissait comme une vérité : celle qui se cache sous l’apparence des choses, et que la correspondance du dessin à son caractère le plus marqué, allait révéler à ceux qui le verraient .

Revenons à cette rentrée : en ce temps-là les niveaux étaient mêlés, et on « occupait » les plus petits pendant que les grands apprenaient .

Je fus donc assigné à partager une table avec mes nouveaux petits camarades de rentrée .

"Le départ dans la vie" Alain MARC, aquarelle 9 x 12 cm, années 60 / 70

Ce départ, comme je l'imaginais idyllique ! J’ignorais qu’un arc-en-ciel n’est pas toujours synonyme de beau temps …

La maîtresse distribua crayons de couleurs et cahiers et dit : attendez, je m’occupe des grands et nous allons colorier des canards, des poules et des lapins …

Voulant « bien faire », je me lançais aussitôt dans une grande fresque de poules, de lapins et de canards, remplissant la page du début du cahier avec tout ce que je connaissais des races animales que nous avions à la maison, jouant sur les différences anatomiques, choisissant des poses et des formats variés .

Quand la maîtresse revint auprès de nous, elle portait dans ses mains des tampons de caoutchouc et un magnifique support encreur . Il y avait le tampon de la poule, du lapin et du canard . Elle « tamponna » les cahiers des élèves avant moi, et lorsqu’elle arriva à ma hauteur entra dans une colère effroyable, me traitant d’indiscipliné, de séditieux, d’inepte à l’éducation .

Elle s’empara du cahier dont elle arracha la page qu’elle déchira aussitôt …

Je revins à la maison en larmes, n’osant montrer à mon père cette basse-cour calibrée aux contours d’encre bleue, que je trouvais hideuse et sans vie, sans caractère, sans âme, et dont franchement j’avais honte . Je ne comprenais pas comment un adulte en qui on devait avoir totalement confiance pouvait imposer des images aussi fades, laides, et stéréotypées .

Je venais d’apprendre ma première leçon d’approche globale : traduire le monde tel qu’on le voit n’est pas suffisant pour en traduire la réalité, l’authenticité, et en permettre la compréhension !

 "Les caprices du vent" Alain MARC, aquarelle 9 x 12 cm, années 60 / 70

Il a fallu ensuite composer avec le vent …

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27 novembre 2005 7 27 /11 /novembre /2005 22:14

Du carnet de voyage à la dimension picturale, une histoire qui commence dans l'enfance ...

C’est en fait tout un concept, toute une démarche, que je vais exposer à présent : on peut la résumer en un seul mot : globale .

Elle n’est en rien révolutionnaire, fort ancienne même, il suffit juste de l’adapter au monde qui est le notre pour qu’elle devienne très « contemporaine » .

Lorsque j’ai choisi qu’elle soit la mienne, plutôt par atavisme (mon père peintre et sculpteur produisait des carnets depuis sa plus tendre enfance et mon grand-père maternel tenait le sien dans les tranchées de Verdun lors de la grande guerre qui lui coûta la vie), plutôt par fatalisme (ne sachant faire grand-chose d’autre), je pratiquais déjà cette approche « globale » sans le savoir, un peu comme Monsieur Jourdain sa prose …

Du plus loin que je me souvienne elle était « dictée » par les conseils de mon père, et je me revois dans mes plus chers souvenirs d’enfance assis sur ses genoux, appuyé à la table de la ferme familiale devant la fenêtre grande ouverte au dessus d’un cahier de dessin, un crayon à papier dans la main .

"Ma mère" JEAN MARC, 1937 Huile sur bois 39,5 x 31 cm .  Mon père n'avait 13 ans quand il réalisa ce portrait de ma grand-mère ...

Le monde, le vaste monde était là tout proche, avec ses extraordinaires découvertes, ses mystères et son immensité que j’imaginais incommensurables parce que l’infini commençait au fond du jardin, juste derrière la fenêtre .

Papa me répétait : mais regardes donc, tu n’as rien regardé !

- il est comment le coq perché sur la brouette ?

- et le canard qui est passé : tu as vu, comment tu lui as fait le bec ?

La douce brise de cette fin de journée laissait entrer dans la pièce ouverte sur ce merveilleux ailleurs l’odeur des roses de la pergola, et l’on entendait l’angélus monter de l’église du village depuis l’horizon, tout là-bas à quelques kilomètres de là .

"Alain, 1952" JEAN MARC, 1952 Huile sur toile 38 x 61 cm . J'avais 5 ans à peine, et de grandes boucles blondes ...

Nous étions à la fin de l’été, au moment où un évènement considérable allait bouleverser ma vie de petit enfant : la rentrée scolaire toute proche, ma première rentrée, dont j’ignorais combien elle allait également devenir en ce mois de septembre (sans que j’en sois conscient), mon premier combat pour l’authenticité de l’expression ….

"Le colporteur d'étoiles"

Alain MARC, aquarelle 9 x 12 cm, années 50 ou 60 .

Je ne me souviens plus de la période à laquelle j'avais peint cette aquarelle .

Ce que je sais c'est que je voulais être "colporteur d'étoiles" ...

 

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