voyages et aquarelle - Aquarelliste et peintre voyageur
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  • : En peinture, l'art de l'aquarelle est un mode d'expression qui va des carnets de voyages à la création de tableaux : en voici les différentes facettes inspiratrices, techniques et créatives selon Alain MARC ...
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Andalousies

«Andalousie, la Route d’Alain MARC», carnet de voyage de Pierre NAVA
Découvrez article après article en cliquant sur les vignettes ci-dessous le carnet spontané de Pierre m’accompagnant en Andalousie, et les «Petites Histoires vidéo» qu’il m’a inspirées :

La-Barca-1b-Pierre-Nava.jpg

Préambule

La Barca 2a Pierre Nava

L'étape de Peniscola

Andalousie b Pierre Nava

Sur la route de l'Andalousie...

Moulin-b Pierre-San Jose 2

Au Cabo de Gata

Bateau Pierre Isleta 3b

La Isleta del Moro

Huebro Pierre vignette

Huebro, la montagne enchantée

Pierre-Nava-Guadix-4-copie-1

Guadix, les maisons troglodytiques

Rio Fardès

Le rio Fardés

22 octobre 2014 3 22 /10 /octobre /2014 16:44

Lorsque je demande à l’une ou l’un de mes collègues aquarellistes pourquoi elle ou il privilégie dans sa palette telle ou telle couleur, elle ou il est souvent bien incapable de me l’expliquer : c’est me répond-on question d’habitude et de goût personnel, d’affinité particulière avec ses couleurs parce qu’on réussit mieux ses effets avec (mais sans savoir exactement pourquoi), ou même quelquefois par « effet de mode », de publicité, ou parce que son fournisseur habituel est tributaire de telle marque ou de telle autre…

Hors, la réponse à cette question est capitale si l’on veut obtenir des résultats encore meilleurs, et aborder des problématiques nouvelles aptes à élargir notre créativité, à mieux nous épanouir dans ce qui nous pousse à nous exprimer dans un domaine particulier de l’aquarelle plutôt qu’un autre (il devrait en être de même pour toutes les autres techniques artistiques utilisant la couleur) !

En réalité, il faut savoir qu’une même couleur ne réagira pas sur un papier identique d’un fabricant à l’autre, qu’une couleur bien précise du même fabriquant ne réagira pas non plus de la même façon selon la nature du papier qui la reçoit (avec une même préparation palette et une dépose papier identique), que des couleurs du même fabriquant, mais aux nuances proches dans la même gamme colorée (les bleus par exemple et bien qu’ils soient légèrement différents sur le nuancier), pourront rendre (pures ou en mélange et selon la concentration pigmentaire de leur préparation) des effets visuels ou optiques sensiblement identiques à l’œil sur des papiers différents alors qu’elles sont différentiées sur le nuancier, etc.

À cette problématique de base se rajoute celle des qualités pigmentaires des couleurs (capitales pour toute réussite en aquarelle – mais pas seulement - en termes de luminosité, de vibration et d’atmosphère) : limpidité, vivacité, fraîcheur, brillance, transparence, intensité, etc.

Venez avec moi à la découverte des bleus de la source :

 

Aussi, avant de continuer cette approche du bleu en aquarelle, même sans aller trop loin dans nos souvenirs de physique et chimie, une petite révision théorique s’impose : nous savons que la couleur (citation Wikipédia) : « est la perception subjective par l'œil d'une ou plusieurs fréquences d'ondes lumineuses, avec une (ou des) amplitude(s) donnée(s) »

« On distingue :

  • les couleurs pigmentaires, dites chimiques, car produites par la présence dans la matière de colorants ou de pigments qui absorbent une partie de la lumière blanche et ne réfractent que certaines longueurs d'onde,
  •  
  • les couleurs structurelles, dites physiques, provoquées par des phénomènes d'interférence liés à la structure microscopique de l'objet qui diffracte la lumière reçue. Les couleurs pigmentaires sont généralement instables, tandis que les couleurs structurelles sont pérennes et iridescentes. »

Nous savons aussi que la décomposition de la lumière blanche à travers le spectre lumineux permet de visualiser toutes les couleurs perceptibles par l'œil (pensons à l’arc-en-ciel). Chaque couleur correspond donc à une longueur d’onde électromagnétique particulière exprimée en nanomètre (1 nm = 0,000 000 001 m).

Mais la plage des longueurs d’onde perceptible par l’œil humain est très réduite (situé entre 380 et 780 nanomètres), imaginiez comment serait le monde si nous arrivions à percevoir les longueurs d’onde situées en deçà et au-delà du spectre lumineux qui nous est perceptible !

Le voyage du bleu : la Source bleue

Notre perception des couleurs est de surcroît conditionnée par la lumière ambiante (directe ou indirecte), l'environnement, les interprétations de notre cerveau en fonction du contexte, et naturellement la physiologie de notre vision elle-même, ce qui nous amène à ne pas voir forcément les mêmes couleurs qu’autrui dans un même contexte.

De plus, un œil exercé maniant la couleur en permanence percevra des couleurs « invisibles » au regard du plus grand nombre (élargissant la conscience des couleurs il est très important de le savoir, j’y suis régulièrement confronté dans le cadre de mes stages ou cours : parfois je dis « mettez ici tel rose ou tel jaune dans le bleu du ciel, car sa couleur en est considérablement modifiée en cet endroit » et on me répond « - mais où vois-tu cette couleur, je ne la vois pas ? », alors qu’elle est tout à fait « visible » et évidente pour moi) ! 

Aussi, pour pouvoir parler de couleur, il est nécessaire de comprendre ce qu'est la lumière et comment notre œil fonctionne.

Il faut aussi connaître pour bien comprendre la différence entre « couleur lumière » (structurelle) et « couleur pigment », les principes simples de la synthèse additive des couleurs : composition d’une couleur par addition de lumière (faire l'exercice du lien pour bien comprendre), phénomène propre aux objets émetteurs de lumière dans le cas des couleurs structurelles.
Ainsi que celui de la synthèse soustractive, principe consistant à composer une couleur par soustraction de lumière (déplacer idem les couleurs avec la souris dans l’animation de ce lien) : le mélange des couleurs « pigments » sur la palette ou le papier en aquarelle est le résultat d'une synthèse soustractive. L’étude des couleurs à travers la rose chromatique en est l’une des plus intéressantes applications théoriques, nous l’appliquons sans en avoir toujours conscience dans chacune de nos réalisations picturales…

En résumé, pour voir les couleurs, trois éléments sont indissociables : la lumière, la matière et l’œil, mais les nombreux facteurs évoqués ci-dessus vont en faire changer la perception qui à chaque instant peut paraître différente.

Par contre, pour traduire en aquarelle un effet ou un objet coloré (particulièrement s’il est perçu en terme de lumière structurelle – donc « couleur lumière » -), nous n’avons à notre disposition que des pigments (mais qui sont « matière » tout aussi bien élaborés soient-ils).

Il nous faudra donc être très attentifs dans la composition de nos palettes aux trois principaux éléments qui définissent la couleur que nous utilisons en tant que peintres :

  • a) la tonalité (rapport à la couleur dont elle se rapproche le plus, correspondance entre le nom et numéro des couleurs sur l’étiquette et leur teinte réelle dans la palette puis sur le papier une fois sèches),
  • b) la luminosité (valeur, intensité lumineuse, liée à la transparence de la couleur, ne vous fiez pas seulement aux indices de transparence donnés par le fabricant : testez vos couleurs sur le papier !),
  • c) la saturation (plus ou moins pure, éclatante, brillante ou terne, qualité de la couleur où les notions de valeur teintante, granulométrie / précipité, etc., jouent un rôle important, particulièrement dans les mélanges)…

D’où l’importance de la nature des pigments de nos demi-godets (ou de nos tubes) qu’il nous importe d’évaluer, tester, comparer, mémoriser pour en connaître parfaitement les caractéristiques dont limpidité, vivacité, fraicheur, brillance, transparence, intensité, le pouvoir colorant, l’aptitude au précipité ou à la granulation selon les fabricants, effets des mélanges selon les types de papier (toutes ces notions ainsi que celles d’autres éléments comme la durabilité, seront développées, expliquées et mises au service de votre créativité dans les cours en ligne sur lesquels je « planche », mais vous pourrez déjà en découvrir quelques-unes des implications les plus courantes dans cette série d’articles) .

C’est à partir de ce constat que nous pouvons en déduire la suprématie de l’aquarelle légère et rapide par rapport à de nombreuses techniques d’expression artistique pour son aptitude à saisir les scènes éphémères, les ambiances fugaces, les effets de lumière (et donc de couleurs) qui changent très vite (par exemple en extérieur en fonction de la météo, de l’écoulement du temps, ou de notre propre déplacement par rapport à nos sujets de prédilection).

Pour bien traduire les couleurs subtiles et nuancées de la Source bleue (couleurs structurelles « immatérielles » de l’eau), il conviendra donc de posséder dans sa palette les couleurs « optimales » les plus aptes à permettre de réussir leurs mélanges et obtenir les effets souhaités.

Pour cela 2 solutions :

  • soit on connaît parfaitement ses couleurs et on maîtrise tous les éléments évoqués ci-dessus (auquel cas on a déjà correctement disposé sa palette avec les « bonnes couleurs » - et je ne parle pas seulement des bleus -),
  • soit on découvre l’aquarelle, on est en phase d’apprentissage ou de perfectionnement, ou on travaille par « habitude » (au « feeling » en quelque sorte sans trop se poser de questions sur l’implication des couleurs dans l’optimisation de son travail), et là, il faut procéder avec méthode pour remanier sa palette et lui donner le potentiel apte à vous faire entrer dans d’autres dimensions de la « couleur lumière »,
  • Comment ?

En effectuant des tests et essais tout simplement (ou en se fiant à mes conseils et propres expériences - mais n’oubliez pas qu’il faudra les adapter à votre sensibilité et goût personnel - comme je l’explique sommairement ci-dessous à propos de la Source bleue) !

L’idéal quand on n’a pas une palette adaptée avec des bleus permettant de retrouver rapidement ceux de son sujet est d’apporter son nuancier des bleus pour les comparer à ceux de ce sujet, puis d’extraire les plus appropriés pour les rajouter à sa palette de travail…

L’idéal quand on n’a pas une palette adaptée avec des bleus permettant de retrouver rapidement ceux de son sujet est d’apporter son nuancier des bleus pour les comparer à ceux de ce sujet, puis d’extraire les plus appropriés pour les rajouter à sa palette de travail…

Les couleurs bleues et vertes de la Source bleue sont avant tout des couleurs structurelles provoquées par la diffraction de la lumière du jour interférant avec les particules des micro-précipités que son eau contient.

Analysons notre sujet (une analyse globale, strictement picturale, simple et fonctionnelle est généralement suffisante pour la plupart des sujets, mais je ne m’intéresse ici afin de bien les comprendre qu’aux effets de lumière et de couleurs concernant le phénomène provoquant les bleus de cette source, du bleu très sombre du fond de la vasque, aux turquoises, verts et bleu gris des zones les moins profondes liées à l’étalement des eaux au départ du ruisseau) :

  1. – Analyse sommaire formelle du sujet :

À l’origine de ce phénomène physique de bleu extraordinaire dégagé par cette eau, un processus d’origine chimique lié à son caractère d'exsurgence d'eau karstique qui, après avoir traversé les calcaires des karts, s’est chargée d'ions HCO3-, et Ca++ en solution. En arrivant à la surface au niveau de la source, l’eau de la Source bleue relâche dans l'atmosphère une partie de son CO2. Cette perte de CO2 favorisée par la photosynthèse de bactéries photosynthétiques planctoniques provoque un micro-précipité de CaCO3 en suspension dans l'eau (2 HCO3- + Ca++<=> CO2 + CaCO3 + H2O).

Dans les conditions habituelles d’éclairage de la source à la lumière du jour, la configuration et la profondeur de sa vasque, les particules de ce micro-précipité ont la bonne dimension et la bonne concentration pour entraîner la diffusion de la lumière et lui donner ses exceptionnelles couleurs bleues.

Le voyage du bleu : la Source bleue

D’autres phénomènes physiques s’ajoutent aussi à ceux de la propagation de la lumière dans l’eau, de son absorption en fonction de l’indice de réfraction de cette eau, de sa profondeur, et de la nature du sable clair du fond de la vasque calcaire sur laquelle la lumière non absorbée se réfléchit.

L’intensité lumineuse diminuant avec la profondeur, les rayonnements rouges de la lumière étant d’abord absorbés avant le bleu et selon les principes de la synthèse additive des couleurs, la lumière émergente du fond de l’eau ayant perdu le rouge, on voit donc une eau de couleur cyan et verte dans les zones moins profondes, et d’un bleu plus foncé vers le fond de la vasque (au niveau de l’arrivée de la galerie noyée en forme de siphon environ 6 m de profondeur), où les rayonnements verts se sont également dispersés à leur tour (voir la vidéo d’exploration subaquatique de la Source bleue en fin de billet)…

Mon essai d’interprétation personnelle des effets du rayonnement de la lumière du jour dans la source bleue (si mes souvenirs scolaires de physique ne se sont pas trop évanouis…).

Mon essai d’interprétation personnelle des effets du rayonnement de la lumière du jour dans la source bleue (si mes souvenirs scolaires de physique ne se sont pas trop évanouis…).

En fait, la couleur bleue de la source qui arrive à nos yeux est le résultat de la combinaison de plusieurs des phénomènes de diffusion, transmission et réflexion sur le fond clair (la réflexion spéculaire du bleu du ciel à la surface de l’eau étant ici insignifiante à cause du couvert végétal) où la lumière du jour qui ressort en lumière diffusée est réémise dans toutes les directions après avoir suivi un trajet chaotique dans l’eau avant de ressortir dans des directions aléatoires après absorption selon la profondeur de l’eau des longueurs d’onde colorées de la gamme des jaunes aux rouges, ce qui ne nous laisse percevoir que les teintes allant du vert pâle au bleu profond.

  1. – Analyse d’interprétation picturale du sujet :

Bien que je n’aborde pas réellement ici l’analyse d’interprétation picturale de cette source (la réservant à mes cours et modules de formation en ligne ou à mes stages - mais on en a une idée à travers un passage de la vidéo -), je vais cependant en amorcer les principes, car, que cette analyse soit implicite (intuitive ou spontanée, liée à l’habitude et à l’expérience picturale du travail sur le motif) ou explicite (phases d’apprentissage ou de découverte), elle n’en est pas moins essentielle.

Les éléments qu'il est possible de prendre en compte dans l'analyse d’un motif sur le plan « pictural » sont multiples, variés et complémentaires, car ils définissent la construction même du travail à travers ses différentes étapes, et orientent l’interprétation créative du sujet.
Ce type d’analyse pour une réalisation en aquarelle ou croquis aquarellé (même rapide) doit bien évidemment être pensé en fonction des attentes espérées de ce travail.

Elle doit répondre aux questions :

  • Qu’est-ce que je vois ? – qu’est-ce que je garde et qu’est-ce que je « laisse » ? - comment je le traduis en terme de formes, de couleurs, de lumière, de graphisme, etc. ?- par quoi je commence et comment j’élabore mon motif ? – en combien de temps je pense le réaliser ? etc.

Globalement en carnet de voyage ou de terrain, ce questionnement doit tenir compte :

  1. - du contexte : tout ce qui n’est pas dans le sujet, mais qui contribue à sa perception, à son interprétation,
  2. – du réel exprimé : tout ce qu’on peut appréhender dans le sujet d’un monde absent mais qui m’est donné à voir (le référent).
  3. – des choix énonciatifs : ce qui, dans le sujet, dépend pour l’essentiel de l’acte de représentation et non du réel représenté (d’où que garde-t-on, que supprime-t-on ?).
  4. – de l’interprétation : c’est-à-dire la manière technique et créative permettant de relier les différents éléments analysés entre eux et avec la subjectivité de la perception pour donner un sens particulier à son motif.

La recherche des bleus et des verts les mieux appropriés faisant partie de cette analyse, je vais, une fois les deux ou trois bleus de ma palette des bleus sélectionnés et rajoutés à ma palette de travail, étudier avec quels jaunes (ou quelles autres couleurs pures) les mélanger pour obtenir sur le papier non seulement les couleurs se rapprochant le plus de la réalité, mais aussi celles aptes à répondre à mon intention créative (à commencer par l’atmosphère que je veux donner à cette aquarelle, aussi rapidement soit-elle réalisée).

Pour cela il n’y a pas « 36 solutions » en phase d’apprentissage, il faut faire ses essais de mélanges – échantillons des couleurs qui nous paraissent les plus correspondre à ce que je veux réaliser sur le même papier que celui de mon carnet de voyage (ou papier définitif d’exécution), voici quelques-uns de ces tests réalisés pour vous :

Test du mélange des bleus sélectionnés avec l’auréoline pour rechercher les verts, + l’alizarine cramoisie pour la couleur de l’eau profonde sous le fond de voûte.

Test du mélange des bleus sélectionnés avec l’auréoline pour rechercher les verts, + l’alizarine cramoisie pour la couleur de l’eau profonde sous le fond de voûte.

J’ai choisi comme première base de bleus : turquoise Rembrandt, outremer clair Blockx, indanthrène Rembrandt, bleu d’Anvers Winsor / Newton, bleu Winsor W-N (base ramenée après essai à 3 bleus seulement : turquoise Rembrandt, outremer clair Blockx, indanthrène Rembrandt), comme base de jaunes auréoline W-N et or vert (Winsor / Newton également), et en couleur annexe (pour réaliser le bleu très sombre sous le porche de la source), l’alizarine cramoisie W-N.

Je rappelle que pour traduire un effet de couleurs structurelles toutes ces couleurs doivent être plutôt transparentes intenses, pigments purs ne précipitant pas !

Test du mélange des bleus sélectionnés avec l’or vert W-N pour les zones d’eau de faible profondeur, et pour la teinte de l’eau en fond de voûte mélange outremer clair + bleu Winsor + l’alizarine cramoisie (donne « Teinte fond de voûte n°1 »)

Test du mélange des bleus sélectionnés avec l’or vert W-N pour les zones d’eau de faible profondeur, et pour la teinte de l’eau en fond de voûte mélange outremer clair + bleu Winsor + l’alizarine cramoisie (donne « Teinte fond de voûte n°1 »)

Au premier coup d’œil après séchage, le constat que l’on peut faire est que, même si certaines des nuances obtenues sont très proches les unes des autres dans les verts et verts / turquoises, c’est avec  l’or vert qu’elles paraissent plus nuancées, naturelles et subtiles, c’est donc cette dernière couleur que j’utiliserai pour aller des turquoises aux verts.

Il est également à remarquer si l’on compare le mélange auréoline W-N / bleu outremer clair  Blockx, que ce mélange devient vite sale et très granuleux sur papier à grain (même fin comme le Montval), alors qu’il précipite très peu en restant assez transparent et fluide sur papier satiné ou à grain très fin (donc, bien faire ses tests couleurs avec le même papier que le papier définitif !) :

Mélange bleu outremer clair  Blockx + auréoline W-N sur papier Montval 300 g

Mélange bleu outremer clair Blockx + auréoline W-N sur papier Montval 300 g

Mélange identique sur papier Sennelier 180 g à grain très fin

Mélange identique sur papier Sennelier 180 g à grain très fin

Ne pas hésiter à comparer les mélanges de plusieurs couleurs proches (ou identiques) provenant de fabricants différents, cela permet de trouver le mélange le mieux adapté au papier de son carnet, exemple pour la couleur de l’eau sous le fond de voûte de la source :

Teinte de fond de voûte n°2 : le bleu de phtalo vert Sennelier donne sur mon papier Montval après mélange avec le bleu outremer clair Blockx et l’alizarine cramoisie W-N, un bleu plus profond et lumineux tout en restant aussi transparent, qu’avec le bleu Winsor (nuance verte) W-N, c’est donc le mélange que je privilégierai.

Teinte de fond de voûte n°2 : le bleu de phtalo vert Sennelier donne sur mon papier Montval après mélange avec le bleu outremer clair Blockx et l’alizarine cramoisie W-N, un bleu plus profond et lumineux tout en restant aussi transparent, qu’avec le bleu Winsor (nuance verte) W-N, c’est donc le mélange que je privilégierai.

Le voyage du bleu : la Source bleue

Les couleurs ci-dessus (de l’eau de la source) préalablement préparées sur la palette, sont passées en humide par glacis (dans toute la surface concernée mouillée à l’eau claire) par-dessus les galets et cailloux du fond bien secs (réalisés en un premier temps), pour favoriser leur mélange sur le papier et obtenir les effets de transparence.

La Source bleue, motif terminé.

La Source bleue, motif terminé.

Si vous voulez en savoir plus sur la source bleue, sachez qu’elle a été explorée et que son siphon est devenu un « classique » de la plongée souterraine.

Elle conserve cependant encore une grande part de ses mystères et réservera probablement de nouvelles surprises aux futurs explorateurs. Je vous laisse en découvrir ci-dessous une coupe que j’ai dessinée à partir du panneau situé sur l’entrée du site et l’une des nombreuses vidéos de sa plongée qui vous immergera totalement au cœur du bleu de son eau (impressionnant et poétique à la fois !).

Quant au plus célèbre peintre de la région (Courbet), il a peint cette source dans un tableau où je ne vois guère de bleu !

Mon interprétation personnelle du panneau placé à l'entrée du sentier de la Source bleue

Mon interprétation personnelle du panneau placé à l'entrée du sentier de la Source bleue

L'une des vidéos que l'on peut trouver sur Internet, de l'impressionnante plongée de la Source Bleue...

Enfin, pour terminer ce deuxième billet consacré au bleu, je voudrais partager avec vous ce très beau passage du livre de Thierry Lenain, "Loin des yeux près du cœur", 1997, Ed Nathan "Les couleurs pour un aveugle" :

"…ça la troublait que je ne connaisse pas les couleurs. Je lui avais pourtant affirmé que ce n'était pas grave, que ça m'empêchait ni de vivre, ni d'aimer... Elle tenait pourtant à me les apprendre.

Alors il y eut le jaune comme le soleil qui chauffe sur la peau, le vert comme le parfum de l'herbe mouillée le matin, le bleu comme l'océan quand tu es devant. 

"Tu t'es déjà tenu devant l'océan, pour écouter les vagues et sentir le vent sur ton visage ? M’avait-elle demandé. Eh bien le bleu, c'est comme ça."

Et elle le répétait inlassablement: ça, c'est jaune comme le soleil qui chauffe la peau, ça vert comme le parfum de l'herbe mouillée le matin, et ça bleu comme l'océan quand tu es devant.

C'étaient nos couleurs. Les couleurs de notre amour. "

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6 avril 2013 6 06 /04 /avril /2013 14:02

J’ai enfin réussi à me débarrasser de cette épouvantable pub qui vous agressait en agressant mon blog !
Je veux parler de cette bannière affreuse et perfide qui ramenait vers des "rogues" et s’affichait ostensiblement au bas de ces pages sans que ni vous ni moi, n’arrivions à nous en débarrasser…
C’est pour cela qu'après mon précédent article je ne publiais plus.
Pour moi qui n’ai en informatique que des connaissances basiques, il m’a fallu beaucoup de persévérance, de patience, et l’aide précieuse de sympathiques blogueurs bien plus compétents que moi, pour me guider jusqu’à la source du script vampire afin de l’éliminer.
Sans cette salutaire aide je pense que je n’y serais jamais arrivé seul, et je tiens à remercier les trois personnes qui m’ont aidées :  il s’agissait d’un tout petit script en html qui s’était glissé avec effet rétroactif (sans doute par mise à jour des codes) invisible hors html, tout en bas du lecteur flash de la musique que j’avais arrangée pour l’intro de cette page (vous savez, c’est celle-ci qui évoque le voyage et le rêve et que vous pouvez écouter sans danger) :

En vous faisant part de ma colère d’avoir vu mon journal en ligne squatté par une agence de pub que je trouve particulièrement malhonnête car elle profitait de mon espace, de mes articles, autant que de vos visites (faisant fuir en masse grand nombre de visiteurs), que je ne peux même pas attaquer car ce sont des pratiques courantes dans la blogsphère, j’ai par la même occasion supprimé toutes les autres pubs du blog !

Seul module conservé (car je sais que de leur part ne viendra aucun souci, et en plus ce sont de vrais amis des aquarellistes), celui de notre partenaire Aquarelle et Pinceaux (au fait, ils font en ce moment de super promos dans les excellentes marques DALER-ROWNEY, BLOCKX et LEONARD ... profitez-en, ce n'est pas une pub mais une information !).
Ceci n’est pas le seul lifting de ce journal : vous aurez tout de suite remarqué en l’ouvrant la modification totale du bandeau du haut de page et le lien auquel il est relié en cliquant dessus (ce que je vous invite à faire si ce n’est déjà fait car il vous amènera à un bien beau souvenir), je vous invite à me dire dans vos commentaires ce que vous en pensez ?
Si ce nouveau «look» vous plait, alors vous devriez être ravis (es) dans les semaines à venir car ce n’est qu’un début, nous en reparlerons bientôt.
Vous l'avez donc compris : c’est un nouveau départ que je vous prépare, avec le printemps de nouvelles choses vous attendent qui j’en suis certain, vont vous passionner !
Le nombre des visiteurs remontant très vite (vous en faites partie ce dont je vous remercie car il vient de repasser à plusieurs centaines par jour depuis que j’ai éradiqué l’abominable pub), et surtout toutes les bonnes nouvelles en perspective, j’ai donc décidé dès le prochain article de vous emmener dans une extraordinaire aventure, une histoire magnifique, un voyage qui ne pourra vous laisser indifférent car il ne pourra jamais plus être renouvelé comme je vais vous le faire partager…
Enfin, quelque chose d’à la fois exceptionnel et merveilleux, vous allez vivre avec moi une aventure de pionniers, qui plus est, pinceaux et aquarelles en main !
Tout commence ici, dans ce très beau paysage que j’esquisse rapidement sous un ciel de traîne changeant et capricieux de ce début avril, face à des horizons bleutés, immenses, qui nous transportent très loin dans l’espace et le temps, d’une incroyable poésie…
Causse-ComtalJe ne vous dis pas où c’est aujourd'hui (je vous laisse cependant deviner si vous y parvenez), puisque vous découvrirez très bientôt avec surprise et étonnement où je vous emmène, et pourquoi je vous y emmène !

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15 novembre 2012 4 15 /11 /novembre /2012 22:17

Vous pouvez visionner cette vidéo en plein écran et HD en cliquant sur "HD" et tout à côté sur le bouton d'expansion d'écran en bas à droite du lecteur après avoir lancé la lecture (appuyer sur la touche "Esc" du clavier pour en sortir).

Vous le savez depuis le dernier article : je vous emmène aujourd’hui en bateau au large de Percé, dans le parc national de l'Île Bonaventure et du Rocher Percé, lieu de prédilection des artistes, écrivains et naturalistes amateurs de splendides paysages, de riches patrimoines naturels, historiques et géologiques.
Nous faisons le tour de l’île comme nous l’avions fait pour le Rocher Percé…
L'île Bonaventure forteresse naturelle à la flore et à la faune exceptionnelles (dont sa célèbre colonie de fous de Bassan, la plus importante colonie au monde, visible à la belle saison), est une destination incontournable au Québec de même que le patrimoine bâti de l'île, dernier témoin de la vie des courageux insulaires du siècle dernier.
À l’époque du régime français (17ème siècle,) l'industrie de la pêche est florissante autour de l’île qui devient le plus important poste de pêche du golfe, avec plus de 600 pêcheurs de morue pendant la saison estivale.
Cette prospérité continuera pendant la période anglaise jusqu’à péricliter à l’arrivée des nouvelles technologies au début du XXe siècle, avec des méthodes de pêche plus modernes et la concurrence des bateaux réfrigérés permettant d'exporter directement les filets de morue frais, et non plus seulement séchés.
Après la colonisation française c’est une population surtout anglaise et irlandaise qui vit sur l’île, pêchant aux alentours, y cultivant les terres, récoltant les œufs des fous de Bassan et ramassant le bois de chauffage. On y vivait plus facilement que sur le continent grâce à de nombreux avantages locaux, mais il ne restait plus que 172 habitants sur l’île en 1831, population qui se désagrège au fil des années jusqu’à disparaître à en 1967. Les quelques propriétaires restant, (dont une colonie d'artistes arrivés dans les années 1960 qui se mêlent aux habitants de l'île pour la plupart de souche irlandaise), furent expropriés en 1970, quand le gouvernement du Québec acquit l'île en vue d'en faire un parc qui protégerait ce sanctuaire pour les oiseaux.
C'est donc l'une des plus grandes réserves ornithologiques mondiales et des plus faciles d’accès que constitue l’île, comptant plus de 280 000 oiseaux, et pas seulement marins : outre les fous de Bassan qui en font la principale attraction, près de 250 des 300 espèces d'oiseaux que l'on peut observer dans toute la Gaspésie y passent régulièrement, bénéficiant d’une absence quasi-totale de prédateurs.
Je n’aurai pas la chance d’en voir beaucoup, la colonie des fous de Bassan en particulier s’étant « volatilisée » pour des cieux plus cléments afin de passer l’hiver.
Mais je suis tout de même heureux de vous faire partager cette première découverte de l’île Bonaventure où je reviendrai certainement un jour …
Île BonaventureÉnormément de croquis et d’aquarelles à réaliser sur et autour de cette île, avec des sujets extrêmement variés, mais c’est quasi impossible depuis un bateau dans la houle !

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5 novembre 2012 1 05 /11 /novembre /2012 19:57

«Il est des lieux qui tirent l'âme de sa léthargie, des lieux enveloppés, baignés de mystère, élus de toute éternité»

Maurice Barrès


Vous pouvez visionner cette vidéo en plein écran et HD en cliquant sur "HD" et tout à côté sur le bouton d'expansion d'écran en bas à droite du lecteur après avoir lancé la lecture (appuyer sur la touche "Esc" du clavier pour en sortir).

 
Sans doute Percé est-il de ceux-là…
Elle est si belle la route qui de Gaspé va jusqu’à Percé, que je me suis attardé auprès de quelques jolies maisons et une chapelle aux murs de bois blancs et rouges…
Aussi il est déjà très tard quand j’arrive à Percé, avec un vent de nord glacial venu tout droit du Labrador (si ce n’est du Groenland), mais la lumière est si belle que je décide de réaliser une dernière aquarelle avant le coucher du soleil, quitte à braver cette infernale bise qui me pénètre jusqu’à la moelle des os malgré ma polaire et mon coupe-vent. 
Il faut dire que le rocher qui fait la renommée du lieu est absolument magnifique avec son obélisque détachée du monolithe et son arche gigantesque s’ouvrant par un porche de plus de trente mètres au-dessus de la mer.
Je suis arrivé ici à "l’Étretat québécoise", et si l’endroit est si renommé c’est qu’il le vaut vraiment, avec sa beauté sauvage qui attire de fort loin les artistes, poètes et écrivains depuis des siècles.
Il suffit de découvrir des oeuvres comme l’aquarelle de  Lucius O'Brien réalisée en 1882, ou des gravures telles celles de Hervey Smithen (en 1758) ou S. Owen (en 1812), pour voir combien ce lieu a fasciné les artistes dès la découverte de la Gaspésie.
Depuis, ils n’ont cessé d’y venir et même d’y vivre comme Donald Cahill dont la très intéressante peinture nous plonge dans l’histoire émouvante de cet Extrême-Orient amérindien.
Pour ma part c’est la force mystérieuse et la beauté plastique de cet immense iceberg rocheux qui me fascinent le plus : un mélange énigmatique de masses calcaires aux couleurs changeantes défiant l’apesanteur, un lien monumental entre le ciel et l’eau, une synthèse entre la nature sauvage et l’humanisation du littoral, un trait d’union en perpétuelle évolution unissant la terre et la mer, une entité faite de mythes, de légendes, de rêves mais aussi de sédiments, de fossiles, d’évènements géologiques inimaginables nous jetant au visage et au cœur quatre cent millions d’années de vie fossilisée…
En le voyant on devine aussi à travers lui l’épopée des aventures dont il fut le témoin : celles des tribus Mi’Kmaq qui pêchaient autour de lui, du passage ici des pionniers découvreurs, de Jacques Cartier, Samuel de Champlain, Nicolas Deny et tant d’autres. Ils nous redit les tempêtes et les naufrages autant que les promenades à marées basses des visiteurs émerveillées sous son arche colossale dans la douceur des soirs d’été…
Enfin, en le quittant je ne peux m’empêcher de penser à ces mots d’Eugène Achard dans «La Sorcière du Rocher Percé» :
«On a dit que cette arche avait été creusée par les eaux; explication ingénieuse et bien digne de ces savants qui prétendent tout expliquer et qui, au fond, ne savent rien»
Rocher PercéÉtrange et mystérieux Rocher Percé : c’est auprès de lui que j’éprouve le plus ce sentiment merveilleux d’arriver à étreindre le monde avec juste un bout de papier, un crayon, un pinceau et quelques couleurs…

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31 octobre 2012 3 31 /10 /octobre /2012 16:39

Disposant enfin d’une bonne connexion et d’un peu plus de disponibilité, je vous retrouve pour la suite de mon carnet de voyage au Canada en Gaspésie, dans la belle province de Québec.
J’en étais resté au phare du Cap des Rosiers où des paysages splendides m’accueillaient avec leurs falaises abruptes plongeant dans la mer, où je me dirigeais vers un parc national très connu mais désert en cette période de l’année, qui nous ouvre aujourd'hui ses portes .
En fait nous les ouvrons symboliquement car elles sont fermées (comme toutes celles des autres parcs nationaux) en ce moment : il faut si on veut randonner à l’intérieur des parc en respectant les restrictions locales hors saison d’ouverture, le faire en s’acquittant des droits d’entrée journaliers avec les bornes spéciales disposées à cet effet au départ des principaux sentiers, je respecte donc la réglementation si je veux aller plus loin (en plus on peut très bien tomber si on ne le fait pas sur un garde qui peut nous contrôler)…
Panneau de l'oursJe n'y ai pas rencontré d'ours heureusement, car ce panneau en travers du chemin dans un endroit éloigné de toute présence humaine, n’était pas là pour me rassurer…
Nous voici donc au contact d’une nature intacte où le thème principal du parc est basé sur l’harmonie entre l’homme, la terre et la mer : ici les montagnes Appalaches, qui font partie des plus anciennes montagnes du monde avec leurs roches sédimentaires, parfois volcaniques, disparaissent dans le Golfe du Saint-Laurent.
Nombreuses sont les espèces végétales et animales qu’on peut rencontrer dans le parc, où, dans un mélange de forêt boréale et de toundra alpine, se côtoient le castor, l’orignal, le lynx, et même l’ours. Je n’y vois pour ma part que de nombreux oiseaux et un petit porc-épic pas farouche du tout qui veut bien se laisser dessiner tout le temps qu’il faut, mais pas le moindre humain, c’est la nature comme je l’aime.
Cap Bon-AmiLa page de croquis du Cap Bon-Ami : j’aurais pu faire plus sombre le cap, mais il faut penser lorsqu’on réalise ce type de sujet à conserver l’équilibre des valeurs de sa page afin qu’elle reste harmonieuse une fois terminée…

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27 octobre 2012 6 27 /10 /octobre /2012 03:10

- Avez-vous remarqué que mes articles se font plus rares depuis quelques jours ?
Si oui, en voici l’explication : il n’est pas toujours facile de se connecter depuis certains endroits reculés aussi bien au Canada qu'en France. D’ailleurs, même le portable ne passait pas là où je me trouvais ces jours-ci !
Mais je me suis arrêté sur le trajet dans une cantine en lisière de forêt où j’ai pu me connecter en attendant de pouvoir vous faire partager la suite de la Gaspésie dans des conditions de communication plus faciles que les jours passés…
Piste 1L’une des pistes empruntée ces jours-ci, paraissant sans fin au milieu de la forêt boréale : heureusement le GPS est une belle invention !
Il faut dire que ce sont quelques milliers de kilomètres (3500 km exactement en empruntant parfois des pistes où on ne voit âme qui vive de toute la journée) qui me séparent à présent de l’endroit où j’avais posté mon article précédent.
Il me faut un peu plus de disponibilité aussi, car peut-être ne pouvez-vous imaginer combien il est difficile de tout faire seul dans un voyage comme celui-là en réalisant son carnet, ses vidéos et photos, puis en mettant à jour son blog.
Il faut en même temps gérer le quotidien, atteindre les objectifs du voyage, ceux du carnet (même si je travaille vite et suis bien organisé il faut un minimum de temps pour préparer, réaliser et archiver une aquarelle, ranger et nettoyer son matériel, prendre ses notes, repartir, tracer sa route, avancer, arriver aux étapes fixées), faire les photos et les vidéos, les monter, les compresser au bon format pour les envoyer sur les plateformes dédiées (avoir donc une connexion offrant un débit assez élevé si on veut une bonne qualité d'image), écrire l’article, le finaliser avec les photos (à mettre au bon format), faire le lien avec la vidéo, vérifier que tout fonctionne et enfin publier…
Rivière MalbaieTraversée de la rivière Malbaie à son amont, sur un sommaire pont de bois, dans un environnement sauvage et préservé (nous sommes là assez loin de la Gaspésie)…
En plus tout ici est à présent fermé, je n'ai pas vu une seule infrastructure ouverte depuis plus d'une semaine (hors les grands centres d'information touristique même les parcs nationaux sont fermés), les baleines, les fous de Bassan comme les oies sauvages sont redescendus sous des cieux plus cléments, le pays se prépare à la grande offensive de l’hiver,  je ne rencontre plus que les chasseurs d'ours et d'orignaux…
Alors je vous dis «à très bientôt» en espérant que la neige déjà bien accrochée au bord des pistes ne va pas s’épaissir d’un seul coup jusqu’à les rendre impraticables sauf par les raquettes, les skis, ou les motos-neige   !
Forêt boréale pour OBRapide croquis de la piste empruntée avant-hier, où nous n’avons vu âme qui vive (nous ne savons à ce moment-là si nous allons aboutir ni à quelle heure), mais où la forêt boréale avec ses épinettes, ses mélèzes laricin, ses tapis de mousses et lichens jaunes et gris (l'un des plus vastes écosystèmes forestiers de la planète qui abrite des milliers d'espèces sauvages) nous a offert d’extraordinaires paysages …

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23 octobre 2012 2 23 /10 /octobre /2012 05:36

Cap au nord : nous quittons le Gîte de La Roseraie dans le brouillard et la pluie, mais tant de choses presque irréelles sont à présent à découvrir et à dessiner que je leur trouve des correspondances jusqu’au Cap des Rosiers, et je voudrais les traiter plus en dessinateur de bande dessinée que d’aquarelliste, car c’est comme si le parfum de cette fleur nous guidait tel un fil conducteur.
Sans doute parce que le voyage prend ici une autre tournure, à l’image d’un scénario où le voyageur entre en connivence avec la nature et les territoires de l’immensité.
Par exemple cette arrivée sur l’extrême pointe de Gaspésie où des paysages splendides nous attendaient avec leurs falaises abruptes plongeant dans la mer où le Saint-Laurent se noie jusqu’à l’infini.
Ici, la côte porte l’empreinte de bien des naufrages et l’évocation des rêves de marins et d’aventuriers en quête de découvertes, se mêle à la mémoire toujours présente des chasseurs de baleine…
Voyage Canada 2012 - dessin pour blogUn croquis de voyage dans un esprit « BD », peut parfaitement s’adapter à la transcription d’un bout du monde comme celui-ci…

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19 octobre 2012 5 19 /10 /octobre /2012 01:36
 

Souvenez-vous : j’étais arrivé en pleine nuit aux portes de la Gaspésie au milieu de la tempête, dans un petit gîte qui m’accueillait avec force sorcières et créatures effrayantes…
Mais ce n’étaient que les effigie des évocations fantomatiques de la fête d’Halloween, que les canadiens vont célébrer le 31 octobre mais dont de nombreuses maisons arborent déjà le macabre mais paradoxalement "joyeux" décor !
Les propriétaires du petit gîte où nous venons d'arriver se préparent donc comme dans beaucoup d’autres familles à célébrer cette fête folklorique typiquement anglo-saxonne, et j’ai passé une excellente nuit dans cette agréable maison d'hôtes sans être dérangé par les sorcières, les fantômes, ou toute autre inquiétante entité.

Le lendemain, la tempête ne me permettant pas de sortir peindre ou croquer quoi que ce soit sous les trombes d’eau qui s’abattaient sur la région (n'oubliez pas que le mauvais temps est souvent une formidable opportunité pour le peintre carnettiste), j’ai commencé la journée en faisant connaissance avec Rejean, le maître de maison : et c’est là que j’ai découvert un personnage de grande valeur, qui fait autant honneur à ses origines amérindiennes qu’à sa nationalité québécoise et canadienne.
Vous trouverez en cliquant ici un intéressant site vous permettant de mieux connaître sa tribu d’origine : les Montagnais ou Naskapi, (très beau site également ici).

Quant au gîte La Roseraie, je vous le recommande vivement, n’oubliez pas son adresse si de Québec vous montez en Gaspésie : 525 rue de la mer, à Sainte-Flavie (tél. 1-88-418-775-1400/1-88-418-3513 et site web cliquez ici).

À présent le soleil est revenu, je vous dis «à bientôt» pour d’autres découvertes…
Régent pour montage BlogRejean, le sympathique maître de maison du Gîte de La Roseraie à Sainte-Flavie, que je remercie chaleureusement pour m'avoir accordé temps et confiance, autorisé l'interview, la peinture, et leur publication.

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16 octobre 2012 2 16 /10 /octobre /2012 07:01

M’y voici donc en Gaspésie, en même temps que la tempête, la nuit et la grande marée !
Mais cela n’est rien à côté de l’auberge où je me suis réfugié : 

- voilà que ce sont des sorcières et des morts-vivants qui m’accueillent pour la plus inquiétante des pages de carnet !
Et puis dehors on entend dans le noir la pluie qui s’abat et le bruit des vagues du fleuve venant s’écraser dans un murmure étrange, lancinant et sourd, au pied des murs des maisons d’à côté…
HaloweenPas eu le courage d’écrire le texte : je me demande comment la nuit va se terminer !

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15 octobre 2012 1 15 /10 /octobre /2012 06:19

Je tenais à cette page avant de partir : c’est pour elle que je suis revenu !
Revenu pour ces couleurs de feu et de braise, pour ces moments comme suspendus hors du temps . Et puis pour ces petites vaches Highlands trop jolies, qui ne demandaient qu’à poser pour moi…
Plus tard dans l’hiver vous pourrez bénéficier des « démos » de cette vidéo dans leur totalité (commentées et expliquées avec méthodes de travail), je vous reparlerai plus tard de cette opportunité sur laquelle je travaille.
En attendant je voulais vous dédier cette page avant de cette fois monter pour de bon vers le nord puisque la neige s’arrête de tomber et que les pneus sont chaussés pour affronter l’hiver canadien.
Je ne sais quand je pourrai écrire le prochain billet, mais je vous le promets : je ne vous oublie pas !
Page vache - feuille érable
Même la petite vache Highlands avait une robe blonde terre de Sienne brûlée !

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