voyages et aquarelle - Aquarelliste et peintre voyageur
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  • : Aquarelliste et peintre voyageur
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  • : En peinture, l'art de l'aquarelle est un mode d'expression qui va des carnets de voyages à la création de tableaux : en voici les différentes facettes inspiratrices, techniques et créatives selon Alain MARC ...
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Andalousies

«Andalousie, la Route d’Alain MARC», carnet de voyage de Pierre NAVA
Découvrez article après article en cliquant sur les vignettes ci-dessous le carnet spontané de Pierre m’accompagnant en Andalousie, et les «Petites Histoires vidéo» qu’il m’a inspirées :

La-Barca-1b-Pierre-Nava.jpg

Préambule

La Barca 2a Pierre Nava

L'étape de Peniscola

Andalousie b Pierre Nava

Sur la route de l'Andalousie...

Moulin-b Pierre-San Jose 2

Au Cabo de Gata

Bateau Pierre Isleta 3b

La Isleta del Moro

Huebro Pierre vignette

Huebro, la montagne enchantée

Pierre-Nava-Guadix-4-copie-1

Guadix, les maisons troglodytiques

Rio Fardès

Le rio Fardés

7 novembre 2006 2 07 /11 /novembre /2006 23:17

 

 

La piste de lumière rose .

 

Tafraoute .

Déjà au lever du soleil, la journée est pleine de promesses, le rose est partout : sur les pentes abruptes et tourmentées du Lekst, sur les ressauts de granit saumoné, sur les façades des maisons, et il se reflète même sur l’ombre des grands minarets qui étincellent de blancheur sous les premiers rayons ardents !

Le lever de soleil sur Tafraoute . (Photo Alain MARC)

Notre journée commence donc par cette abondance de lumière colorée qui va dès cet instant nous accompagner tout le long de notre étape .

Premier objectif : le village de Aguer-Oudad et son fameux rocher appelé « Les doigts croisés » ou « Le chapeau de Bonaparte » suivant l’endroit où on le voit . Nous y réalisons une séance de peinture où doivent être abordées les applications de blanc couvrant de façon graphique ou en rehauts sur fonds préparés, en kraft par exemple, afin d’obtenir un résultat plus dynamique dans le rendu de notre motif .

La séance d’aquarelle à Aguer-Oudad . (Photo Alain MARC)

La version sur papier Kraft de Viviane (croquis aquarellé Viviane Barbin) .

Le fameux rocher vu latéralement, un peu à contre-jour . On dirait bien les doigts d’une main ou la forme particulière du chapeau de Napoléon ! (Photo Alain MARC) 

L’interprétation sur papier blanc de Nicole (croquis aquarellé Nicole Guenin) .

Peu de temps après nous sommes dans cette superbe vallée des Ammeln véritable oasis au pied du djebel sauvage et désertique, où les petits villages sont aussi adorables les un que les autres . Ambiance bucolique et douce dans les palmeraies, les jardins et les ruelles écrasés de soleil .

 Parmi ces si beaux villages celui de Aday se blottit au pied d’énormes rochers de granit, dont certains, de centaines de tonnes, en équilibre au dessus des maisons, paraissent par miracle suspendus au dessus du vide ! (Photo Alain MARC)

Plus loin dans la vallée se cachent de vraies merveilles : des gravures rupestre néolithiques superbes, d’assez grande dimensions . Si vous souhaitez les voir, demandez un guide local, il se fera une joie de vous les montrer .

C’est le plaisir que nous fait notre guide Hassan, un homme formidable et très cultivé, grâce à qui nous pouvons accéder à des lieux privilégiés comme celui-ci . Il est de plus un excellent interprète et un très grand connaisseur de cette région .

Le granit n’est pas de la craie, et le travail pour graver ce splendide caprin de près de 2 m de haut a dû être énorme à un moment où l’âge du fer était encore loin dans le futur … (Photo Alain MARC)

Au cours de cette matinée nous ne voyons pas le temps passer . Aussi c’est un peu l’estomac dans les talons que nous nous précipitons sur le délicieux repas qui nous attend dans un petit restaurant de Tafraoute et que je vous recommande vivement : c’est « l’Étoile du Sud », là-bas tout le monde connaît .

Un petit coin du restaurant par Marianne (Croquis aquarellé Marianne Schneitder)

Déjeuner tout de même hâtif, car il nous reste beaucoup de piste à parcourir après cette petite boucle autour de Tafraoute : environ 60 km dans les splendides gorges de Mezdac .

Montée aux panoramas vastes et incomparables sur le plateau d’Aït-Abadallah, à 1500 m d’altitude, longue traversée de cette sorte de steppe caillouteuse, puis plongée par la piste vertigineuse et très étroite (les roues toujours au bord du vide), sur les fabuleuses gorges de Mezdac .

Incroyables paysages de roches stratifiées, aux chaudes couleurs .

Envoûtante minéralité .

Le paysage qui défile maintenant à la verticale de chaque côté des 4 x 4, avec de temps en temps des palmiers isolés paraissant piqués ici comme pour le décor d’un prodigieux tournage d’aventures .

Seul lieu de passage au fond des gorges : le lit de l'Oued, où la vie s'écoule tranquillement, grande source de réflexion sur nos parcours toujours trop pressés ! (Photo Alain MARC)

Au fond des gorges, pur bonheur : nous cheminons à pied dans cette profonde entaille de la montagne qui paraît avoir échappée à toute usure du temps . Le petit village de Mezdac nous réserve la joie de recontrer les enfants du hameau qui descendent en nombre de toutes les maisons semi troglodytiques accrochées à la falaise .

Endroit magique où nous serions bien restés …

Adorables gamines qui s’amusent à reconnaître les dessins que je leur grave sur un galet au bord de la piste : elle me donnent la prononciation dans leur langage, je leur explique en français, on se comprend très bien … (Photo Rose-Marie HENRY) 

Le village de Mezdac avec sa petite mosquée blanche coincée entre l’oued et la falaise et les jeunes filles de dos qui regagnent leurs maisons de pisée … (Aquarelle Alain MARC)  

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5 novembre 2006 7 05 /11 /novembre /2006 16:32

 

 

D’Ifrane de l’Anti-Atlas aux lumières roses de Tafraoute .

 

La route qui monte au nord-est depuis Goulimine vers l’Anti-Atlas passe par Bouzakarne avant de quitter 14 kilomètres plus loin l’ancienne P30 se dirigeant vers Tata …

Nous ne sommes là qu’à 10 kilomètres d’Ifrane de l’Anti-Atlas .

Ravissement en traversant les vastes étendues tabulaires entre Goulimine et Ifrane : les strates différentielles redessinent le relief comme autant de chef-d’oeuvres de land-art .

À Ifrane, nous abandonnons les 4 x 4 pour descendre à pied vers le village . Il serpente au bord de l’oued, accroché à sa falaise de calcaire, et ses maisons d’argile contrastent avec la blancheur de sa koubba . Occasion de déguster un délicieux tagine de poulet au citron chez l’habitant, et faire une séance de peinture … (Photo Alain MARC)

Page du carnet de Nathalie : la petite koubba blanche au dessus des maisons de pisé . (Aquarelle et crayon à papier de Nathalie LEFEBVRE)

Celle du carnet de Daniel . Elle est réalisée depuis le jardin de nos hôtes, dans un pur esprit « BD » qui s’affirme dans une simple et grande liberté d’interprétation . (Aquarelle et crayon à papier de Daniel SCHNEITDER) .

Nadia est séduite par les objets simples comme cette poterie à la fibule gravée . Elle avait dessiné celle-ci dans le petit restaurant de la plage de Legzira, mais la maison où nous avons mangé notre Tagine contient aussi un grand nombre d’objets usuels qui feront son bonheur . (Aquarelle et crayon à papier de Nadia PONDICQ) .

Peu de temps après nous entamons la montée qui va rejoindre le col du Kerdous, en pleine montagne, sur la route de Tafraoute .

Lieux particulièrement sauvages et beaux, avec leurs villages en terrasses perchés au dessus des ravins et leur vie rurale qui n’a pas changée depuis des siècles . Le panorama y est superbe, la faune y est abondante, si abondante même qu’un pauvre sanglier inconscient des dangers de l’automobile viendra se jeter sous les roues de notre 4x 4 en voulant traverser la route à toute vitesse, sans que nous puissions faire quoi que ce soit pour l’éviter car il a surgi du talus comme un boulet de canon !

Il est mort au pied d’un arganier, si fréquent sur ces pentes, ces terrasses et ces ravines . Mais c’est le cœur serré et le pare-choc un peu cabossé que nous sommes repartis impuissants devant sa souffrance et sa terrible destinée .

En redescendant vers la vallée le panorama se déploie, gigantesque, jusqu’aux sommets du Jebel Lekst .

Pour nous changer les idées nous décidons d’une halte peinture car la journée va bientôt toucher à sa fin et nous avons besoin d’air pur autant que de dernières grandes bouffées de lumière avant la nuit …

Grandiose panorama sur le Djebel Lekst (2359 m) qui commence à se parer de bleu, mauve et violet, tout au fond devant nous . C’est à son pied que se trouve la fameuse vallée des Ammeln, magnifique oasis de montagne aux nombreux villages de maisons blanches et roses à la sortie de Tafraoute, . (Photos assemblage panoramique à 180° d'Alain MARC)

Page du carnet de Viviane : le Djebel Lekst derrière les collines d’arganiers . Il commence de se parer de pourpre au soleil couchant . (Aquarelle de Viviane BARBIN)

Soudain nous découvrons toute l’étrangeté de cette lumière rose qui nous enveloppe entièrement au moment où le soleil bascule derrière l’horizon . Elle préfigure la piste de demain . Il faut dire que ces kilomètres carrés de roches sont en granit, rose justement, et que l’air qui nous entoure paraît lui-même irradier cette superbe couleur, plongeant notre séance dans une atmosphère irréelle, fascinante, angoissante même pour certaines d’entre-nous lorsque dépourvue de soleil la montagne passe d’un seul coup de parme à un violet sombre et profond ... (Photo Alain MARC)

 Encore une page colorée de Nathalie : le Lekst du même endroit au moment où il est entièrement baigné de rose doré . (Aquarelle de Nathalie LEFEBVRE)

C’est l’instant magique où les derniers rayons du soleil frappent la crête dominant Tafraoute : derrière le Lekst est déjà violet ! (Photo Alain MARC)

La nuit nous surprend les pinceaux à la main .

Descente jusqu’à Tafraoute, où nous allons nous reposer et nous restaurer .

Des étoiles dans le ciel et dans les yeux . Un gros sommeil sur les fatigues de la journée . Nuit entrecoupée des prières des muezzins .

Il paraît que demain le rose va à nouveau nous irradier dès le lever du jour .

Justement, la piste des lumières roses, c’est pour la prochaine journée !

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3 novembre 2006 5 03 /11 /novembre /2006 23:41

 

 

De Goulimine à Ifrane .

 

Descente plus au sud-ouest encore …

Elles sont loin les arches en grès rouge de Legzira, et le campement de Fort-Bou-Jérif plus à l’intérieur des terres !

Et pourtant, on regarde avec émotion les aquarelles peintes à ce moment-là . J’en choisis deux à l’occasion d’une petite réunion de synthèse, pour vous les montrer, pour vous en faire partager l’atmosphère qui y est particulièrement réussie comme pour toutes les autres . Il sera beau notre carnet de groupe !

Car le carnet de voyage a cela de passionnant de pouvoir réunir en une famille unique tous les participants de cette belle aventure .

Partager les mêmes émotions, les mêmes doutes, découvrir ensemble de nouveaux paysages, rencontrer de nouveaux visages est le plus fort des stimulants pour aller toujours plus avant dans sa propre expression .

Page du carnet de Marylène : l’oasis de Lougzirem se baigne les pied dans les vagues de l’Océan et la dernière arche de Legzira invite à un voyage solitaire le long de cette côte sauvage et désertique ... (Aquarelle et crayon à papier de Marylène DERRIEN)

Page du carnet de Rosie : une Kaïma de notre campement en poils de dromadaires non loin du vieux fort colonial . (Aquarelle et crayon à papier de Rose-Marie HENRY) .

Nous prenons la piste pour Goulimine au milieu des collines érodées aux couleurs ocres, orange et saumon, mouchetées d’euphorbes innombrables …

La piste soulève ses volutes de poussière à l’arrière de chaque véhicule .

C’est qu’il nous faut arriver à Goulimine avant la fin de la matinée pour le souk aux dromadaires . Nous aimerions au moins faire quelques croquis des bêtes avant qu’elles ne quittent l’enceinte de la foire, même si celle-ci n’est plus ce qu’elle était il y a encore quelques années : les touristes ont progressivement remplacé les hommes bleus, mais ce matin nous serons les seuls visiteurs avec deux atypiques cyclotouristes, et nous aurons la chance de voir quelques authentiques marchandages autour des dromadaires et des moutons .

Il faut dire que le dromadaire est aussi une bonne viande, généralement consommée en tagines (nous en avons dégusté à Tata) .

Briefing en arrivant devant les camions de fourrage descendus de l’Atlas . Ils apportent une pâture rare aux animaux domestiques de la région . Le groupe est attentifs aux consignes et explications, avant de s’engager dans l’enceinte du souk carnets de croquis et de notes à la main .

  Un chamelier s’approche, curieux de notre intérêt si singulier pour ses dromadaires . Il a fière allure avec son chèche bleuté, mais nulle gandoura ne déteint sur sa peau : ses vêtements en jeans ont remplacé le beau tissu au bleu si profond . (Photo Alain MARC)

Page du carnet de Marianne : celui-là, elle ne le laisse pas passer ! Il regarde curieux et admiratif son portrait et celui de sa monture prendre forme à toute vitesse sous son œil ébahi ... (Aquarelle, feutre pointe fine et crayon à papier de Marianne SCHNEITDER)

La ville Goulimine, habitée par une très ancienne tribu, celle des Aït Moussa, signifie « porte du désert » en chleuh . Elle fut longtemps considérée comme la capitale du Sahara marocain, plaque tournante entre l’Afrique et le Maroc .

Avec ce crochet à Goulimine le temps passe trop vite .

Le soleil tape dur, il se fait plus brûlant en milieu de matinée et nous quittons la ville des Reguibate (on appelle ainsi à Goulimine le peuple des « hommes bleus »), pour remonter vers les fraîcheurs plus relatives de l’Anti-Atlas . Un périple en boucle qui nous permettra de croiser notre précédent itinéraire pour ne rien rater dès demain d’une piste fameuse que je nomme « la piste des lumières roses » .

Mais nous n’y sommes pas encore .

Avant, nous avons bien plus d’une centaine de kilomètres à parcourir, de bonnes séances de peinture et de découverte, et notre étape montagneuse pour la nuit .

Mais premier objectif de ce programme car il est vraiment tard lorsque nous nous mettons en route : rallier Ifrane où un bon tagine nous attend . … S’il savait comme nous sommes affamés !

Ici nous traversons un « maader » (zone d’épandage alluvionnaire d’un oued) parsemé (c’est plutôt rare car souvent rien n’y pousse) de palmiers et d’arganiers, entre Goulimine et Ifrane ... (Photo Alain MARC)

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2 novembre 2006 4 02 /11 /novembre /2006 21:42

 

 

Difficultés de connexion au pied du Djebel Tabarount !

 

Vraiment dans ce petit cyber de Tata, les connexions avec la plateforme du blog sont difficiles !

Et impossible de faire passer la moindre photo .

Pourtant ils sont très fiers de leur ADSL à eux, les jeunes d'ici . 

Ils ont raison : là, aux portes du Sahara, au pied des premiers sommets de l'Anti-Atlas, c'est une immense richesse que cette porte virtuelle ouverte sur le monde .

Peu importe si elle ne marche pas à merveille .

Les merveilles sont ailleurs .

Et dans nos coeurs elles déposent une lumière d'éternité, de vérité, de pureté ; je vous en dirai tant !

Dès que je retrouve une meilleure communication web je vous fais partager . Il y aura un petit décalage mais vous nous suivrez le plus possible au jour le jour, et même si c'est avec un léger décalage vous serez avec nous .

Toutes . Tous .

Toutes celles et ceux qui nous accompagnez sur cet écran .

Merci pour vos témoignages d'amitié, j'y répondrai plus tard, mais ils nous touchent beaucoup et nous rendent encore plus heureux .

Je voudrais vous dire toute la beauté du monde .

Si simple, si douce dans sa carapace de pierre .

Pierres à perte de vue .

Le reg .

Les canyons de grès rose, les oueds sertis de palmiers . 

Les oasis .

Les enfants qui crient "stylos, stylos, bonbons, bonbons ..." et à qui je dessine comme seul cadeau avec un caillou-stylo de calcaire ramassé sur le bord de la piste un petit oiseau, un poisson ou une tortue sur un galet de l'oued, qu'ils emportent émerveillés comme le plus précieux trésor du désert . Pas besoin de stylos ni de bonbons ni de dirhams pour consteller d'étoiles les yeux des enfants ...

Des petites filles m'offrent le plus beau des cadeaux : elles me font répéter des phrases en langage local dont j'ignore la signification, et elles rient aux éclats de ma prononciation .

Elles ont des foulards sur leurs cheveux noués et des robes multicolores . 

Elles veulent m'apprendre à parler comme elles .

Et pour me montrer qu'elles savent s'exprimer en français elles répétent avec grâce, par des chansons délicieuses, d'une musique inouie dans la voix, ce qu'elles ont appris à l'école ...

Sans que je leur demande rien .

Sans que j'espère rien .

Le soleil bascule derrière des djebels ocres, alizarine, parmes, dorés .

L'immensité .

Les chauffeurs avec les 4 x 4 nous attendent à la sortie du village . Il va falloir repartir . 

Dans les frondaisons au pied des palmiers, les merles bleus se remettent à chanter . 

Ils reprennent le chant des petites filles .

J'ai dans les yeux des brumes indéfinies qui paraissent venir tout droit des rivages océaniques de Sidi Ifni ...  

 

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29 octobre 2006 7 29 /10 /octobre /2006 20:37

 

La magie de la côte Atlantique au pays de l’arbre de fer  ...

Un ciel immense constellé d’étoiles recouvre les Kaïmas de notre campement au moment où j’écris ces lignes dans les étendues désertiques du reg de Fort-Bou-Chérif .

Extraordinaire beauté de ce début de désert .

Agadir est déjà loin . J’ai peu de temps avec l’autonomie de la batterie de l’ordinateur pour vous faire partager cette première journée . C’est déjà formidable de pouvoir l’avoir fait suivre ici . Au cas où on rencontrerait un cybercafé .

 Rochers et petit douar avant d’arriver à Aglou par Bernadette CAZAL .

Mais revenons à notre journée : descente vers le sud en suivant la côte .

Sauvage, déserte à perte de vue . Un rêve que relègue Bénidorm aux plus apocalyptiques villes des bandes dessinées de Bilal !

Mais je vous raconterai cela plus tard en détails .

Ici il a plu il y a deux jours à peine : une bénédiction dans ce pays où l’eau est le bien le plus précieux . Depuis des mois il n’avait plu ! Aussi les oueds ont souvent emporté les pistes dans les passages à gué . Cela nous a contraint à des détours épiques on nous avons pu apprécier toute l’utilité du 4 x4 .

Première halte dans la crique de la plage d’Aglou . Un bout d’oasis perdu tout au bout du soleil couchant .

La même plage par Catherine HEREN

Le temps d’une première séance de peinture .

Puis descente plus au sud encore en longeant l’océan, le temps d’arriver aux superbes arches de Legzera . Une séance de plus après un repas aux tagines de poisson .

Promenade de repérage sous l’une des arches pour trouver le meilleur point de vue à peindre .

Le temps passe vite . Sur la piste de Fort-Bou-Jérif, avant de quitter le rivage et ses immenses plages désertes, encore une séance pour profiter des derniers rayons de soleil : c’est là que toute la lumière du soir s’était concentrée pour embraser l’Atlantique en parant de vermeil des collines sauvages où se blottit une petite mosquée solitaire donnant à ce bout de monde une allure de débuts coraniques

 Notre séance en bord de piste dans la lumière du soir …

Le reste fut une partie de montagnes russes dans les pistes défoncées, aboutissant à la nuit noire au cœur des ruines fantomatiques du vieux fort colonial de Bou-Jérif …

On n’entendit bientôt plus du fond de nos kaïmas, que les cris plaintifs des oiseaux de nuit . Nous, nous dormions du sommeil du juste !

Réveil au lever du jour avant de repartir vers une nouvelle journée d’aventures picturales …  

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24 octobre 2006 2 24 /10 /octobre /2006 20:26

 

 

Départ au pays des arganiers .

 

Le fait qu’il y ait à nouveau peu d’articles ces jours-ci dans ces colonnes ne veut pas dire que je vous ai abandonnés (es) et que je néglige mon carnet en ligne !

Au contraire : je travaille d’arrache pied à cette série d’articles marquant la fin de l’année et le premier anniversaire de ce blog …

Mais c’est un travail de longue haleine qui passe par la réalisation de projets ne pouvant être menés au jour le jour comme le serait un simple carnet de voyage . Leur déroulement dans le temps porte sur des journées pendant lesquelles tout accès au web est à ce moment-là impossible pour moi .

Pour vous faire patienter je pourrais vous dire ce que je fais, mais ce ne serait plus une surprise pour vous au moment de le découvrir . En plus pour au moins l’une de ces aventures qui me tient à cœur depuis longtemps ce n’est pas en 1 ou 2 jours seulement que je vais y parvenir, et réaliser quelques pages de croquis dans ces conditions relève d’une véritable aventure, vous comprendrez un peu plus tard pourquoi .

Pour ce qui est d’aujourd’hui mes pensées sont ailleurs, à quelques milliers de kilomètres, puisque je suis en train de préparer mes valises, mes crayons, et mes pinceaux pour y retourner dès demain .

Il s’agit de ce magnifique pays des arganiers dont je vous ai déjà parlé lors d’articles précédents .

« Retour des champs dans l’Anti-Atlas » . (Aquarelle et encre sur papier kraft Alain MARC)

C’est de la côte Atlantique, d’Agadir jusqu’aux portes du Sahara et aux sommets du Haut Atlas par le bord de l’océan et les granites roses de l’Anti Atlas, que nous allons une petite équipe de peintres et moi-même, parcourir en 4 x 4 cette région du Grand Sud en quête d’authenticité, de paysages, de portraits, de légendes .

Peinture à Taliouine . C’était pendant l’un de mes voyages de repérages dans le Grand Sud Marocain : je continue de tester tous les sites et tous les motifs susceptibles de faire partie des thèmes majeurs de nos futurs carnets de voyages ….

Nous allons rompre avec les codes, découvrir, nous adapter, inventer, aller à la rencontre d’horizons nouveaux loin des grandes villes, avec notre envie, notre expérience (certains d’entre-nous sont totalement débutants), notre enthousiasme .

Chacun en reviendra avec son propre carnet, mais le travail le plus intéressant du séjour sera certainement ce carnet de voyage « collectif » que nous réaliserons sur place, et que je finaliserai au retour pour l’exposer aussitôt . 

« La casbah du Glaoui à Taliouine  » . (Aquarelle Alain MARC)

Nous serons attentif au fait que l’évènement, le hasard, les idées spontanées, soient toujours présents entre nos lignes et dans nos dessins .

Au retour (et peut-être même avant si d’aventure nous tombons sur un cybercafé au bord des pistes que nous emprunterons) je vous ferai découvrir en avant première des pages originales de ce petit trésor, car croyez-moi, nous allons tout faire pour que ce soit un vrai trésor !

Alors à très bientôt, puisque dès le prochain article je vous emmène avec nous vous réchauffer un peu avant les froidures hivernales dans ce périple du Grand Sud !

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30 septembre 2006 6 30 /09 /septembre /2006 21:44

L’huile d’argan :

 

Il ne reste plus qu’à filtrer l’huile en la versant dans les jarres ou dans les bouteilles où elle sera entreposée, quelquefois dans des récipients de plastique, mais ce n’est pas le meilleur des récipients pour la conserver . Il vaut mieux qu’elle ne s’évente pas trop, et qu’elle soit consommée le plus vite possible, c’est pour cette raison qu’elle était traditionnellement élaborée au fur et à mesure des besoins de la consommation familiale . On la mettait alors dans des « taxsayt’n wargan » (calebasses séchées) et elle était consommée assez rapidement .

Antique jarre berbère du sud-ouest de Marrakech . Peut-être semblable à celles qui contiennent encore de l’huile d’argan entre Essaouira et le pays d’Agadir … Je suis séduit par la simple beauté des motifs ocres-rouges et bruns qui décorent cet objet usuel . Ils ressemblent à d’autres motifs ornant certaines de nos poteries néolithiques du sud de la France . (Collection personnelle et photo Alain MARC)

Les vertus de cette huile sont tout à fait extraordinaires .

Pour les soins du corps d’abord : essentiellement composée d'acides gras insaturés, elle sera surtout destinée aux soins de la peau (c’est un excellent anti-rides) . Elle protège aussi le tissu conjonctif, adoucit les cheveux et est souvent utilisée dans le traitement de l’acné, de la varicelle, et pour fortifier les ongles cassants .

Pour ses qualités culinaires ensuite : son goût est généralement très prisé, et sa richesse en matières grasses de type oléique-linoléique lui donne des pouvoirs particuliers . Les acides gras insaturés qu’elle contient en quantité plus importante (80% environ) ne présentent aucun problème de digestion par l'organisme humain, et sont considérés en ingestion régulière et équilibrée comme très efficaces contre le cholestérol et anticancérigènes .

L'huile est par ailleurs préconisée dans les régions de l’arganier pour prévenir les maladies cardio-vasculaires, les risques d’infarctus du myocarde, traiter les problèmes de surdité chronique et de maux d'oreille, lutter contre les rhumatismes et les douleurs articulaires, les risques de fausses couches et de stérilité .

On lui attribue enfin de formidables aptitudes à stimuler et développer la capacité cérébrale …

« Dans la cave aux huiles » (gravure au plâtre d’Alain MARC 15 x 14,7 cm), hommage aux femmes des coopératives de la région du pays des arganiers . C’est donc une gravure au plâtre . Elle représente la porte d’une cave où seraient entreposées de jolies jarres bleues contenant chacune le merveilleux trésor de l’huile d’argan . Je leur dédie cette série d’articles, et j’offrirai à celles qui ont accepté de poser pour moi dans une sympathique coopérative située au bord de la route à quelques kilomètres en partant d’Essaouira (à gauche direction Marrakech), l’autorisation d’utiliser ces motifs sous forme de cartes postales ou sous toute autre forme si cela leur est utile pour ajouter quelques Dirhams à leurs maigres revenus .

Si vous passez par-là arrêtez-vous, saluez-les de ma part et achetez-leur l’excellente huile qu’elles fabriquent : vous en garderez un merveilleux souvenir, vous ferez une bonne action, et vous vous ferez un sacré plaisir !

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27 septembre 2006 3 27 /09 /septembre /2006 21:34

Le pressage de la pâte à la main :

 

C’est la dernière opération, la plus importante car c’est d’elle que va naître l’huile avant d’être filtrée .

Les femmes se sont à nouveau regroupées, et chacune devant son tazlaft’n yîzmi (le plat à bec versoir) malaxe de la main l’amlû, cette pâte molle obtenue par le broyage à la meule des tiznin, les amandes des noix d’arganier .

Ce n’est pas une mince affaire ! Il faut verser sur cette pâte, à l’aide aghwnja (sorte de cuillère creuse), ou avec un pichet à bec fin, un peu d’eau tiède (aman ulbanin) et mélanger le tout jusqu’à ce que la pâte se forme en petits grumeaux dans le creux de la main . Le résultat ressemble à du couscous brillant et ambré .

On pense à ce stade du travail que 100 kg de fruits mûrs et plus de quinze heures de concassage, torréfaction, passage à la meule, malaxage, pressage, ont tout juste suffits pour obtenir un litre d’huile qui servira à l'alimentation ou au soin du corps, suivant la nature des tiznin utilisés, torréfiés ou pas ! (Aquarelle Alain MARC 21 x 29,7 cm)

C’est à ce moment-là que les grumeaux commencent à s’agglomèrer et à former la tazgemmut (ou tazegmut), nageant dans l’huile d’argan .

La tazgemmut est enfin pressée (c’est l’îzmi : le pressage) pour en extraire le plus possible l’huile qu’elle contient encore .

Il ne reste plus après pressage et extraction de l’huile qu’un résidu brun légèrement feuilleté comme des copeaux qui est le tourteau (tazgemmut toujours) qui sera donné comme nourriture au bétail pendant l’hiver car il est extrêmement nutritif puis qu’il contient encore 45% d’huile ne pouvant être extraite d’une façon aussi artisanale .

On pense à ce stade du travail que 100 kg de fruits mûrs et plus de quinze heures de concassage, torréfaction, passage à la meule, malaxage, pressage, ont tout juste suffits pour obtenir un litre qui servira à l'alimentation ou au soin du corps, suivant la nature des tiznin utilisé, torréfiés ou pas !

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23 septembre 2006 6 23 /09 /septembre /2006 21:30

Le passage à la meule des amandes d’arganier .

 

Voici venu le moment tant attendu où l’huile d’argan commence à exister (en partie) grâce à la meule de pierre appelée « azerg’n tîznin »  avec laquelle on va moudre les tiznin (amandes) . Travail de force non négligeable, car pendant qu’on introduit les amandes d’une main dans le conduit central de la meule (ouverture traversant la pierre à cet effet), il faut de l’autre main faire tourner la partie supérieure de la meule avec le manche de bois, ce qui devient vite fatiguant .

 

J’ai toujours été ému et émerveillé par le patient et ingénieux travail de ces femmes qui participent depuis la nuit des temps à l’équilibre et à la nourriture de leur foyer, à travers l’élaboration de cette huile si précieuse qui nous est restée inconnue si longtemps . (Aquarelle Alain MARC 21 x 29,7 cm)

On dispose en dessous de la meule qui est légèrement surélevée un plat de terre spécial, le « tazlaft’n yîzmi », muni d’un conduit qui servira plus tard à verser l’huile dans les récipients à filtres destinés à la récupérer . Mais nous n’en sommes pas encore là, car toutes les opérations ne sont pas encore terminées .

Effectivement, ce n’est pas de l’huile mais une sorte de pâte nommée amlû qui sort de la meule et s’écoule dans le tazlaft’n yîzmi !

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20 septembre 2006 3 20 /09 /septembre /2006 11:44

La torréfaction, étape décisive .

C’est le moment de « l’asslay », au dessus du feu, préparé de différentes façons (généralement sur de petits fourneaux de terre ou de fonte), ou sur des chaufferettes à braises .

Les tiznin, amandes dégagées de la carapace du noyau lors du concassage (l’awrag), sont mises sans grosses quantités dans un afellun, plat d’assez grande dimension en terre posé au dessus du feux ou des braises .

L’opération est délicate car il s’agit de torréfier les tiznin sans les brûler .

Aussi ce sont les femmes les plus expertes qui se chargent de cette tâche en surveillant bien le feu pour qu’il reste doux, tout en brassant doucement les tiznin dans l’afellun afin qu’ils ne grillent que très légèrement, et surtout tous de la même façon .

 

Pendant la torréfaction, l’eau contenue dans les tiznin s’évapore, ce qui entraîne la destruction des substances non lipidiques (dont la saponine qui peut s’avérer nocive en forte ingestion), et l’huile qui était retenue en émulsion dans le suc cellulaire retrouve son homogénéité au sein des amandes, tout en leur donnant un goût prononcé de noisette . (Aquarelle Alain MARC 21 x 29,7 cm)

Cette étape de la torréfaction est importante, car certaines huiles sont fabriquées sans les torréfier : elles sont alors de couleur jaune d’or (et dites « pressées à froid ») et destinées aux soins du corps, alors que celles, bien plus ambrées qui sont réalisées traditionnellement avec les amandons torréfiés, seront réservées aux préparations culinaires, particulièrement appréciées pour leurs qualités aromatiques .

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