voyages et aquarelle - Aquarelliste et peintre voyageur
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  • : En peinture, l'art de l'aquarelle est un mode d'expression qui va des carnets de voyages à la création de tableaux : en voici les différentes facettes inspiratrices, techniques et créatives selon Alain MARC ...
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Andalousies

«Andalousie, la Route d’Alain MARC», carnet de voyage de Pierre NAVA
Découvrez article après article en cliquant sur les vignettes ci-dessous le carnet spontané de Pierre m’accompagnant en Andalousie, et les «Petites Histoires vidéo» qu’il m’a inspirées :

La-Barca-1b-Pierre-Nava.jpg

Préambule

La Barca 2a Pierre Nava

L'étape de Peniscola

Andalousie b Pierre Nava

Sur la route de l'Andalousie...

Moulin-b Pierre-San Jose 2

Au Cabo de Gata

Bateau Pierre Isleta 3b

La Isleta del Moro

Huebro Pierre vignette

Huebro, la montagne enchantée

Pierre-Nava-Guadix-4-copie-1

Guadix, les maisons troglodytiques

Rio Fardès

Le rio Fardés

29 juillet 2007 7 29 /07 /juillet /2007 11:03

La nouvelle route de l’Atlas …

Quelques semaines sont passées depuis le retour de Ptit-Jo

Mais les beaux dessins de son carnet de voyage sont toujours là, comme d’immenses trésors .

Nous étions dans le désert et son incontestable magie .

La lumière et le vent, les dunes de sable, les regs infinis, les djebels sauvages et les verdoyantes oasis, l’impression que tout pouvait être simple et pur comme aux premiers jours des commencements du monde . Que tout y était beau et inscrit dans la durée .

Mais il fallait rentrer, retourner « chez nous », là où le destin avait placé notre existence, dans un processus de vie qui nous en rendait (au moins en cet instant) complètement prisonniers, et auquel nous ne pouvions échapper .

Le ciel plus bleu dans son reflet que dans la réalité . - Est-ce là, (ici tout près de Ouarzazate dans le désert), que nous percevons combien nos illusions ressemblent à ce reflet dans l’eau : l’image idéalisée d’un impossible espoir ? (Photo Alain MARC)

… Il en est toujours ainsi des fins de voyages, des fins de vacances, des fins de tout ce qu’on veut lorsque c’était beau : l’impression d’une inéluctable fatalité qui nous précipite sans ménagement dans une réalité bien éloignée de tous les rêves que nous avions un instant concrétisés « ailleurs », et où nous nous étions tellement projetés .

On peut toujours se dire qu’on reviendra, que tout recommencera, que ce qui est fini ne l’est peut-être pas, on sait bien au fond de soi que ce qui est fini est bien fini et que nos espoirs ne sont que des illusions, qui sauf miracle ne sont rien d’autre qu’une facette de l’effroyable broyage du temps qui passe .

Dernier regard au charmant hôtel de « La Vallée » (celui même où nous avions rencontré notre ami Allali El HOUSSAIN), sous le brillant soleil du matin qui se levait dans un ciel sans nuages comme si nous devions toujours rester ici, avec un jus d’orange frais en arrière goût dans le palais, afin de mieux garder en nous ces saveurs au goût si éphémère et si précieux … (Photo Alain MARC)

Nous avions sur la route comme des brumes de chaleur au fond des yeux, et les diables de poussière avaient bien du mal à les dissiper en les emportant dans les cieux avec leurs bouffées de sable chaud en guise d’adieu …

On peut les voir dès 9 ou 10 h dans le désert ou au pied des djebels, ces tourbillons de poussière, qui correspondent aux premières ascendances thermiques : elles détachent une énorme bulle d’air chaud qui s’arrache du sol au milieu d’un air environnant encore refroidi par la fraîcheur de la nuit … (Photo Alain MARC)

Sur la route, avant d’attaquer les pentes de l’Atlas, une dernière halte dans un souk de campagne : Ptit-jo dit « au revoir » à ce placide animal qui n’a certainement pas dû recevoir beaucoup de caresses dans sa vie de petit âne ! (Photo Alain MARC)

Il existe une nouvelle route pour traverser l’Atlas, qui depuis Ouarzazate permet d’éviter le Tizi’n Tichka et ses innombrables camions : elle est un véritable enchantement pour tout amateur d’itinéraires sauvages et isolés . Praticable dès la belle saison, (à éviter absolument l’hiver où elle est généralement dangereuse et enneigée), elle permet, si on dispose d’un véhicule en bon état et de provisions pour la journée, de s’enfoncer dans les farouches montagnes de l’arrière pays glaoua, et, en passant par des cols élevés (jusqu’à 2500 m), de redescendre versant nord sur la tranquille localité de Demnate, avant de rejoindre Marrakech .

Hautes vallées aux cultures en terrasses, très rares arbres (quelques noyers en bordure des talus), roches aux couleurs de soufre et de braise sur fond de sommets enneigés, images incontournables sur ce magnifique trajet . (Photo Alain MARC)

L’un des cols les plus élevés se situe entre le Ghat (3825 m) et l’Ighil M’Goun (4071m), c’est dire s’il vaut mieux s’abstenir de s’engager sur cette route une bonne partie de l’hiver … (Photo Alain MARC) 

Par contre les paysages y sont merveilleux, et les rares villages d’altitude y ont gardé leur authenticité . Il est important si vous vous y rendez, de respecter profondément l’âme du pays, de ne troubler en rien la vie des habitants, et de faire preuve d’une grande humilité devant autant de beauté … (Photo Alain MARC)

C’était versant nord, en traversant un joli village d’altitude . Nous nous sommes arrêtés au bord de la route pour en savourer la sereine beauté et la vie paisible de ses habitants . Ptit-Jo en a fait cette aquarelle éclatante de couleurs, dernière page de son carnet de voyage, qui résume tant de choses, que je ne peux plus rien ajouter … (Aquarelle Ptit-Jo)

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14 juillet 2007 6 14 /07 /juillet /2007 16:32

Voyager en France …

Photo Alain MARC

Voyager en France, pinceaux et couleurs en poche est un formidable rendez-vous avec de merveilleux paysages, des gens passionnants pourvu qu’on bavarde un peu avec eux, et permet d’engranger de fort beaux souvenirs …

Nous voici, toujours dans ce magnifique pays des lavandes à dessiner et peindre un vieux château perché qui me rappelle un peu les châteaux cathares, où nous avons réalisé tant d’intéressantes aquarelles . Je crois que c’est celui du village de Roussas, non loin de Montélimar .

Le soleil était comme d’habitude de la partie, et tandis que nous entendions à la radio le mauvais temps déferler sur la France, nous nous disions qu’il était vraiment super pour nous ce mois de juin…

Voici comment je l’ai interprété personnellement . Mais je ne suis pas tout à fait sur que ce soit le château de Roussas . Si quelqu’un peu me le confirmer (ou nous dire son nom) dans les commentaires je l’en remercie (ma mémoire me trahit, sans doute trop d‘aquarelles et de kilomètres parcourus depuis ce jour-là !) …(Aquarelle Alain MARC)

Et les autres petits villages de la région ? Ils sont tous charmants dans ces coins-là, nous nous sommes arrêtés dans un grand nombre d’entre - eux …

Voici la splendide fontaine de Grignan, au cœur du pays des lavandes .

Là aussi j’ai un doute, j’espère que je ne me trompe pas …(Aquarelle Alain MARC)

Ensuite, traversée du Rhône, nous nous retrouvons dans le pittoresque pays d’Ardèche, qui coule dans ses non moins célèbres gorges avant de rejoindre le Rhône après un parcours enchanteur .

Peinture à l’ombre dans une ambiance de vacances inoubliable, maillots de bains dans les sacs entre pinceaux et couleurs d’aquarelle… (Photo Alain MARC)

J’ai singulièrement simplifié l’animation ambiante pour ne garder que l’essentiel . Temps de travail : à peine plus de 10 mn, c’est le principal attrait de l’aquarelle ! (Croquis aquarelle Alain MARC)

Nous voici un peu plus en amont, en face des magnifiques falaises du petit village de Labeaume, percées d’immenses grottes, où il faisait toujours aussi chaud ; dire qu’il pleuvait dans un froid de canard partout ailleurs … (Croquis aquarelle Alain MARC)

Certainement qu’il y fait le même beau temps que dans les autres jolis coins de France maintenant en ce mois de juillet, bonne occasion pour se rafraîchir et boire un verre sur sa petite place à l‘ombre des platanes centenaires … (Aquarelle Alain MARC)

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11 juillet 2007 3 11 /07 /juillet /2007 19:34

Des lavandes en Drôme provençale …

 

Aquarelle Alain MARC

Juste pour vous dire que sur mon chemin je pense bien à vous …

Que sur mon itinéraire il y a eu de jolies collines fleuries, des genêts odorants et des pins oranges et bleus à l’ombre desquels les abeilles bourdonnent dans les champs de lavande .

Avant qu’elle ne soit toute coupée (on est en pleine moisson et beaucoup de récoltes son déjà faites), cette belle promenade au milieu des vieux mas de la Drôme provençale m’a inspirée pour vous peindre ces deux petites aquarelles …

Je vous en transmettrai d’autres réalisées de l’autre côté du Rhône, sous le soleil des Gorges de l’Ardèche .

Je vous reparlerai aussi de l’Aven Noir, car si vous voulez connaître l’histoire authentique et étonnante de la découverte de ses nouveaux réseaux par mon copain Roland, ses secrets les plus récents, pouvoir profiter en exclusivité d'aquarelles inédites et de passages entiers du livre que je lui consacrerai d’ici quelques mois, et être parmi les premiers (res) à en voir des photos époustouflantes, je vous réserve pour très bientôt une surprise de taille liée à une parution exceptionnelle !

Enfin, nous rejoindrons Ptit-Jo pour la fin de son voyage au Maroc

À très bientôt donc, dans les tous prochains jours ?

 

Aquarelle Alain MARC

 

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15 juin 2007 5 15 /06 /juin /2007 16:18

Zagora, puis le désert …

Nous retrouvons Ptit-Jo plus au sud dans sa quête du désert …

Depuis tout petit, il en rêvait . Lui, a plus de chance que bon nombre d’entre-nous qui n’y sommes jamais allé !

Il va pouvoir y réaliser quelques pages de plus à rajouter à son carnet de voyage . Une "première" là aussi, car il voulait voir le sable recouvrir ses feuilles de papier, avant d’être emporté par la brise du soir …

Mais de Ouarzazate à Zagora, le chemin est initiatique . Ptit-Jo le sait : nous n’irons pas dans le désert tout de suite .

Nous voulons le deviner tout proche, le comprendre, le mériter enfin pour mieux l’aimer …

Avant, nous irons parler aux cigognes, nous irons écouter les architectures de pisé, nous suivrons le chemin de l’eau, nous respirerons l’odeur des fleurs fragiles et rares qui poussent dans les oasis, et accompagnerons le fleuve bleu jusqu’à ce qu’il se perde dans les premières dunes, en suivant le vent chaud qui redescend du Djebel Bani …

La Casbah des Cigognes sera notre première étape sur la route de Zagora . Pure, lumineuse, comme dans un rêve éveillé ... (Photo Alain MARC)

À cette heure matinale les cigognes font leur toilette et sont toutes étonnées de voir un petit garçon leur parler… Elles tendent le cou, inclinent leur tête et paraissent l‘écouter . Ptit-Jo croit reconnaître dans leur étrange caquètement l’histoire des voyages à grands coups d‘ailes au dessus du désert, le chemin des caravanes vu de très haut et celui des étoiles lorsque la nuit se voile pour laisser place au sommeil … (Photo Alain MARC)

Son petit sac d’aquarelliste sur le dos, il avance seul au milieu des grandes murailles d’argile rose . Elles paraissent lui dire l’art et la sagesse des hommes et des femmes d’ici qui de génération en génération savent cultiver la beauté simple et ancestrale d’une philosophie des êtres et des choses que nous ne savons pas …

Elles lui parlent des secrets de la couleur qui mènent pour qui va jusqu‘au bout du chemin, jusqu’aux plénitudes de la lumière .

Au milieu de ces murs empreints de l’histoire des hommes qui les ont bâtis, il me revient en mémoire cette musique nostalgique de notre ami Allali El HOUSSAIN (jouée ici au rebec), qui évoque le désert tout proche et tout un univers qui ne se révèlera qu’à la sensibilité de celle ou celui qui l’aura mérité . On entend même en arrière-plan comme la voix des murs qui parlent à Ptit-Jo ...

Je profite de cet article pour y insérer un petit message personnel : Khadija, toi qui es sur le chemin du désert, habitée de cette lumière qui enveloppe les dunes et fait briller les neiges de l'Atlas, comme c'est ton anniversaire, que cette musique soit aussi jouée pour toi !

Aussi étrange que cela paraisse, le chemin du désert est lié à la symphonie de l’eau, si précieuse, si rare qu’il faut savoir d’abord la respecter et la protéger avant de la boire . Ptit-Jo, est sous le charme du fleuve Draâ qui véhicule la vie jusqu’à ce qu’il disparaisse dans son silencieux cheminement sous le sable du Sahara bien à l’abri du soleil .

Il s’émerveille aussi de la beauté de cet immense oasis, qui, de Ouarzazate à Zagora déploie sous ses milliers de palmes l’ombre fraîche et bienfaisante accompagnant chaque instant de la vie des plantes, et de tous les êtres qui s’y développent et s’y réfugient, avec au milieu des chants d’oiseau comme un rendez-vous avec le paradis .

Ptit-Jo voulait marcher au bord de l’oued Draâ . Il voulait savoir s’il y avait des grenouille et peut-être des poissons, si la vie sur le bord de ses rives ressemblait bien au paradis … . (Photo Alain MARC)

« Oui », me dit-il en me montrant une très belle fleur rose, « elle ressemble au paradis, mais ce paradis, tu vois, c’est le travail des hommes et des femmes d’ici dont il est le fruit, et cette jolie fleur, si je te l’offre, c’est grâce à leurs efforts depuis des siècles, et pour qu’elle continue de pousser dans ton cœur il faut penser à eux » . (Photo Alain MARC)

Le fleuve Draâ s’accompagne de verdure bien plus loin que Zagora . Puis il s’enfonce doucement sous les rochers et le sable comme pour laisser discrètement un autre monde prendre possession de l’espace, des grandes vallées et des étendues désolées tout juste ponctuées de tamaris à l’horizon . Moment de silence et de quiétude avec Ptit-Jo au bord des dernières grandes flaques d’eau … (Photo Alain MARC)

Enfin voici le vent, le soleil et le sable, le débordement d’un enthousiasme si longtemps contenu, et l’allégresse de courir dans l’immensité ou commence la vraie vie jusqu’à perte de vue ! (Photo Alain MARC)

Je réaliserai cette aquarelle de mémoire au retour pour ne rien perdre de l’instant ainsi partagé avec Ptit-Jo . Au fond, c’est le Tizi-Beni-Selmane, il y a du sable dans le ciel, et tellement de bonheur d’être ici … (Alain MARC, technique mixte aquarelle et amidon)

Ptit-Jo, lui, s’étonne tout à coup de découvrir de si étonnants bouquets de fleurs au mileu du sable : c’est encore le fruit de l’eau après la pluie qui est tombée (fait rarissime en ces contrées) il y a trois jours à peine sur tout ce pays . (Photo Alain MARC)

Mais les jeux d’enfants reprennent vite le dessus : nous faisons un concours de roulades ! … Comme j’aurais aimé rester un enfant toute ma vie ! (photo Alain MARC)

Il reste de ces instants merveilleux la récolte de Ptit-Jo, qui veut sur son carnet de voyage démontrer que la vie est partout et que dans le désert, elle existe bien sur aussi … (Page du carnet de voyage dans le Grand Sud Marocain de Ptit-Jo)

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1 juin 2007 5 01 /06 /juin /2007 11:07

Ouarzazate, l’émergence du désert …

La vallée de l’asif Imini se prolonge presque jusqu’à Ouarzazate .

Nous traversons Amerzgane, et bien que le soleil ait beaucoup baissé à l’horizon nous tournons à gauche à une quinzaine de kilomètres avant d’arriver à Ouarzazate, à Tabouraht, direction Aït-Benhaddou pour voir les derniers rayons de soleil embraser le Ksar .

Le ksar d’Aït-Benhaddou dans toute sa splendeur, au moment où le soleil le pare d‘or et de pourpre ... (Photo Alain MARC)

C’est à cette heure tardive ou très tôt le matin que j’aime contempler les grandes constructions de pisé ocre rouge, depuis le bord de l’oued . À ces heures-là les hordes de touriste sont reparties ou ne sont pas encore arrivées . On peut savourer ces instants précieux où le vol des cigognes se prolonge dans le silence retrouvé du vieux village accroché au rocher au dessus des palmiers .

Ptit-Jo est fatigué et il ne fera pas de dessin ni d’aquarelle ce soir . Il préfère regarder les murailles et les tours de terre, se couvrir d’une somptueuse lumière dorée .

Aït-Benhaddou vu avec un peu plus de recul . Au fond : les neiges de l’Atlas accentuent encore le décor somptueux du site et du village … (Aquarelle Alain MARC)

Nous resterons ainsi contemplatifs pendant de longs instants face à ce chef-d’œuvre de l’architecture berbère traditionnelle, toujours en cours de restauration et heureusement inscrit depuis 1987 au Patrimoine mondial de l’UNESCO ….

Mais si nous voulons arriver à notre hôtel avant la nuit, il ne faut pas nous retarder .

Le sympathique petit Hôtel de la Vallée nous attend à la sortie de Ouarzazate sur la route de Zagora, rive gauche de l’oued . On peut s’y rendre sans traverser l’ancienne ville de garnison, en passant par la casbah de Tifoultoute, une route directe pleine de charme et assez peu connue . C’est l’option que nous choisissons car il se fait tard .

Nous nous arrêtons à Tifoultoute le temps de faire cette photo . La nuit va tomber dans quelques instants et le soleil bascule derrière l’horizon en inondant de carthame et de pourpre le vieux ksar et la palmeraie alentour . L’ancienne casbah parait flotter dans une irréelle lumière mauve et bleutée : nous sommes immergés tout éveillés dans un rêve des Mille et une Nuits ! (Photo Alain MARC)

Il fait déjà nuit quand nous arrivons au petit hôtel . Les citronniers embaument à l’entrée et de grands palmiers se balancent au dessus des murailles .

Déchargement des bagages, installation dans la chambre, et nous descendons rapidement à la salle à manger, aménagée sous une vaste tente caïdale . Pendant que nous mangeons, un musicien s’est installé .

Il chante et joue de vieux airs traditionnels de la vallée du Draâ, en s’accompagnant d’un banjo qui a l’air tout aussi ancien que les racines de ses mélodies . Ce sont des grihas, (appelées ici « malhoun »), sortes d’improvisations poétiques autrefois purement vocales mais qui se sont progressivement accompagnées de oûd, parfois de banjo ou de violon . Ptit-Jo, est comme nous sous le charme envoûtant de cette musique transmise oralement de génération en génération à travers les siècles . Elle est douce et nostalgique, on perçois en elle le souffle tout proche du désert autant que les grandes pentes rocheuses de l’Atlas .

Mais il ne mange plus Ptit-Jo, il écoute et il contemple fasciné . Il s’est approché du musicien en habit bleu  qu'il entend entre deux morceaux lui expliquer comment tout petit son père l’avait initié à cette musique simple et essentielle dans la vie quotidienne des paysans et des villageois de la région . Comment lorsque à la mort de son père et initiateur ce musicien reprit ses instruments et ses chansons et continua de perpétuer ces mélodies imaginatives et variées pour que ne se perde pas ce pan entier de la mémoire populaire .

Ptit-Jo se souvient aussi des belles musiques que son papa avait composées pour lui, quand le ciel était aussi bleu que celui de Zagorra ...

Cet émouvant musicien se nomme Allali El HOUSSAIN, (n’oubliez jamais son nom car c’est celui d’une véritable valeur de la tradition orale), il vit à Targmite tout près de Ouarzazate . Je ne sais comment nous pourrions l’aider, mais j’aimerais que son art (car c’est ici plus d’art que de simple talent qu’il s’agit) soit reconnu, et que son respect de la musique ancestrale d’improvisation et de la poésie populaire en fassent un être de valeur, considéré et apprécié comme un élément incontournable du monde culturel marocain ...

Ptit-Jo lui donne une belle obole, car il est triste de voir que ce merveilleux musicien est aujourd’hui obligé pour survivre de se produire dans des restaurants à touristes, dont beaucoup n’écoutent même pas ce qu’il est en train de chanter . Il aurait voulu qu’il continue de chanter dans les souks et les fêtes de campagne comme il avait toujours fait, ou dans les fêtes de la vie berbère et comme son père et son grand-père avant lui avaient faits … Mais les temps on bien changés depuis que les touristes sont venus faire naître le folklore dans tant de lieux où il y a si peu de temps encore vivait la musique authentique et créative puisant son inspiration aux sources du quotidien et de la ruralité .

Heureusement qu'au fond des montagnes et du désert marocain, l'âme des musiciens et des poètes populaires continue de mêler ses mélodies envoûtantes et mystérieuses à la brise légère qui se lève le soir sur les palmeraies ...

Le musicien est très touché, et pour remercier Ptit-Jo et sa famille il improvise pour nous une sorte d’aubade que nous ne comprenons pas mais qui nous ramène aux valeurs simples et fortes de la vie, dans lesquelles les mots "amour" et "amitié" ont pris un sens nouveau et se sont retrouvés  .

C’est les yeux remplis d’étoiles et de belles mélodies débordant de son cœur que ce soir-là Ptit-Jo est monté se coucher …

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16 mai 2007 3 16 /05 /mai /2007 22:31

La traversée de l’Atlas …

Nous sommes partis très tôt de Marrakech .

Direction Ouarzazate par le col du Tizi’n Tichka .

Ptit-Jo découvre la plus haute montagne du Maroc .

Il me prend l’appareil à photos et mitraille à travers la vitre .

Ce qui émerveille le plus Ptit-Jo c’est l’incroyable beauté des couleurs du sol, de la roche et leur contraste avec la verdure des terrasses et des vallées ! (Photo Alain MARC)

Lui ayant expliqué que les vendeurs de minéraux sur le bord de la route vont les chercher à quelques pas de là, Ptit-Jo demande a partir lui aussi à l’aventure sur les flancs de l’Atlas pour découvrir ces trésors minéralogiques . Nous nous arrêtons …

À peine la voiture garée sur le bord de la chaussée, il se précipite à l’assaut de la montagne, et j’ai bien du mal à le rattraper ! (Photo Alain MARC)

Il a trouvé plusieurs fours à cristaux, et revient très fier en me montrant quelques prismes de quartz étincelants, lorsqu’il s’arrête émerveillé et me crie : «- viens voir, j’ai trouvé la plus grande géode du monde » ! (Photo Alain MARC)

C’est que l’Atlas est vaste, et les découvertes creusent l’appétit … Il est temps de repartir et de nous mettre en quête d’un bon repas ; c’est encore Pti-Jo qui nous dit quelques kilomètres plus loin en traversant un hameau : « - des tagines, il y a des tagines qui cuisent sur le bord de la route ! » .

Et nous voilà bientôt seuls clients à la terrasse du café le plus sympathique qui soit, à déguster un tagine vraiment délicieux en plein cœur de l’Atlas : c’est aussi cela le Maroc, des moments de bonheur intense au moment où l’on s’y attend le moins !

 En famille, le partage du tagine, à la terrasse du café « Plein Vu » . (Photo Alain MARC)

Le tagine disais-je était délicieux, et la vue sur la montagne et les maisons voisines superbe . Notre petit voyageur, qui ne se sépare jamais de son sac de peinture, remarque soudain une jolie maison aux murs roses, avec son architecture si caractéristique de l’Atlas .

Tandis que je lui explique le rôle de l’avancée des bordures de roseau enduites de pisé pour protéger les murs dans l‘architecture traditionnelle des kasbahs, il s’est déjà emparé de ses feutres, et s’étant mis à dessiner très vite, son motif a rapidement avancé . (Photo Alain MARC)

Je lui demande de relever un peu son dessin : ainsi j’ai en même temps le modèle et le motif dessiné … (Photo Alain MARC)

Ptit-Jo termine son dessin au moment où nous finissons notre thé : je suis content et le félicite, car la première des qualités d’un carnettiste c’est de travailler ainsi : juste et avec rapidité . (Photo Alain MARC)

Bientôt nous reprenons la route et franchissons à 2260m le col du Tichka . Lorsque le beau temps est là, c’est une route magnifique qui, bien que tournant sans arrêt offre des panoramas uniques sur les sommets enneigés . Tizi’n Tichka veut dire « col des pâturages » . Après l’avoir franchi, on plonge sur Ouarzazate et c’est un pays nouveau qui, virage après virage va bientôt se découvrir .

Le paysage abrupt et aride au parages du Tichka . Étonnante vision d‘un minuscule village et sa petite mosquée dans un recoin de la vallée juste au dessous : certainement très isolé en hiver ! (Photo Alain MARC)

Tout en bas de la descente, avant d’entrer dans la vallée de l’Assif Iminni, l’agadir (grenier collectif fortifié nommé ici « igherm » ) d’Igherm-n’Ougdal surgît et se découpe sur l’horizon avant même la traversée du village . Il faut dire qu’il a fière allure avec ses quatre tours massives et ses murs de terre rouge . Les denrées périssables et les biens les plus précieux des familles du hameau y étaient conservés . Ce fut l‘occasion d’une courte halte et de la réalisation de ce petit lavis avant de reprendre le chemin de Ouarzazate et que ne décline le soleil … (Lavis Alain MARC)

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5 mai 2007 6 05 /05 /mai /2007 13:41

Essaouira, premier contact avec une musique identitaire…

La journée à Essaouira est intense…

À midi plat de poissons grillés face à l’océan, tout près du quai des douanes .

Pendant que nous savourons fruits de mer et poissons frais, des musiciens vêtus de blanc, aux instruments de musique étranges se sont approchés .

Ils jouent une musique mystérieuse et envoûtante qui fascine Ptit-Jo .

C’est son premier contact avec la musique gnawa (on écrit aussi « gnaoua» ) .

Les Gnawas sont une confrérie soufi surtout implantée au Maroc, Tunisie et Algérie . Ce sont les descendants des esclaves noirs emmenés d’Afrique de l’Ouest (surtout Sénégal, Mali - le royaume Baramba - Ghana et Guinée) par les conquérants arabes de la fin du XVII ème siècle . Ils sont aujourd’hui depuis longtemps sédentarisés et devenus des hommes libres .

Leur musique et leurs chants très particuliers rappellent leurs origines ancestrales, et la nostalgie qui nous envahit toujours lorsqu’on entend cette musique sans trop savoir pourquoi est sans doute liée au rapport de « la guérison » qu’elle entretient (le chant surtout) avec ses pouvoirs thérapeutiques empreints de magie .

Il faut dire que les rituels importants auxquels sont liés cette musique et ces chants, sont des cérémonies essentielles ici : elles ont pour but par des rites qui durent généralement très longtemps et aboutissent à des transes de possessions, à guérir, en agissant contre les influences négatives et en invoquant des esprits favorables, comme au cœur de l’Afrique éternelle d’où elles puisent leurs racines .

On entend d’abord une improvisation au guembri (sorte de luth à 3 cordes) qui s’efface progressivement derrière les « Krakebs » (sortes de castagnettes en tôle de fer) et les chants accompagnés des tbels (tambours joués avec deux bâtons courbés) .

La musique que nous écoutons avec Ptit-Jo n’est qu’une évocation éloignée de celle utilisée par les Gnawas dans leur rituel, (celui de la Lila), produite ici par des musiciens passant de table en table pour des touristes en mal d’exotisme, mais ses sonorités particulières nous touchent tout de même et nous interpellent, par l’énergie qui s’en dégage et son étrange et mystérieuse dimension .

J’en dessine rapidement à l’encre quelques instruments …

Difficile d’expliquer à Ptit-Jo les notions d’irrationnel qui prévalent ici, et la nécessité d’entrer dans un questionnement « autre » pour comprendre la valeur de cette musique et son rôle social actuel en Afrique du Nord .

Essaouira est un haut lieu de la musique Gnawa avec un festival international de grand intérêt qui lui est entièrement consacré, le prochain ayant lieu du 19 au 23 juin 2007 en sera la 10ème édition : un rendez-vous à ne pas manquer !

De nombreux groupes spécialisés dans cette expression existent ici plus que partout ailleurs au Maroc . Ils se produisent à l’occasion de ce festival confrontant leur talent et leur savoir à celui d’autres groupes venant des villes voisines (Marrakech, Agadir, etc.) mais aussi de tout le pays et des pays voisins, où de grands maîtres, les maâlems, approfondissent les variantes de cette identité musicale de très grande valeur .

Le guembri est un long luth au manche cylindrique dont les trois cordes en boyau sont tendues sur une table d'harmonie en peau de chèvre qui peut avoir diverses formes, la plus courante étant rectangulaire . C’est le principal instrument de la cérémonie, exclusivement joué par le maâlem (le maître, initiateur, meneur de cérémonie, et souvent chef de confrérie) . Il est accompagné des « crotales » ou krakebs (voir ci-dessous) et des tambours (tbels,) ainsi que de percussions en terre cuite (tbals) . (Dessin Alain MARC à l’encre de Chine)

Voici l’un des deux « Krakebs » (appelés aussi « quaquabou » ou « krakabs »), autres instruments spécifiques de la musique gnawa, reliés entre eux par une lanière et tenus dans la main, qui sont des sortes de castagnettes de métal en forme de 8, (vues en coupe et en élévation) . (Dessin Alain MARC à l’encre de Chine)

Vous faire part de ce souvenir de voyage ne saurait être vraiment utile sans vous parler du travail d’un jeune photographe, Augustin LE GALL, qui en collaboration avec l’un de ses amis, (Virgile JOURDAN photographe également et responsable du projet qu’ils ont nommé « Mémoire d’eux », projet qui correspond à une mise en poésie photographique d’un évènement culturel majeur) a produit un magnifique travail sur ces musiciens Gnawas : lors du festival d’Essaouira 2005, il a réalisé un reportage photographique dont la valeur plastique démontre la profondeur de son regard, de son écoute et de sa communion à travers le viseur de son objectif .

En noir et blanc, dans la force et la sobriété des images qui se révèlent à nous loin du simple cliché, l’âme des Gnawas nous est dévoilée par Augustin dans une lumière émergeant des profondeurs de la conscience où un nouvel « ailleurs » entre réel et imaginaire, a suspendu toute notion du temps …

Je vous invite à aller voir ces magnifiques et émouvantes photos à partir du 7 mai courant (le vernissage aura lieu le jeudi 10 mai à partir de 19h si vous voulez faire connaissance avec ces jeunes gens), et ceci jusqu’au 30 juin à l’Institut du Monde Arabe à Paris, belle et méritée reconnaissance de leur travail qui leur est faite là !

Pour en savoir plus, cliquez ici, vous vous retrouverez sur la page web des expositions de l’Institut du Monde Arabe où vous aurez un avant goût de ce qui vous y attend ... Et si vous voulez assister au prochain festival d’Essaouira sachez qu’il aura lieu du 19 au 23 juin 2007 .

En attendant, avec l’aimable autorisation d’Augustin j’ai le plaisir de vous offrir « en avant première » quelques extraits de « Mémoire d’eux », l’exposition de l’Institut du Monde Arabe .

Augustin m’écrit : «Ce travail est un mélange entre ce concept d'édition photographique que nous développons avec mon équipier (Virgile Jourdan) et un travail photographique que nous avons entamé il y a 2 ans sur un projet autour des danses et des musiques transes que l'on retrouve autour de la Méditerranée. Ce travail "Mémoire d'eux" est donc à la fois une présentation du concept sur le festival et autres événements culturels et en même temps la première pierre d'un projet dont le Maghreb est la première étape .
Cet hiver, je pars en Tunisie et j'espère en Algérie pour continuer ce
travail auprès de musiciens de transe. puis dans un an ce sera de l'Égytpte à la Turquie … » .
 

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28 avril 2007 6 28 /04 /avril /2007 23:03

Essaouira, petite perle hors du temps …

Enfin voici à Essaouira, comme une mouette sur le bord de l’océan .

Ses maisons blanches aux fenêtres azur , ses remparts ocre rose, son port grouillant aux multitudes de barques bleues, et son poisson frais débarqué chaque matin sur ses quais .

Mais aussi Essaouira la muse au charme envoûtant comme le chant d’une sirène, à la différence que celle-ci ne nous fracasse pas sur ses écueils mais nous offre ce que la création d’un grand nombre d’artistes peintres, écrivains, cinéastes, musiciens peut offrir de meilleur par l’inspiration qu’elle ne cesse de leur apporter .

Quand nous sommes sur le port l’activité est fébrile : c’est l’arrivée des pêcheurs qui débarquent les poissons !

Spectacle toujours passionnant que de voir les premières discussions, les premiers échanges avant même que les caisses n’arrivent sur le quai . Tout cela au milieu d’une joyeuse pagaille où chacun et chaque chose trouve finalement sa place comme par enchantement .

Ptit-Jo est fasciné .

J’ai souvent passé des heures à peindre et dessiner tout cela avec le même enthousiasme que Ptit-Jo et je ne m’en lasse jamais . Aussi nous y allons à chaque session des stages de Marrakech, et nous passons là des instants dont nous ne pouvons nous détacher ! 

  Je vous laisse visionner cette nouvelle petite vidéo qui vous donnera une idée d’Essaouira . J’y ai privilégié le port, car Essaouira est quelque part pour moi, avec l’océan au pied de ses remparts et la grouillante vie de ses quais la parente éloignée de St Malo … Prenez le temps de la laisser se charger, vous pourrez ensuite la regarder tranquillement .

Ptit-Jo s’est installé à l’endroit le plus apprécié des artistes et des photographes : sur le mur dominant les quais à l’entrée de la citadelle . Il a choisi de traiter ce motif avec ses feutres aquarellables . C’est un choix judicieux motivé par la vivacité des couleurs ! (Photo Alain MARC)

Vrai bonheur que de voir sa concentration et le recul qu’il prend régulièrement sans même que je le lui demande par rapport à son dessin : on oublie toujours de s’arrêter assez souvent pour regarder son travail d’assez loin, et pourtant cela aide à avoir une vision bien plus globale de sa réalisation et de mieux en gérer l’évolution … (Photo Alain MARC)

Je profite d’un moment où il éloigne son motif pour faire cette photo : on ressent déjà bien l’atmosphère des lieux, et je le félicite pour ses mouettes qu’on croirait entendre crier, et pour la justesse de ses barques particulièrement à travers les couleurs des feutres choisis pour les dessiner, ce qui prouve qu’il connaît parfaitement sa palette d’outils et que le choix des feutres pour réaliser ce dessin était effectivement le meilleur ! (Photo Alain MARC)

 Il décide d’arrêter le dessin à ce stade, et me dit : « Il y a l’essentiel, c’est suffisant, après on serait perdus » et il écrit : « Les mouettes, la mer, le vent, c’est l’ancienne Mogador » . (« Mogador » dessin du Ptit-Jo)

Ensuite nous avons fait des photos … Je vous en livre quelques-unes sur près de la centaine faites à ce moment-là qui sont autant de visages différents d’Essaouira … J’en ai légèrement colorisé certaines car elles correspondent bien pour moi à l’âme d’Essaouira telle que je la perçois .

Avenue Mohammed Zerktouni . (Photo Alain MARC)

Bab Es Sebaa . (Photo Alain MARC)

Avenue Oqba ben Nafi . (Photo Alain MARC)

Quai des douanes . (Photo Alain MARC)

Maison au chat (Mellah) . (Photo Alain MARC)

Ruelle de la médina . (Photo Alain MARC)

Place du marché aux grains . (Photo Alain MARC)

Souk aux poissons . (Photo Alain MARC)

J’ai souvent passé des heures à peindre et dessiner Essaouira et je ne m’en lasse jamais . Nous y allons avec mes amis stagiaires à chaque session de Marrakech et nous passons là des instants qui nous enchantent et dont nous ne pouvons nous détacher !

On pourrait écrire longtemps sur Essaouira, et j’aurais aussi aimé avoir plus de temps en y passant pour y rencontrer les très nombreux artistes qui y vivent et y exposent … ce sera pour une autre fois .

Mais, pour terminer cet article, je vous laisse tout de même mieux connaître cette jolie petite ville et découvrir quelques-un de ses artistes en cliquant ICI .

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23 avril 2007 1 23 /04 /avril /2007 17:17

Sur la route d’Essaouira, le pays des arganiers …

Essaouira est la fenêtre bleue et blanche de Marrakech ouverte sur l’océan Atlantique .

… Sauf qu’Essaouira est à 175 km à l’ouest de Marrakech !

Je dis « la fenêtre bleue et blanche de Marrakech » car ce sont presque les mêmes touristes que ceux de Marrakech que nous allons retrouver à Essaouira . Souvent quand on va à Marrakech on va aussi visiter Essaouira et inversement, c’est dire la foule qu’on peut y trouver certains jours !

Heureusement Essaouira a d’autres charmes, j'en reparlerai bientôt ...

Mais avant de découvrir cette charmante cité, les paysages que nous traversons changent soudain à l’approche de la mer .

À quelques dizaines de kilomètres de la côte apparaissent parmi d’autres essences végétales deux types d’arbres nouveaux qui jouent un rôle important dans l’économie traditionnelle d’Essaouira : le thuya, utilisé depuis des siècles dans l’artisanat local du bois (ébénisterie et marqueterie), et l’arganier, un arbre encore plus rare auquel j’ai déjà consacré ici plusieurs articles .

 Ptit-Jo découvre l’arganier (qu’il escaladera comme les petites chèvres qui raffolent de ses fruits), ses épines et les jolis noix d’argan vertes à l’origine de la précieuse huile du même nom … (Photo Alain MARC)

Rare l’arganier : il daterait de l’ère tertiaire lorsque les Canaries d’où il serait originaire étaient reliées au continent africain, et il n’aurait résisté aux froidures du tertiaire qu’en très peu d’endroits dont ici, dans les zones arides et semi arides du sud-ouest marocain .

Alors d’autant plus rare et précieuse l’huile d’argan qui est fabriquée avec son fruit et dont Ptit-Jo va apprendre la fabrication, puisque nous avons rendez-vous avec nos amies de la Coopérative Tiguemine Argan, qui se situe à droite de la route P10 sur la quelle on se trouve quand on vient de Marrakech, à 15 km avant Essaouira .

Une simple porte de métal bleue sur un mur blanc au bord de la route, avec un petit parking devant la porte ...

Cette coopérative comme beaucoup d’autres dans la région s’inscrit dans un programme qui permet l'amélioration des conditions de travail de la femme rurale, lui donnant une activité économique génératrice de revenus complémentaires tout en participant à une gestion durable des domaines de l'argan . Mais bien plus que cela c’est aussi une communauté de travail, d’entraide et d’amitié très touchante, qui fabrique avec un savoir-faire et une patience infinie une huile de grande qualité que je ne saurai trop vous recommander, tant sont nombreuses ses vertus .

Nous avions une mission : lui offrir les motifs que j’avais réalisés pour elle pendant l’hiver et dont j’ai illustré toute la série des articles déjà consacrés dans ce blog à l’arganier et à l’huile d’argan tels que celui-ci … (Croquis Alain MARC)

Aussi, c’est avec plaisir que nous avons partagé le thé autour du soutien que nous voulions apporter à cette coopérative, en espérant que les quelques motifs que nous leur avons laissés vont pouvoir jouer un rôle dans leur communication et leur être vraiment utiles .

Toutes les opérations qui permettent la fabrication de l’huile d’argan sont longues et minutieuses . Les femmes se regroupent à l’ombre des canisses et se partagent les tâches : trier et décortiquer les noix, en extraire les amandes, les griller et les malaxer , etc. . Si vous allez à Essaouira arrêtez-vous à la coopérative Tiguemine Argan, vous pourrez assister à ce patient travail et pourrez ramener quelques-uns des meilleurs produits de la région tout en participant à un acte utile et humain . (Photo Alain MARC)

J’espère de même que cet article leur fera une publicité bien méritée, car cette petite communauté ne dispose pas de site Internet pour présenter ses produits qui sont pourtant fameux (leur "compote d’argan" au miel - je ne me souviens plus le nom exact car nous avons terminé tout ce que nous avons ramené - est un vrai délice) et si vous voulez vous en procurer, leur demander des renseignements sur leurs produits de beauté ou goûter leur huile vraiment excellente vous pouvez leur téléphoner (n’hésitez pas à le faire de ma part) au 00 212 24 78 49 70, ou au 00 212 72 91 10 24 et au 00 212 79 01 10 .

Possibilité également de leur envoyer un e-mail pour avoir plus d’informations sur la possibilité et le coût d’envois à l’étranger à : margane22@hotmail.com (si vous avez Wanadoo, Hotmail "bloque" vos mails en considérant que c'est du spam, il faut leur écrire à partir d'un autre hébergeur par exemple Yahoo) .

Une information qui peut aussi vous intéresser : Tiguemine Argan vient d'ouvrir une deuxième coopérative plus près de Marrakech, sur la route de l'Ourika . Si vous allez vers cette vallée qui est aussi une excursion classique de la région pour les personnes en vacances à Marrakech, allez leur rendre visite, vous pourrez aussi ramener les délicieux produits qu'elle fabrique depuis cet endroit de l'Atlas .

Se déclinant pour plusieurs usage, (excellent anti-rides dans sa version cosmétique par exemple), elle est avant tout pour moi une délicieuse huile de cuisine (son goût oscille entre la noisette et le sésame), tout en apportant un grand bienfait pour la santé lors d’une consommation régulière . Les petits plats à tagine du premier plan contiennent tous de délicieuses préparations que nos amies de la Coopérative Tiguemine Argan fabriquent et vendent aussi : testez-les, vous nous en direz vous aussi des nouvelles !

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18 avril 2007 3 18 /04 /avril /2007 10:06

Marrakech, la médina, les épices …

Notre aquarelle du riad à peine terminée, nous nous immergeons dans la médina, ses sonorités et ses couleurs innombrables …

Il faut dire que de la mosquée de Bâb Doukkala tout près de laquelle nous sommes logés jusqu’à la fontaine Mouassine près des souks il n’y a qu’un pas, et c’est un vrai plaisir de déambuler ainsi à travers la médina, pour découvrir ici un fondouk, là une jolie porte en arc outrepassé, ailleurs une fontaine, une mosquée, un hammam ou le four du quartier (les groupes de maison sont ici nommés « derbs ») .

La médina de Marrakech est un vrai mais très joli labyrinthe où il fait bon aller au hasard … Il faut dire que ce n’est pas compliqué d’y arriver : avec près de 28000 maisons, un nombre incroyable d’impasses et de ruelles réparties sur 800 hectares, on a vite fait de perdre le nord ou plutôt la direction de la Koutoubia qui est lorsqu’on se perd la référence incontournable pour retrouver son chemin .

 Le souk des teinturiers (Photo Alain MARC)

À la fontaine Mouassine (accolée à la mosquée du même nom) on est à l’entrée du souks des teinturiers qui est un véritable enchantement de couleurs . Il suffit ensuite de se laisser guider par sa curiosité pour aller de souk en souk au hasard de ses découvertes, et on ne voit plus le temps passer . Les artères les plus importantes, souvent recouvertes de treillis de canisse pour en conserver la fraîcheur, sont autant de lieux d’animation qui drainent la foule, et où nous aimons avec Ptit-Jo voir déambuler les livreurs, véritables virtuoses du slalom en milieu piétonnier, rivaliser d’adresse avec leurs chariots, leurs petits ânes et parfois leurs énormes attelages de mules dans des rues tout juste assez larges pour les laisser passer !

Animation dans la rue Souk Semmarine . (Photo Alain MARC)

Ptit-Jo est fasciné, et je lui explique comment saisir rapidement en aquarelle directe tous ces mouvements, les silhouettes, les allées et venues des personnages, en lui conseillant encore quelques années de pratique pour se lancer dans cette aventure, car aucun repentir n’est évidemment possible dans ce genre de travail !

              

Quelques aquarelles directes de passantes dans les souks … (Aquarelles Alain MARC)

De souk en souk, de quartier en quartier, nous nous retrouvons bientôt au sud-est de la médina . Dans le mellah, l’ancien quartier juif de Marrakech . C’est l’un de mes quartiers préférés . Moins de touristes que du côté de la mosquée Quessabine ou Ben Youssef . Moins de harcèlement de la part des vendeurs, moins de rabatteurs - sauf peut-être ceux qui veulent immanquablement vous emmener vers « leur » synagogue (qui n’est d’ailleurs pas nécessairement la seule véritable et unique synagogue qui reste dans ce quartier et qui se trouve dans la rue Bab-Rhemat derrière le palais de la Bahia) - .

Ici se dégage au contraire un charme particulier, plus simple, plus authentique qu’ailleurs . Sans doute à cause de la présence d’un grand nombre de petites échoppes, des ruelles en terre battue et du très joli souk de grossistes qui occupent les cours des fondouks locaux .

Odeurs et couleurs particulières pour qui veut voir un Marrakech différent .

C’est dans l’une de ces ruelles que Ptit-Jo décide de faire son marché aux épices, afin de réaliser une page de plus pour son carnet de voyage .

Tenté par les jolies couleurs des épices autant que par leur odeur mystérieuse, Ptit-Jo en choisit un assortiment dont il collera quelques échantillons sur son carnet, et donnera le reste à sa maman … (Photo Alain MARC)

En parcourant la médina et ses différents quartiers la journée est très vite passée … Pour la terminer, j’offre à Ptit-Jo une promenade inoubliable que je vous recommande vivement car elle permet de prendre conscience de l’étendue de cette médina, de la beauté de ses murs et de ses différentes portes : le tour des remparts en calèche !

Véritable enchantement que cette balade, que je conseille plutôt au coucher du soleil (partir un peu plus de ½ h avant) qu’aux heures chaudes de la journée, et qui permet pour qui sait voir, de mieux comprendre la vie intime de cette ville si attachante tout au long des 19 km de remparts …

Derniers mètres au bruit des sabots des chevaux de la calèche, et dernier coup d’œil au minaret de la Koutoubia pour Ptit-Jo, après la promenade du tour des remparts . Dans le prochain article nous allons l'accompagner dans ce tour des remparts en calèche : une vidéo exclusive et rare qui vous fera découvrir Marrakech comme vous ne l'avez peut-être jamais vue . J'aurai le plaisir de vous l'offrir en grande première sur ce blog pour vous remercier de votre fidélité puisque le cap des 110000 visiteurs est déjà dépassé ! (Photo Alain MARC)

Mais Ptit-Jo avant de se coucher applique l’une des règles fondamentales du carnet de voyage : ne pas oublier de consigner ses souvenirs tant qu’ils sont bien présents dans notre mémoire et faire ses collages sans tarder pour faire durer bien plus longtemps ce bout de rêve éveillé qui l’accompagnera bien après son voyage …

Il ne s’agit pas seulement de coller sur sa feuille les échantillons des épices rapportés, mais surtout de retrouver leur couleur par mélanges appropriés . Ptit-Jo ne veut pas que je l’aide, et sur sa feuille de papier brouillon (entre sa palette et son carnet) il trouve les bonnes couleurs seul et avec une rapidité déconcertante : « - Facile me dit-il : avec le principe des mélanges tournants comme tu m’as appris faudrait que je sois vraiment bête pour ne pas y arriver » !

Voilà une nouvelle page terminée, la couleur de chaque épice étant reproduite par une tache d’aquarelle tout à côté .

Ptit-Jo va se coucher un peu fatigué mais la tête remplie de souvenirs qu’ils n’est sans doute pas prêt d’oublier … (Page des épices, carnet du Ptit-Jo)

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