voyages et aquarelle - Aquarelliste et peintre voyageur
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  • : En peinture, l'art de l'aquarelle est un mode d'expression qui va des carnets de voyages à la création de tableaux : en voici les différentes facettes inspiratrices, techniques et créatives selon Alain MARC ...
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- Les stages "carnets de voyages" sont une véritable immersion dans la pratique du carnet de voyage et de l'aquarelle sur le terrain, orientés "autonomie" ils sont ouverts aux stagiaires ayant assez de pratique pour en profiter pleinement . De la Provence au Jura Oriental et jusqu'en Andalousie, ce sont quelques destinations où vous pourrez aller en 2024...

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Andalousies

«Andalousie, la Route d’Alain MARC», carnet de voyage de Pierre NAVA
Découvrez article après article en cliquant sur les vignettes ci-dessous le carnet spontané de Pierre m’accompagnant en Andalousie, et les «Petites Histoires vidéo» qu’il m’a inspirées :

La-Barca-1b-Pierre-Nava.jpg

Préambule

La Barca 2a Pierre Nava

L'étape de Peniscola

Andalousie b Pierre Nava

Sur la route de l'Andalousie...

Moulin-b Pierre-San Jose 2

Au Cabo de Gata

Bateau Pierre Isleta 3b

La Isleta del Moro

Huebro Pierre vignette

Huebro, la montagne enchantée

Pierre-Nava-Guadix-4-copie-1

Guadix, les maisons troglodytiques

Rio Fardès

Le rio Fardés

18 septembre 2006 1 18 /09 /septembre /2006 10:11

Spectaculaire et minutieux geste du concassage des noix d’argan .

 

Les « aqqayn », (noyaux des noix de l’arganier débarrassés de leur pulpe au pluriel), sont maintenant toutes réunies dans des paniers .

Les femmes se livrent à présent au travail le plus spectaculaire mais aussi le plus fastidieux et le plus délicat de la chaîne de fabrication de l’huile d’argan : l’awrag, le concassage des noyaux .

C’est qu’il faut une grande habileté pour tenir entre 2 doigts le noyau lisse et glissant bloqué sur l’enclume de pierre (appelée « assargw’n wawrag »), et frapper de l’autre main d’un coup sec la tranche de clivage de ce noyau avec une autre pierre (la « taggunt’n wawrag ») aux allures à la fois de galet et de hache polie, pour extraire l’amandon (le « tîznint ») si précieux : … mes essais personnels se sont toujours soldés par des doigts écrasés et les fous rires de l’assemblée !

 

Les concasseuses, (appelées « timragin »), se rassemblent en une tiwizi (réunion d’aide collective) au cours de laquelle elles se retrouvent traditionnellement de douar en douar ou dans une coopérative, pour concasser ensemble ces milliers d’aqqayn, en extraire les tîznin, les trier, les préparer et réaliser toutes les opérations que nous allons bientôt découvrir, afin d’élaborer leur si précieux liquide… (Aquarelle Alain MARC 21 x 29,7 cm)

Il faut dire qu’une « aqqa», (noyau d’argan au singulier) est 6 à 7 fois plus dure qu’une noisette, et qu’il faut environ 800 Kg d’aqqayn (noix séchées - pluriel -), pour en extraire 40 kg d’amendons seulement !

Ces 40 kg d’amendons ( « tîznin » au pluriel) ne fourniront à leur tour que 18 litres d’huile d’argan, après une suite d’opérations qui est encore loin d’être terminée au moment de l’awrag …

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15 septembre 2006 5 15 /09 /septembre /2006 05:54

Premiers gestes de la fabrication de l’huile d’Argan .

 

Les « tifiyyict », noix mures de l’arganier ramenées au douar ou à la coopérative, on été séchées au soleil avant d’être emmagasinées dans les pièces du rez-de-chaussée réservées à cet effet .

Les femmes peuvent commencer leur patient et besogneux travail .

Elles s’y consacrent entre les repas : les noix sont une à une débarrassées de la pulpe, enveloppe sèche qui entoure le noyau, rarement à la force du poignet, habituellement (comme cette pulpe est très difficile à détacher du noyau), en les écrasant à la main entre deux pierres dont celle du bas est appelée « assargw »  et celle du haut « taggunt’n tifiyyict »  . C’est-ce qu’elles nomment l’asfiyc, l’épluchage .

 

Après « l’asfiyic », il faut trier et séparer les noix de l’arganier et la pulpe ainsi détachée, l’agalim (ou agali), pour réunir dans un seul panier les jolies noix (appelées «aqqayn »)  à la coque ovoïde et brillante comme une grosse noisette dorée … (Aquarelle Alain MARC 21 x 29,7 cm)

L’agalim sera donnée aux animaux qui en raffolent, (les chèvres, moutons, dromadaires et vaches), les chevaux, mulets et ânes ne les supportant pas … On peut dire qu’à part ces derniers animaux, ceux qui se nourrissent de l’agalim sont les "découvreurs naturels" de l'arganier : ils ont su bien avant l’homme profiter les premiers des bienfaits de cette nourriture aux vertus tout à fait extraordinaires !

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13 septembre 2006 3 13 /09 /septembre /2006 18:14

En route pour le stockage des fruits de l’arganier .

 

Les « tifiyyict », noix mures de l’arganier, sont prêtes à tomber : voici venu le temps de l’ « azway » et du « tigri » . Ce sont les temps forts du gaulage et du ramassage .

Les femmes, s’entraident par petits groupes dans ces travaux des champs et s’affairent souvent en chantant, comme elles le font aussi au cours de la récolte des olives, ce qui donne des scènes bucoliques d’une rare beauté restant à jamais gravées dans la mémoire du voyageur …

Les noix sont mises dans des paniers souples que l’on nomme « agwnin », faits d’inif ou de palmes, eux-mêmes constitués de poches plus petites dites « tigwninin », le tout étant réuni dans une grande « tazgawt » sorte de sac contenant plusieurs agwnin (on dit « igwninen » au pluriel) et ramené à dos d’âne jusqu’à la maison ou à la coopérative pour y être stocké .

Parfois comme ici, les noix de l’arganier sont ramenées directement dans des besaces calibrées de transport à dos d’âne, ce qui permet de les vider plus facilement en arrivant dans les pièces du douar qui jouent le rôle de greniers … (Aquarelle Alain MARC 21 x 29,7 cm)

Ces pièces spéciales sont aménagées au rez-de-chaussée des habitations pour emmagasiner les noix d’argan et éviter aux rats de se rassasier du précieux fruit . Il arrive que ce dépôt de denrées ne soit pas touché pendant plusieurs années en consommation domestique, si les stocks précédents, utilisés au fur et à mesure des besoins de la maison, sont suffisants …

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10 septembre 2006 7 10 /09 /septembre /2006 14:34

Le fruit de l’arganier, une drupe pleine de richesses .

 

Nous avons découvert lors des précédents articles combien l’arganier est utile, combien il fut même irremplaçable pendant des générations pour de très nombreuses tribus amazighs du sud-ouest marocain .

Intéressons-nous aujourd’hui à sa plus grande richesse : son fruit tant apprécié des animaux qui le consomment pour se nourrir, que des populations qui l’exploitent pour son huile aux nombreuses vertus .

Observons une branche en faisant bien attention de ne pas nous piquer à ses épines pour la saisir : les feuilles, d’un vert allant d’un vert tendre à un turquoise verdâtre peuvent parfois s’assombrir et devenir rousses à kaki-orangé, elles sont lancéolées, petites, persistantes et coriaces.

La floraison a lieu au printemps ou à l’automne en fonction des conditions climatiques, car cet arbre peut voir ses feuilles repousser et refleurir au gré d’une rentrée pluvieuse Atlantique après une longue période de sécheresse qui l’aurait laissée à nos yeux comme moribond .

Les fleurs ont une couleur jaune, légèrement verdâtre . Le fruit est une drupe verte, ovoïde, au bout de laquelle pointe souvent une toute petite épine « l’ajdur » (pluriel ijduren - ijdar) : fleur d’arganier en langage Achtouken, qui tombe par la suite, quand la fleur devient fruit (« aghray », qui veut dire « fruit à peine formé ») .

La maturation a lieu de d’avril - mai à septembre - octobre .

Sur mon aquarelle, ce sont les fruits d’en bas qui sont les plus jeunes, ce sont encore des « idmamen » (fruits formés) ; ils sont rougeâtres légèrement tachetés de vert . Puis ils vireront au vert (tizêrgwmma) en tombant leur petite « épine », et au jaune vert et jaune ce seront alors des « bilzîz », avant de commencer à sécher en roussissant (les noix sont alors devenues des « tifiyyict ») . C’est à ce moment-là seulement, que s’il n’a pas été mangé par les chèvres (la pulpe seulement, les noyaux n’étant généralement pas ingurgités mais recrachés), il tombera de lui-même ou sera gaulé pour être récolté .

Il faut savoir qu’un hectare d’arganiers produit environ 800 kg de noix (bilzîz en amazigh), qui ne fourniront que 40 kg d’amandes destinées à l’élaboration de l’huile d’argane (ou d’argan, les deux expressions sont utilisées) .

Nous découvrirons dans les prochains articles l’histoire des noix, qui, des branches de l’arganier, va jusqu’à à l’élaboration de cette fameuse huile …

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5 septembre 2006 2 05 /09 /septembre /2006 14:30

L’arganier de la plaine .

 

Les spécialistes disent que l'arganier daterait de l'ère tertiaire à l'époque où il existait probablement une jonction entre la côte marocaine et les îles Canaries . Il se serait alors répandu sur une grande partie du Maroc mais au quaternaire l'invasion glaciaire en aurait limité l’extension au Sud-Ouest du pays .

Il ne reste donc en dehors des zones colorées en rouge de la carte mise en ligne précédemment, que quelques îlots de sa présence dans le nord vers Rabat et près de la côte méditerranéenne .

On l’appelle « Arbre de fer », « Olivier du Maroc » , « Arbre à chèvres », Argân ( en berbère ), ou « targant » (au pluriel targinin), et arganier (unité) aussi usité pour parler d’un petit nombre d’arganiers en langage Achtouken (l’une des plus grandes confédérations tribales des amazighs du Souss) .

Son rôle social, familial, domestique et économique est considérable dans l’histoire rurale des régions traditionnellement très pauvres où il pousse .

Dans les lieux arides où il participe au maintien du sol par ses profondes racines, il fournit tout : un bois très solide qui sert à faire de nombreux outils et les charpentes, excellent combustible pour la cuisine et le chauffage l’hiver, très bon fourrage principalement pour les chèvres qui l’escalade et en sont très friandes, mais aussi pour les dromadaires qui ne craignent pas ses épines, aussi bien pour vaches et moutons qui le consomment de diverses façons .

Enfin, de ses noix on extrait une belle huile parfumée qui sert autant dans le domaine culinaire que diététique et cosmétique .

Les tourteaux, déchets obtenus en fin de fabrication de l’huile d’argan sont donnés au bétail durant l'hiver et la brisure de coque est utilisée comme combustible, et ses feuilles autant que son huile servent aussi à la confection de cataplasmes pour soigner les blessures des animaux, ce qui fait que rien ne se perd et que cet arbre est vraiment un « arbre de vie » .

Je peins cette aquarelle, où nous voyons un arganier dont la strate arborescente a été réduite à un arbre torturé sous la pression agro-pastorale séculaire du parcours forestier méditerranéen traditionnel, c'est la formation la plus dégradée de l’individu avant sa disparition . Aucun signe de régénération décelable sur le sol décapé entourant quelques épineux (touffes de jujubier sauvage et rampant sans doute un « zizyphus spina christi » - qui pourra m’éclairer ?) et un vieux mur écroulé, le pâturage suspendu à l'usage des chèvres a pleinement joué son rôle depuis des décennies, mais le vieil arbre donne toujours des fruits dont les petites chèvres acrobates sont très friandes .

Je vous laisse à la contemplation de ce sujet biblique, au berger indifférent (d’habitude il accourt pour monnayer la photographie ou la peinture des petites chèvres sur l’arbre, … quand il ne les attache pas carrément aux branches pour arrêter les touristes qui passent sur la route tout à côté !), et au beau soleil qui illumine la scène, pour me consacrer à la rédaction du prochain article qui concernera le fruit de l’arganier, sa fameuse noix .

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31 août 2006 4 31 /08 /août /2006 11:15

Un arbre nommé arganier …

Nous sommes au sud-ouest marocain, dans la région allant de la pointe occidentale de l’Anti-Atlas, des franges du Sahara jusqu’au nord d’Essaouira, en passant par la plaine du Sous, Traoudant, Agadir. Sa répartition géographique, spécifiquement endémique, couvre plus de 800 000 hectares, mais il est en voie de disparition malgré un dahir (décret) destiné à le protéger datant de 1925, et son classement au patrimoine de l’UNESCO en 1998, mesures de sauvegarde qui ne sont pas toujours très bien respectées …

Cet arbre « magique » évoqué dans l’article précédent (nous verrons pourquoi dans les prochains textes que je mettrai dans cette colonne), au nom scientifique d’Argania spinosa, l’arganier, ne se trouve donc nulle part ailleurs sur le globe . Il peut dépasser 10 m de hauteur et vivre plus de 200 ans, résistant aux plus fortes sécheresses .

J’ai sur cette carte tracé en rouge la répartition géographique de l’arganier, en vert celle des espèces d’arbres endémiques du Haut-Atlas tels le genévrier thuringien ou du Cèdre de l'Atlas dit Cèdre bleu (qu’on trouve aussi dans le Rif et le Moyen-Atlas) .

On voit quelques petits « îlots » colorés de rouge plus au nord aussi, du côté de Safi et j'aurais pu si la carte avait été plus grande placer ceux, beauxoup plus rares, du nord du Maroc .

On remarquera sur cette carte que le morcellement des arganeraies et leur disparition correspondent essentiellement aux zones cultivables facilement accessibles surtout si elles sont associées aux voies de communication les plus pratiques . Cela est révélateur de l’influence particulièrement destructrice de la mise en place de cultures intensives (surtout céréalières et maraîchères sous serres) dans des zones à l’équilibre écologique fragile, où les défrichements répétés, le pompage à outrance des nappes phréatiques, l’addition d’engrais et de produits agricoles très nocifs pour les sols accentuent la disparition de cet arbre providence qui a nourri des générations de familles rurales .

Très saisissante est la profonde entaille traversant la carte des pieds du Toubkal à Agadir et qui correspond à l’axe central de la plaine du Sous … À cela vient s’ajouter le surpâturage lié au traditionnel parcours forestier dans les zones rurales plus reculées, qui avec l’augmentation des troupeaux ajoute sa charge à ce triste constat, en condamnant de manière irréversible la régénération naturelle de ce véritable arbre de vie .

C’est donc avec beaucoup d’attention et d’émerveillement que je vous invite à le découvrir ainsi que ses principales vertus .

L'écosystème de l'arganeraie peut se catégoriser par ses deux principaux types d’implantation qui vont du niveau de la mer jusqu‘à 1500 m d’altitude :

- l'arganeraie-verger de plaine (liée à la forêt dite trouée),

- l'arganeraie-forêt (liée à la forêt claire sauvage de montagne), dans l'arrière-pays montagnard collinéen, où il est utilisé à travers le séculaire système sylvo-pastoral .

J'ai peint cette aquarelle il y 3 ans dans une arganeraie-verger de la région d’Essaouira . On remarquera le douar en haut de la colline, habitat berbère traditionnel en terrasse dominant cultures et vergers . Au dessous les arganiers poussent dans les champs qui sont souvent délimités par une murette de pierres sèches recouverte de buissons .

Peu à peu, les cultures céréalières prennent ici aussi de l’importance et commencent à occuper des surfaces conséquentes pour connaître depuis peu un véritable essor .

Le type d’arganier représenté sur l’aquarelle est cultivé et correspond floristiquement aux espèces très influencées par la mitoyenneté du littoral océanique . Ceux que j'ai dessinés ici ne sont pas encore trop abîmés par l’exploitation pastorale (surtout pâturage des chèvres), car ils en sont « protégés » (au moins une partie de l’année) par les cultures qui poussent à leur pied .

Nous verrons dans le prochain article le rôle social, familial et économique (traditionnellement domestique) de l’arganier, avec une aquarelle le resituant dans sa réalité de pâturage aérien, (emblème d’une adaptation très ancienne à l’aridité des populations qui lui sont associées), et protecteur de plus en plus décharné d’une érosion sournoise qui regagne du terrain de par le seul fait de sa raréfaction …

 

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25 août 2006 5 25 /08 /août /2006 23:14

Sur le chemin de l’arbre magique …

Tout au bout des terres ocres au pays du soleil couchant l’horizon s’étire à l’infini sous chacun de nos pas ... Le soir nous plonge dans une lumière parme et safran, avant que se déchire l’espace sur une immensité d’étoiles nimbant d’une diaphane clarté le silence de notre campement .

Des insectes chantent, des chants de femmes au loin, très loin, transportés par le vent .

- Sont-ce des nomades autour d’un point d’eau, ou les songes nous emporteraient-ils encore éveillés ?

Parce que nous arrivons au pays des arbres de fer, des forêts endémiques de ces trésors survivants du tertiaire, miraculeusement préservés, sources de vie en ces zones semi-arides depuis des temps immémoriaux …

Vainqueurs de la lutte contre l’aridité, ils sont là dans la tiédeur de la pénombre, dégageant une subtile odeur d’essence rare et indéfinissable, nous entourant d’une invisible présence, d’une mystérieuse protection tutélaire, appartenant au patrimoine mondial de l’humanité .

Ici et seulement ici ils existent encore et nous nous endormons au cœur d’un prodige, nous faisant prendre conscience que notre vie est aussi un miracle, dont nous avons perdu le sens de la réalité .

Le lendemain, le soleil est déjà haut lorsque nous quittons les montagnes reculées pour l’entrave subtropicale de la plaine qui s’ouvre devant nous . Un monde de légendes issues de l’aube des temps imprègne encore le grandiose univers de ses roches brûlantes, ses terrasses pulvérulentes survolée par les oiseaux du désert, et la mémoire enracinée dans sa terre ancestrale révèle ses mythes aux secrets du vivant : nous sommes entrés dans la biodiversité du paléarctique occidental .

Ainsi débute une série d’articles que je vais consacrer à un arbre que j’aime énormément, à son fruit et le produit de son fruit .

Des femmes transforment ce produit en potion magique, patiemment, merveilleusement, avec tout l’amour des pratiques ancestrales et tout l’art de leur tradition . Je dédie cette nouvelle série d'articles à ces femmes que j'admire et que j'estime pour leur mérite et leur humilité .

Ceci en introduction d’un carnet de voyage que nous réaliserons bientôt, à l’occasion d’un stage dans le beau pays que j’évoque ici …

Les aquarelles que j’ai réalisées pour ces articles seront plus « figuratives » que celle que j’ai peinte pour celui-ci, je les veux didactiques puisque j’entrerai la prochaine fois dans une narration plus descriptive .

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23 mars 2006 4 23 /03 /mars /2006 22:24

 

Sur le chemin au retour d’Andalousie …

Fin du voyage en Andalousie, il faut bien rentrer ! Nous le faisons en traînant des pieds, nous arrêtant ici et là sur la route, nous attardant particulièrement dans le petit village d’Alcaraz dans la Mancha .

 

Croquis saisis au vol entre la vallée du Guadalquivir et Alcaraz . (Croquis-aquarellés Yolande GERDIL)

Devant la cathédrale à Alcaraz … (Photo Alain MARC)

Une ruelle donnant sur la cathédrale, croquis aquarellé de Yolande ou Pierre je n’ai pas noté qui l’a réalisé …

 Passage avec escalier donnant sur la place de la mairie à Alcaraz . (Aquarelle Yolande ou de Pierre même chose que la précédente, je n‘ai pas noté !)

Plus haut sur la côte, en retraversant la « Huerta de Valencia » nous décidons de ramener quelques oranges que nous voulons déguster dans les jours à venir pour nous souvenir devant nos aquarelles de tous les bons moments de ce voyage, et c’est le dernier souvenir de ce périple dans le pays de Cervantès qui va marquer notre mémoire et rester gravé sur nos carnets de croquis …

Imaginez : les orangers croulent sous les agrumes, tombant des arbres, jonchant le sol, roulant dans les fossés, ce ne sont pas ces oranges-là qui vont être commercialisées ! (voir les photos de notre passage à l’aller en cliquant ici)

Nous décidons cependant de rechercher un verger où travaillent des paysans occupés à la cueillette afin de demander au propriétaire des lieux quelques oranges à acheter . Nous sortons de l’autoroute, et trouvons aussitôt un groupe d’ouvriers agricoles à la pause au bord de la route . Nous nous arrêtons, demandons le responsable, et c’est une dame qui s’approche sans doute la « chef d’équipe » ou la propriétaire : en réponse à notre demande de lui acheter deux ou trois kilos d’oranges elle nous chasse en nous disant qu’elle ne vend pas d’oranges et qu’on s’en aille !

Nous partons dépités, et voyons un peu plus loin quatre ou cinq voitures alignées le long d’un verger . Des femmes sont accroupies au sol en train de pique-niquer (il est presque 13 h) avec en guise de nappes des carrés de plastique tandis que les hommes s’affairent sous les branches très occupés à ramasser les agrumes, avec une rapidité et une conscience professionnelle extraordinaire . Seul l’un d’entre eux ne fait rien appuyé à la première voiture, nous présumons que c’est le propriétaire . Nous allons vers lui et lui demandons qui est le responsable, afin d’entre en négociation . Oh, surprise : regards noirs, suspicieux, tout le monde s’arrête de travailler, les oranges tombent des mains, les femmes replient les nappes de plastique avec les pique-niques dedans comme des balluchons, précipitations de toutes parts et avant même qu’on aie eu le temps de réagir tout ce petit monde est dans les voitures qui partent à toute vitesse !

Immense rigolade : on est tombés sur une bande de gitans qui ravageaient un verger alors qu’on roule depuis des kilomètres dans l’espoir d’un achat honnête et scrupuleux … Et dire que pour trois oranges, il suffisait de les ramasser sous des arbres dépassant au dessus de la route !

Les orangers en contrebas d’un talus avec des cyprès sur fond de sierras dans le coin de notre rencontre avec les gitans … (Aquarelle Yolande GERDIL ou Pierre NAVA)

 Vous pouvez découvrir l'ensemble de ce voyage pictural en allant dans les catégories "Voyages et aquarelle" « Extraits vidéos » et "Voyages sonores" (colonne à gauche de cette page), et en cliquant tout en bas de la page d'accueil ainsi ouverte (chiffres en petit en bas d'écran 1, 2, 3, etc.) ce qui vous ouvrira la page suivante .

 

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22 mars 2006 3 22 /03 /mars /2006 23:35

 

La campagne autour d'Espejo …

J’avais prévu dans le programme du stage carnet de voyage d’avril prochain une matinée dans la « campinia » des vignobles de Montilla-Moralès où on élabore ce bon vin servi dans les bodegas de Cordoue .

 

 

Quelques aspects de la « campinia » entre champs de blé, vignes et oliviers . (Croquis-aquarellés Yolande GERDIL)

Je voulais donc vérifier aujourd’hui que la campagne andalouse n’a pas changé et qu’on retrouverait les mêmes jolis coins que les années passées pour garer le bus et peindre si je choisissais cette option, car j’avais par ailleurs le regret de n’avoir pas programmé une matinée de panoramique à Cordoue, depuis la rive droite du Guadalquivir pour peindre les moulins arabes, la mosquée cathédrale et le pont romain . Les jours de stage étant limités il faudra faire le meilleur choix, même si au départ c’est à Montilla que je pense que nous irons travailler . C’est dons dans l’indécision que nous prenons la route pour Montilla .

Oliviers dans la « campinia » du côté d’Espejo, un aquarelle que j’avais peinte en 1991 un soir d’été … (Aquarelle Alain MARC)

Premier constat première déception, tous les endroits où nous aurions pu nous installer sont impraticables ou ont disparus (constructions sur les parkings, bas-côtés réaménagés, plantations diverses, etc. ) . Les routes ont toutes été complètement refaites ici et nous ne trouvons pas un seul mètre de bitume qui ne soit surélevé par rapport aux bas-côtés : il n’y a que les tracteurs et voitures possédant une haute garde au sol qui peuvent (par endroits seulement) accéder aux oliveraies ! Quant à Montilla, ce n’est plus le charmant village blanc que je connaissais : bâtiments industriels, distilleries et hangars en gâchent les plus intéressantes perspectives …

Le village blanc d’Espejo et son vieux château arabe au milieu de ses oliveraies, éclairé par la lumière du soir … (Photo Alain MARC)

Nous quittons donc sans regrets ses parages pour revoir Espejo au milieu des oliviers . Mais là aussi nous avons beau tourner des heures autour du joli village blanc, aucun point de vue sécurisé et facile d’accès n’existe ici . Nous battons encore la campagne quand le soleil se couche, drapé de nuages flamboyants comme des capes de toreros tournoyant au dessus des oliviers .

Il est encore très tard et nous rentrons convaincus que c’est bien le panoramique de Cordoue qui s’avère le thème de travail le plus intéressant !

 Le même village sous un autre angle par Yolande . (Aquarelle Yolande GERDIL)

Le ciel change sans arrêt, éclairant la campagne des premiers feux du soir …(Aquarelle Yolande GERDIL)

Le soleil couchant ce soir sur l’Andalousie . (Photo Alain MARC) 

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20 mars 2006 1 20 /03 /mars /2006 20:17

 

Andalousie, Cordoue, d’églises en patios …

 

De la Corredera nous pensions nous diriger vers les quartiers nord, ceux de l’ancienne ville basse . Ils regorgent de lieux à caractère comme grand nombre d’églises représentatives de la transition entre l’art roman et gothique pour la plupart bâties sur d’anciennes mosquées pendant la reconquête . Il y a aussi des palais comme celui de Viana et d’autres endroits emblématiques de la ville tels le calvaire du Christ aux lanternes ou la fameuse tour San Nicolas, un autre clocher - minaret accolé à l’église du même nom .

Et puis, comme partout à Cordoue de magnifiques patios perceptibles depuis les portes entrouvertes, car les cordouans sont fiers de leurs patios, mais il faut être curieux pour les découvrir, et si on n’ose pas regarder à l’intérieur des cours beaucoup de petites merveilles risquent de nous échapper !

« Le patio aux grandes colonnes » . (Aquarelle Alain MARC)

Mais c’est la fête qui nous entraîne et sans vraiment nous en apercevoir nous arrivons à la « Plaza del Porto » ainsi nommée à cause de sa jolie fontaine surmontée de la sculpture d’un poulain, un lieu auquel les cordouans sont très attachés . D’un côté de la placette se trouve le musée des Beaux-Arts, de l’autre l’auberge où séjourna Cervantès pendant qu’il écrivait une partie de son fameux « Don Quichotte » . Endroit charmant d’où part l’Impasse Romeros Barro dans laquelle une halte s’impose à la « Plateros de Vinos », fameuse bodega où se retrouvent souvent les gens du quartier .

Pendant que Yolande et Pierre m’y attendent en dégustant d’excelle « albondigas » je file en face dire un petit bonjour à Madame Maestre, une dame adorable, figure du quartier et amie de longue date puisqu’elle nous recevait dans sa pension de famille dès mes premiers séjours en Andalousie .

L’ambiance bonne enfant de la bodega « Plateros Vinos » saisie entre deux tapas par Yolande … (Aquarelle Yolande GERDIL)

Bientôt je retrouve mes amis et nous filons à la Place San Francisco toute proche . Je ne sais pourquoi j’aime tant cet endroit pourtant considéré encore parfois comme mal famé ! Sans doute parce qu’elle ressemble à une gravure romantique du vieux Cordoue qui me plonge dans une profonde nostalgie avec ses mendiants s’abritant sous les arcades et ses andalouses alanguies venant puiser l’eau à la fontaine qui coule devant l’église …

Calle de San Fernando : à chaque lieu un souvenir particulier . Je me souviens d’un jour d’automne merveilleux il y a quelques années . À la nuit tombante . Sur le trottoir, à la porte d’un bistrot, quelques mobylettes et …devinez quoi ?

- Un cheval blanc, magnifique petit cheval andalous, qui attendait sagement son maître attaché à l’oranger le plus proche ! Image inattendue et poétique dans une rue à la circulation non négligeable, presque surréaliste et pourtant si profondément « andalouse » .

La fontaine « del Porto », le poulain de la petite place devant l’auberge où séjourna Cervantès . À cette époque-là, il devait y en avoir partout des chevaux andalous attachés aux orangers !

É motion, et constat que Cordoue est toujours resté ce grand village polarisant toute sa « campinia », que les premières manades de « toros bravos » sont à la sortie de la ville (je vous reparlerai un jour de tauromachie sujet complexe et délicat s’il en est) et que le mode de locomotion à cheval est celui dont les ruraux sont ici les plus fiers .

- mais où es-tu aujourd’hui beau cheval blanc andalou : Le temps t’aurait-il emporté comme il a emporté tout le reste ? - J’aimerais t’y retrouver et en même temps tous les bonheurs qui faisaient ma joie de vivre à ce moment-là …

Mais voici déjà le « Portillo », grande arcade mauresque permettant de revenir à la Juderia . Nous aurions pu continuer du côté de l’Alcazar (le palis des Rois Catholiques), voir ses jardins et leurs pièces d’eau dont les ingénieux systèmes hydrauliques nous auraient renvoyés à la grande noria en contrebas sur le Guadalquivir que l’on nomme ici la « Albolafia » …

Comme il est fort tard et qu’une grosse journée de repérages nous attend demain dans la « campinia », nous décidons de passer dîner d’un « rabo de toro » (queue de taureau en sauce, plat très fin) chez « Pepe de la Juderia » (un amour de restaurant où il vaut mieux réserver) puis nous rentrons à l’hôtel nous reposer . 

 

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