L'art du carnet de voyage et de l'aquarelle au service du peintre voyageur : ce blog en explique les différentes facettes inspiratrices, techniques et créatives à travers une vie d'aquarelliste . Il vous convie à partir en voyage pictural . C'est donc le journal d'un peintre qui aime découvrir et partager, mais pas seulement ...
Présentation
:
Aquarelliste et peintre voyageur
:
En peinture, l'art de l'aquarelle est un mode d'expression qui va des carnets de voyages à la création de tableaux : en voici les différentes facettes inspiratrices, techniques et créatives selon Alain MARC ...
(pour les tarifs et disponibilités me les demander directement en cliquant ici)
- Les stages "aquarelle" dans l'Hexagone sont ouverts aux débutants et aux pratiquants déjà confirmés souhaitant se perfectionner : ils ont pour but d'apporter efficacité et aisance d'expression à l'aquarelliste de terrain. Nombreux sont les aquarellistes issus de mes stages ou passés s'y perfectionner depuis 4 décennies...
- Les stages"carnets de voyages" sont une véritable immersion dans la pratiquedu carnet de voyage et de l'aquarellesur le terrain, orientés "autonomie" ils sont ouverts aux stagiaires ayant assez de pratique pour en profiter pleinement. De la Provence au Jura Orientalet jusqu'en Andalousie,ce sont quelques destinations où vous pourrez aller en 2024...
- Tous les stages sont différents, n'hésitez pas à m'en demander les informations par courriel (voir plus haut) .
personnels de fournitures et couleurs les plus belles et efficaces
en aquarelle de voyage il vous suffit de cliquer sur mon nuancier ci-dessous. Ensuite, en cliquant sur chacun des produits que j'utilise, vous arrivez directement sur leurs références sans avoir à les chercher dans le catalogue d'Aquarelles et Pinceaux où je me fournis habituellement, vous pouvez ainsi les commander en gagnant beaucoup de temps :
Fournitures, produits et couleurs aquarelle
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«Andalousie, la Route d’Alain MARC», carnet de voyage de Pierre NAVA Découvrez article après article en cliquant sur les vignettes ci-dessous le carnet spontané de Pierre m’accompagnant en Andalousie, et les «Petites Histoires vidéo» qu’il m’a inspirées :
Heureux celles et ceux d’entre-vous qui, abonnés (es) à ma newsletter (il suffit pour cela de rentrer votre e-mail dans la colonne à gauche de cet article juste en
dessous de ma présentation à "Newsletter"), ont pu bénéficier de l’un des avantages et informations que je réserve régulièrement (et en priorité) à mes amis (es) abonnés (es) à ce blog : ils et
elles ont pu mettre en ligne quelques-unes de leur plus intéressantes aquarelles et pages de carnets de voyage tout en gagnant pour les trente premiers (ères) à l’avoir fait (ce nombre est
largement dépassé aujourd’hui et l’opportunité terminée) un bon d’achat de 20 € dans la nouvelle boutique en ligne entièrement consacrée à l’aquarelle dont je suis l’un des parrains, et qui
ouvrira à partir du 17 avril prochain ! Je résume les fait pour tous les lecteurs et lectrices de ce blog qui ne se sont pas encore abonnés (es) à ma newsletter, qui ne sont pas au courant, et qui
aimeraient bien exposer aussi leurs aquarelles (à condition qu’elles soient de qualité) sur la Galerie des Internautes (d’autant plus que c’est entièrement gratuit et que la possibilité en sera close à partir du 30
mars prochain) :
- Vous vous souvenez peut-être que lors de mes derniers vœux vidéo de nouvel an sur ce blog "aquarelle-en-voyage.com" je vous
avais promis un certain nombre de nouveautés pour cette année ?
Eh bien j'avais le plaisir dans cette fameuse newsletter de vous annoncer en exclusivité si vous êtes abonné (e) à ma newsletter (et avant d’en publier
l’information lors de cet article), la naissance parmi celles-ci du site http://www.galeriedesinternautes.com/ où vous pouvez déposergratuitementvos œuvres
aquarelle et carnets de voyages aquarelle tout en y créant votre galerie personnelle !
"Automne en Provence", (une aquarelle grand format
extraite des études provençales destinées à mes carnets) en guise d'accueil dans ma propre galerie sur "La Galerie des Internautes" .
Une super opportunité que j’élargis pour quelques jours seulement à toutes et tous les lecteurs (trices) de ce blog à travers cet article . La Galerie des Internautes : ce site est le premier élément d'un plus important projet dont j'ai
l'honneur et le plaisir d'être l'un des parrains avec quelques autres aquarellistes reconnus : la future boutique en ligne "aquarelleetpinceaux.com" qui ouvrira le 17 avril prochain et dont je
vous reparlerai le moment venu car son intérêt majeur est qu'elle sera entièrement consacrée à l'aquarelle, ses produits, ses livres, son univers ! Mais ce que je voulais surtout vous dire aujourd’hui, en m’adressant à vous mais aussi à celles et ceux qui y ont déjà mis en ligne des aquarelles, c’est à veiller
à deux choses essentielles : 1) - choisissez de belles créations qui nous fassent honneur si vous décidez d’y déposer vos œuvres, 2) - veillez à ce que la reproduction à l’écran de vos aquarelles soit de bonne qualité, à savoir : un scan en 300 dpi (avec scanner bien réglé en ce qui concerne
les niveaux ou en automatique si vous ne maîtrisez pas les réglages) de vos aquarelles plutôt qu’une photo (donc scannez-les bien à plat) et format conseillé 640 pixels pour la plus grande
dimension de chaque reproduction envoyée sur la galerie . Ceux qui ont déjà leurs images en ligne dont la qualité n’est pas terrible peuvent les remplacer petit à petit par les mêmes images non pas photographiées mais
scannées selon les conseils que je viens de vous donner . En vous souhaitant plein succès sur cette plateforme qui élargira votre visibilité tout en participant à votre notoriété je vous dis : «très bonne journée et à
bientôt dans ce blog, pour le fameux article consacré à l’un de nos cours de synthèse dans la forêt enneigée extrait comme promis de notre semaine de stage consacré aux ambiances et paysages de neige en
Jura Oriental » .
Pourtant nul n’aurait imaginé que ce nouveau manteau blanc allait recouvrir en quelques minutes seulement le paysage ensoleillé où l’épaisse couche de neige des mois passés fondait à vue d’œil tandis que nous profitions comme nous ne l’avions jamais fait de la magie des lieux .
Dès le matin le soleil illuminait nos petits déjeuners, nos donnant autour de la table de Christiane COLIN entrain et bonne humeur pour toute la journée !
Car il faut bien le dire : lorsque le printemps pointe ici le bout de son nez c’est une véritable fête qui commence par le réveil de la nature, un «je ne sais quoi» d’enchantement lié au chant des oiseaux, à la poussée des perce-neiges, des crocus et des jonquilles, à la lumière éblouissante du soleil se réfléchissant sur la neige et du ciel bleu au dessus des sapins !
C’est à cette sorte de bonheur que nos aquarelles étaient conviées toute la semaine lors du dernier stage consacré aux paysages et ambiances de neige en Jura Oriental à partir de la chaleureuse maison de Christiane COLIN, une session exceptionnelle en touts points de vue .
Inutile de dire qu’ils pourraient regretter ceux qui n’étaient pas venus si le stage une fois de plus n’avait été depuis longtemps complet …
Pourtant cela «refroidit» un peu d’imaginer qu’on va peindre dans la neige, la froidure et le vent lorsqu’on peut à cette saison aquareller dans le confort douillet de l’atelier ou à l’ombre de quelque palmier sous les alizés ?
- Que nenni !
En tout cas pas ici …
Bien sûr je vous reparlerai un jour de ces tours de main et autres petites ou grandes astuces qui font le secret des paysages de neige réussis, de l’atmosphère des ambiances hivernales où la plupart des véritables peintres de terrain se sont essayés .
Mais avant tout je vais vous dire la chance que nous avons de pouvoir le faire dans un aussi bel et tranquille endroit : le charme du lieu d’accueil, la beauté des sites environnants, la délicieuse cuisine de la maîtresse de maison font un cocktail unique d’éléments positifs impossibles à décrire en quelques mots pour qui a eu la chance de peindre ici .
Gestes simples mais experts et efficaces de Christiane COLIN partageant l’un de ses plats délicieux avant de nous en servir les parts pendant que nous mangions dehors devant la porte de sa maison sous un soleil éclatant...
Puisque nous parlons des délices qu’elle nous prépare tous les jours, voici la photo du pique-nique des Cernoniers sur un îlot entièrement déneigé où entre autres saveurs elle nous avait préparé une terrine fameuse que nous avons dégustée en bras de chemise, entourés de neige dans une étonnante chaleur, de quoi reprendre nos aquarelles avec encore plus d‘ardeur !
En ce qui concerne cette session, l’exceptionnel beau temps dont nous avons bénéficié en a fait un séjour d’une telle qualité que je décide donc d’y consacrer cet article et de vous le faire partager .
Les Cernoniers justement, ce sont deux ou trois maisons de montagne typiquement francomtoises avec leur énorme "tuyé" et leur habillage de bois près d’une petite chapelle sur une crête au milieu d’une clairière (motif extrait de "D’hiver en été en Saugeais et alentour").
Première de couverture du carnet "D'hiver en été, exercices d'aquarelle d'hiver en été autour de La Fresse en Saugeais"
Il n’y avait d’ailleurs pas qu’aux Cernoniers que la neige fondait : à La Drayère l’herbe reprenait ses droits dans le contre-jour sur tous les versants au sud. En illustration : première de couverture du carnet "D'hiver en été, exercices d'aquarelle autour de La Fresse en Saugeais" (voir extraits en cliquant sur l'image) !
Comme vous le savez peut-être l’un des principaux objectifs de ce stage est tout en utilisant les bases de l’aquarelle, de réaliser rapidement des motifs aptes à traduire l’atmosphère des lieux enneigés, l’esprit d’un paysage d'hiver, l’âme d’une architecture typique de cette région montagnarde ou d’un endroit particulier en cette saison (préceptes tout à fait applicables au personnage ou aux animaux dans un tel contexte d‘ailleurs) .
C’est une peinture de l’instant qui se veut simple et d’une approche la plus accessible possible, débouchant sur un outil au service du carnettiste, de l’aquarelliste en quête de moments privilégiés sur le motif, ou du peintre recherchant une connivence synthétique avec le sujet traité en extérieur pour «inspirer» son travail d’atelier grâce à son vécu et ses pochades de terrain .
C’est au bord de l’eau que nous avons retrouvé un peu de fraîcheur : le plaisir de peindre un cours d’eau aux rives enneigées est immense quand on applique quelques astuces permettant de traduire l’atmosphère des lieux sans se casser la tête ni y perdre un temps fou .
L’aquarelle terminée tout devient très simple : seule la neige et ses effets permettent une telle candeur ! (motif extrait de "D’hiver en été en Saugeais et alentour").
Ici deux d’entre-nous travaillent au soleil face au magnifique lac Suisse des Taillères entièrement gelé : immense, éblouissant, et …pas un nuage dans le ciel !
Près du lac des Taillères dans la vallée de La Brévine la bruyère se débarrasse de la neige en cette saison au pied des bouleaux, sujet idéal pour travailler en synthèse ce rapport de formes et de couleurs si particulier .
Je réaliserai les ombres portées sur la neige plus tard . En attendant j’exalte les couleurs et j’harmonise la linéarité des essences végétales en rééquilibrant le plus possible la rythmique des graphismes …
C’est aussi une forme d’expression qui s’oppose souvent à «l’aquarelle de tableau» car les motifs ainsi réalisés ne sont pas destinés à être encadrés et accrochés sur des cimaises où à un mur (bien que certains puissent l'être tant sont grandes leur valeur créative, technique, plastique et - ou - décorative) mais à rester dans une dynamique du vivant se situant «au plus proche de la mémoire du vécu dans l’instant» ce qui explique son intérêt en carnet de voyage .
Tout cela le plus rapidement possible, sans complications ni démarche technique sophistiquée, en appliquant des méthodes ludiques où la plus importante des sensations est déjà de «se faire plaisir» .
Les travaux ainsi réalisés ont donc à mes yeux plus de «valeur mémoire» et de force de projection liée à la capture des plus subtiles nuances du temps qui s’écoule et des émotions qui lui sont liées que toute autre forme de réalisation picturale (souvenez-vous des croquis, aquarelles et lavis de nos maîtres préférés ou grands classiques dans leurs principaux carnets de terrain, Delacroix et Turner en tête pour ne citer qu’eux !) .
Les pistes de ski de fond reliant la GTJ au domaine skiable du Saugeais sont à nos pieds lors de cette séance à la frontière franco - suisse, et c’est un régal si on a fini assez tôt de reprendre bâtons et spatules pour glisser dans cette neige de printemps qui commence à regeler dès que les ombres s’allongent, alors que la glisse se fait plus grisante au creux de l’air vif …
Avant de rentrer, s’arrêter une dernière fois dans la combe de La Fresse pour peindre très vite avant que le soleil ne se couche dans la lumière du soir !
Ce sont des moments magiques qu’il faut capter rapidement .
Quelques minutes suffisent pour traduire le blanc manteau bleuissant par des ombres immenses qui rendent irréel l’instant (motif extrait de "D’hiver en été en Saugeais et alentour")… Afin que vous compreniez mieux ce type d’application sur le motif et pour terminer ce billet lors d’un deuxième volet, je consacrerai le prochain article au résumé de l’un de mes «cours de terrain» vécu pendant ce stage, cours qui est justement axé sur l’analyse d’un sous-bois enneigé pour en tirer un motif synthétique le plus épuré, simple et expressif possible .
Même si vous ne pourrez pas suivre la démonstration le concernant ni les exercices qui suivent, je pense que le résumé que j’en ferai vous intéressera que vous soyez ou non adepte de ce type de démarche car elle n’en est pas moins créative que toute autre .
À très bientôt donc, pour la suite et la fin de ce billet consacré à notre magnifique semaine à la neige ensoleillée du Jura Oriental, et si vous voulez y participer, cliquez ici pour m'en demander les conditions ?
Nous étions partis de Yangon dans la chaude moiteur d’une nuit tropicale tandis que les fleurs blanches des tecks exhalaient leur subtil parfum sous
les étoiles . Les éclats enchantés des pagodes d’or brillaient encore sous les ailes de l’avion lorsque nous longions le Golfe du Bengale . Et puis en arrivant à Roissy dans la grisaille glacée du petit matin en pleine vague de froid, dans le hourvari des tracas de la ville nous
nous sommes immergés dans la foule pressée, indifférente, courant vers son travail, ses errances, son destin … Il y avait là des grouillements innombrables, mêlant fébrilité, agacement, servitudes ordinaires, un «je ne sais quoi» laissant deviner les
préoccupations de la crise, de la campagne électorale, des motivations de toutes sortes qui croisaient leur chemin dans la fureur assourdissante des bruits de moteurs et des vapeurs d’essence
devenant encore plus chères . J’avais hâte de retrouver mon Rouergue radieux, les Grands Causses sauvages, et la silhouette bleutée des Cévennes à l’horizon . Mais aussi les grandes falaises dolomitiques tombant à la renverse sur les canyons, ouvrant leurs tièdes cavernes sur la vallée avant que le vol
majestueux des vautours fauves ne vienne donner le signal des premiers thermiques de la journée . La plus belle des grottes s’ouvre sur un balcon belvédère face au soleil levant . Pas un bruit, pas un souffle, pureté immaculée d’une nature
encore intacte . En hiver, avant que les rayons de l’astre du jour ne réchauffent le porche gigantesque, on ressent déjà la tiédeur des profondeurs de la terre
avant même de le franchir . Quelques jours sont passés depuis notre retour de Birmanie et je m’avance sous la roche où la lumière décline, ne devenant qu’un faible halo
derrière moi au bout d’une cinquantaine de mètres … Je remonte la mémoire du temps . Je vois les petites juments magdaléniennes, les jolis chevaux aux crinières hirsutes gambader dans de vertes prairies au milieu de grands
mammifères alors que finissaient de se creuser les réseaux profonds de la grotte, à l’aube de nos premières civilisations . Je devine un univers dénué de toute forme de pollution, lumineux, farouche et grandiose . Je repense à mes «Chevaux oranges dans la prairie bleue» . À la petite jument «magdalénienne» entrant joyeusement dans le champ de ma dernière toile restée inachevée à l’atelier . Au milieu de
prairies bleues, ocres, saumon et oranges . Au cœur du soleil et de l’éclat doré des herbes sauvages . En avançant dans le noir je me projette à la lueur de ma frontale dans la façon dont je vais terminer cette toile … Soudain devant moi m’arrachant à mes songes, sur le sol humide et luisant un petit corps meurtri, inanimé, sans vie ! C’est un grand rhinolophe, l’un de nos chiroptères des plus fragiles espèces . - De quoi est-il mort ? Sans doute dérangé dans son hibernation il a voulu se sauver et n’a pas résisté à la piqûre du froid, au stress intense ajouté à des efforts
insurmontables au sortir de sa léthargie . Réveiller une chauve-souris en pleine hibernation risque fortement de la tuer (d'énergie démesurée pour voler, petit tour glacial en dehors de la
caverne et absence de nourriture). Si vous découvrez une hibernante, il faut reculer tout doucement sans le moindre bruit et la laisser paisiblement dormir … Ma toile est terminée à présent et je peux vous le confier : la jument magdalénienne est triste …
Paraissant flotter entre une paroi et des ruissellements d’argile jaune qui la recouvrent partiellement, entourée de peintures rupestres, la silhouette énigmatique et bleue du grand rhinolophe en
hibernation surgit d’une coulée stalagmitique comme s’il s’agissait d’une espèce disparue, d’une forme inconnue ne pouvant être associée à aucun des éléments qui l’entourent … Les chiroptères deviendront-ils un jour des espèces oubliées de la mémoire humaine ? Cette toile est un questionnement sur la fragilisation et le déclin des populations de chauve-souris, sur la possible disparition des familles
les plus menacées . L’opposition entre l’identification d’éléments pariétaux liés à l’évocation de la préhistoire et des objets graphiques pouvant être interprétés
comme des empreintes, gravures, peintures et autres traces échappant à toute géochronologie dont fait ici partie le chiroptère, induit l’intemporalité symbolique de l’animal . Son hibernation paraissant échapper aux notions d’espace - temps par rapport aux éléments qui l’englobent, sa couleur bleue (dématérialisant la
chair sur laquelle elle se trouve, ouvrant un chemin d'infini où la réalité devient rêve) invite à passer de l'autre coté du miroir, à aller du jour à la nuit, de la conscience à l'inconscient,
et nous renvoie (en nous rappelant la cécité métaphysique humaine) à une prise de conscience face aux générations futures : - pouvons-nous (comme la chauve-souris a su le faire au cours de son
évolution paléontologique pour se diriger dans les dédales sans lumière) développer d’autres moyens de perception, d’autres formes de « vision » concernant la sauvegarde des équilibres
naturels en milieux souterrains face aux mutations irréversibles de notre monde contemporain ? Une tache de lumière représentée par de petits éclats de feuille d’or et un «signe inintelligible» évoque Mallarmé, comparant le génie à une
«chauve-souris éblouissante» …
Si vous aimez ou pratiquez le pastel voilà un salon à ne pas manquer !
Pour ma part, cette année encore vous ne me reverrez pas à Clermont-Ferrand à la Biennale des Carnets de Voyages car je pars dès mardi pour plusieurs semaines de
peinture et d'aventures vers les plus belles contrées du monde en cette saison (et elles valent largement pour moi tous les salons de la planète carnettiste à commencer par celui de
Clermont-Ferrand !) : les forêts et lacs innombrables et multicolores en cette saison, qui, des Laurentides aux rives du Saint-Laurent font la fameuse réputation automnale de la belle province de
Québec.
Mais nos échanges n'en seront pas perturbés car pendant ce temps ma famille à la maison continue de gérer les e-mails et le courrier urgent !
Le travail associé à ce nouveau projet va s'ajouter à celui accumulé ces derniers mois (que vous découvrirez plus tard car ils ne fut pas seulement consacré à la
préparation de mon exposition de Millau qui vient de se terminer et aux stages carnets de voyage du printemps et de l'été qui furent un vrai succès, vous le verrez après mon retour...) pour vous
offrir des nouveautés inédites cet hiver.
J'en réserve la primeur aux plus fidèles abonné (es) de ce blog, cela terminera le cycle des nouveautés promises dans mes voeux de
début d'année (dont vous avez pu remarquer qu'elles on toutes été tenues) .
Ne vous étonnez donc pas si depuis quelques temps mes billets ici se font plus rares : - ce n'est que pour vous apporter plus et mieux à l'avenir !
Et si l’on pouvait éterniser l’instant, capter cette vie si éphémère, si fragile et pourtant si intense au moment où nous sommes en plein élan, en totale projection
de nous mêmes comme j’essaie de le faire pour cette jument insouciante, inconsciente de toute notion de mort et d’amoindrissement, belle et pure comme tout être sauvage, sans âge, figée dans sa
galopade à travers une prairie intemporelle symbole de vie toujours recommencée ? Sans doute l’art plus que tout autre médium permet cela .
Je pense au « baiser » de Doisneau, aux pommes de Cézanne … Il le permet en transcendant la réalité vécue, temporelle, pour en faire une réalité « éternisée », intemporelle . N’en déplaise à certains, j’en reste à ces valeurs parce qu’elles représentent pour des moi des certitudes, des constats indépendants de toute forme de pensée qui
pourrait les pervertir ou les détourner, loin, très loin de certaines élucubrations intellectuelles dont on voudrait nous faire croire qu’elles sont des lanternes comme des phares alors qu’elles
n’ont à mes yeux que le nom de vessies …
Cette
jument courant dans sa prairie, comme suspendue dans le temps et dans l’espace n’est que le fragment d’une assez grande toile sur laquelle je travaille depuis notre retour de Birmanie . Y sont
aussi exprimés d’autres éléments (encore inachevés) dont je vous ferait part lorsqu’elle sera terminée . J’y utilise de nombreux matériaux en technique mixte, dont des feuilles d’or pur (on en
voit un petit bout en bas à droite), ramenées des temples que nous avons visités et que les pèlerins là-bas utilisent pour coller sur leurs bouddhas de prédilection, témoignage de leur foi,
manifestation de leur spiritualité … Pour ma part, outre les centaines d’e-mails et de lettres (courrier postal) qui m’attendaient au retour (auxquels je n’ai pas fini de répondre : patience pour ceux
qui attendent toujours…), le tri et le classement des heures de vidéo tournées pendant ce stage avant leur copie pour les participants, la rédaction de la préface urgente du futur livre d’un
camarade spéléologue, la préparation des prochains stages et voyages, j’avais une envie folle de peindre, de reprendre mes spatules et pinceaux, mais aussi de me relancer à corps perdu dans mes
activités physiques préférées où on est en contact intime avec l’air, l’eau, la roche, le vent, la nature, les arbres, la terre, le ciel, etc., car j’avais trop l’impression de ne rien
faire ou plutôt de vivre au ralenti depuis des semaines, même si notre voyage était intense et mes camarades de la plus enthousiasmante des compagnies . Alors c’est-ce que je fais en essayant de tout mener de front avec la plus «énergique» des énergies, ce qui explique qu’il me reste si peu de temps à consacrer à
mes articles même si j‘utilise toutes les heures possibles de mes jours et de mes nuits (attendez juste un peu pour la suite du carnets de voyage de Pierre NAVA en Andalousie et pour la narration
de nos voyages au Tibet et en Birmanie) … Mais ce que je voudrais vous transmettre aujourd’hui (une autre façon de vous dire que je ne vous oublie pas !), c’est un petit bout de cette énergie, (je dirai
même cette rage de vivre), car comme sur la toile de ma jument des prairies si elle part d’une dimension physique et bien matérielle c’est par sa dynamique propre, sa projection en dehors du
temps et de l’espace qu’elle devient énergie spirituelle, et qu’elle peut ainsi servir autrui et donc vous servir également (je parle bien là de l’énergie) . Alors n’oubliez pas : je souhaite que «pas de nouvelles» rime avec «bonnes nouvelles» et que si vous voyez peu d’articles paraître en ce moment ce n’est que pour
mieux vous faire profiter plus tard de cette dynamique, de ces bouffées d’air pur et vivifiant dont je m’oxygène et me recharge abondamment . En témoigne ce petit bout de toile qui n’est qu’un tout petit témoignage d’une vraie intense activité débordant bien au-delà du bureau ou de l’atelier, un petit
bout de toile qui relève du renouveau et de l’enthousiasme dont je vous faisais les promesses il n’y a pas si longtemps lors de mes vœux de nouvelle année vidéo !
Nous voici donc revenus, décalage horaire pas encore rattrapé … Avec près de 12500 Kms de trajet depuis le petit village de Chauk-Mi (dernière excursion avant notre retour) : 3 h de pirogue sur la rivière Lémro, une liaison par
la route - piste jusqu’à Mrauk-U puis à nouveau 5 h de bateau sur le fleuve Kaladan jusqu’à Sittwe sur le Golfe du Bengale, puis l’avion avec une escale à Thandwe avant d’arriver à Yangon, puis
nouveau vol pour Bangkok avant l’embarquement pour Roissy … Et puis 16 h plus tard l’atterrissage à Toulouse-Blagnac et le retour à la maison « dans la foulée » au bout de 2h 30 d’autoroute et de route (avec ma
voiture enfin retrouvée), et des souvenirs plein la tête, les sacs et le carnet, un peu fatigué tout de même me voici donc à nouveau près de vous car là-bas croyez-moi nous étions toutes ces
semaines, …coupés du monde ! Chargement de nos
valises dans l’un des avions fréquemment empruntés sur les lignes intérieures birmanes pour nous rendre sur la plupart de nos étapes peinture : ce jour-là, nous étions presque seuls dans l’avion
! - Mes impressions ? Voyage magique, certainement le plus beau que nous ayons réalisé depuis le début des stages « carnets de voyages », en tout cas le plus merveilleux,
intéressant et authentique pays qu’il m’ait été donné de visiter, mes camarades carnettistes ne me contrediront certainement pas . Quant aux carnets réalisés, au travail fait sur le motif, à l’esprit d’équipe, à la convivialité et à l’enthousiasme qui régnait dans le groupe ils sont au diapason
de ce voyage, n’en serait pour preuve que ces carnets dépassant pour certains les 80 pages toutes aussi réussies les unes que les autres ! Avec en prime un beau temps insolent du début à la fin, des rencontres très riches et une guide-interprète charmante, adorant son pays, appréciant le groupe qu’elle
accompagnait et les carnets de voyages au point de s’être mise à l’aquarelle et d’avoir travaillé avec nous pendant presque toutes les séances . Je ne vais pour cet article mettre bout à bout que quelques photos seulement (il a bien fallu que je me limite !), mais elles sont je crois assez révélatrices de
notre belle aventure . Je tiens à remercier avant de vous les laisser découvrir, toutes les participantes et participants à cette session exceptionnelle, nos guides sur le terrain en
commençant par notre amie Yin Min LWIN (deux interprètes indispensables dans certains cas, lorsque chez les minorité ethniques par exemple la langue parlée était très différente du birman), le
jeune et dynamique responsable logistique de Sittwe, et bien sûr notre responsable logistique d’ici : Arnaud GIRODON de Culture au
Coeur (je reviendrai plus tard avec des articles plus approfondis et de belles reproductions des carnets réalisés, sur les temps forts de ce superbe voyage) . Voici donc pêle-mêle quelques bons souvenirs parmi tant d’autres : Avec
l’orchestre des marionnettistes et ses incroyables mélodies … Dessin de singes du Mont Popa harcelant les pèlerins sur l’éperon rocheux au monastère du Taung Kalat, saisis dans leurs
mimiques par Yves GIROUD … Un coucher de soleil parmi tant d’autres (ici à Mrauk-U) derrière les arbres géants, dans une ambiance de
brousse et de paradis retrouvé, à l’exotisme incontestable (nous étions loin d’imaginer que vous étiez cernés de froidure et de gel pendant ce temps-là !) … La remontée de la rivière Lémro avec les grandes pirogues à moteur, en longeant des rivages à la bouleversante beauté où les
pagodes d’or brillaient dans la brume, tandis que les femmes au longy coloré venaient faire leur toilette et puiser l’eau à même le fleuve avec d’élégantes cruches rondes … Enfants en charge de
leur petit frère ou soeur regardant Annie travailler sur le seuil de leur maison, dans les montagnes Shan … Femme Akhe dessinée par Yves … Évelyne dessinant à la pagode Kothaung de Mrauk-U… Femmes Akha reconnaissant leur maison dans le carnet de Catherine (village de HOKYIN FOUA) … L’une
d’entre-elles dessinée par Évelyne (leur coiffe d'argent pèse un poids incroyable et elles la portent tous les jours !) ... Travail en mer sur le pont de notre petit bateau pendant la jonction Sittwe - embouchure du fleuve Kaladan en Golfe du Bengale pour rejoindre Mrauk-U (ici
les routes sont rares et c’est par pirogue et bateau que les gens se déplacent) … Une partie de l’équipe au travail à l’ombre d’une des pagodes Kye Min Ka à Bagan … Les
impressionnants tambours de «la fête du train» où nous avons assisté de façon tout à fait improvisée à une compétition sportive et populaire traditionnelle mémorable depuis la tribune d’honneur
au coeur de la manifestation (nous y fûmes accueillis comme des invités de marque : nous y étions les seuls touristes !) … La base de la gigantesque Paya Shwedagon brillant dans la nuit de ses centaines de kilos d’or et de ses
pierres précieuses, vue depuis ma chambre d'hôtel à Yangon.. Travail
acharné sur l’une de nos pirogues pendant la traversée du lac Inle …
La
cuisine flottante et nos deux petites cuisinières pendant notre déjeuner en pirogue au milieu du lac Inle … Séance d’aquarelle au sommet de la pagode Pya-Tha-Da à Bagan avant un coucher du soleil magique … Interprétation audacieuse de la Paya Shwedagon de Yangon par Catherine dans son carnet de voyage (intéressante
initiative créative : elle est à saluer car il n'est pas facile de se lancer sur le motif au milieu de la foule des pèlerins dans des expressions de ce type ! Outre un résultat édifiant cela
révèle une grande aisance du carnet et un vrai bonheur de peindre)… Séance de travail avec de jeunes moines révisant leur leçon au monastère de Shwe-Yan-Pye … L’un des innombrables Bouddha de la pagode Kothaung par Yves, au coeur d'un extraordinaire complexe archéologique et ses millers de chefs d'oeuvres à ciel
ouvert … En remontant la rivière Indein dans un fort contre-courant, moteur de la pirogue "à fond" (nous étions sur deux pirogues différentes) … Me voici dessinant une «femme-araignée» de l’ethnie Chin dans le petit village de Chauk-Mi sur pilotis, au milieu des cocotiers … La gentille dame qui a bien voulu poser pour moi et ses impressionnants
tatouages … Chez les Chin tout le village s’est réuni autour de nous pour nous voir travailler … Brigitte en
plein travail au milieu d’admirateurs enthousiastes dans un village en bordure de la rivière Lémro …
En attendant mon retour du Myanmar, reprenons notre promenade en Andalousie orientale ...
Nous étions à Guadix tous ces jours-ci,l’endroit (avec le quartier du Sacro Monte à Grenade) où l’empreinte qui unit l’esprit mauresque à l’âme gitanese perçoit le mieux non seulement à travers l’architecture mais aussi l’atmosphère envoûtante qui se dégage des choses et des êtres.
L’emplacement de cette très ancienne bourgade, sur les hauts plateaux constituant le socle nord de la Sierra Névada, est le point de départ idéal pour aller à la découverted’un ensemble d'une valeur paysagère extraordinaire, où à partir d’une morphologie d'origine glaciaire des torrents se sont taillés des canyons pittoresques sur les pentes de la montagne .
C’est en suivant l’un d’eux (attention je me suis trompé dans mon commentaire vidéo : ce n’est pas le rio Alhama mais le rio Fardes dont il s’agit) que nous nous arrêtons pour peindre au bord d’une falaise avec Pierre NAVA qui nous dévoile aujourd’hui combien la maîtrise des réserves non peintes laissant apparaître le blanc du papier peut être importante pour réussir les effets de lumière lors de la réalisation d’une aquarelle de terrain rapidement enlevée .
Dans les derniers feux de l’automne plantes endémiques rares (ressemblant à de la bruyère mais de bien plus vives couleurs) et peupliers dorés longeant le torrent nous invitent à une halte picturale passionnante où nous jouons à qui aura réussi le plus rapidement possible à saisir l’atmosphère des lieux !
C’est à contre-jour dans l’éblouissement de la lumière frontale que les peupliers éclairés par le soleil se détachent le mieux sur les ombres de la vallée : ils deviennent alors des flammes dont la beauté soulève de véritables défis …
Tandis que Pierre NAVA réalise une ébauche préparatoire (manière d’assouplir le poignet tout en testant les mélanges) je tente aussi l’exercice depuis le même point de vue (ce dont je vous reparlerai une autre fois), mais Pierre n’est pas content de sa première ébauche car il trouve ne pas avoir laissé assez de blanc à l‘emplacement des peupliers, et …
… y colle notre invitation tauromachique dessus !
Sa version définitive plus vite réalisée que sa première pochade est également plus convaincante, on entendrait presque couler les eaux argentées du rio Fardes !
La Petite histoire et sa vidéo :
C’est celle de notre magnifique balade dans ces vallées perdues des pentes de la Sierra Névada : un ressourcement naturel dans un milieu d’une grande sérénité avant d’aller affronter la ville mythique de Grenadeet ses merveilles non loin d’icien Andalousie, sur la route du Califat .
...Et un autre beau moment d’aquarelle partagée !
P.S. : quand Pierre dit en fin de vidéo : "...on peut faire moins bien mais pas mieux", c'est de la nature dont il parle !
La nature, la lumière, le monde réel : nos principaux grands maîtres et initiateurs !
Un grand merci tout d’abord pour vos vœux qui m’arrivent si nombreux par e-mail et courrier postal que je n’arrive plus à y répondre, ils me touchent beaucoup,
soyez-en très sincèrement remerciés ! Aujourd’hui, c’est à mon tour de vous adresser mes Meilleurs Vœux pour 2012 . Je les espère complémentaires de ce qui se fait habituellement, même s’ils sont présentés de façon différente . Cela ne change en rien leur intensité ni leur valeur (enfin j’espère), je vous invite à les découvrir ci-dessous (je vais essayer de mettre en ligne une version de
meilleure qualité que celle-ci dans les jours qui viennent) . Je précise qu’il s’agit d’une vidéo destinée en priorité à mes élèves ou stagiaires et amis (- es -) dont vous faites certainement partie, maissi je vous la fais partager ici c’est que le message qu’elle contient dépasse largement le cadre des personnes directement
intéressées par mes stages et formations et celles ou ceux qui me connaissent bien . Effectivement si j'en souhaite une portée la plus large possible c’est qu’elle évoque l’un de nos points communs essentiels : notre projection dynamique dans
l’avenir ! Adresser ses vœux à quelqu’un, c’est en lui souhaitant le meilleur s’associer à l’espoir porté par nos souhaits (communément santé, bonheur, chance, amour,
richesse, etc.), mais aussi s’inscrire dans de nouvelles résolutions . Celles-ci sont d’autant plus complexes à prendre en cette période de l’année car le monde change si rapidement que nous ne savons pas de quoi demain sera fait
… Beaucoup d’entre-nous ont quitté 2011 en oubliant dans les réjouissances des fêtes les évènements les plus moroses de l’année passé, mais il faut bien à présent
regarder l’avenir, et on ne peut le faire sans une certaine gravité . Il y a là comme une contradiction : souhaiter c’est vouloir le meilleur, c’est rêver au meilleur (ce dont à quoi je vous invite dans mes vœux vidéo), mais il n’y a
de véritable décision que réaliste et bien consciente des éléments qui conditionnent notre existence . Hors, si le souhait peut être plus ou moins objectif (rien n’empêche de souhaiter l’impossible), sa réalisation ne dépend pas que de nous : souhaiter n’est pas
réaliser ! … Il est en tout l’inverse pour la résolution : comme elle commence par une volonté celle-ci doit immédiatement se traduire par une action, car c’est par l’action
que nous pourrons faire de nos rêves des réalités .
Accomplir, modifier, réaliser, créer, transformer, avancer, se battre s’il le faut pour se frayer un chemin (et mieux se défendre si on est attaqué), c’est aussi ce
dont à quoi je vous invite dans mes vœux vidéo qui sont donc le produit de ma première action de la nouvelle année (commencée vous le verrez à la fin de l'année dernière !) . Si vous voulez m’emboîter le pas et me suivre dans cette forme de résolution, il n'appartient qu'à vous de le faire :
Vous avez pu remarquer si vous êtes des fidèles de ce blog que depuis plusieurs semaine je n’ai rien publié … Mais je tiens à vous rassurer ce n’est qu’une pause au milieu des reportages que je consacre avec Pierre NAVA et son carnet, jour après jour, à notre voyage en
Andalousie . Après Guadix nous sommes partis vers les hautes vallées de la Sierra Nevada tandis que l’automne nous offrait ses derniers feux . Je vous ramène de cette journée
deux belles pages réalisées par Pierre et une intéressante vidéo, mais vous les découvrirez dans un prochain article . Pour l’instant c’est un très bon Noël que je tiens à vous souhaiter . En cette occasion et pour marquer à ma façon cette fête autant que pour vous remercier de votre fidélité j’ai décidé je vous dévoiler en exclusivité quelques pages
du carnet d’exploration de l’Aven
Noir commencé il y a plus de 6 ans et que je suis en train de terminer (différent et complémentaire de ma première maquette exposée en 2009 à la Biennale des Carnets de Voyages
de Clermont-Ferrand) .
Le carnet d’exploration tel qu’il se présente actuellement, couverture (le titre n'est pas visible sur cette photo et les
pages sont ouvertes au hasard).
À travers les extraits ci-dessous de cet ouvrage ce n’est pas seulement la fin d’une exceptionnelle aventure dont je vous fais part : c’est la fresque de ma
rencontre à travers les
saisons d’une nature et de gens magnifiques que j’ai eu le plaisir de suivre pendant toutes ces années aussi bien sous terre qu’en surface entre Grands Causses et Cévennes . Si cet ouvrage est le premier du genre réalisé en grande partie en milieu souterrain (dans des conditions parfois très difficiles pour ce genre d’exercice en arts
graphiques : que soient une fois de plus remerciés ici pour leur patience lors de certaines séances de terrain le spéléologue Roland PÉLISSIER et toute son équipe qui m’ont permis de participer à leurs explorations), il est avant tout un témoignage susceptible d’intéresser quiconque
n’est pas spéléologue . Parmi les thèmes que vous y découvrirez (les extraits ci-dessous à votre intention sont retirés de plus de 300 pages de croquis, dessin et aquarelles auxquels se
rajoutent quelques photos) : - des paysages singuliers et peu connus :
Ici, un panoramique (double page) des gorges du Trévezel et
du Causse Noir vus depuis le col de la Pierre Plantée . C’est dans un talweg de ces gorges que s’ouvre l’entrée de l’Aven Noir et que se situe le point de départ de l’ouvrage .
Là, le moulin de Corp sur la Dourbie …
- Une faune et une flore d’exception (pour certaines des espèces endémiques très rares abordées dans des planches d’illustration spécifiques) :
L’orchis Aymonin par exemple est une endémique aussi fragile que belle … Mon regard sur la vie pastorale traditionnelle avec les nombreuses pages que je lui ai consacrées : J’ai eu le bonheur au cours de mes pérégrinations à travers le Causse Noir de partager quelques instants privilégiés avec son dernier berger transhumant : qu’il
soit aussi remercié ici pour sa gentillesse et son accueil . … Idem sur les arts et traditions populaires : Les fêtes, pour certaines ancestrales qui furent pour moi l’occasion de
rencontres et de croquis inoubliables (souvenez-vous du Pétassou il fait également partie de cet ouvrage !) . … Mais aussi sur les villages environnants, leur architecture, leurs particularités, leur vie quotidienne : Les communes en dessous desquelles se répartissent les réseaux de l’Aven Noir : petits croquis anecdotiques ou
planches plus poussées constituent l’essentiel des pages qui leur sont consacrées . J’ai également noté dans ce carnet la plupart des données météo relevées le jours de mes sorties, indispensables à la compréhension du climat de ce pays et de son
influence sur la météorologie hypogée (par exemple les fameux « épisodes cévenols » dont la conséquence des précipitations peut être désastreuse pour toute la région) : Météo du 17-07-2008 : le front froid descendant du nord-ouest et la dépression
« chaude » débordant du golfe du Lion nous promettent de beaux orages lorsqu’ils vont se rencontrer ! Pour ma part je me hâte de peindre l’été sur le causse avant les premiers
grondements du tonnerre … Bien sûr la partie « aventure » avec ses chapitres de spéléologie, karstologie, biospéléologie, etc.) constitue la part la plus intéressante de ce travail
:
J’y traite de la vie quotidienne au fond du gouffre,
de l’exploration,
des merveilles découvertes tout au long de nos parcours,
… ses richesses minéralogiques, faunistiques, etc. J’y fais le portrait des principaux membres de l’expédition, utilisant aussi bien dans l’expression graphique les registres du formel, … que de l’informel .
Les chapitres plus techniques ou scientifiques sont enrichis de plans, schémas topographiques, coupes, diagrammes, etc. afin de comprendre le
plus facilement possible l’importance de la découverte de cette cavité et de ses prolongements . Mais je n’ai pas oublié les aquarellistes : plusieurs nuanciers de préparation de mes couleurs y
sont inclus … Ce ne sont là que quelques pages extraites de mon carnet d’exploration dont je pense qu’elles donnent une idée de sa teneur générale où je souhaite qu’elle emmène
le lecteur dans un univers de beauté où le rêve est étroitement lié à la réalité . Mais au moment où il se termine, l’exploration du gouffre quant à elle se poursuit toujours dans différentes directions et sous des dizaines de kilomètres sous
quatre communes et deux régions différentes, celles du Languedoc-Roussillon et de Midi-Pyrénées . Sous l’impulsion du découvreur des nouveaux réseaux cette merveille naturelle fait dès à présent partie des plus belles cavités de l’Hexagone découvertes ces
dernières décennies, des plus prometteuses également sur le plan scientifique . Elle est actuellement en cours de classement par le ministère de l’Environnement, et en compétition pour son entrée au Patrimoine Mondial de l’UNESCO . Deux autres ouvrages (dont un de photographies) sont également en cours de réalisation par différents spécialistes et on devrait retrouver dans les mois qui
viennent notre cavité sur le petit écran dans une intéressante série, je vous en reparlerai le moment venu . Quant à la presse régionale autant que spécialisée, nombreux sont les articles qu’elle
y a déjà consacrés . Vous aurez donc compris que ce n’est pas un simple trou de taupe qui constitue le principal sujet de mon ouvrage … Par contre le plus dur reste à faire pour moi : trouver un éditeur qui veuille bien publier ce carnet ! Si vous en connaissez un il est le bienvenu dans mes contacts, et si cet ouvrage vous intéresse dans le cas où j’ouvrirais une souscription, croyez bien que vous en
serez les premiers informés . En attendant passez un très beau Noël et une bonne fin d’année !
Si nous étions plongés dans une délicieuse nostalgie mauresques de San Jose à Huebro, sentant souffler sur nous les effluves chaudes des rémanence atlassiennes, nous remontons aujourd’hui aux secrètes racines qui unissent
depuis plus d’un demi millénaire l’esprit mauresque à l’âme gitane. Nous avons quitté le littoral
d’Almeria, sa plaine déroutante miroitante de serres, traversé la sierra de Alhamilla et le désert de Tabernas aux accents de western pour monter vers les hauts plateaux de terres rouges qui préfigurent la Sierra Nevada, et sommes arrivés
après 145 km de route jusqu’à Guadix. C'est l'antique Acci, l’une des plus anciennes cités d’Espagne où une tradition place le siège épiscopal de l'un des sept évangélisateurs de la Bétique, Saint
Torquat. Devenue Wadi-Asch (Ouadi-Acci) sous les Arabes, elle fut le lieu de naissance d'Ibn Tufayl, médecin et philosophe. C’est sans doute à Guadix l’endroit d’Andalousie (avec le quartier du Sacro Monte à Grenade) où l’empreinte qui unit l’esprit
mauresque à l’âme gitane se perçoit le mieux non seulement à travers l’architecture mais aussi l’atmosphère envoûtante qui se dégage des choses et des êtres. C’est-ce qui frappe le plus lorsque derrière les vestiges et les traces laissées par ces deux formes de cultures andalouses à travers les siècles on perçoit les
liens qui unissent les deux, particulièrement si on se penche sur les méandres de l’histoire avant même la chute du royaume nasride en 1492, certainement plus dès cette époque là,
particulièrement à partir de la révolte morisque de Grenade en 1501 et de la guerre qui a suivie dans les Alpujarras (1568 - 1570 avec son épilogue d’expulsion des maures en 1570 ou encore celui
tout aussi terrible des gitans en1749). Il faut tout replacer dans son contexte et on comprend combien c’est important pour notre regard et notre esprit, quand on s’enfonce dans la ville en remontant le
quartier historique par de vielles rues tortueuses jusqu’au quartier gitan des « cuevas » .
Du Mirador de la Magdalena, dans la lumière contrastée du soir, Pierre Nava saisit l’essentiel de ce qu’il faut voir ici : le
mélange perceptible dans le paysage de deux cultures qui s’interpénètrent dans une même destinée à un moment clé de l’histoire . Observons ses choix dans l’organisation thématique de sa mise en page (double page en fait, traitée en panoramique) : à gauche,
c’est la « alcazaba », la forteresse arabe où sont venus se replier les maures, lorsque chassés de Grenade ils ont essayé de sauver les bases arrières de leur royaume. Devant nous ce
sont les tertres d’argile d’où dépassent les cheminées chaulées des « cuevas », ces maisons troglodytiques des gitans. Derrière se devinent les sommets de la Sierra Nevada, dont le
Mulhacén nous cache l’autre versant, les Alpujarras, où se réfugiaient les deux communautés dans les temps les plus durs de la répression de la « Hermandad » avant que les survivants ne
s‘immiscent à nouveau dans la vie de Guadix : son aquarelle c’est de l’histoire condensée ! Imaginer derrière les murs chargés d’histoire, les bouleversements liés au retour des catholiques en ces royaumes et califats restés musulmans pendant un quasi
millénaire, et c’est passionnant, car des convulsions historiques qui pourraient paraître absconses, se dégage un regard encore plus bouleversant sur la perception de ce qu’est aujourd’hui Guadix
et de son symbole historique dans la connexité maures - gitans. Les cheminées chaulées surgissant des tertres troglodytiques, puis les
sommets de la Sierra Nevada, et l’évocation du Mulhacén noyé dans les derniers rayons du soleil n’évoquent-t-il pas la fin d’une bouleversante épopée ? Il faut lire avec les yeux du cœur dans le regard des pierres et des gens en sachant ce que nous cache l’apparence des choses lorsque tombe le soir et qu’on
contemple la ville qui rougeoie au couchant, paraissant si tranquille, depuis le mirador de la Magdalena ou celui de la Ermita Nueva. - Comment déceler dans quelques notes de guitare montant jusqu’à nous, ou le regard tendre d’amoureux venus se retrouver ici au dessus des toits et des grottes la
vivante présence des âmes du passé qui ont modelé cette ville, bâti forteresse et cathédrale érigées devant nous, creusé les grottes où elles se sont réfugiées depuis des siècles, mêlant leur
sang et leur culture dans une obscure épopée ? C’est cela même que doit rechercher et « dessiner » le carnettiste, ce qui doit apparaître derrière les couleurs blanches et ocres des pas de portes
fleuris qui resplendissent au pied des falaise d’argile ou du croquis des gens qui vivent là : l’âme toujours présente des sources de son accomplissement porteur du passé, et chargé d’avenir si
perceptible au présent pour qui veut regarder et écouter en peignant. Une rue typique du quartier des Cuevas, avec ses entrées et fenêtres qui donnent
directement dans des pièces troglodytiques … C’est-ce que nous essayons de faire autant Pierre que moi, chacun à sa manière, parfois inconsciemment, quand on s’approprie de quelques coups de crayon ou de
pinceau les pulsations intimes du vivant. Je reviendrai dans de futurs articles sur la Guadix historique mais c’est de celle des gitans que je vous parle aujourd’hui : on leur doit le quartier qui porte
leur nom, vaste et admirable habitat disséminé s’élevant comme autant de termitières sur toute « la Hoya de Guadix » aux contreforts ouest à nord-ouest de la ville. C’est dans la masse limono argileuse et d’argile schisteuse des buttes d’érosion et des cassures de terrain qu’ont été creusées les habitats troglodytiques
(appelées ici « cuevas ») par grand nombre de gitans (qui pour certaines générations y vivent toujours) depuis les heures sombres où assimilés à ce qui était considéré à l’époque comme
une « racaille judéo-morisque » et pourchassés de toutes parts, ils s’établissent, bannis du cœur des villes, surtout à partir de 1570 dans les faubourgs où ils creusent leurs
habitations. Notre petit hôtel de plein pied dans la falaise, dessiné par Pierre … La cheminée dépassant du sol à gauche est celle de la jolie salle à manger
troglodytique de l’hôtel. Petit déjeuner dans la salle à manger :
nul sentiment de claustrophobie car l’endroit est charmant, gai, les murs sont blancs et jaunes, il n’y a pas la moindre humidité, (au contraire les murs sont très secs), il fait vraiment bon, et
on nous apporte une spécialité locale pour le petit déjeuner, de la « sobrasada » .
La Petite histoire : C’est celle de ce quartier gitan, l’un des plus étonnants que je connaisse en Espagne : je l’ai vu renaître de ses ruines pendant des décennies, et suis heureux d’y
voir aujourd’hui des familles de plus en plus nombreuses l’habiter à nouveau, les services de la mairie et les instances culturelles d’Andalousie le réhabiliter. Je n’y ai rencontré que des
gitans sympathiques et ce fut toujours l’une de mes étapes favorites lors des stages carnets de voyages consacrée à la Route du califat en Andalousie de l’est.