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  • : Aquarelliste et peintre voyageur
  • Aquarelliste et peintre voyageur
  • : En peinture, l'art de l'aquarelle est un mode d'expression qui va des carnets de voyages à la création de tableaux : en voici les différentes facettes inspiratrices, techniques et créatives selon Alain MARC ...
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-  Les stages "aquarelle" dans l'Hexagone sont ouverts aux débutants et aux pratiquants déjà confirmés souhaitant se perfectionner : ils ont pour but d'apporter efficacité et aisance d'expression à l'aquarelliste de terrain.
- Les stages "carnets de voyages" sont une véritable immersion dans la pratique du carnet de voyage et de l'aquarelle sur le terrain, orientés "autonomie" ils sont ouverts aux stagiaires ayant assez de pratique pour en profiter pleinement . De la Provence au Jura Oriental, du Portugal, à l'INDE DU SUD, ce sont quelques destinations où vous pourrez aller en 2016...

- Tous les stages sont différents, n'hésitez pas à m'en demander les informations par courriel (voir plus haut) .

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Alors découvrez le nouveau site d'Alain MARC :

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Extraits vidéo d'Aquarelle en Voyage :

Pour me retrouver sur HOUZZ :

Alain MARC Artiste peintre in GAGES, FR sur Houzz

 

https://alain-marc.fr/

 

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Voici où trouver vos meilleurs

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et carnets de voyages :

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N'hésitez pas à les contacter

et à leur commander de ma part,

ce sont de vrais amis qui soutiennent mon travail !

 

Andalousies

«Andalousie, la Route d’Alain MARC», carnet de voyage de Pierre NAVA
Découvrez article après article en cliquant sur les vignettes ci-dessous le carnet spontané de Pierre m’accompagnant en Andalousie, et les «Petites Histoires vidéo» qu’il m’a inspirées :

La-Barca-1b-Pierre-Nava.jpg

Préambule

La Barca 2a Pierre Nava

L'étape de Peniscola

Andalousie b Pierre Nava

Sur la route de l'Andalousie...

Moulin-b Pierre-San Jose 2

Au Cabo de Gata

Bateau Pierre Isleta 3b

La Isleta del Moro

Huebro Pierre vignette

Huebro, la montagne enchantée

Pierre-Nava-Guadix-4-copie-1

Guadix, les maisons troglodytiques

Rio Fardès

Le rio Fardés

Équipiers-équipières aquarelle

 

- Vous aimeriez partager vos bons moments d'aquarelle lorsque vous partez peindre dans votre ville ou votre quartier ? - vous aimeriez aller peindre avec d'autres artistes motivés comme vous lorsque vous voyagez ?
Alors cet espace est fait pour vous uniquement si vous êtes amateurs souhaitant vous retrouver entre-vous (je réfléchis pour l'avenir à une autre rubrique possible s'adressant aux professionnels ou semi-professionnels) : - si vous êtes amateur donc,  et voulez entrer dans ce module transmettez-moi votre prénom (ou un pseudonyme et lieu de résidence) je les rajouterai ci-dessous en établissant un lien anonyme avec votre e-mail, et vous pourrez ainsi trouver des coéquipiers  (ères) de peinture plus facilement . Il suffira de cliquer dessus pour vous écrire un e-mail !


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 Christine

9 juin 2016 4 09 /06 /juin /2016 18:00

Juste pour vous faire partager entre 2 stages et deux voyages, 2 mn exactement de carnet «différent», ici il y a 2 jours, dans un gouffre du Causse de Sauveterre juste à côté de chez moi.

2 mn extraites d'une dernière parenthèse expérimentale à mettre dans ma quête de la «  conscience essentielle  » liée à mes recherches picturales où le travail carnettiste de terrain tient (en amont) une grande place (voir articles précédents ici, ou ).

 

La vidéo tout de suite après la pub !

Bien sûr, il faut comme pour les expériences précédentes la complicité d'une sympathique équipe acceptant de se prêter au jeu pour tout ce qui relève de l'esprit de groupe et de la logistique (je tiens encore à les remercier ici), un minimum de matériel et de connaissances pratiques, un peu d'entraînement, et la volonté de suivre des objectifs picturaux, techniques et sportifs précis.

Je vous ferai part plus tard des résultats obtenus, sachez seulement qu'il ne s'agit pas d'une fantaisie ni d'une volonté d'originalité à tout prix : mes travaux picturaux nés de cette démarche et de ses implications sont visibles dans les salons et expositions de peinture auxquels j'ai le plaisir de participer…

Bien qu'ils en soient loin dans les apparences de mes toiles, les croquis, pochades et aquarelles réalisés sur le motif lors de ces expériences, ont une importance dont je développerai plus tard l'intérêt pour ce type de peinture.

Je n'ai pas oublié notre série de reportages concernant le carnet de voyage du Guatemala, mais mon billet d'aujourd'hui est juste là pour vous dire que tout est lié, j'y reviendrai plus tard.

En attendant, je fonce pour le Portugal...

Parenthèse expérimentale

« Écholocation karstique » (acrylique sur toile 100 x 100 cm) est l'une des toiles résultant de mes expériences en milieu karstique liées à l'exploration de l'Aven Noir (voir son histoire ici).

Elle a été sélectionnée lors de l'exposition « Rat d'Art Volant » de la FFS (voir catalogue des oeuvres / exposants sélectionnés et contexte de l'exposition dans le document du Musée de Millau que vous pourrez télécharger ici)

Au relais à l'entrée du gouffre...

Au relais à l'entrée du gouffre...

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8 mai 2016 7 08 /05 /mai /2016 10:03

        Seconde importante halte sur notre itinéraire du premier jour de stage carnet de voyage au Guatemala, qui vous permettra de nous retrouver non pas dans ce pays mais au Honduras, après la superbe étape matinale de San Cristóbal Acasaguastlán.

      Je ne reviendrai pas sur le nombre de motifs abordés ici, mais j'en choisis seulement un (faisant double page sur mon carnet), parce qu'il symbolise à lui seul une rencontre avec l'esprit d'un lieu.

      Car en aquarelle, en carnet de voyage particulièrement, ce ne sont pas seulement les gens, les paysages, ou les monuments qui nous parlent : ce sont de véritables entités (là on peut parler de « magie » parce qu'elles sont réellement perceptibles) qui se manifestent à nous, et cela, il faut l'avoir vécu pour savoir toute la différence qu'il y a entre elles et une simple émotion esthétique (ce qui n'est déjà pas mal), un plaisir intellectuel ou une belle rencontre humaine …

Pierres ensoleillées du temple 21 à Copán Ruinas

Pierres ensoleillées du temple 21 à Copán Ruinas

        Peut-être cela ne se perçoit-il pas à travers ma double page ni le final de ma vidéo, mais j'ai en ce lieu du temple 21 des ruines de Copán, perçu « quelque chose » qui m'a, par le jeu du dialogue entre la force de la nature et les pierres soudain devenues « soleil », pendant quelques secondes projeté dans un univers magnifique, effrayant et vertigineux, absorbé presque aussitôt par les rayons même du soleil  qui descendait à l'horizon !

     Peut-être le fait que nous étions les seuls visiteurs ou presque dans ce site mondialement connu a-t-il joué en ma faveur, mais voici ce que je recherche à travers mes « expériences créatives » d'une part, le carnet de voyage d'autre part (et que j'essaie de transmettre à travers mes stages en fin de progression) : la capacité en plus de l'émerveillement et du rapport au vivant, à entrer en relation profonde avec le visage invisible du monde...

      Et croyez-moi, cela provoque inévitablement des choses tout à fait extraordinaires !

La vidéo tout de suite après la pub !

La vidéo tout de suite après la pub !

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14 septembre 2015 1 14 /09 /septembre /2015 18:14

Vous entrez aujourd'hui dans le vif du sujet de ce rapport « action – création » avec une aventure qui va vous emmener sur les parois de l'une des « classiques » d’escalade en Haut-Languedoc.

Outre les valeurs essentielles que représente la pratique de la montagne et de l'escalade, leur pouvoir d'émerveillement au contact d'une nature généralement intacte, ma quête par delà ma recherche des « étants » qui constituent le cosmos (si bien évoqués par Michel Onfray, interprétés ici même à travers les éléments de la terre et de l'air), initie une nouvelle série d'articles (et de mini reportages vidéo) dans lesquels j'aborde nombre de questions liées à une exploration créative atypique de l'aquarelle.

Il ne s'agit pas d'une nième redite de peinture sur le motif, mais de l'ouverture de champs exploratoires essayant de confronter activité sportive, complet engagement physique et mental en terrain d'aventure, et application picturale élémentaire de circonstance.

Je vais donc tenter d'apporter quelques éléments de réponse tout au long des articles qui suivent, à cette question :

  • Les états modifiés de conscience induits par une activité sportive intense en conditions de grande concentration peuvent-ils avoir une influence pendant et après cette activité sur l'expression créative traduite par l'aquarelle ?

Si vous voulez avoir une meilleure idée de l'ambiance de cette vidéo je vous conseille de la voir dans un plus grand format en vous rendant sur http://dai.ly/x3779j5

Elle est consacrée à la première longueur d'escalade de la Tête de braque où j'aborde une définition de la forme d'aquarelle « action – communion - » qui en découle, me servant de l'escalade pour tester à posteriori les effets conjugués euphorisants de l'adrénaline et des endorphines sur mon regard, ma pensée, et les sensations que je vais éprouver par rapport au sujet (lui-même d'ailleurs inspiré par le milieu naturel dans lequel j'évolue, quitte à revenir en « solo » revivre l'expérience ultérieurement si je ne dispose pas d'assez de temps sur le moment, pour me remettre dans les conditions psychologiques, mentales et physiques de l'instant)...

 

A) Contexte :

Le lieu où va se dérouler pour nous cette première expérience est le splendide massif gneissique du Caroux (souvent nommé « montagne de lumière ») culminant à 1 091 m d'altitude dans le Parc Naturel du Haut-Languedoc (en fait, ce n'est pas la première puisque j'ai déjà consacré plusieurs articles à des expériences similaires mais sans réellement prendre conscience de l'importance du sujet).

L'ambiance vertigineuse de ses parois plongeant vers la plaine du Languedoc, l'escarpement de son relief, l'ampleur de ses dénivelés, en font un excellent lieu d'entraînement à la pratique de l'alpinisme dans un véritable terrain d’aventure.

Le choix de la voie, en ce qui nous concerne mes compagnons de cordée et moi-même, de l'arête Nord-Est de la Tête de braque (qui porte ce nom à cause de l'étrange rocher en forme de tête de chien en coiffe le sommet), est d'abord dicté par l'hommage que nous souhaitons symboliquement rendre en la gravissant à notre ami Guy S. et à mon fils Jean-Sébastien qui sont aujourd'hui tous deux disparus et pour lesquels cette arrête avait une grande importance. Nous dédions aussi notre ascension à Daniel, un autre compagnon de cordée qui ne nous accompagne pas cette fois.

Grande similitude entre la forme de la tête d'un braque et le rocher du sommet de cette aiguille !

Grande similitude entre la forme de la tête d'un braque et le rocher du sommet de cette aiguille !

Grande similitude entre la forme de la tête d'un braque et le rocher du sommet de cette aiguille !
La voie d'escalade, classée « assez difficile » en alpinisme (mais ne dépassant pas le 4+ / 5 en escalade) est composée de six longueurs de corde particulièrement belles et aériennes à partir de la 3e, la progression entrecoupée d'essences végétales dans la première longueur inspirera mon choix d'un chêne vert comme sujet d'aquarelle symbolisant le long dièdre incliné du départ.

Tracé de la voie d'escalade de la Tête de braque vue depuis les Gorges d'Eric.

Tracé de la voie d'escalade de la Tête de braque vue depuis les Gorges d'Eric.

Tracé de la voie d'escalade de la Tête de braque vue depuis les Gorges d'Eric.

L'historique des voies d'escalade de ces aiguilles et parois remonte à 1896, dès la création du club alpin français de Béziers Caroux. En 1910 déjà, les plus hautes aiguilles sont gravies par Viala, Déplasse, Dulong-de-Rosnay. Viendront ensuite Azéma, Frayssinet et d'autres grimpeurs émérites qui ouvrent de nombreuses voies. Puis de 1960 à 1980, Henri Blanc, Guy Pistre, François Pugibet et les frères Raynal signent d'autres beaux itinéraires, et les « plus grands » tels Armand Charlet, Robert Flématti, et René Demaison, ont également grimpé ici.

B) Action - création :

    a) - Partie « escalade » :

        Le fait pour moi de grimper cette fois en tête de cordée me permet simplement de mieux entrer en connivence avec la roche, la végétation ambiante, le vent et la lumière qui y prennent une toute autre dimension. Si pour d'évidentes raisons d'équilibre, d'horaire et de sécurité je ne vais pas systématiquement réaliser d'aquarelle en plein milieu des longueurs de corde, je vais par contre m'imprégner de tout ce qui dans mon environnement me permettra de dépasser le cadre de la simple contemplation. L'implication mentale, la concentration, l'effort physique, les sensations uniques liées à l'évolution dans une dimension de l'espace indissociable du vide et de la verticalité créent des émotions aptes à transcender le filtre du simple regard, ouvrant de nouvelles portes d'entrée me reliant à une conscience indéfinissable du cosmos... Je me sens « rechargé » d'énergie, dans un calme étrange où j'ai l'impression de parfaitement contrôler mes pensées et actions, dans un état de sérénité exempt de toute forme de distraction comme si j'étais dans une sorte de transe. Je ne ressens même plus la douleur liée à certains efforts mais suis davantage à « l'écoute du monde » tout en m'en sentant détaché.

    b) -Partie aquarelle :

        J'ai rapidement enchaîné la réalisation des 3 aquarelles correspondant aux principales longueurs de l'escalade sans interruption ni dessin préalable.

        Sur le plan purement technique j'ai emporté dans mon sac à dos mon plus léger matériel d'aquarelle (dont pinceau à réservoir d'eau Pentel et petite boite pliable de Winsor et Newton) avec un petit carnet Paperblanks pour un travail dans la voie et un bloc de plus grand format + boite d'aquarelle en tube à alvéoles et différents pinceaux dont un spalter et un stryper n°1 de Léonard (que vous pouvez commander de ma part à aquarelle et pinceau si vous n'en avez pas) pour le travail à postériori.

        Je pense avoir bénéficié de l'effet euphorisant de la partie « escalade » pendant plus d'une heure après les rappels de redescente de la voie, ce qui est suffisant pour plus de disponibilité créative dans la démarche picturale, bien que certaines des sensations et des perceptions sensorielles ressenties pendant l'escalade aient disparues. Par contre, il faut beaucoup d'efforts dans sa « remise en conditions » ultérieure pour retrouver sur les lieux une partie des sensations déjà éprouvées, afin de terminer certaines aquarelles, lorsque tout n'a pas été fait dans l'immédiateté.

Le chêne vert fruit de mon "expérience".

Le chêne vert fruit de mon "expérience".

C) Conclusion :

Le motif du chêne vert a été très vite réalisé sans que je réfléchisse vraiment aux couleurs que j'employais ni à la façon dont je travaillais, dans une sorte d'euphorie (ou plutôt de vide intérieur), sans notion de temps et d'espace, où j'avais l'impression d'être en lien avec l'essence même de l'arbuste. Je peux en cela dire qu'effectivement « quelque chose » s'est également passé après l'escalade pour cette partie créative (nous verrons le cas de l'aquarelle réalisée au troisième relais de la voie elle-même dans un futur article).

Je n'ai pas encore assez de données pour tirer des conclusions évidentes mettant en valeur l'effet des composantes « fatigue – adrénaline – endorphines – etc. » sur la pensée et le produit qui en découle (l'aquarelle), mais je constate au résultat final que j'ai travaillé différemment, plus librement, plus « facilement » presque sans m'en apercevoir comme dans un état second.

Nous verrons dans le prochain article avec la deuxième longueur où davantage d'efforts physiques et d'implication mentale sont sollicités pour l'escalade quel motif elle m'a inspirée, comment je l'ai réalisé, et quelles réflexions elle a soulevées...

Article et vidéo suivants : Aquarelle, rocher et lichens, Tête de braque (2e longueur)

Article et vidéo précédents : - Quelles perspectives entre aquarelle de création et aquarelle d’action ?

 

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9 septembre 2015 3 09 /09 /septembre /2015 07:30

Il y a l’aquarelle « faite pour être vue » dont le produit de plus en plus élitiste et sophistiqué se structure en pyramide dans une perverse course en avant initiée par les salons à la mode : - cette forme d’aquarelle détient-elle « l’entière vérité » ?

- Le mécanisme économique produit par les tendances ainsi déterminées, est-il représentatif des initiatives individuelles échappant au système qui en découle, des expressions oubliées, des créateurs isolés ?

…Ou du plaisir de peindre comme on veut, loin des courants structurés ?

- Ce que l’on fait dans ces cas-là, est-il méprisable ?

Bien sûr, l’aquarelle dite « de création » est parfois une aquarelle d’action. Il y a le geste, l’implication, l’intention…

Plus simple, il y a l’aquarelle « de contemplation », à mes yeux davantage en harmonie avec les équilibres naturels révélant d‘autres formes de beauté que celles produites par l’humanité et ses civilisations.

L’aquarelle de voyage, relève souvent de cette dernière forme d‘expression.  

Et puis, il y a l’aquarelle faite pour être vécue (l‘aquarelle de voyage en fait également partie).

Mais vécue autrement, loin des élitismes de toutes sortes. Pour soi, bien qu’elle puisse être partagée.

Il y a aussi action et « action ». J’évoque ici une action forcément différente de ce que l‘on peut généralement imaginer.

Une action plus « impliquante » qu’une simple promenade picturale, qui peut être créative si elle débouche sur un acte global assimilable à un « produit » créatif. L’ensemble pouvant alors être considéré comme une démarche artistique à part entière, à la fois active et créative.

« Petit matin au refuge Vallot ». Aquarelle figurative de 55 x 70 cm

« Petit matin au refuge Vallot ». Aquarelle figurative de 55 x 70 cm

« Petit matin au refuge Vallot ». Cette aquarelle figurative de 55 x 70 cm date des années 1970 (elle a aujourd’hui retrouvé la proximité du Mont Blanc dans la collection privée d‘un alpiniste de la vallée). Réalisée d’après les notes prises sur place à l’occasion de mon ascension du sommet. Elle était déjà dans l’esprit de cet inséparable relation « création - action » qui m’anime toujours au cœur de la nature chaque fois qu'elle dépasse l'échelle humaine…

 

Cette forme d’aquarelle « d’action » sera alors forcément aquarelle de création, car née au cœur de l‘action ou de la pensée incarnée par l‘action, même si le résultat ne correspond pas forcément aux critères définis par les canons de la « beauté » en matière d‘aquarelle contemporaine.

- Où situer ce concept dans un monde qui ne vous juge que par votre valeur médiatique ? 

- Et comment en démontrer la valeur, quand il suffit d’acheter un billet d’avion pour aller à l’autre bout du monde initier un carnet de voyage ce qui, (tout problème de budget mis à part), est à la portée de tout le monde aujourd’hui ?

Maintenant, tout à été fait. Les réseaux sociaux regorgent d’œuvres magnifiques dont la plupart des auteurs sont complètement inconnus.

Même nos « élites » et « chefs de file » dans cette discipline n’ont pas fait mieux que nos grands maîtres du passé qui avaient pourtant bien moins de moyens que nous….

Bien sûr, la subjectivité est reine en matière d’expression artistique, mais lorsque j’ai découvert en art les dégâts provoqués par les idéologies dominantes sur nombre de créateurs isolés, le pouvoir qu‘elles peuvent exercer à travers la puissance médiatique, l‘hégémonie des courants à la mode indissociables des intérêts économiques, j‘ai fui en me réfugiant dans ces valeurs essentielles dont Michel Onfray et François-Xavier Bellamy, à travers le passionnant entretien croisé entre ces deux philosophes paru dans le Figaro du 25 mars 2015 à l'occasion de la sortie du livre de Michel Onfray, « Cosmos », déplorent la raréfaction.

Je cite deux ou trois phrases qui sans les couper de leur contexte rejoignent (par rapport à la nature) le fond de ma pensée :

LE FIGAROVOX. « - Michel Onfray, dans Cosmos, le premier volume de votre triptyque philosophique, vous rappelez la beauté du monde. Nous ne la voyons plus ? »
*Michel ONFRAY. « - Nous avons perdu l'émerveillement. De Virgile jusqu'à la naissance du moteur, il nous habitait. Mais depuis, nous avons changé de civilisation: de leur naissance à leur mort, certains individus n'auront vécu que dans le béton, le bitume, le gaz carbonique. Des saisons, ils ne connaîtront que les feuilles qui tombent des quelques arbres qui restent dans leur rue. 

Il s'agit d'une véritable rupture anthropologique et ontologique: la fin des campagnes, la mort de la province et de la paysannerie au profit d'une hyper cérébralisation. Le vrai problème n'est pas l'oubli de l'être, comme disait Heidegger, mais l'oubli des étants qui constituent le Cosmos. »

*François-Xavier BELLAMY. « - Il faut aller plus loin encore: l'homme n'est plus en contact avec la nature qui l'environne, ni surtout avec la nature dont il se reçoit… Nous avons perdu le sens des saisons, mais aussi celui du rythme naturel de notre propre vie. Le citoyen est devenu citadin, et il a oublié que l'homme ne se construit pas ex nihilo, qu'il n'est pas un produit parmi d'autres, artificiel et transformable, dans la société de consommation. »

Alors, pour retrouver ce sens de l’émerveillement, pour vous le faire partager, pour renouer picturalement, activement (par le biais de l’aquarelle mais pas seulement, j’y reviendrai plus tard), avec la nature et l’intimité des éléments naturels, je suis revenu au contact de ces choses simples (en apparence) que sont l’air et la terre, en essayant d’en extraire l’essence, en les prenant à ma façon à « bras le corps ».

Dans l’esprit de la formidable aventure de « L’Aven aux Merveilles », quand vous m’avez accompagné dans l’exploration des nuits karstiques de l’Aven Noir en compagnie de Roland Pélissier, je vous invite cette fois à me suivre à travers de nouvelles aventures où action et création mêlées vous ouvriront d’autres perspectives sur le croquis aquarellé et l’aquarelle, loin des sentiers battus déjà tracés par les maîtres de la discipline, présents et passés.

- Quelles perspectives entre aquarelle de création et aquarelle d’action ?

Une banale prise de notes comme celles qui sont à l’origine de mon aquarelle du refuge Vallot. C’est sous cet immense porche que je vous donne rendez-vous dès le prochain article pour partir avec moi vivre de nouvelles aventures aptes à nous émerveiller en mêlant création et action. C’est d’abord à un nouveau concept que je souhaite vous inviter…

*François-Xavier Bellamy est maire adjoint de Versailles (sans étiquette). Ancien élève de l'École normale supérieure et agrégé de philosophie, il enseigne en classe préparatoire. Il est également l'auteur de Les Déshérités, ou l'urgence de transmettre paru aux éditions Plon en septembre 2014.
*Michel Onfray est philosophe. Après le 21 avril 2002, il fonde l'Université Populaire de Caen. Son dernier livre, Cosmos, est paru chez Flammarion. Vous pouvez retrouver ses chroniques sur son site.

Article et vidéo suivants : Aquarelle, chêne vert et Tête de braque (1re longueur)

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5 mai 2011 4 05 /05 /mai /2011 16:28

L’art transforme-t-il notre conscience du réel ? … ou la musique du désert .  


La musique du désert (Music of the desert) from Frenchwatercolourist on Vimeo.

Il m’a fallu beaucoup de temps pour finaliser cette vidéo, et même si elle est réalisée avec les moyens du bord tant aux prises de vues (extraites de 10 ans de stages et repérages sur place, où je n’avais ni la place ni le temps d’emporter un pied pour stabiliser la caméra, encore moins de soigner mes plans surtout quand j’étais en charge de mes groupes qui passent avant tout), qu’au montage (où mon ordinateur poussif est au bord de l’asphyxie), je tenais cependant à ne pas en bâcler la charge symbolique, et j’espère que vous me pardonnerez ses défauts techniques, ses images bougées et le temps où vous avez attendu ce nouvel article .

De la même façon j’ai travaillé de longues heures sur l’arrangement musical, laissant une part significative (générique de fin) à la musique que m’avait laissé dans le but précisément d’illustrer le désert, mon fils Jean-Sébastien, quelques jours avant sa trop rapide disparition . Aussi c’est à lui que je la dédie en même temps que je vous l’offre …

Pour voir la vidéo laissez-là se télécharger entièrement avant de lancer la lecture, vous pouvez alors la lire en basse définition et plein écran si vous le souhaitez .

Mais pour l’avoir en haute définition ouvrez le lien «La musique du désert » (très peu de perte mais ADSL rapide conseillé : laisser également la vidéo se charger, pour la lire en toute fluidité), ici le plein écran prend toute sa valeur : cliquez sur le bouton « HD » (pour être en haute définition), puis sur le bouton « Full » du lecteur représenté par 4 petites flèches groupées en bas à droite du lecteur après le curseur de lecture et du volume audio . ("La musique du désert", vidéo d’Alain MARC)

De retour avec vous pour terminer ce beau voyage dans le Grand Sud Marocain, je vous emmène aujourd’hui jusqu’aux immensités de roches et de sable qui se dévoilent au voyageur se rendant aux ergs Chebbi et Lihoudi .

Vous savez combien il m’importe ici de vous offrir des moments que je souhaite de qualité, avec des articles authentiques, (même si leur teneur en est parfois modeste), des articles qui (en dehors des liens) ne soient pas constitués d’éléments « pêchés » dans d’autres sites ou blogs .

Quoi qu’il en soit, certains d’entre eux me demandent un énorme travail en amont, ils vous font alors attendre un peu leur parution (je suis loin de la cadence d‘un article par jour !), mais je suis très fier de vous « récompenser » à chaque fois pour votre patience et votre fidélité .

Plutôt que de développer dans ce nouvel article les particularités des Ergs Lihoudi et Chebbi, que d’en illustrer le propos par une peinture sur le motif ou par la reproduction d’aquarelles figuratives, j’ai préféré vous transmettre quelques réflexions inspirées par le désert de sable à propos de la peinture et du carnet de voyage en général, j’ai surtout souhaité vous mettre au contact de cette beauté à l’état pur qu’est le désert tel que je l’aime …

En repérages en 2006 avec Pierre et Yolande au sud de M’Hamid . Là, nous sommes ensablés et plutôt en mauvaise posture : si un sympathique berbère ne nous avait tiré de ce mauvais pas nous y serions encore ! … Comme quoi la peine que je me donne, (parfois des années à l’avance), pour aller préparer sur place et de façon novatrice mes stages « carnets de voyages » n’est pas toujours récompensée sur le moment . (Photo Alain MARC)

J’avais intitulé cet article «  Notre conscience du réel est-elle transformée par l’art ? … ou la musique du désert ? », mais c’est le sujet du bac philo qui me fait inverser cette phrase, en guise de clin d’œil à tous les enseignants de France et de Navarre .

Nous avions pris, lors de l'avant dernier article de cette série, une journée de repos à Zagora pour nous ressourcer et peindre, l’occasion pour nous de voir comment exécuter très rapidement et de façon assez libre une petite pochade à l’aquarelle apte à mémoriser un lieu, une rencontre, un moment de notre voyage .

Dunes à perte de vue dans l’erg Lihoudi … (Photo Alain MARC)

Tout au long de ce périple, notre attention picturale s’est portée sur la réalité du monde telle que nous la percevions, en nous posant sans cesse la question de savoir comment nous devions le traduire par l’aquarelle :

- soit avec une grande fidélité descriptive (afin que ceux qui voient notre description aillent au plus près de ce que la majorité d’entre-nous perçoit, je repense au portrait d’Ahmed) - car le voyage (découverte qui nous sort du quotidien) peut déjà en soi être considéré comme un objet créatif qui « nous ouvre le regard » et que la transcription de cette réalité dans sa compréhension nécessite une fidélité au sujet formel afin de ne pas le trahir et en rapporter la vision la plus « objective » possible permettant de l’identifier ou de l’imaginer facilement en conservant dans son authenticité cette « ouverture du regard » - ,

Kaïmas du bivouac du Fort Bou Jérif automne 2006, travail descriptif . (Aquarelle Alain MARC)

Kaïmas du campement dans l’erg Lihoudi, stage Grand sud printemps 2005, (la tente caïdale blanche était notre atelier en cas de tempête de sable) . (Photo Alain MARC)

- soit avec notre liberté d’expression et notre sensibilité créative (plus conforme à notre affect, à notre perception intuitive, à notre puissance imaginative ou à nos référents culturels et artistiques), traduisant du sujet l’interprétation que nous en avons individuellement ou la lecture que nous en percevons (par exemple avec mes différentes interprétations d’Aït-Ben-Addou).

Mon attitude face à ce dilemme a toujours été soit d’en effectuer les deux approches (si l’une ne devait pas nuire à l’autre), soit de privilégier l’approche informelle et intuitive lorsqu’il est possible de la compléter par des éléments descriptifs, soit d’utiliser une expression de synthèse qui sans trop s’éloigner du formel s’affranchit de détails ou de lourdeurs inutiles afin d’être plus proche de l’atmosphère d’un lieu, du caractère d’un personnage, de l’esprit d’une scène, de l’importance d’un moment éphémère .

Aquarelles généralement synthétisées, réalisées par les participants (tes) au stage Grand Sud Maroc 2007 . (Photo Alain MARC)

On y parvient mieux dans ce dernier cas en se mettant à « l’écoute du vivant » par une attention, (déjà Ptit’Jo avait compris l’importance de cette démarche lors de sa découverte du désert au cours de son premier voyage dans le Grand Sud), un éveil de tous les instants, et une compréhension de la lumière, des formes et des couleurs où notre éducation du regard et notre réceptivité jouent un grand rôle, mais aussi par la liberté qu’on va bien vouloir s’accorder dans l’expression, dès l’instant où nous dépassons les contraintes techniques, environnementales ou conjoncturelles (celles de la rapidité d’exécution faisant partie des difficultés à maîtriser pour une plus grande force d’expression) .

S’il n’est pas très écolo, le 4 x 4 possède au moins un immense avantage pour l’aquarelliste : il permet de peindre en servant d’abri en cas de vent de sable ! (Photo Alain MARC)

Nuit tombant sur notre campement Erg Lihoudi 2005 . (Photo Alain MARC)

« Sable soulevé par le vent devant une dune » , aquarelle de synthèse . (Aquarelle Alain MARC)

Avec ce nouvel article, nous entrons aujourd’hui dans une dimension complémentaire aux précédentes, de l’expression carnettiste : l’expression informelle, qui allant à l’essence des choses par notre intériorité, n’exclut en rien la puissance évocatrice du réel sur lequel elle repose, et lui reste fidèle dans l’esprit, sublimant même sa dimension émotionnelle .

Nous rejoignons en cela le sujet de philosophie du bac 2008 « L'art transforme-t-il notre conscience du réel ? », j’ai même été étonné de voir ce sujet apparaître au moment où cet article était presque terminé alors que la vidéo ci-dessus était en cours de finalisation !

Il faut dire que le sujet est aussi passionnant qu’on soit esthète ou artiste, simple « consommateur » d’art ou créateur soi-même, quand ce n’est pas les deux à la fois !

« Dans les vagues de sable » . Aquarelle informelle .(Aquarelle Alain MARC)

« Les œuvres d’art, qu’elles soient figuratives ou abstraites, sont des créations qui se superposent aux êtres et aux choses, sans avoir la même réalité que celle qu’on attribue au monde » : certes oui si on n’en considère que l’objet, mais leur pouvoir de véhiculer une certaine dimension de cette réalité permet d’en prendre conscience de façon différente et complémentaire, en même temps qu’elles donnent au monde une existence inaccoutumée, une qualité supérieure, le métamorphosant même parfois à l’état de merveille, le rendant quoi qu’il en soit plus intelligible .

Dans les grandes dunes de Chigaga … (Photo Alain MARC)

En nous montrant que l’art nous fait prendre conscience d’une réalité supérieure à celle que nous avons l’habitude de ne plus regarder, l’évidence dans laquelle est engagé tout individu en démarche créative (aussi bien que tout voyageur - dans « démarche » il y a « marche » -), l’amène à constater (allez voir ce qu’en pensait Nietzsche) que c’est par l’art qu’on prend « conscience que la réalité est elle-même une œuvre à laquelle chacun doit participer » … Alors que dire si on est voyageur et artiste en même temps, cela, sous un aspect trivial, « nous crève les yeux » !

Notre carnet et voyage, en devenant « morceau de mémoire », rend plus réelle et intemporelle l’éphémère durée du voyage en éternisant les êtres et les choses que nous y avons rencontrés . Il rend même permanents nos souvenirs et notre propre existence à travers sa réalisation alors que nous ne sommes que poussière traversant la vie .

Peu importe sa qualité graphique ou plastique car c’est l’acte lui-même qui compte : c’est de l’acte que naît la beauté et non de la seule contemplation du monde dès l’instant où le regard s’approprie la beauté du monde pour mieux la partager ou la transcender (il y a beaucoup à dire aussi au sujet de « la beauté » - autre sujet de philo -, j’y reviendrai un autre jour) .

En croquis sur le motif avec les chameliers de l’erg Chébbi .

Ainsi, comme à travers nombre d’engagements basés sur le partage, on peut faire de sa vie une œuvre d’art .

Bien sur, si une excellente maîtrise s’ajoute à une plénitude d’expression accomplie, l’acte artistique n’en sera que plus porteur des valeurs qu’il diffuse .

Mais la première des nécessités pour comprendre l’importance de cette prise de conscience est de ne pas croire que l’art est un simple divertissement sans influence décisive sur notre conscience du monde . De ne pas croire non plus que la suffisance de notre intelligence, de nos acquis et certitudes autant de nos biens matériels peut répondre à toutes les questions de notre existence .

Être toujours à l’écoute, en éveil, toujours en aptitude d’apprentissage, avec amour pour nos semblables et humilité me parait être l’indispensable consigne de vie pour qui veut en transmettre des éléments essentiels, à plus forte raison si notre position sociale nous distingue de nos semblables par les recours ou les références qu’elle produit . Le cas du peintre voyageur n’échappe pas à cet exemple …

Se laisser absorber par la beauté des éléments, y laisser nos traces, n’est-ce pas déjà créer une œuvre éphémère qui nous englobe et dans laquelle nous sommes acteurs ? (Photo Alain MARC)

Pour qui est sensible aux milieux naturels c’est dans le désert, les forêts sauvages, en haute montagne, en haute mer, dans les profondeurs de la terre que se trouvent les réponses à ces questions .

Et le désert me direz- vous ?

- C’est en vous parlant de l’art et de notre conscience du réel que je vous ai parlé du désert .

S’il y a des mirages dans le désert, c’est parce que le réel y est différent, que notre conscience de la réalité doit y faire un apprentissage différent de la beauté .

Deux petits points dans l’océan de sable : aquarellistes lovés au creux d’une dune saisissent de bon matin les premiers rayons de soleil léchant le désert … (Photo Alain MARC)

Il n’y a rien de plus éphémère et de plus permanant qu’une dune .

Hors, non seulement les dunes se déplacent sous l’effet du vent, mais leur forme, leur couleur, évoluent sans cesse selon les conditions météo, la lumière, et la position du soleil ou de la lune …

Les dunes, ce sont un peu les nuages de la terre . Parfois dans les tempêtes de sable ils rejoignent même ceux du ciel pour aller jusqu’au cœur de l’Afrique avec le vent de l’harmattan .

C’est pour cela que je privilégie pour le désert l’expression informelle, trouvant que nulle représentation n’est assez forte pour le traduire et l’évoquer .

Petit jour sur l’Erg Chebbi : l’incroyable beauté des dunes de Merzouga . (Photo Alain MARC)

Lever de soleil dans les dunes de Chigaga … (Photo Alain MARC)

« Hamada du Drâa », la peinture informelle qui a servi de trame à la vidéo ci-dessus : encres, aquarelle et acrylique . (Technique mixte sur papier, Alain MARC)

Trouvant que seule sa musicalité est significative des beautés qu’il révèle à qui veut bien se donner la peine d’aller les chercher … Sans doute la musique et la poésie sont-elles aptes plus que la peinture à restituer l’abstraction du désert à travers les émotions et les sentiments qu’il nous procure .

Alors je préfère, moi qui ne suis pas un homme du désert, qui ne sais rien de l’adaptation à cet univers de rigueur et de beauté au quotidien, laisser la conclusion de cet article et de notre voyage pictural dans le Grand Sud Marocain à Fati, fille du désert, poète méconnue des grands espaces et des verdoyantes oasis qui nous écrit depuis le bord des rives du Drâa (confirmant en cela dans son poème de façon très simple par un constat d'amour né de son contact permanent avec le désert, que la réalité est elle-même une œuvre à laquelle chacun doit participer) :

«J’aime la magie des lumières du grand sud,
J’aime les caresses du souffle chaud, dans le climat aride,
J’aime la tendresse de l'aurore dans le désert,
J’aime la lune, dans ses apparitions les plus claires,
J’aime la majesté du soleil, qui prépare son coucher,
J’aime le rugissement du vent dans les rochers,
J’aime le déferlement des vagues contre les falaises,
J’aime ces regards troublants qui provoquent le malaise,
J’aime ce silence paisible lorsqu'il vient m'enlacer,
J’aime les étoiles aux yeux des enfants qui passaient,
J’aime les chants des oiseaux au petit matin,
J’aime ces fleurs épanouies, qui exhalent leurs parfums,
J’aime ces discussions surréalistes d'après minuit,
J’aime cette présence qui vient hanter mes nuits ! »

Lever de soleil sur l’erg Lihoudi . (Photo Alain MARC) 

« Vagues de sable », peinture informelle : encres, aquarelle et acrylique . (Technique mixte sur papier, Alain MARC)  

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4 mai 2011 3 04 /05 /mai /2011 15:18

De la musique du désert au chant des dunes …

Il n’y avait qu’un pas, et je le franchis grâce à Adil, notre fidèle ami correspondant avec nous depuis le Pays du Soleil couchant (quelle chance a-t-il de vivre si près du désert), qui sans le savoir dans son commentaire de l’article précédent, a entrouvert les portes de billets en préparation qui soulèvent des questionnements artistiques touchant à l’existentiel, dont je vous réserve quelques articles pour l’avenir, et parce que c’est la fête de la musique, je vous invite à écouter le chant des dunes …
« La dune bleue » . (Aquarelle Alain MARC)
Cliquez sur l’aquarelle pour entendre « chanter la dune » . Alors, qu’en pensez-vous ?
Vous savez combien le rapport de notre conscience au réel à travers l’art, la poésie, la musique et les questionnements qu’ils soulèvent m’importe .
Il faut dire que les mystères qui entourent l’existence elle-même sont si nombreux et complexes, qu’en artiste attentif je suis autant à l’écoute du monde à travers ce que la science nous en apporte d’éclairage, qu’à l’écoute de mes propres perceptions et intuitions surtout lorsqu‘elles viennent du fond de mon intériorité …
Alors, pour en revenir aux dunes, je vous invite d’abord à cliquer sur les liens ci-dessous, qui comme je le disais à Adil, vous permettront d’aller à la réalité physique du chant des dunes, et pour celles et ceux qui ne savent pas ce que c’est de les « entendre chanter » comme vous en avez entendu une en cliquant sur mon aquarelle :
1) -
Superbes enregistrements de différentes dunes du monde (il vous faut le lecteur Quick Time),
2) -
La physique des dunes et du sable,
3) -
Intéressant site universitaire .
Mais une fois dévoilé le mystère acoustique dans toute sa compréhension scientifique, que reste-t-il, que reste-t-il face à cette extraordinaire sonorité qui nous envahit et nous élève comme la prière des mélopées de moines tibétains ?
Il nous reste le magnétisme, l’éblouissement, l’hypnotique plongée dans un univers de pure beauté sonore qui nous emporte bien au-delà de ce que nous explique la science, de la cause à l’effet . Elle nous projette dans un autre dialogue entre nos plus obscures profondeurs et ce que nous dit la dune . Avec cette étrange impression de ne savoir déchiffrer quel message nous transmet la voix des sables, sur quels rivages elle veut nous emmener …
Face à ce trouble, à cet appel mystérieux, et en pensant au cours du fleuve Drâa qui disparaît dans les sables du désert pour ne réapparaître à son embouchure qu’à des centaines de kilomètres je vous laisse découvrir ce merveilleux conte perse « La voix des sables » extrait du très beau livre d’Henri Gougaud «
L’arbre d’amour et de sagesse » :
"Il était une fois un vieux fleuve perdu dans les sables du désert. Il était descendu d’une haute montagne qui se confondait maintenant avec le bleu du ciel. Il se souvenait avoir traversé des forêts, des plaines, des villes, vivace, bondissant, puis large, fier et noble. Quel mauvais sort l’avait conduit à s’enliser parmi ces dunes basses où n’était plus aucun chemin ? Où aller désormais, et comment franchir ces espaces brûlés qui semblaient infinis ? Il l’ignorait et se désespérait.
Or, comme il perdait courage à s’efforcer en vain, lui vint des sables une voix qui lui dit :
- Le vent traverse le désert. Le fleuve peut en faire autant. Il répondit qu’il ne savait voler, comme faisait le vent.
- Fait donc confiance aux brises, aux grands souffles qui vont, dit encore la voix. Laisse-toi absorber et emporter au loin.
Faire confiance à l’air hasardeux, impalpable ? Il ne pouvait accepter cela. Il répondit qu’il était un terrien, qu’il avait toujours poussé ses cascades, ses vagues, ses courants dans le monde solide, que c’était là sa vie, et qu’il lui était inconcevable de ne plus suivre sa route vers des horizons sans cesse renouvelés. Alors la voix lui dit (ce n’était qu’un murmure) :
- La vie est faite de métamorphoses. Le vent t ‘emportera au-delà du désert, il te laissera retomber en pluie, et tu redeviendras rivière.
Il eut peur tout à coup. Il cria :
- Mais moi je veux rester le fleuve que je suis !
- Tu ne peux, dit la voix des sables. Et si tu parles ainsi, c’est que tu ignores ta véritable nature. Le fleuve que tu es n’est qu’un corps passager. Sache que ton être impérissable fut déjà maintes fois emporté par le vent, vécut dans les nuages et retrouvera la Terre pour à nouveau courir, ruisseler, gambader.
Le fleuve resta silencieux. Et comme il se taisait un souvenir lui vint, semblable à un parfum à peine perceptible. « Ce n’est peut-être rien qu’un rêve », pensa-t-il. Son cœur lui dit : « Et si ce rêve était ton seul chemin de vie, désormais ? »
Le fleuve se fit brume à la tombée du jour. Craintif, il accueillit le vent, qui l’emporta. Et soudain familier du ciel où planaient des oiseaux il se laissa mener jusqu’au sommet d’un mont. Loin au-dessous de lui les sables murmuraient :
- Il va pleuvoir là-bas où pousse l’herbe tendre. Un nouveau ruisseau va naître. Nous savons cela. Nous savons tout des mille visages de la vie, nous qui sommes partout semblables.
La voix sans cesse parle. Comme la mémoire du monde, le conte des sables est infini. "
Enfin, pour vous emmener dans un autre voyage de l’imaginaire et du merveilleux né de la rencontre des hommes et du désert, je vous laisse cliquer sur le curseur de lecture situé sous la dernière aquarelle ci-dessous, un petit bijou du site d’
Arte Radio .
« Chanson du fleuve de sable » (Aquarelle Alain MARC)


Cliquez sur le curseur traingulaire de lecture ci-dessus, et régalez-vous de cette histoire magnifique !

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22 décembre 2010 3 22 /12 /décembre /2010 21:51

Je me suis longuement interrogé à la reprise de mes articles dans ce blog, au sens que j’allais leur donner en ces périodes de fêtes …

Comme le voyageur qui s’interrogerait sur le sens de sa quête, sur les raisons intimes, profondes, souvent insoupçonnées qui le poussent au voyage .

Bien sur nous reparlerons voyage et création (où le carnet de voyage restera notre moteur essentiel), nous repartirons voyager, peindre, dessiner (à travers entre autres différentes expressions, différents carnets dont je vous réserve la primeur en cette fin d’année), mais surtout nous nous projetterons vers l’avenir dans un esprit renouvelé, une manière d’aborder le monde que j’aimerais vous faire partager et où vous pourriez vous aussi vous projeter .

Sans doute le point commun entre le voyageur et le créateur (fusse-t-il artiste peintre, poète ou compositeur) est de vouloir aller plus loin que l’horizon, là où notre regard seul ne peut nous porter .

Sans doute avec cette curiosité enfantine teintée d’espérance prête à s’émerveiller d’une incroyable découverte dont nous serions les seuls privilégiés et qui nous comblerait comme une réponse suprême à notre raison d’exister .

À l’image du cadeau de Noël qui n’était fait que pour nous, déposé avec tant d’amour par le mystérieux père Noël sous les aiguilles du sapin, alors que la neige tombait drue dans la lumière blafarde du petit jour et que nous n’osions défaire de ce trésor les rubans argentés retenant encore le fruit de toutes nos espérances …

Car, plus loin que le simple bonheur apporté par le voyage, plus exaltantes que les joies d’expérimenter une trace que personne d’autre que nous n’aurait pu initier à notre place, se cachent de plus profonds accomplissements qui passent par le regard et l’appréhension du monde, en apportant de possibles réponses à certains de nos désirs souvent existentiels, généralement inconscients, presque toujours informulés .

L’un de ces désirs (et ce n’est pas le moindre) est de toucher à l’essence des êtres et des choses, de se projeter en absolu dans la quintessence de l’instant en se suffisant de moyens les plus infimes et avec la dynamique d’expression la plus intense qui dégagerait à elle seule avec le moins d’artifices possible tout l’esprit du visible et de l’invisible réunis .

On rejoint sans doute là l’influence des principales philosophies picturales d’extrême orient, où le sens de la peinture est intimement lié à celui de la pensée . 

Nombreux ceux d’entre-nous qui essaient d’y parvenir …

Mais en carnet de voyage, plus encore en aquarelle et croquis de terrain cette quête est difficile, et rares sont les résultats vraiment aboutis (je dirai même «approchant  assez du but» pour toucher une toute petite part de cette sorte d’absolu) !

Il faut être bien conscient que ce n’est parfois (si on est un peu exigeant avec soi-même) qu’un exercice sur cent qui nous apportera dans ce domaine le début d’un assouvissement, mais le jeu en vaut la peine, où persévérance et travail sont largement récompensés lorsqu’on a pu commencer d’y parvenir …

Je vous invite donc avec ce premier article consacré à «l’éveil du regard» à découvrir (ou à retrouver) l’évocation de cette quête nous ramenant au Vietnam à travers l’expression de trois amis dont l’engagement en peinture, en arts graphiques ou en journalisme relève justement de ce type de recherche .

C’est aussi leur petit cadeau que de me permettre de vous offrir cet article de Noël en partage d’amitié . 

Le premier d’entre eux vous le connaissez depuis longtemps, il m’accompagne souvent lors de mes voyages picturaux, c’est Pierre NAVA .

Si je le site régulièrement ici, c’est parce que ses aquarelles visent à saisir l’instants dans leur authenticité en les «éternisant» comme en photographie l’aurait fait en son temps un Robert Doisneau .

Comme lui il guette l’anecdote, la petite histoire, avec un humanisme souvent empreint d’humour, mais aussi le moment précis où la beauté affleure à la surface du sujet et qu’il faut la saisir à la volée comme l’image d’un animal aquatique qui viendrait reprendre sa respiration …

Il est allé au Vietnam en repérages pour moi (en préparation aux stages carnets de voyages «minorités ethniques - baie d’Ha Long» 2010 - 2011) il y a deux ans déjà, et sa rencontre avec la beauté de cette terre, celle de ses habitants, celle de sa culture, ne pouvaient que l’exalter dans son inspiration .

Ceux d’entre vous qui sont déjà abonnés à ma newsletter connaissent déjà cette aquarelle de Pierre pleine de force et de sérénité : - sans doute a-t-il touché ici à cette part d’excellence qu’il ne cesse de rechercher, et dont son voyage au Vietnam (avec les merveilleuses surprises personnelles qu’il allait lui réserver), allait lui donner les clés ?

Travail à la rizière, une scène saisie dans l’instant par Pierre NAVA, où la présence de l’eau est si perceptible en étant à peine évoquée, que la chaleur moite de la rizière est presque odorante des effluves de la matinée …

«Ha Long : - quel silence ?» Un moment où le temps est suspendu, … et Pierre l’a saisi en conservant l’esprit occidental à son regard .

Je me souviens d’un petit jour où la baie s’était comme endormie . Les pains de sucre calcaires paraissaient flotter à la surface de l’eau comme d’immenses décors de papier . Seul un couple d’aigle pêcheurs troublait le miroir irréel de cette onirique vision . Il n’y était pas, mais en repensant à son aquarelle Pierre était à mes côtés !

Pierre NAVA expose rarement mais si son travail vous intéresse vous aurez sans doute plaisir à découvrir son livre «Lectoure, souvenirs partagés» consacré à son beau village natal du Gers : vous en trouverez les références dans un article que je lui avais déjà consacré en cliquant ici . Si vous voulez lui écrire de ma part en attendant, il vous suffit de cliquer  ici .

Le second peintre et auteur auquel je fais référence dans ce billet à propos de «l’éveil du regard» à travers le Vietnam, c’est mon ami EBAN .

Pour beaucoup d’entre-vous inutile de le présenter, vous le connaissez déjà à travers ce blog, ou en l’ayant rencontré dans les nombreux salons et expositions où il a été invité .

Vous avez même peut-être certains de ces livres qui embellissent les rayons de votre bibliothèque et illuminent vos soirées de lecture .

Lui plus que nul autre pouvait nous parler du Vietnam, sa terre natale, le pays de ses racines ancestrales .

Un Vietnam magnifié tout en étant authentique et profond dont il nous offre le regard dans «Viet-Nam, À la source des souvenirs» .

«Vietnam, À la source des souvenirs» le dernier carnet de voyage de EBAN, que vous pouvez commander chez son éditeur Annie Roth Éditeur  

S’il est un artiste qui va à l’essence du monde, c’est bien lui : d’une sensibilité poétique unique, ses toiles, ses aquarelles et croquis sont une respiration .

Ses œuvres sont le produit même de cet «éveil du regard» qui ne nous offre de la réalité que ce dont la pensée a pu se nourrir, c’est-à-dire une sorte d’intériorité de la beauté .

Morleau-Ponty, dans «L’Œil et l’esprit» écrivait «… Il faut comprendre l’œil comme la fenêtre de l’âme» . EBAN nous en apporte la preuve avec en plus cette orientale perception qui fait que le voyage se continue au-dedans de chaque toile, au cœur d’une aquarelle comme de chaque croquis chacun d’eux étant un concentré de pensée .

Il dit lui-même : «L’esprit doit parler pour les choses …» .

Il est dans un voyage où l’abstraction n’est que le témoignage d’un chemin révélant d’autres réalités, où les formes du visible ne sont que des apparences, où le reflet du chemin parcouru est celui de son propre reflet .

EBAN est toujours plus loin que la vision qu’il nous donne du monde . 

Je dirai qu’il s’inscrit dans la séculaire tradition picturale des lettrés qui ont marqué l’histoire des philosophies, de la littérature et des arts visuels de son pays, tout en nous apportant sa dimension personnelle de contemporanéité .

C’est cela la baie d’Ha Long : indescriptible dans son étrange beauté .

EBAN avec cette aquarelle a tout résumé !

La pagode de Long Son à Nha Trang . Ou comment quelques taches et graphisme de couleurs peuvent nous projeter plus loin que dans la représentation d’un lieu : dans sa propre spiritualité !

Avec cette silhouette d’un personnage de la minorité Sapa, nous entrons dans l’introspection d’un regard de l’être humain sur d’autres hêtres humains .

Le début d’un dialogue, d’une communication dirai-je où le personnage n’a pas besoin de nous regarder pour nous parler : son attitude, l’absence de son regard nous en disent davantage sur son attente que le plus long des discours … 

Vous pourrez retrouver EBAN au prochain festival d’aquarelle de Brioude, et si vous voulez lui écrire de ma part en attendant, il vous suffit de cliquer  ici . 

Pour le dernier de mes invités qui a accepté de partager avec vous son «éveil du regard» à travers le Vietnam, c’est d’abord vers la Suisse que nous allons partir .

De lui aussi je vous ai déjà parlé : il s’agit de Yves GIROUD, illustrateur et dessinateur de Presse .

Avec lui nous sommes dans un tout autre registre . Aux aguets de l’actualité, habitué à croquer ses contemporains dans leurs travers et leurs singularités, toujours sur la brèche pour traduire avec humour et vivacité sa perception des acteurs de nos cités, il faisait partie de notre groupe de carnet de voyage Vietnam il y a quelques semaines à peine, en quête lui aussi de cette part d’ineffable puisé dans le réel qui peut ressourcer notre expression par la force de l’étonnement .

Démarche fondamentale complémentaire de celles de Pierre ou d’EBAN dans un registre pourtant très différent mais où se dessine (c’est le cas de le dire) le sens profond de sa démarche avec plus d’acuité et d’humanisme apportés aux acquis déjà nombreux de son travail .

Dans sa démarche carnettiste Yves va vers les gens selon son habitude et ses principes en quête de leur personnalité : là-bas il fut plus sensible à leur élégance, leur beauté, leur gentillesse, leur humanité .

Guidé par une incessante exigence il ne cessa de travailler, ayant toujours l'impression d'être en deçà de son sujet .

Percevoir ses personnages était d’abord pour lui être leur interprète, le prolongement éphémère de leur personnalité saisie de quelques coups de crayons, dans des conditions parfois tout juste exploitables .

Pour les paysages, c'est un peu différent, il allait vers le sujet en laissant son émotion personnelle s’exprimer, sans crainte de dénaturer «l'autre», dans une perception du monde plus distanciée .

C’est sa quête, son «éveil du regard» avec ses joies et ses difficultés à travers les principaux sujets qu’il a traités au Vietnam que nous allons suivre dans le prochain article, puisque j’ai eu le plaisir de le côtoyer et de le filmer sur les principaux sites où nous avons été.

Si vous voulez lui écrire de ma part en attendant, il vous suffit de cliquer  ici .

H’Mong noir en quelques traits et coups de pinceaux, sans repentir possible, c’est l’un des objectifs que Yves GIROUD s’était fixés …

Femme H’Mong bariolé portant sa hotte sur le marché de Lao Cai .

Yves Giroud Yves GIROUD en train de dessiner les rizières en terrasses tel que vous le retrouverez en vidéo dans le prochain article …  

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1 février 2010 1 01 /02 /février /2010 16:16

Je suis effaré du temps qui passe avec une impression de ne rien faire, de ne pas avancer !

Je ne sais si vous ressentez la même chose, mais janvier est déjà terminé et j’ai l’impression que je n’ai même pas eu le temps de savourer l’année entière qui vient de passer .

Peut-être le temps s’écoule-t-il différemment pour moi ?

D’habitude les regards en arrière, quand on fixe l’avenir, sont déjà terminés : la page est tournée, il faut écrire sur celle qui vient d’arriver .

Mais c’est avec la même encre de vie, je crois, que sur ce premier jour de février je pose les mots de ce constat : le temps passe trop vite pour moi, … et peut-être pour vous aussi .

Alors peu importe si je suis à contre-courant de vouloir regarder le passé pour construire dessus ce que sera l’avenir …

Je voudrais une fenêtre faite avec cet écran d’ordinateur, qui laisse entrer des bouffées d’enthousiasme et peut-être d’euphorie .

L’euphorie est une denrée rare par les temps qui courent .

Une fenêtre que vous pourriez ouvrir aussi .

Qui vous permette de vous projeter dans ces limites du possible que j’essaie tous les jours de repousser .

Alors le prochain article, (celui que je prépare depuis des mois déjà), j’aimerais qu’il préfigure ce que pourrait devenir ce journal un jour .

Oui, certainement je suis à contre-courant : aujourd’hui tout va très vite, il faut «consommer», passer à autre chose, s’étourdir à la folie .

Je ne publie pas d’article tous les jours .

Je mets même des semaines pour en réaliser certains, ou les finaliser . En fait, il sont le contraire de courts, mais je souhaite qu’on puisse y revenir souvent comme si le seul fait de s’y retrouver vous nourrisse toujours .

Plus qu’un lieu de communication : un véritable territoire d’échange et d’interactivité, un carrefour pour la pensée, mais aussi un lieu d’archives de vie pour que ne meure jamais ce qui a pu exister, qui était beau et qui petit à petit s’efface inéluctablement de votre mémoire …

Cette autre forme de réalité qui se distinguerait au milieu du hourvari d’Internet parce qu’elle pourrait vous servir (même si c’est à travers mes initiatives où je fais vraiment seul et - sans moyens - pratiquement tout ce que je fais) avec des moments de vie accessible à tous, mais simples, vrais, sans artifices, comme des bribes de bonheur arrachées au temps qui passe et nous efface …

C’est un peu ce que j’essaie déjà de réaliser dans ma quête permanente de nouvelles idées (comme par exemple la plus récente, des «équipières - équipiers aquarelle») .

- Alors peut-être arriverons-nous ensemble à endiguer un peu mieux cette rivière du temps qui nous surprend toujours quand nous la voyons passer ?

Dans les flamboiements de la destinée, la rivière du temps s’écoule sans que nous la voyons passer . Lorsque nous en percevons la réalité, elle a déjà emporté loin de nous les plus secrets paysages des moments forts de notre vie … («La rivière du temps», Aquarelle Alain MARC)

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17 janvier 2009 6 17 /01 /janvier /2009 16:05

La colombe et l’avion …


            Surtout ne lisez pas ce billet si vous trouvez qu’il est trop long, après plusieurs semaines de silence, c’est peut-être trop d’un coup !

           Car voyez-vous, j’en avais préparé un pour vous fin 2008 intitulé « Bonne et Heureuse Année 2009 » .

            Hors je le remplace par celui-ci en ressortant un très vieux motif (je l’avais dessiné dans les années 1970) dont je me demandais bien à l’époque, dans quelle réalité il pouvait bien s’inscrire un jour ….

              J’avais oublié ce motif au fond d’un carton à dessin, et j’y retombe ce matin dessus par hasard, comme s’il me fallait absolument le revoir aujourd’hui .

             Toutes ces années sont passées sans même penser que les rêves ou visions que nous avons nous, (les personnes que d’autres qualifient « d’artistes »), puissent être parfois visionnaires ou prémonitoires, quand on se demande généralement à quoi ils peuvent bien être utiles ou servir, sachant que tous ces rêves ou visions sont en principe complètement incompris des contemporains de leur auteur quand ce n’est pas de l’auteur lui-même !

             Cependant il arrive que celui-ci soit très clairvoyant sur leur implication pratique dans la réalité, et lorsqu’il s’agit d’un génie ce sont même des évidences même s’ils ne les voient pas se concrétiser de son vivant (oh combien Léonard de Vinci aurait aimé voir ses machines volantes voler !), alors que l’artiste « ordinaire » dont je fais partie ne bénéficie que de la condescendance amusée ou narquoise de ses contemporains un sourire au coin des lèvres, qui le qualifient de « doux rêveur », ou de sacré opportuniste lorsque son rêve se projette de son vivant dans la réalité, en mettant sur l’évènement l’étiquette de hasard et de coïncidence, quand ce n'est pas de savant calcul d'intérêt …

              En repensant au billet que je vous avais initialement préparé, considérez cette phrase comme capable de le remplacer car il est bien évident que je vous souhaite une Très Bonne et Heureuse année 2009 avec tout ce que cela comporte de vœux de bonne santé, de joie, d’amour et de paix, que le dessin d’un oiseau fut-ce d’une colombe ne peut bien sur pas résumer !

             J’en profite pour vous remercier des centaines d’e-mails et de lettres que vous m’avez envoyés, un courrier qui me fait vraiment chaud au cœur mais qui est si important que même en y travaillant jour et nuit je n’arrive pas à le mettre à jour, veuillez bien m’en pardonner .

             Alors disais-je, je retrouve cet ancien dessin qui prend soudain à mes yeux tout son sens, car l’actualité me l’écrase au milieu de la figure en me disant : « - tu vois dans cet espace où le temps n’existe pas et d’où tu l’as puisé c’est à ce moment-ci qu’il faut le relier, à toi d’en interpréter la réalité symbolique avant de la partager ! »

            Déjà, il y a la trajectoire d’un petit avion de papier en forme d’oiseau (je crois au moment où je l’avais dessiné que c’était une colombe même si elle n’y ressemble pas trop), un avion dont on se demande s’il est en train de planer ou de piquer .

           Ensuite je me pose la question de savoir ce qu’il est, cet avion de papier : certainement pas l’un de ceux de ces pays qui se disent civilisés et qui prennent pour cible des écoles et des hôpitaux (assez analphabètes et incompétents d’ailleurs pour ne pas savoir lire les trois lettres « ONU »), qui, comme les chars provenant des mêmes arsenaux tuent indifféremment femmes, enfants, vieillards et des centaines d’autres innocents … D’ailleurs je me demande bien (et cela vraiment je ne le comprends pas), comment parmi les commanditaires et les exécutants d’aussi ignobles actes, des femmes (dont me semble-t-il l’une des plus nobles et belles vocations est de donner la vie) peuvent être impliquées, et de surcroît se justifier avec autant d’arrogance que d’absurdité, comme si le monde entier était idiot, aveugle et sourd à une vision des choses bien différente de celle qu’elles veulent bien (à l’instar de leurs équivalents masculins) véhiculer, il y a bien assez de faits et de témoignages neutres, impartiaux et objectifs pour le prouver !

            Tuer des enfants : ce genre de chose abominable m’est insupportable (peut-être à vous aussi) et m’empêche de dormir depuis des semaines, me réveillant après des cauchemars la nuit alors que je ne devrais même pas être concerné, n’ayant aucun lien, aucune parenté avec les peuples visés, que voulez-vous, je n’aime ni l’injustice ni la cruauté, mais ce qui est fait est fait, on ne peut pas les ressusciter . Il faut que cela cesse . Cela il fallait que je le dise et que vous le sachiez si vous avez vous également quelque égard pour la vie (ce qui ne peut que vous honorer), peut-être est-ce ainsi que ressort tout le poids, toute la souffrance d’un enfant perdu, sentiment exacerbé et compréhensible seulement par celle ou celui qui l’a déjà vécu … En tout cas il n’y a pas besoin d’être stratège, énarque ou polytechnicien pour comprendre que les batailles gagnées sur le terrain en se retirant de champs de ruines fumantes et en signant à grand renfort médiatique une paix qui laisse derrière soi des milliers de vies anéanties ou supprimées est une guerre perdue d’avance partout ailleurs que sur le terrain, car elle couvre de honte, de bêtise, d’opprobre et de cruauté celles et ceux qui l’ont réalisée !

                Non, mon avion de papier n’est certainement pas ce genre d’avion-là soyez-en persuadé (e), j'aimerais qu’il ressemble plutôt à celui qui s’est posé comme par miracle à la surface de l’eau en sauvant tous ses passagers, après avoir tracé une trajectoire qui au contraire laisse admiratif, (bien que n’ayant rien à voir avec celle de l’oiseau de mon dessin - ironie du sort il semblerait que ce soient des oiseaux qui l’aient même provoquée, comme quoi les symboles peuvent se superposer -), qui dans ce cas en suscitant le bonheur et l’espoir, prouve combien la nature humaine en utilisant le même genre d’outil est aussi apte à produire le meilleur, dès l’instant où les mains qui le pilotent ont des intentions tournées vers la vie …

                 C'est un fait : la vie sauvée, la vie sauvegardée, la vie protégée peut de ses vastes ailes aller ailleurs porter la vie, espoir, bonheur et libeté, c’est la moindre des choses qu’en ce début 2009 je voulais vous souhaiter en même temps que s'arrêtent tous les conflits, toutes les absurdités pour que tous les hommes soient frères quelles que soient leurs origines, leur religion, leur culture ou leur mode de pensée .

                 Quant à moi qui essaie aussi de voler de bien plus modeste façon je vous laisse sur cet espoir pour aller avec mes amis du parapente vérifier, aérer et replier mon parachute de secours (en espérant n’avoir jamais à m’en servir car ce n’est pas un parachute doré), et mardi dès la première heure je redescends au fond de l’Aven Noir, je suis peut-être comme vous en ce début d’année : j’ai besoin plus que jamais de paix, de beauté, de candeur et de pureté !

                  Quand je vous retrouverai à travers la suite de ce billet ce sera pour appliquer les premières bonnes résolutions de cette année, à commencer par vous présenter un ami artiste trop méconnu, vous verrez bien de qui et de quoi je vous parlerai …

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18 juillet 2008 5 18 /07 /juillet /2008 10:08

Appel pour Fati :  

- Peut-être vous souvenez-vous du beau poème dont j’ai cité un extrait dans mon article sur notre rapport à l’art à travers l’approche du désert ?

- Peut-être vous souvenez-vous que j’avais aussi évoqué son auteur « Fati » (Fatima) jeune femme douée d’un immense talent littéraire et artistique, férue de culture française, poète, esthète et peintre à ses moments de loisirs ?

Attentive à ce blog qu’elle suivait fidèlement, se manifestant parfois avec retenue dans les commentaires, appréciant les internautes qui laissaient les leurs dans cet espace, j’ai appris à l’admirer derrière sa discrète présence pour toutes les immenses qualités qui émanent de sa personnalité …

Eh bien je viens d’apprendre qu’elle est hospitalisée quelque part du côté de Ouarzazate ou de Marrakech pour une maladie foudroyante qui même sous nos latitudes demande des soins extrêmement énergiques, beaucoup d’antibiotiques, et un facteur chance énorme pour pouvoir en réchapper !

Alors, comme je sais qu’elle avait prié pour moi lors de ma propre hospitalisation et de l'intervention chirurgicale que j‘ai dû subir, qu’elle s’était jointe par pensée à toutes les formes de pensées et de prières qui formaient une chaîne quand j’étais au plus mal et que j’ai éprouvé physiquement l’extraordinaire force que cela m’a apporté, que je peux témoigner de l’efficacité de la puissance des convergences de pensée dans le cadre précis d’une telle épreuve, je voudrais maintenant vous joindre aux pensées positives et fortes que je lui envoie .

Peu importe que vous ne la connaissiez pas : vos prières si vous êtes croyants (quelle que soit votre croyance ou religion), vos pensées positives, fortes et porteuses de pure énergie si vous n’êtes pas croyants lui parviendront en s’ajoutant aux miennes et l’aideront comme elles m’ont aidé, soyez-en certains (es) !

Dans un prochain article je vous reparlerai de l’entraînement dans lequel je viens de m’engager à nouveau pour pouvoir dès la rentrée (j’espère) reprendre ma participation picturale à l’exploration du gouffre de l’Aven Noir (séjours souterrains qui sollicitent énormément l'organisme), et vous prouverai à quel point celles et ceux d’entre-vous qui m’avez aidé par pensée avez été efficaces : je ne pense pas que tous les individu sortant coup sur coup du type d’accident que j’ai eu (avec la fracture cervicale et le trauma crânien qui l’accompagnait) m’obligeant à une immobilisation de plusieurs mois immédiatement suivie de l’opération que je viens de subir pour une toute autre chose encore plus perfide (et qui ne me donnait à moyen terme aucune chance de survie), puissent aussi facilement que je peux y parvenir en ce moment, reprendre des activités sportives soutenues où toutes les potentialités physiques et physiologiques sont sollicitées à leur maximum !

C’est bien la preuve, (vu que je suis loin d’être une force de la nature) que le mental joue un énorme rôle dans le combat contre la maladie, surtout s’il bénéficie d’énergies en « valeur ajoutée » venant de pensées amies connues aussi bien qu'inconnues, et de forces que j’ai pendant quelques jours particulièrement perçues de très concrète façon …

Alors aujourd’hui c’est à Fati qu’il faut penser, de toute notre force, de toute notre foi, et même si vous n’y croyez pas pensez à elle, voyez-là guérie, et qui sait, peut-être qu’un jour, vous aussi vous serez heureux (se) qu’on pense à vous comme cela ?

C’est à Fati que je dédie cette petite chapelle en espérant que les prières dites en ses murs rejoindront toutes celles qui pourraient lui porter chance et l’aider à guérir …

Il s'agit de la jolie chapelle de La Clarté en Bretagne, sur la côte de Granit Rose, au milieu des hortensias . (Aquarelle Alain MARC) .

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