Roland PÉLISSIER, spéléonaute dans l’univers de l’Aven Noir .
Avec cet article débute la nouvelle rubrique « portraits », galerie que je voudrais captivante, en tout cas inspirée par des personnages passionnants, atypiques ou singuliers, mais qui ne peuvent absolument pas laisser indifférents .
Je vais traiter le portrait de Roland, que j’esquisse ici pour vous, en deux parties comme je le ferai souvent dans cette nouvelle série : la première nous permet aujourd’hui de découvrir cet explorateur, la seconde sera davantage consacrée à son « reflet » à travers sa « découverte miroir », car il n’est pas de personnalité dont l’œuvre ne soit le prolongement .
Le point de départ de notre singulière rencontre remonte à presque 40 ans en arrière, vous voyez que cela ne date pas d’hier !
C’est en parcourant les grands espaces de notre région des Causses et des Cévennes que nous nous sommes rencontrés à ce moment-là .
Lui avait déjà depuis longtemps ouvert des « premières » dans les espaces souterrains, je m’essayais à en ouvrir d’autres avec mes amis (es) grimpeurs (ses) sur les parois des gorges et canyons communs à nos terrains de jeu …
Nous avons même fait équipe tant pour l’escalade que pour la spéléologie .
Et puis mes activités professionnelles se sont faites plus pressantes et m’on éloignées de nos causses et falaises favoris . Nous nous sommes perdus de vue ...
Le jeudi 10 février 2005, coup de tonnerre et gros tire dans les journaux :
« Causse Noir : unique au monde ! Une grotte d’une exceptionnelle richesse découverte . »
Titre et photo à la
« une » du journal CENTRE PRESSE, ce 10 février 2005, un quotidien parmi tant d’autres qui ont annoncé la nouvelle au grand public …
Avant même de lire les articles, je compris qu’il y avait « du Pélissier » là-dessous .
Car Roland n’en était pas à un coup d’essai . Auteur de plusieurs ouvrages et publications consacrées à la spéléologie, il avait depuis 1965 contribué à de nombreuses recherches et explorations tant dans l’Hexagone qu’à l’étranger .
Il a été aussi le Président fondateur de plusieurs clubs régionaux de spéléologie, son statut de B.E.E.S. lui ayant permis de former des spéléologues aujourd’hui chevronnés .
Mais ce que je note comme particulièrement intéressant dans sa carrière, c’est son rôle dans la fondation du Spéléo Secours Français en 1976, son implication dans les techniques des secours souterrains, les différents sauvetages auxquels il a participé et les vies humaines qu’il a contribué à sauver : Sécurité Civile, Ministère de l’Intérieur, instances et organismes départementaux tels les préfectures de la Lozère et de l’Aveyron, le SDIS, etc., ont pu compter sur ses services et compétences pendant de longues années .
Pas étonnant alors qu’il ait été récompensé d’honneurs méritoires comme la Médaille d’Argent de la Jeunesse et des Sports, celle d’Or du Travail, et récemment l’une des plus prestigieuses pour qui connaît sa valeur humaine et scientifique : celle du Club Cévenol pour la Recherche et le Développement des Causses et Cévennes, un symbole très fort qui évoque directement la mémoire d’un illustre maître, l’hydrogéologue et explorateur E.A MARTEL, le père de la spéléologie, dont je vous reparlerai plus tard .
Roland PÉLISSIER . Si j’écris « spéléonaute » , ce n’est pas par erreur . Plus qu’un néologisme c’est une
certitude, un constat, une évidence : il conduit avec ténacité et persévérance contre vents et marées ses convictions et son intériorité dans les profondeurs et les pénombres de l’Aven Noir comme
Jason conduisit l'équipage d'Argo vers la Toison d’Or . Quel extraordinaire voyage ne mérite-il pas la naissance d’un lemme nouveau ? (Croquis aquarellé Alain MARC)
Dans le prochain article, nous entrerons dans l’intimité de cette passionnante découverte qui lie Roland PÉLISSIER à l’Aven Noir, nous en verrons la gestation et pourrons mieux comprendre son engagement dans la protection et la défense de cet extraordinaire patrimoine souterrain .
J'ai créé cette bande son d'illustration musicale pour le montage vidéo que j'ai réalisé sur l'Aven Noir à partir des photos de Roland PÉLISSIER, prises par le collectif des photographes spéléologues . Je le présenterai en deuxième partie de ce portrait, lors du prochain article .

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Voici l'entrée de l'Aven Noir depuis le haut de l'éboulis dans la première grande salle, en contrebas du puits de départ . On se rend bien compte sans être expert du monde souterrain, du gigantisme de ce lieu, de son atmosphère envoûtante, de sa lumière magique, du mystère se dégageant de ses ténèbres . Quant à l'ambiance de la descente pendu au fil d'Ariane qui nous relie à la surface, il n'est qu'à comparer la taille de Roland en train de descendre (dans le cercle turquoise avec son sac pendu sous lui, voir agrandissement photo ci-dessous) avec les éléments environnants, pour prendre conscience de notre insignifiance devant les grandeurs du monde minéral . (Photo Alain MARC)
En médaillon l'agrandissement du détail contenu dans le cercle turquoise ci-dessus . Roland PELISSIER au descendeur . La corde est le petit trait blanc où il est accroché . En jaune 1,50 m en dessous, le kit du matériel et des vivres pour la suite de la descente . (Photo Alain MARC)
Quelques puits, cheminées, diaclases et heures plus tard, Roland interrompt notre progression pour un premier ravitaillement en eau potable à une source souterraine, qui même si elle paraît noire sur la photo était d'une incroyable pureté . (Photo Alain MARC)
Il ne peut y avoir de bons explorateurs sans bons coéquipiers . Jean-Louis GALERA est de ceux-là : discipliné, discret, efficace, expérimenté et fidèle en amitié . Je vous reparlerai aussi de lui plus tard . Il m'ouvre le passage en s'engageant ici dans les profondeurs du deuxième puits .
Pour moi, le but de cette « Odyssée » était une fois de plus de réaliser croquis et aquarelles en conditions engagées . À chacun sa spécialité : la mienne est la peinture, l'écriture et le carnet . (Photo Jean-Louis GALERA : ma pose peinture au camp de base souterrain)
Je vous présente Romain LENANCKER . C’est la première fois qu’il participe à cette Biennale, il fait partie de ces nouveaux venus pleins d’initiatives et d’idées . Graphiste il s’intéresse avec caractère aux caractères typo, certes, mais aussi à celui des choses et des êtres qu’il a rencontrés . (Photo Alain MARC)
Prendre des risques, ne pas avoir peur de rater, reprendre, recommencer, s’affirmer « autrement » fait partie de la démarche de Romain . Ici une page de son carnet « Savoies », où le jeu des textures, des matières et la mise en page nous entraînent dans une grande originalité .
Edouardo DI MURO ne cessera jamais de nous étonner : né à Cuneo en Italie, cet africain de cœur et d’esprit scrute ce vaste continent avec les yeux d‘un explorateur . Il a réalisé un nombre incroyable de dessins d’Angola au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire, Afrique du Sud, Sénégal, Éthiopie, tous sur le motif . Il les reprend ensuite au Rotring avec une finesse infinie et une patience incomparable : des milliers de petits traits, de points minuscules pour réaliser le moindre motif … (Photo Alain MARC)
Spécialement pour vous (car celui-ci était sous vitrine sans pouvoir être consulté) une page de son carnet du Sénégal : c’est une danse tribale liée à un rite de fertilité . Il lui faut 3 semaines pour réaliser une page comme celle-ci !
Vincent BESANÇON était son voisin de stand . Il vient de Brioude, et architecte de formation utilise le lavis, l’aquarelle et le croquis, procèdés rapides d’exécution pour ramener de ses voyages des planches vivantes et colorées . (Photo Alain MARC)
Voici une double page de son livre « Vietnam », paru récemment aux Editions Gallimard .
Elle se nomme Melle POISON et vient de Nyon en Suisse . Son voyage en Patagonie a été le point de départ d’un joli carnet où j’ai retrouvé la fraîcheur et la pureté des plus jolies images de notre imaginaire faisant penser à des bandes dessinées …
« Quand tu débarques du ferry, tu vois ça ! » … Impression de bout du monde, d’infini, dans chaque page de son carnet des îles Féroé, d’Estonie et de Patagonie .
Stéfano FARAVELLI : l’un de mes carnettistes préféré !D’une immense gentillesse et d’un talent fou . Il a suivi des études de peinture à l’Académie des Beaux-Arts de Turin, puis une maîtrise en philosophie morale et en sciences orientales avant de se consacrer uniquement aux carnets . (Photo Alain MARC)
C’est l’un de ses carnets consacré à sa région, la Ligurie . Admirez la précision, la finesse du trait, la beauté de l’aquarelle et la plasticité de cette mise en page !
Elle aussi est italienne . Elle vient de Florence . Ses carnets sont empreints d’une grande douceur et d’une belle sensibilité . Ils sont doués ces italiens !
Christophe VERDIER en train d’illustrer une page de son carnet .Il dessine un bateau du bout du monde comme celui qui l’a emmené avec les aventuriers de l’Antarctique . Il était l’invité des responsables des Instituts polaires français et italien au cours de la belle aventure qu’il a relatée dans son superbe carnet . (Photo Alain MARC)
Tempêtes de neige, blanches immensités, bateaux couverts de givre, quelques illustrations de son livre « Mission Antarctique, un été au Pôle Sud » paru aux Éditions Magellan et Cie .
Premier coup d’œil sur la Biennale : l’ambiance dans les allées … (Photo Alain MARC)
L’un des ateliers que j’ai eu le plaisir d’animer, (approche technique de l’aquarelle rehaussée et du croquis aquarellé dans l’art du carnet de voyage), au cours duquel chaque participant a pu découvrir ces procédés avec l’appui de tout mon matériel vidéo informatique afin de mieux suivre les démonstrations tout en travaillant en simultané … (Photo Katia FERSING)
Passage des visiteurs sur mon stand . En face, les panneaux où mes originaux et ceux de notre carnet de groupe sont exposés… (Photo Alain MARC)
Voici Sarah LETOUZEY : j’ai rencontré Sarah à la Biennale 2004 et ai immédiatement perçu en elle une grande carnettiste et un immense talent . Diplômée de l’ENSAD, ses voyages l’ont emmené au Mali, au Burkina-Fasso, au Népal et en Birmanie . Sa gentillesse n’a d’égal que sa créativité, et son regard profond sur le monde des hauts plateaux du Pays Dogon est fait d’une sensibilité pleine de douceur et de poésie . (Photo Alain MARC)
Une page de « Amani, impressions en Pays Dogon » de Sarah LETOUZEY aux Éditions La Boussole . C’est le produit d’un long séjour dans le petit village d’Amani où elle a mené un projet pédagogique passionnant : partager son expérience d’illustratrice avec les enfants du village . On trouve donc dans son carnet côte à côte les dessins des enfants et les siens . Aquarelles, lavis, crayon, collages, tissus se mêlent intimement pour restituer des atmosphères empreintes de sensibilité …
Emmanuel MICHEL, personnage sympathique et discret, à la grande richesse intérieure, peintre, sculpteur et carnettiste d’un talent rare, exceptionnel dirai-je même ! Originaire de Bourgogne, passionné par l’humain et ses profonds caractères au cœur des populations, il présentait à la Biennale en plus de ses carnets originaux et ouvrages sur le Guatemala, les Marquises et la Guyanne ainsique son livre consacré à ses peintures et sculptures de ces deux dernières années une dizaine de toiles grand format (huile et acrylique), et 5 sculptures de grande taille . (Photo Alain MARC)
Voici, derrière l’une de ses grandes sculptures à la plasticité épurée et réaliste empreinte d’émotion, l’une de ses toiles à la matière généreuse, où l’espace nous englobe et nous emporte vers de véritables épopées …
Véronique GROSEIL poursuit l’âme du réel jusque sur les sentiers romantiques d’un regard sensible et acéré . Aussi, ses dessins, aquarelles et collages sont empreints d’une douceur et d’une profondeur qui nous amènent à rêver et à découvrir sous la réalité un imaginaire que nous n’aurions jamais soupçonné : nous sommes dans un instant éternisé aux fuyantes vertigineuses qui ne peuvent que nous envoûter … (Photo Alain MARC)
Extrait de « Amiens Jardins » de Véronique GROSEIL aux Éditions Librairie du Labyrinthe . Ce carnet nous invite à parcourir de très originale façon cette ville et ses jardins en mettant nos pas dans les siens : impression de flotter au dessus d’un univers fascinant et singulier …
Pour terminer cette première série de « coups de coeur » dans les allées, je vais vous présenter l’histoire de Stéphane et de la famille Becker . Stéphane est un petit congolais de 11 mois . Il est venu se faire opérer à Clermont-Ferrand d’une grave anomalie cardiaque . Son extraordinaire et poignante aventure est relatée dans un carnet réalisé par Catherine BECKER au cours du séjour de l’enfant de son accueil à l’hôpital jusqu’à son retour dans son pays … Émouvante épopée qui met en valeur le travail d’une association « L’Auvergne pour un enfant », qui œuvre aussi pour sauver la vie d’autres enfants comme lui, et pour former les médecins qui, dans leurs pays respectifs pourront assurer le suivi de leurs petits protégés . Admiration pour cette association au grand cœur qui réussit depuis 2000, ces formidables paris qui ont tant sauvés de vies !
Comme sur le futur tableau d’école où il pourra plus tard saisir d’autres chances de la vie, l’histoire de Stéphane le petit congolais ...
La couverture du carnet d'Aveyron que je dédicacerai pendant la Biennale . Si vous voulez vous procurer cet ouvrage (ou l'offrir pour Noël) et que vous ne puissiez vous déplacer à Clermont-Ferrand , vous pouvez le commander à votre librairie ou le trouver à la FNAC la plus proche de chez vous . (Photo Alain MARC).
Voici le Puy de Gudette en Aubrac, tout au nord de l'Aveyron . Un panoramique double page réalisé à la fonte des neiges, qui fait partie de mon livre sur lAveyron . Le format de l'original est de 30 x 90 cm, il y en a de nombreux autres dans cet ouvrage où j'aborde de nombreux aspects de la vie du pays, sa ruralité, ses traditions séculaires, ses particularités culturelles, son architecture diversifiée, ses paysages superbes, sa faune et sa flore, etc . (Aquarelle Alain MARC)
Cette page de mon carnet du Maroc sera présentée à Clermont-Ferrand . Elle est conçue dans un esprit très différent . Je l'ai réalisée en technique mixte à l'encre de Chine et à l'acrylique sur fond de collages rehaussés au bronze doré . J'apporterai aussi à Clermont-Ferrand des extraits de mon carnet d'Andalousie, toujours en cours de réalisation . (Illustration carnet du Maroc Alain MARC)
Pendant que
les différents vernis de la couverture sèchent, l’assemblage des pages et leur reliure se révèle une opération captivante mais délicate …
La finition intérieure de la couverture du
carnet est aussi très importante : elle est encollée de Relon, ce tissu utilisé par les encadreurs et les relieurs qui est tendu sur des feuilles de papier . 
Voici le carnet terminé .
C’est un bel ouvrage de 160 pages, un véritable livre, une œuvre collective qui est en plus un magnifique souvenir . 
Dernière randonnée sur la piste de l’Assif-El-Had . (Photo Alain MARC)
On vient de loin pour puiser l’eau à l’Assif-El-Had qui prend sa source dans la grande grotte . (Photo Alain MARC)
Nous descendons jusqu’à la grotte pour en admirer les impressionnants volumes, accompagnés d’ enfants joyeux qui crient et chantent pour en réveiller l’écho . (Photo Alain MARC)
Les petits ânes de Bernadette CAZAL .
Derniers regards aux petits villages accrochés à la montagne par Magali CHADEAU …
Celle-ci en fait partie : c’est une page du carnet de Marylène DERRIEN .
Dernier survol de la plaine du Souss … (Photo Alain MARC)
Avec le beau souvenir du sourire de nos chauffeurs : un grand merci à eux, leur compétence, leur connaissance des pistes parcourues . Sans eux nous ne serions jamais arrivés à parcourir ces 1100 km en si peu de temps tout en réalisant un carnet de voyage aussi complet, en prenant le temps de nous arrêter et de faire aussi quelques belles randonnées … (Photo Alain MARC)
Et enfin un grand merci à notre interprète et guide Hassan ESSAF, formidable professionnel qui nous a aidé à mieux aimer encore son magnifique pays . Sans lui certains échanges avec les habitants des régions traversées n’auraient pu avoir lieu le barrage de la langue étant toujours un problème dans les endroits les plus reculés . Il a su répondre à nos attentes, s’adapter à nos particularités, et surtout avec intelligence et intuition devancer nos aspirations picturales et carnettistes avec un formidable brio . (Photo Alain MARC)
Prise de notes à l’occasion d’une halte « géologique » sur le trajet . (Photo Alain MARC)
La vallée du Paradis, à l’endroit où nous avons rencontré Mina et Mbark AGENDID . (Photo Alain MARC)
La chanteuse Mina, les pieds dans l’eau de l’oued … (Photo Alain MARC)
Catherine a un magnifique modèle pour en faire une page de carnet … (Aquarelle Catherine HEREN)
Mbark AGENDID, chanteur berbère à qui je consacrerai prochainement un portrait . (Photo Alain MARC)
Le tagine de poulet au miel, aux amendes et au raisin d’Imouzzer . (Photo Alain MARC)
La Vallée du Paradis de Magali CHADEAU
L’architecture caractéristique des maisons dans cette région du Haut Atlas . (Photo Alain MARC)
Nous réalisons à cet endroit-là une séance de peinture fort instructive sur des pages de papier journal déchirées … (Page du carnet de voyage de Viviane BARBIN) .
Fin de la journée par une belle randonnée sur la piste descendant au fond de cette vallée . (Photo Alain MARC)