Aquarelliste et peintre voyageur - En peinture, l'art de l'aquarelle est un mode d'expression qui va des carnets de voyages à la création de tableaux : en voici les différentes facettes inspiratrices, techniques et créatives selon Alain MARC ...
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- Les stages "carnets de voyages" sont une véritable immersion dans la pratique du carnet de voyage et de l'aquarelle sur le terrain, orientés "autonomie" ils sont ouverts aux stagiaires ayant assez de pratique pour en profiter pleinement . De la Provence au Jura Oriental et jusqu'en Andalousie, ce sont quelques destinations où vous pourrez aller en 2024...

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Andalousies

«Andalousie, la Route d’Alain MARC», carnet de voyage de Pierre NAVA
Découvrez article après article en cliquant sur les vignettes ci-dessous le carnet spontané de Pierre m’accompagnant en Andalousie, et les «Petites Histoires vidéo» qu’il m’a inspirées :

La-Barca-1b-Pierre-Nava.jpg

Préambule

La Barca 2a Pierre Nava

L'étape de Peniscola

Andalousie b Pierre Nava

Sur la route de l'Andalousie...

Moulin-b Pierre-San Jose 2

Au Cabo de Gata

Bateau Pierre Isleta 3b

La Isleta del Moro

Huebro Pierre vignette

Huebro, la montagne enchantée

Pierre-Nava-Guadix-4-copie-1

Guadix, les maisons troglodytiques

Rio Fardès

Le rio Fardés

23 mars 2006 4 23 /03 /mars /2006 22:24

 

Sur le chemin au retour d’Andalousie …

Fin du voyage en Andalousie, il faut bien rentrer ! Nous le faisons en traînant des pieds, nous arrêtant ici et là sur la route, nous attardant particulièrement dans le petit village d’Alcaraz dans la Mancha .

 

Croquis saisis au vol entre la vallée du Guadalquivir et Alcaraz . (Croquis-aquarellés Yolande GERDIL)

Devant la cathédrale à Alcaraz … (Photo Alain MARC)

Une ruelle donnant sur la cathédrale, croquis aquarellé de Yolande ou Pierre je n’ai pas noté qui l’a réalisé …

 Passage avec escalier donnant sur la place de la mairie à Alcaraz . (Aquarelle Yolande ou de Pierre même chose que la précédente, je n‘ai pas noté !)

Plus haut sur la côte, en retraversant la « Huerta de Valencia » nous décidons de ramener quelques oranges que nous voulons déguster dans les jours à venir pour nous souvenir devant nos aquarelles de tous les bons moments de ce voyage, et c’est le dernier souvenir de ce périple dans le pays de Cervantès qui va marquer notre mémoire et rester gravé sur nos carnets de croquis …

Imaginez : les orangers croulent sous les agrumes, tombant des arbres, jonchant le sol, roulant dans les fossés, ce ne sont pas ces oranges-là qui vont être commercialisées ! (voir les photos de notre passage à l’aller en cliquant ici)

Nous décidons cependant de rechercher un verger où travaillent des paysans occupés à la cueillette afin de demander au propriétaire des lieux quelques oranges à acheter . Nous sortons de l’autoroute, et trouvons aussitôt un groupe d’ouvriers agricoles à la pause au bord de la route . Nous nous arrêtons, demandons le responsable, et c’est une dame qui s’approche sans doute la « chef d’équipe » ou la propriétaire : en réponse à notre demande de lui acheter deux ou trois kilos d’oranges elle nous chasse en nous disant qu’elle ne vend pas d’oranges et qu’on s’en aille !

Nous partons dépités, et voyons un peu plus loin quatre ou cinq voitures alignées le long d’un verger . Des femmes sont accroupies au sol en train de pique-niquer (il est presque 13 h) avec en guise de nappes des carrés de plastique tandis que les hommes s’affairent sous les branches très occupés à ramasser les agrumes, avec une rapidité et une conscience professionnelle extraordinaire . Seul l’un d’entre eux ne fait rien appuyé à la première voiture, nous présumons que c’est le propriétaire . Nous allons vers lui et lui demandons qui est le responsable, afin d’entre en négociation . Oh, surprise : regards noirs, suspicieux, tout le monde s’arrête de travailler, les oranges tombent des mains, les femmes replient les nappes de plastique avec les pique-niques dedans comme des balluchons, précipitations de toutes parts et avant même qu’on aie eu le temps de réagir tout ce petit monde est dans les voitures qui partent à toute vitesse !

Immense rigolade : on est tombés sur une bande de gitans qui ravageaient un verger alors qu’on roule depuis des kilomètres dans l’espoir d’un achat honnête et scrupuleux … Et dire que pour trois oranges, il suffisait de les ramasser sous des arbres dépassant au dessus de la route !

Les orangers en contrebas d’un talus avec des cyprès sur fond de sierras dans le coin de notre rencontre avec les gitans … (Aquarelle Yolande GERDIL ou Pierre NAVA)

 Vous pouvez découvrir l'ensemble de ce voyage pictural en allant dans les catégories "Voyages et aquarelle" « Extraits vidéos » et "Voyages sonores" (colonne à gauche de cette page), et en cliquant tout en bas de la page d'accueil ainsi ouverte (chiffres en petit en bas d'écran 1, 2, 3, etc.) ce qui vous ouvrira la page suivante .

 

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22 mars 2006 3 22 /03 /mars /2006 23:35

 

La campagne autour d'Espejo …

J’avais prévu dans le programme du stage carnet de voyage d’avril prochain une matinée dans la « campinia » des vignobles de Montilla-Moralès où on élabore ce bon vin servi dans les bodegas de Cordoue .

 

 

Quelques aspects de la « campinia » entre champs de blé, vignes et oliviers . (Croquis-aquarellés Yolande GERDIL)

Je voulais donc vérifier aujourd’hui que la campagne andalouse n’a pas changé et qu’on retrouverait les mêmes jolis coins que les années passées pour garer le bus et peindre si je choisissais cette option, car j’avais par ailleurs le regret de n’avoir pas programmé une matinée de panoramique à Cordoue, depuis la rive droite du Guadalquivir pour peindre les moulins arabes, la mosquée cathédrale et le pont romain . Les jours de stage étant limités il faudra faire le meilleur choix, même si au départ c’est à Montilla que je pense que nous irons travailler . C’est dons dans l’indécision que nous prenons la route pour Montilla .

Oliviers dans la « campinia » du côté d’Espejo, un aquarelle que j’avais peinte en 1991 un soir d’été … (Aquarelle Alain MARC)

Premier constat première déception, tous les endroits où nous aurions pu nous installer sont impraticables ou ont disparus (constructions sur les parkings, bas-côtés réaménagés, plantations diverses, etc. ) . Les routes ont toutes été complètement refaites ici et nous ne trouvons pas un seul mètre de bitume qui ne soit surélevé par rapport aux bas-côtés : il n’y a que les tracteurs et voitures possédant une haute garde au sol qui peuvent (par endroits seulement) accéder aux oliveraies ! Quant à Montilla, ce n’est plus le charmant village blanc que je connaissais : bâtiments industriels, distilleries et hangars en gâchent les plus intéressantes perspectives …

Le village blanc d’Espejo et son vieux château arabe au milieu de ses oliveraies, éclairé par la lumière du soir … (Photo Alain MARC)

Nous quittons donc sans regrets ses parages pour revoir Espejo au milieu des oliviers . Mais là aussi nous avons beau tourner des heures autour du joli village blanc, aucun point de vue sécurisé et facile d’accès n’existe ici . Nous battons encore la campagne quand le soleil se couche, drapé de nuages flamboyants comme des capes de toreros tournoyant au dessus des oliviers .

Il est encore très tard et nous rentrons convaincus que c’est bien le panoramique de Cordoue qui s’avère le thème de travail le plus intéressant !

 Le même village sous un autre angle par Yolande . (Aquarelle Yolande GERDIL)

Le ciel change sans arrêt, éclairant la campagne des premiers feux du soir …(Aquarelle Yolande GERDIL)

Le soleil couchant ce soir sur l’Andalousie . (Photo Alain MARC) 

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20 mars 2006 1 20 /03 /mars /2006 20:17

 

Andalousie, Cordoue, d’églises en patios …

 

De la Corredera nous pensions nous diriger vers les quartiers nord, ceux de l’ancienne ville basse . Ils regorgent de lieux à caractère comme grand nombre d’églises représentatives de la transition entre l’art roman et gothique pour la plupart bâties sur d’anciennes mosquées pendant la reconquête . Il y a aussi des palais comme celui de Viana et d’autres endroits emblématiques de la ville tels le calvaire du Christ aux lanternes ou la fameuse tour San Nicolas, un autre clocher - minaret accolé à l’église du même nom .

Et puis, comme partout à Cordoue de magnifiques patios perceptibles depuis les portes entrouvertes, car les cordouans sont fiers de leurs patios, mais il faut être curieux pour les découvrir, et si on n’ose pas regarder à l’intérieur des cours beaucoup de petites merveilles risquent de nous échapper !

« Le patio aux grandes colonnes » . (Aquarelle Alain MARC)

Mais c’est la fête qui nous entraîne et sans vraiment nous en apercevoir nous arrivons à la « Plaza del Porto » ainsi nommée à cause de sa jolie fontaine surmontée de la sculpture d’un poulain, un lieu auquel les cordouans sont très attachés . D’un côté de la placette se trouve le musée des Beaux-Arts, de l’autre l’auberge où séjourna Cervantès pendant qu’il écrivait une partie de son fameux « Don Quichotte » . Endroit charmant d’où part l’Impasse Romeros Barro dans laquelle une halte s’impose à la « Plateros de Vinos », fameuse bodega où se retrouvent souvent les gens du quartier .

Pendant que Yolande et Pierre m’y attendent en dégustant d’excelle « albondigas » je file en face dire un petit bonjour à Madame Maestre, une dame adorable, figure du quartier et amie de longue date puisqu’elle nous recevait dans sa pension de famille dès mes premiers séjours en Andalousie .

L’ambiance bonne enfant de la bodega « Plateros Vinos » saisie entre deux tapas par Yolande … (Aquarelle Yolande GERDIL)

Bientôt je retrouve mes amis et nous filons à la Place San Francisco toute proche . Je ne sais pourquoi j’aime tant cet endroit pourtant considéré encore parfois comme mal famé ! Sans doute parce qu’elle ressemble à une gravure romantique du vieux Cordoue qui me plonge dans une profonde nostalgie avec ses mendiants s’abritant sous les arcades et ses andalouses alanguies venant puiser l’eau à la fontaine qui coule devant l’église …

Calle de San Fernando : à chaque lieu un souvenir particulier . Je me souviens d’un jour d’automne merveilleux il y a quelques années . À la nuit tombante . Sur le trottoir, à la porte d’un bistrot, quelques mobylettes et …devinez quoi ?

- Un cheval blanc, magnifique petit cheval andalous, qui attendait sagement son maître attaché à l’oranger le plus proche ! Image inattendue et poétique dans une rue à la circulation non négligeable, presque surréaliste et pourtant si profondément « andalouse » .

La fontaine « del Porto », le poulain de la petite place devant l’auberge où séjourna Cervantès . À cette époque-là, il devait y en avoir partout des chevaux andalous attachés aux orangers !

É motion, et constat que Cordoue est toujours resté ce grand village polarisant toute sa « campinia », que les premières manades de « toros bravos » sont à la sortie de la ville (je vous reparlerai un jour de tauromachie sujet complexe et délicat s’il en est) et que le mode de locomotion à cheval est celui dont les ruraux sont ici les plus fiers .

- mais où es-tu aujourd’hui beau cheval blanc andalou : Le temps t’aurait-il emporté comme il a emporté tout le reste ? - J’aimerais t’y retrouver et en même temps tous les bonheurs qui faisaient ma joie de vivre à ce moment-là …

Mais voici déjà le « Portillo », grande arcade mauresque permettant de revenir à la Juderia . Nous aurions pu continuer du côté de l’Alcazar (le palis des Rois Catholiques), voir ses jardins et leurs pièces d’eau dont les ingénieux systèmes hydrauliques nous auraient renvoyés à la grande noria en contrebas sur le Guadalquivir que l’on nomme ici la « Albolafia » …

Comme il est fort tard et qu’une grosse journée de repérages nous attend demain dans la « campinia », nous décidons de passer dîner d’un « rabo de toro » (queue de taureau en sauce, plat très fin) chez « Pepe de la Juderia » (un amour de restaurant où il vaut mieux réserver) puis nous rentrons à l’hôtel nous reposer . 

 

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19 mars 2006 7 19 /03 /mars /2006 15:13

 Andalousie, Cordoue, la foire médiévale …

Tout au nord de la Juderia, nous arrivons à « l’Ajarquia », la ville basse . C’est le cœur de la cité moderne . Animation inhabituelle place des Tendillas, plus encore rue Claudio Macello, et immense surprise en arrivant place de la Cordera, cette place carrée caractéristique de Cordoue avec ses arcades tout le tour comme en trouve beaucoup en Castille : elle a retrouvé sa vocation première de lieu de cérémonies et festivités, d’agora au XII ème siècle !

C’est qu’elle est noire de monde, de grands oriflammes pendent aux balcons au dessus d’un invraisemblable hourvari de baraques et stands multicolores . Nous tombons en pleine foire médiévale en faisant un voyage qui nous ramène des siècles en arrière, au milieu des bateleurs, taverniers et artisans qui haranguent le promeneur .

Tout d’un coup c’est l’averse qui disperse les promeneurs . Ils se réfugient sous les bâches des exposants ou sous les arcades, comme ici au débouché de la rue du Toril . (Photo Alain MARC);

Voilà le genre de surprise que l’Andalousie peut vous réserver, puisant ses origines dans ses profondes racines … Nous nous fondons dans la foule et nous laissons emporter par cet extraordinaire voyage dans le temps …

 Si vous possédez le lecteur multimédia « Microsoft Windows Média Player », vous pouvez facilement visionner ce clip en cliquant sur le bouton de lecture .

Attention : même si je l'ai énormément compressé pour en permettre l'accès aux personnes ne possédant pas l'ADSL, il leur faudra attendre 8 mn environ en 56 K le chargement complet de la vidéo après avoir cliqué sur le bouton de lecture, mais si elles lisent la suite de l'article pendant ce temps ce délai sera vite passé !

Yolande dessine les bateleurs jouant de la musique médiévale, un excellent groupe qui entraîne les spectateurs sur son sillage ! (Croquis Yolande Gerdil)

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17 mars 2006 5 17 /03 /mars /2006 21:25

 

Andalousie, Cordoue, quartier de La Juderia …

 

Nous avons retrouvé le lacis des ruelles de la Juderia .

C’est l’ancien quartier juif dont la prospérité était si grande à l’époque Omeyyade : philosophes, scientifiques, administrateurs de grande renommée issus de cette communauté, protégés par les souverains musulmans, éclairaient de leur pensée tout le bassin méditerranéen médiéval . La tolérance et l’humanisme de certains d’entre eux tels Averroès ou Maimonide participent encore aujourd’hui au rayonnement historique de Cordoue .

« Calleja del Indiano », petite impasse de « L’indien » dans la Juderia . « El Indiano » (ou « El Incas ») était le surnom donné à Garcilaso De la Vega né à Cuzco en 1539 fils d’un gentilhomme espagnol et d’une princesse inca . Écrivain célèbre qui s’est surtout consacré à ses origines inca, il vécut à Montilla puis à Cordoue . (Photo Alain MARC)

La ruelle des fleurs (en photo cette fois) derrière la mosquée cathédrale dans la Juderia . (Photo Alain MARC)

Ce savoir qui fait partie de cette extraordinaire culture d’Al Andalous est aussi l’un des thèmes de notre quête sur la Route du Califat des rivages d’Almeria jusqu’aux vestiges archéologiques de Cordoue tels la Médina Al-Zahira .

La Médina Al-Zahira est l’ensemble des palais et jardins somptueux bâtis au X ème siècle par le calife pour sa favorite, à l‘écart de Cordoue sur de faibles hauteurs dominant la vallée du Guadalquivir . Ce n’est plus aujourd’hui qu’un champ de ruines car les berbères révoltés d’être tenus à l’écart du pouvoir aristocratique s’en emparèrent et le détruisirent, mais ce sont des ruines touchantes, qui ont une âme indéfinissable, et qui sont suffisamment éloquentes pour se permettre d’imaginer l’antique splendeur des lieux . (Photo Alain MARC)

Car ce sont bien plus que des vestiges ou de beaux monuments que nous livre l’Andalousie de cette époque : c’est une richesse dans l’art de vivre et de penser, une fusion de ce qu’il peut y avoir de meilleur dans le brassage des cultures et des civilisations .

En résumé tout ce qui peut donner au mot « liberté » une connotation universelle à travers un épanouissement accompli dans la connaissance, le respect et la tolérance .

Andalouse passant devant une fenêtre omeyyade dans la Juderia à Cordoue . Il faut être à Cordoue pendant la fête des patios et la féria de mai . C’est alors un grand bonheur que d’aller le soir de patio en patio aux fêtes données chez eux par les cordouans, se laisser guider par la musique qui monte dans les blanches ruelles et y rencontrer un flamenco véritable, spontané, où les filles en robes à volants, mantilles et châles de soie sont plus jolies les unes que les autres, et les guitaristes tous des surdoués ! (Aquarelle Alain MARC)

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16 mars 2006 4 16 /03 /mars /2006 21:46

Andalousie, Cordoue, une cathédrale dans la mosquée ?

Nous étions sous la magie des colonnes et arcatures de la mosquée .

Et tout d'un coup, au beau milieu de ce merveilleux équilibre d'architecture inspirée, l'affreuse, l'abominable cathédrale toute dégoulinante d'argenterie, de dorures et « d'empesantes » boiseries .  

Ne croyez pas que je n'aime pas les cathédrales : je suis très sensible à la beauté et à la mystique magnificence de la plupart de ces monuments lorsqu'ils ne s'érigent pas en alibi dévastateur d'un quelconque fait d'armes, mais en vaisseau de la foi reflétant l'art et la grandeur de leur époque .

Mais celle- là est ici l'ostentatoire fruit d'une agression, que dis-je ? - d'une profanation ! N'oublions pas que pour affirmer leur puissance et leur gloire les bigots ecclésiastiques de Charles Quint et de ses « reconquérants prédécesseurs » détruisirent la plus grande partie du coeur de ce qui était une véritable splendeur . Charles Quint lui-même lorsqu'il découvrit l'ampleur de la dévastation s'en émut et la regretta . On imagine mieux ce que fut cet outrage appliqué à un pays tout entier !

Je suis toujours choqué lorsqu'une civilisation, une culture, une religion en écrase une autre par affirmation de dominance et de suprématie . Erreurs du passé qui devraient nous être utiles pour ne pas reproduire les mêmes aujourd'hui, mais cela c'est un autre débat dans une réalité bien différente .

Pendant que je me posais toutes ces questions, Yolande et Pierre ont pas mal travaillé : voici « l'alminhar » de Pierre, parmi un grand nombre d'esquisses, croquis et aquarelles réalisés ce matin . (Aquarelle Pierre NAVA) 

Car toute civilisation comme tout individu a ses richesses et ses beautés : devant ces carillons qui sonnent à toute volée, je ne sais si je dois être meurtri par la vision des symboles d'une religion qui en a chassée une autre, ou si je dois m'émouvoir et m'enthousiasmer de la synthèse architecturale de deux belvédères d'appels à la prière, qui, quoi que les religions soient différentes, s'adressent à un unique et même Dieu !

C'est cette dernière position que j'adopte en quittant la cour des orangers .
 

Si vous possédez le lecteur multimédia « Microsoft Windows Média Player », vous pouvez facilement visionner ce clip ici :

Attention : même si je l'ai énormément compressé pour en permettre l'accès aux personnes ne possédant pas l'ADSL, il leur faudra attendre 7 mn environ en 56 K le chargement complet de la vidéo après avoir cliqué sur le bouton de lecture, mais si elles lisent la suite de l'article pendant ce temps ce délai sera vite passé !

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15 mars 2006 3 15 /03 /mars /2006 22:00
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 Andalousie, Cordoue, la mosquée cathédrale .

Voici La « Mezquita » . Faire le tour de la mosquée, découvrir ses portes, son décor extérieur sobre et rigoureux, prendre conscience de sa dimension …

Enfin c’est l’entrée monumentale dans la cour des orangers par la grande porte du Pardon .

On est tout de suite devant la fontaine des ablutions, seul bassin bruissant d’eau claire reflétant le ciel où viennent boire les oiseaux . Tout autour dans la cour quelques palmiers, un ou deux cyprès, et les orangers entourés de leurs canaux d’irrigation .

Sensation de sérénité et d’équilibre, on perçoit déjà un lieu de haute spiritualité .

Sereine beauté du bassin des ablutions où quatre fontaines déversent l’eau claire qui part ensuite dans les canaux d’irrigation des orangers . Pour entendre l'ambiance sonore de la mosquée - cathédrale, cliquez sur l'image ci-dessus . (Photo Alain MARC)

Nous entrons dans la mosquée . On est immédiatement saisis par l’ambiance quasi-magique des lieux .

Un univers qui vous enveloppe de sa lumière diaphane au milieu d’une forêt de colonne et d’arcatures uniques dans tout l’occident dont l’harmonie vous immerge jusqu’à vous faire frissonner . (Photo Alain MARC)

Imaginez cette multitude de colonnes et d’arcs éclairés par des milliers de lampes à huile le parterre multicolore des tapis de prière, les portes ouvertes sur la cour des orangers et les ruelles, l’incomparable mihrab étincelant dans le sanctuaire de prière …

Pierre marche en dessinant, tandis que Yolande s’est assise sur un banc . Tous deux sont pris par la magie des lieux et se délectent des arcs outrepassés parfois trilobés et superposés dans d’aériens enchevêtrements architecturaux . (Aquarelle Pierre NAVA)

La forêt des colonnes et des arcades de Yolande GERDIL .

     

Vous entrez dans ce voyage sonore si vous avez le lecteur multimédia Quick Time, vous pouvez l'arrêter en cliquant sur le bouton d'arrêt, le relancer avec celui de lecture ; si vous n'avez pas l'ADSL attendez le téléchargement du fichier son, cela ne durera plus de trois ou quatre minutes (vous pourrez même enregistrer ce fichier sur votre ordinateur pour le réécouter quand il vous plaira) .  

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14 mars 2006 2 14 /03 /mars /2006 18:17

 

Andalousie, Cordoue, dans les ruelles .

Nous étions hier au soir aux portes de Cordoue . Nous y sommes entrés en une brève visite nocturne qui nous donna un premier aperçu de la vieille ville .

 

Nous avons vu combien la nuit magnifie ici la puissance mesurée de son austère profondeur, avec de surcroît la perception du charme indéfinissable de tous les songes de l’histoire …

Mais la Cordoue que j’aime le plus est celle du petit matin, surtout à la belle saison quand la ville s’éveille et que les premiers rayons de soleil frappent le clocher-minaret de la « Mezquita » . Tout paraît alors rafraîchi, d’une légère et surprenante netteté . Les murs plus blancs que jamais . Les décors ocres et sanguine de certaines façades comme rajeunis transmettent une sorte d’allégresse difficile à expliquer …

Angle de la placette Trinitad et de la rue Santa de la Feria : la ruelle s’anime au soleil du matin, avec en toile de fond la « Torre del Alminar » (tour du minaret), le clocher de la mosquée cathédrale . (photo Alain MARC)

Comme partout en Andalousie à cette heure-là, les sons paraissent plus cristallins, et dans cette avidité de tout découvrir on éprouve une juvénile euphorie à s’insinuer ainsi dans l’âme secrète d’une ville qui s’éveille .

Nous nous dirigeons vers la mosquée cathédrale, la « Mezquita » . L’idéal est de ne pas loger trop loin afin de traverser à pied la Juderia (l’ancien quartier juif), pour y parvenir . Car la « Mezquita » se mérite par l’enchantement d’une sorte de parcours initiatique à travers les étroites ruelles avant d’y arriver . Ces itinéraires sont à la fois ludiques et instructifs : ici une ancienne colonne arrachée à la forêt de sa salle de prières, là un pittoresque point de vue sur le clocher - minaret …

L’une des ruelles emblématiques du vieux Cordoue en plein cœur de la juderia : la « Calljuela de las flores » avec ses innombrables pots de géraniums accrochés aux murs, qui aboutit dans une minuscule et adorable cour fleurie . (Aquarelle Alain MARC)

 

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13 mars 2006 1 13 /03 /mars /2006 18:54
 

 Andalousie, arrivée à Cordoue .

 

Je ne sais s'il vaut mieux arriver à Cordoue le jour ou la nuit ...

Ce que je sais c'est qu'il faut voir Cordoue la nuit . Il y règne une atmosphère particulière que je n'ai rencontré nulle part ailleurs en Andalousie . On dirait que les pierres nous parlent, qu'elles exhalent un étrange parfum d'histoire empreint de mystère et de splendeur . Comme si son fabuleux passé voulait émerger de l'obscurité, mêlant aux reflets du Guadalquivir sa parure ambre et argent, se drapant d'une incomparable lumière dorée ressemblant à celle des mosaïques de l'étincelant mihrab de la mosquée .

Au premier plan un moulin arabe en ruines . Nous sommes au bord du Guadalquivir . En face la mosquée, d'où émerge l'ensemble massif de la cathédrale érigée en plein milieu par Charles Quint . À gauche, la silhouette élancée du minaret transformé en clocher . Très forte impression d'un joyau qui sommeille là-bas nimbé de toute la nostalgie du califat omeyyade . Comme ce devait être beau quand les chrétiens entrèrent dans la ville ! (photo Alain MARC)

 Sur mon aquarelle le pont romain qui franchit le Guadalquivir est à gauche, on ne le voit pas . Ce qui m'intéresse c'est cette accumulation architecturale qui émerge de la nuit jetant sa lumière dans le fleuve, comme le phare toujours lumineux d'une civilisation qui se drape dans son lizar d'éternité . (aquarelle Alain MARC)

Voici le pont romain en question, photographié un peu plus loin . La massive tour qui en protège l'entrée c'est la « Calahorra », forteresse musulmane remaniée par les chrétiens, telle une sentinelle guettant pour mieux défendre les vestiges des fabuleuses beautés cachées au bout du pont . (Photo Alain MARC )

Il fait noir de ce côté du pont, et les rumeurs de Cordoue ne nous parviennent que dans un lointain murmure . On n'oserait pas franchir le fleuve . On voudrait encore contempler longuement cet écho mêlé de lumière pulvérulente et de musique des bruits lointains de la ville qui ressemblent à de mystérieuses clameurs traversant la nuit, tel un mirage flottant au dessus de l'eau .

Que de richesses débarquaient ici sur les quais du Guadalquivir, ou arrivaient en cahotant sur le vieux pont ?

C'est au pied des murailles que le murmure des pierres se fait le plus fort : nous ne sommes pas encore entrés dans la ville que nous devinons un tempo différent des autres villes d'Andalousie . Nous savons qu'ici un « compas » singulier  nous attend . (photo Alain MARC)

Il ressemble à l'ombre du cyprès sur la muraille !  Il monte au dessus des créneaux comme une flamme de vie, dans le silence, la beauté pure et la discrétion .  Ce n'est pas la langueur de Grenade, ni le rythme joyeux de Séville ou de Cadix . C'est une atmosphère presque recueillie empreinte de mystère et de grandeur retenue . Une cadence où l'importance des heures prend toute sa valeur !

Nous irons demain matin découvrir ce « compas » à la rencontre de la ville, en commençant par la « Mezquita », son plus inestimable joyau .

Mais pour le moment c'est dans un patio typiquement cordouan que nous assouvons notre faim . Celui du « Churrasco », l'un des hauts lieux de la gastronomie dans la cité, au même titre que « Pepe de la Juderia » ou « El Caballo Rojo » . Ne ratez surtout pas si vous y allez, le fameux « salmojero cordobès », ce gazpacho épais saupoudré de jambon et d'oeuf dur, qui vous initiera à la cuisine à la fois simple et raffinée héritée des traditions de la « campinia » et des imports de l'orient .

Pierre dessine l'ambiance du patio du Churrasco où nous dînons ... (Croquis aquarelle Pierre NAVA)

 

        Vous pouvez découvrir l'ensemble de ce voyage pictural en allant dans les catégories "Voyages et aquarelle" et "Voyages sonores" (colonne à gauche de cette page), et en cliquant tout en bas de la page d'accueil ainsi ouverte (chiffres en petit en bas d'écran 1, 2, 3, etc.) ce qui vous ouvrira la page suivante .
 
 
 

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10 mars 2006 5 10 /03 /mars /2006 22:04

 

Andalousie, une halte autour de Zueros …

 

Juste avant Baéna, petit détour par les portes du parc naturel des Sierras Subbétiques et du Labatéjo ( 1380 m, l’un des deux principaux sommets de ce massif, le second étant le Tinosa qui culmine à 1570 m ) .

C’est un espace protégé parmi les plus remarquables de l’Andalousie karstique, où une riche faune d’animaux aussi rares que la musaraigne d’eau ou le chat sauvage vit paisiblement sur plus de 30.000 hectares . La végétation, typiquement méditerranéenne envahit les espaces sauvages qui dominent les cultures d’oliviers, mouchetées en ce moment du blanc et rose des amandiers dont la floraison est presque passée .

C’est en dessous du premier village blanc que nous rencontrons sur cet itinéraire, Luque, blotti lui aussi au pied de son château mauresque, que nous ne pouvons résister à une séance d’aquarelle tant le contraste est grand entre les tendres couleurs des amandiers et l’aspect sombre et hautin de la place forte à contre-jour . (photo Alain MARC)

Le blanc du village se mêle à celui des amandiers et la fière silhouette de la forteresse me fait penser aux châteaux cathares de Quéribus, Peyrepertuse, Montségur, où nous avons été peindre si souvent . (aquarelle Yolande GERDIL)  

Pierre réalise plusieurs ébauches de ce paysage, donnant une interprétation tour à tour douce et poétique ou plus contrastée du motif, selon les passages nuageux et la lumière qui en modifient considérablement la perception . (aquarelle Pierre NAVA)

 

Dans cette aquarelle, je retrouve en moins dramatique l’atmosphère particulière d’une gravure du XIX ème siècle, dégagée de toute façon par ce lieu lorsque l’orage menace ou dans les lumières du contre-jour . (aquarelle Pierre NAVA)

  Plus loin sur la petite route qui serpente en bas du Labatejo : Zueros, un village que j’aime beaucoup, qui avance au dessus des oliviers comme le front d’un glacier avec ses maisons étincelantes de blancheur . (photo Alain MARC)

La Sierra, les oliviers et les arbres en fleurs dessinés par Yolande Gerdil . Au dessus, dominant ce paysage et le village, se trouve la caverne des « Murciélagos », à laquelle nous sommes montés avec le groupe de peinture en 2002, pour profiter d’une vue à couper le souffle sur la « campigna » alentour et la vallée du Guadalquivir tout au fond . (aquarelle Yolande GERDIL)  

Le village de Zueros avec à sa droite sur une arête rocheuse dominant le vide son château nasride se confondant avec la roche environnante . (aquarelle Yolande GERDIL)

Départ de Zueros, passage rapide par Baéna superbe bourgade blanche suivie d’une série d’autres aussi importantes sur la route de Cordoue : Castro del Rio, Espéjo (où nous reviendrons dans 2 jours), Santa Cruz, Torres Cabrera . Elles mériteraient toutes un arrêt prolongé, mais ce sera pour plus tard car l’après-midi est bien avancée et j’aurais aimé arriver à Cordoue avant la nuit .

Les kilomètres défilent vite, nous ne nous sommes pas arrêtés depuis notre départ de Zueros, et un besoin naturel se faisant de plus en plus pressant, je décide de quitter la nationale au premier carrefour trouvé .

En voici un justement, splendide, avec un panneau de stop tout neuf, c’est une « deux fois deux voies », sauf qu’aucune direction n’y est indiquée . Clignotant, on tourne . … Et 30 mètres plus loin, cette splendide route s’arrête d’un coup dans un champ ! Nous nous regardons interloqués, pouvons aller d’un côté à l’autre de la route sans craindre de voir surgir la moindre voiture ! Ultime et inattendue surprise avant notre arrivée à Cordoue . La photo est indispensable pour mémoriser ce souvenir, elle est pour vous qui n’avez peut-être comme nous jamais vu cela .

 

 

Étrange carrefour, flambant neuf, avec une route qui ne mène qu’à quelques mètres dans un talus ! Aucun piquetage n’indique plus loin qu’une voie va être ouverte ici, et aucune route autre que la nationale dans les environs, nous nous posons de nombreuses questions : - exercice d’examen pour les ingénieurs des ponts et chaussées locaux ? - vestiges d’un décor de tournage ? - matériaux et budget à « épuiser » sur ce secteur lors du « re-goudronnage » de la nationale ?

Si quelque un connaît la réponse, qu’il nous en fasse part !

 

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