Aquarelliste et peintre voyageur - En peinture, l'art de l'aquarelle est un mode d'expression qui va des carnets de voyages à la création de tableaux : en voici les différentes facettes inspiratrices, techniques et créatives selon Alain MARC ...
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Andalousies

«Andalousie, la Route d’Alain MARC», carnet de voyage de Pierre NAVA
Découvrez article après article en cliquant sur les vignettes ci-dessous le carnet spontané de Pierre m’accompagnant en Andalousie, et les «Petites Histoires vidéo» qu’il m’a inspirées :

La-Barca-1b-Pierre-Nava.jpg

Préambule

La Barca 2a Pierre Nava

L'étape de Peniscola

Andalousie b Pierre Nava

Sur la route de l'Andalousie...

Moulin-b Pierre-San Jose 2

Au Cabo de Gata

Bateau Pierre Isleta 3b

La Isleta del Moro

Huebro Pierre vignette

Huebro, la montagne enchantée

Pierre-Nava-Guadix-4-copie-1

Guadix, les maisons troglodytiques

Rio Fardès

Le rio Fardés

3 octobre 2006 2 03 /10 /octobre /2006 20:24

Fulgurances de l’instant sur la trace des peintres de la lumière .

Un nouveau stage d’automne se termine au pays de Cézanne, Van Gogh, Gauguin, Brayer, Picasso … Et de combien d’autres qui ont parcouru ces contrées du soleil et du vent aux terres écarlates et pourpre, aux roches éclatantes comme la neige, des couleurs plein les yeux, plein le cœur à faire déborder le Rhône de larmes de bonheur ?

Je ne cesse de respirer la Provence, « ma » Provence devrais-je dire tant je la porte en moi comme un accomplissant secret .

Je retrouve dans ses chemins creux, sur ses sentiers et ses rocailles les mots d’un Matisse inspiré qui disait : « La lumière spirituelle naît de toutes les lumières absorbées » .

J’arpente les Alpilles et la Sainte Victoire en quête d’images empreintes de romantisme et de mélancolie, où la blanche roche du calcaire émerge de sa chevelure de pins dont les cimes blondes, ensoleillées, recouvrent le sous-bois pour mieux y cacher la mémoire des poètes et des peintres … J’y retrouve une muse qui ne m’a jamais abandonné . (Photo Alain MARC)

Je voudrais faire découvrir cela à mes stagiaires . Mais cela ne s’explique pas, ne se raconte pas, ne se dit pas . À peine peut-on essayer d’en transmettre l’évanescente perception, d’en partager la bouleversante intuition …

Cela se fait dans les fulgurances du regard, au premier ressenti des émotions nées de la simple et profonde immersion dans les chatoyantes vibrations du paysage méditerranéen .

 

Dans la lumière verte et bleue des oliviers, l’automne au pied du Luberon . Chacun peint sa Provence : celle qu’il découvre, celle qu’il portera pour toujours au fond de sa mémoire . Les séances s’enchaînent .

Les touches d’aquarelle sont toutes parfumées de lavande et de thym, de sarriette et de romarin . On ne peint pas ce que l’on voit mais ce que l’on devient à travers ce que l’on peint . On apprend plus que la technique dans certains stages d’aquarelle … (Photo Alain MARC)

Alors, peindre n’est plus peindre, voir n’est plus seulement regarder, ressentir est déjà exprimer et il faut aller vite, très vite, avant que le temps ne puisse nous rattraper si on veut lui échapper et prolonger l’instant dans un espace d’éternité qui restera à tout jamais gravé sur un petit bout de papier .

« Les Alpilles en Automne » (aquarelle d’Alain MARC 50 x 65 cm) . J’avais rapidement peint ce paysage à l’endroit même où Brayer avait peint son « Amandier aux Baux » . À grands coups de brosse, pour ne pas laisser évanouir mon émotion du premier instant . La nature flamboyait . Il faisait un peu de mistral . Le propriétaire du champ en dessous, avait coupé d’un coup de tronçonneuse les amandiers de Brayer . Mais les amandiers existeront pour toujours avec deux ou trois fleurs printanières au bout des branches décharnées …

En Luberon, les terres ocres de Roussillon, et le village qui garde encore sa couleur de braise et d’écorce d’orange une fois la nuit tombée, on bercés mes nuits . J’ai cru entendre Van Gogh qui me parlait de la mer et me disait : « …on ne sait pas toujours si c'est vert ou violet, on ne sait pas toujours si c'est bleu car la seconde d'après, le reflet changeant a pris une teinte rose ou grise » .

J’ai attendu le lendemain afin de voir le soleil se coucher et s’insinuer dans les ravines pour s’incarner dans les roches et jouer lui aussi le peintre des derniers instants de la journée … Il a ensuite embrasé l’espace en inondant nos yeux d’amour avec tout ce qu’il n’avait pas déposé sur les rochers .

Car il n’est point de regard faisant évoluer notre art qui ne passe par un sentiment d’amour lorsque la nature s’en mêle . On comprend mieux en regardant les terres ocres de Roussillon se parer des teintes du couchant combien toutes les nuances de la lumière se sont ainsi posées sur les pinceaux des plus grands peintres, servant aussi bien l'impressionnisme que le fauvisme, inspirant toujours le moindre amateur de couleurs … (Photo Alain MARC)

Cette problématique de la lumière qui passe vite, qui change sans arrêt, et puis qui disparaît, est au cœur même de la peinture à l’aquarelle : c’est la lumière qui lui dit que le temps est compté si du motif on ne veut être prisonnier mais au contraire par elle se libérer .

C’est ce que je nomme la « fulgurance de l’instant » : bien observer, aller à l’essentiel oublier les formes pour ne plus faire corps qu’avec l’ombre et la clarté . S’en abreuver et poser les couleurs … Peu importe que le produit qui en naît soit synthétique ou abstrait . Au contraire, quelques taches sont suffisantes pour traduire plus et mieux que la beauté du monde : son essence de vérité, sa présence révélée à notre conscience dans sa pureté .

Ici, le soleil pare d’or et d’éclats cendrés les reliefs de la falaise au dessus du sentier, dans le parc derrière l’atelier . Impossibilité de céder à la tentation figurative tant la nature sait faire abstrait ! (Aquarelle d’Alain MARC 22 x 31 cm)

Savoir se positionner par rapport à la lumière est aussi une nécessité .

Si je choisis très souvent le contre-jour, c’est qu’il apporte la transparence à la luminosité, en accentuant les contrastes, les rendant plus profonds dans les parties bouchées . Les ombres sont alors magiques dans leurs radiations bleutées . Il faut attendre les heures tardives, ou bien vouloir très tôt se lever pour bien en percevoir les nuances et pouvoir les noter .

C’est le jardin d’automne de la marchande de fleurs du village de Vaugines, le soir à contre-jour . Observez . Regardez comme cet ensemble est abstrait . Fermez presque les paupières, laissez le flou entre vos cils resserrés : on retrouve dans le fond des frondaisons de la forêt (mais en bien plus sourd, à peine rabattu), le bleu cobalt des fleurs du premier plan avec un soupçon du rose mauve de celles du second plan mélangés . - C’est que la lumière reprend à son compte les mélanges chromatiques des couleurs naturelles isolées si on sait convenablement par rapport à elle se placer . Jamais en éclairage frontal ou même latéral nous ne percevrions ces subtilités ! (Photo Alain MARC)

Je ne cite guère les lieux où nous avons été . Ils étaient tous enchanteurs dès l’instant où nous savions comment les regarder . C’était comme un carnet de voyage où le nom des étapes était sans importance puisque la lumière nous guidait . Un voyage au rythme des saveurs du regard qui nourrissent notre pensée … Je crois que le passage par la Provence est un passage obligé pour un artiste qui veut avancer . Et je ne parle pas seulement des paysagistes, des figuratifs, ou autres peintres de chevalet . Abstraits, informels, ou même conceptuels peuvent ici se ressourcer .

En ce qui nous concerne nous étions là pour l’aquarelle et ses modestes nécessités ; mais j’ai souvent trouvé sous le ciel de Provence les idées de grandes toiles relevant d’une autre forme de peinture sur laquelle j’aime me pencher mais dont je vous ai bien peu parlé …

Un jour peut-être … En attendant ces « Arbres en Luberon » très rapidement réalisés ne sont que des taches, mais ils restent pour moi le reflet d’une émotion et d’un moment privilégié qui n’a duré qu’un instant . Je les garde pour très longtemps ainsi posés sur le papier ... (Aquarelle d’Alain MARC 22 x 31 cm)  

Encore des taches : c’est la plaine au pied des Baux-de-Provence … (Aquarelle d’Alain MARC 15 x 15 cm)

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30 septembre 2006 6 30 /09 /septembre /2006 21:44

L’huile d’argan :

 

Il ne reste plus qu’à filtrer l’huile en la versant dans les jarres ou dans les bouteilles où elle sera entreposée, quelquefois dans des récipients de plastique, mais ce n’est pas le meilleur des récipients pour la conserver . Il vaut mieux qu’elle ne s’évente pas trop, et qu’elle soit consommée le plus vite possible, c’est pour cette raison qu’elle était traditionnellement élaborée au fur et à mesure des besoins de la consommation familiale . On la mettait alors dans des « taxsayt’n wargan » (calebasses séchées) et elle était consommée assez rapidement .

Antique jarre berbère du sud-ouest de Marrakech . Peut-être semblable à celles qui contiennent encore de l’huile d’argan entre Essaouira et le pays d’Agadir … Je suis séduit par la simple beauté des motifs ocres-rouges et bruns qui décorent cet objet usuel . Ils ressemblent à d’autres motifs ornant certaines de nos poteries néolithiques du sud de la France . (Collection personnelle et photo Alain MARC)

Les vertus de cette huile sont tout à fait extraordinaires .

Pour les soins du corps d’abord : essentiellement composée d'acides gras insaturés, elle sera surtout destinée aux soins de la peau (c’est un excellent anti-rides) . Elle protège aussi le tissu conjonctif, adoucit les cheveux et est souvent utilisée dans le traitement de l’acné, de la varicelle, et pour fortifier les ongles cassants .

Pour ses qualités culinaires ensuite : son goût est généralement très prisé, et sa richesse en matières grasses de type oléique-linoléique lui donne des pouvoirs particuliers . Les acides gras insaturés qu’elle contient en quantité plus importante (80% environ) ne présentent aucun problème de digestion par l'organisme humain, et sont considérés en ingestion régulière et équilibrée comme très efficaces contre le cholestérol et anticancérigènes .

L'huile est par ailleurs préconisée dans les régions de l’arganier pour prévenir les maladies cardio-vasculaires, les risques d’infarctus du myocarde, traiter les problèmes de surdité chronique et de maux d'oreille, lutter contre les rhumatismes et les douleurs articulaires, les risques de fausses couches et de stérilité .

On lui attribue enfin de formidables aptitudes à stimuler et développer la capacité cérébrale …

« Dans la cave aux huiles » (gravure au plâtre d’Alain MARC 15 x 14,7 cm), hommage aux femmes des coopératives de la région du pays des arganiers . C’est donc une gravure au plâtre . Elle représente la porte d’une cave où seraient entreposées de jolies jarres bleues contenant chacune le merveilleux trésor de l’huile d’argan . Je leur dédie cette série d’articles, et j’offrirai à celles qui ont accepté de poser pour moi dans une sympathique coopérative située au bord de la route à quelques kilomètres en partant d’Essaouira (à gauche direction Marrakech), l’autorisation d’utiliser ces motifs sous forme de cartes postales ou sous toute autre forme si cela leur est utile pour ajouter quelques Dirhams à leurs maigres revenus .

Si vous passez par-là arrêtez-vous, saluez-les de ma part et achetez-leur l’excellente huile qu’elles fabriquent : vous en garderez un merveilleux souvenir, vous ferez une bonne action, et vous vous ferez un sacré plaisir !

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27 septembre 2006 3 27 /09 /septembre /2006 21:34

Le pressage de la pâte à la main :

 

C’est la dernière opération, la plus importante car c’est d’elle que va naître l’huile avant d’être filtrée .

Les femmes se sont à nouveau regroupées, et chacune devant son tazlaft’n yîzmi (le plat à bec versoir) malaxe de la main l’amlû, cette pâte molle obtenue par le broyage à la meule des tiznin, les amandes des noix d’arganier .

Ce n’est pas une mince affaire ! Il faut verser sur cette pâte, à l’aide aghwnja (sorte de cuillère creuse), ou avec un pichet à bec fin, un peu d’eau tiède (aman ulbanin) et mélanger le tout jusqu’à ce que la pâte se forme en petits grumeaux dans le creux de la main . Le résultat ressemble à du couscous brillant et ambré .

On pense à ce stade du travail que 100 kg de fruits mûrs et plus de quinze heures de concassage, torréfaction, passage à la meule, malaxage, pressage, ont tout juste suffits pour obtenir un litre d’huile qui servira à l'alimentation ou au soin du corps, suivant la nature des tiznin utilisés, torréfiés ou pas ! (Aquarelle Alain MARC 21 x 29,7 cm)

C’est à ce moment-là que les grumeaux commencent à s’agglomèrer et à former la tazgemmut (ou tazegmut), nageant dans l’huile d’argan .

La tazgemmut est enfin pressée (c’est l’îzmi : le pressage) pour en extraire le plus possible l’huile qu’elle contient encore .

Il ne reste plus après pressage et extraction de l’huile qu’un résidu brun légèrement feuilleté comme des copeaux qui est le tourteau (tazgemmut toujours) qui sera donné comme nourriture au bétail pendant l’hiver car il est extrêmement nutritif puis qu’il contient encore 45% d’huile ne pouvant être extraite d’une façon aussi artisanale .

On pense à ce stade du travail que 100 kg de fruits mûrs et plus de quinze heures de concassage, torréfaction, passage à la meule, malaxage, pressage, ont tout juste suffits pour obtenir un litre qui servira à l'alimentation ou au soin du corps, suivant la nature des tiznin utilisé, torréfiés ou pas !

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23 septembre 2006 6 23 /09 /septembre /2006 21:30

Le passage à la meule des amandes d’arganier .

 

Voici venu le moment tant attendu où l’huile d’argan commence à exister (en partie) grâce à la meule de pierre appelée « azerg’n tîznin »  avec laquelle on va moudre les tiznin (amandes) . Travail de force non négligeable, car pendant qu’on introduit les amandes d’une main dans le conduit central de la meule (ouverture traversant la pierre à cet effet), il faut de l’autre main faire tourner la partie supérieure de la meule avec le manche de bois, ce qui devient vite fatiguant .

 

J’ai toujours été ému et émerveillé par le patient et ingénieux travail de ces femmes qui participent depuis la nuit des temps à l’équilibre et à la nourriture de leur foyer, à travers l’élaboration de cette huile si précieuse qui nous est restée inconnue si longtemps . (Aquarelle Alain MARC 21 x 29,7 cm)

On dispose en dessous de la meule qui est légèrement surélevée un plat de terre spécial, le « tazlaft’n yîzmi », muni d’un conduit qui servira plus tard à verser l’huile dans les récipients à filtres destinés à la récupérer . Mais nous n’en sommes pas encore là, car toutes les opérations ne sont pas encore terminées .

Effectivement, ce n’est pas de l’huile mais une sorte de pâte nommée amlû qui sort de la meule et s’écoule dans le tazlaft’n yîzmi !

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20 septembre 2006 3 20 /09 /septembre /2006 11:44

La torréfaction, étape décisive .

C’est le moment de « l’asslay », au dessus du feu, préparé de différentes façons (généralement sur de petits fourneaux de terre ou de fonte), ou sur des chaufferettes à braises .

Les tiznin, amandes dégagées de la carapace du noyau lors du concassage (l’awrag), sont mises sans grosses quantités dans un afellun, plat d’assez grande dimension en terre posé au dessus du feux ou des braises .

L’opération est délicate car il s’agit de torréfier les tiznin sans les brûler .

Aussi ce sont les femmes les plus expertes qui se chargent de cette tâche en surveillant bien le feu pour qu’il reste doux, tout en brassant doucement les tiznin dans l’afellun afin qu’ils ne grillent que très légèrement, et surtout tous de la même façon .

 

Pendant la torréfaction, l’eau contenue dans les tiznin s’évapore, ce qui entraîne la destruction des substances non lipidiques (dont la saponine qui peut s’avérer nocive en forte ingestion), et l’huile qui était retenue en émulsion dans le suc cellulaire retrouve son homogénéité au sein des amandes, tout en leur donnant un goût prononcé de noisette . (Aquarelle Alain MARC 21 x 29,7 cm)

Cette étape de la torréfaction est importante, car certaines huiles sont fabriquées sans les torréfier : elles sont alors de couleur jaune d’or (et dites « pressées à froid ») et destinées aux soins du corps, alors que celles, bien plus ambrées qui sont réalisées traditionnellement avec les amandons torréfiés, seront réservées aux préparations culinaires, particulièrement appréciées pour leurs qualités aromatiques .

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18 septembre 2006 1 18 /09 /septembre /2006 10:11

Spectaculaire et minutieux geste du concassage des noix d’argan .

 

Les « aqqayn », (noyaux des noix de l’arganier débarrassés de leur pulpe au pluriel), sont maintenant toutes réunies dans des paniers .

Les femmes se livrent à présent au travail le plus spectaculaire mais aussi le plus fastidieux et le plus délicat de la chaîne de fabrication de l’huile d’argan : l’awrag, le concassage des noyaux .

C’est qu’il faut une grande habileté pour tenir entre 2 doigts le noyau lisse et glissant bloqué sur l’enclume de pierre (appelée « assargw’n wawrag »), et frapper de l’autre main d’un coup sec la tranche de clivage de ce noyau avec une autre pierre (la « taggunt’n wawrag ») aux allures à la fois de galet et de hache polie, pour extraire l’amandon (le « tîznint ») si précieux : … mes essais personnels se sont toujours soldés par des doigts écrasés et les fous rires de l’assemblée !

 

Les concasseuses, (appelées « timragin »), se rassemblent en une tiwizi (réunion d’aide collective) au cours de laquelle elles se retrouvent traditionnellement de douar en douar ou dans une coopérative, pour concasser ensemble ces milliers d’aqqayn, en extraire les tîznin, les trier, les préparer et réaliser toutes les opérations que nous allons bientôt découvrir, afin d’élaborer leur si précieux liquide… (Aquarelle Alain MARC 21 x 29,7 cm)

Il faut dire qu’une « aqqa», (noyau d’argan au singulier) est 6 à 7 fois plus dure qu’une noisette, et qu’il faut environ 800 Kg d’aqqayn (noix séchées - pluriel -), pour en extraire 40 kg d’amendons seulement !

Ces 40 kg d’amendons ( « tîznin » au pluriel) ne fourniront à leur tour que 18 litres d’huile d’argan, après une suite d’opérations qui est encore loin d’être terminée au moment de l’awrag …

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15 septembre 2006 5 15 /09 /septembre /2006 16:33

Réponse à une question de pratique picturale .

Je réponds à la question suivante (puisque lors de ma réponse directe au commentaire le lien avec les photos ne s'est pas bien fait dans l'article concerné) au sujet de ma série d'aquarelles consacrées à l'arganier et en particulier celle qui débute les phases de travail de l'élaboration de l'huile d'argan  :

- Tes aquarelles, tu les a faites entièrement devant le sujet ?? ou tu les a fignolées plus tard ??

Ma réponse : - généralement et chaque fois que je le peux je fais mes aquarelles sur le motif, surtout si je veux traduire une atmosphère qui lui est intimement liée . Il m'arrive aussi très souvent de faire sur le motif (ou tout à côté si je ne peux plus le voir car il a disparu - animaux, scènes fugaces -) une aquarelle très synthétique ou "abstraite" qui se détache complètement de la réalité en essayant d'en conserver "l'essence", (l'âme ou l'esprit en quelque sorte), ou bien à partir de la vision qu'il m'en reste en mémoire lorsque cette réalité a été forte et surtout très prégnante (exemple mes aquarelles de vol libre) .

Dans le cas qui nous intéresse ici, où j'avais peu de temps pour faire un travail élaboré, je te réponds "les deux", puisqu'un (ou plusieurs) croquis ont été réalisés sur le motif, généralement en prise de notes rapides (car je n'avais le temps de peindre entièrement plus d'un ou deux sujets) et terminés ou recommencés ensuite grâce à ces prises de notes . 

C'est à partir de ces croquis que j'ai réalisé les motifs de ces femmes travaillant pour la fabrication de l'huile d'argan : directement (mais un peu plus tard comme je l'explique) en peignant sur les croquis eux-mêmes, ou bien carrément recommencés et peints sur une autre feuille dès que j'ai 5 mn et que ma mémoire de la scène est encore vivace .

Lorsque j'ai un tout petit peu plus de temps je mets en place les couleurs les plus importantes (celles qui sont déterminantes pour la compréhension, la mise en valeur ou l'impact visuel du sujet), et je laisse le reste du croquis inachevé, comme dans l'ébauche du village de Coubisou .

 Quand je n'ai pratiquement pas de temps du tout, je travaille d'après photos, mais le résultat est toujours moins spontané .

Le plus important quand on débute ce genre d'approche sur le motif est d'évaluer au premier contact avec le sujet le temps qu'il va nous falloir pour le traiter dans tous les cas de figure :

- en aquarelle "aboutie",

- en croquis aquarellé (ou aquarelle rehaussée si on est bon dans cette expression),

- en croquis et prise de notes,

- en prise de notes sommaire seule .

Il faut alors du premier coup d'oeil voir dans quel type de travail s'engager si on veut être efficace .

Il est souvent préférable de faire plusieurs croquis aquarellés ou prises de notes qu'une seule aquarelle aboutie, mais ce choix dépend de chacun, et le contexte de travail autant que la nature du motif, (son importance ou non dans une démarche globale par exemple), sont déterminants .

Dans le cas de l'aquarelle qui nous concerne ici, j'ai travaillé d'après le croquis ci-dessous, d'autant plus qu'il me fallait "recomposer" la scène, (des sacs très gênants cachaient le tri des noix, et on ne comprenait rien à ce qu'elle faisait)  :

La plupart des aquarelles des prochains articles sont faites ainsi sauf une entièrement faite sur le vif .

Quand on fait cela, il faut sans arrêt penser à noter les couleurs et les ombres ne serait-ce que par des hachures .

L'habitude et l'expérience permettent de terminer "en aveugle" par la suite, en ne se trompant que très peu par rapport aux couleurs, au modelé et  à la lumière .

Je préciserai plus tard comment réussir une "prise de notes" ce qui fait progresser, tout en cultivant sa mémoire ...

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15 septembre 2006 5 15 /09 /septembre /2006 05:54

Premiers gestes de la fabrication de l’huile d’Argan .

 

Les « tifiyyict », noix mures de l’arganier ramenées au douar ou à la coopérative, on été séchées au soleil avant d’être emmagasinées dans les pièces du rez-de-chaussée réservées à cet effet .

Les femmes peuvent commencer leur patient et besogneux travail .

Elles s’y consacrent entre les repas : les noix sont une à une débarrassées de la pulpe, enveloppe sèche qui entoure le noyau, rarement à la force du poignet, habituellement (comme cette pulpe est très difficile à détacher du noyau), en les écrasant à la main entre deux pierres dont celle du bas est appelée « assargw »  et celle du haut « taggunt’n tifiyyict »  . C’est-ce qu’elles nomment l’asfiyc, l’épluchage .

 

Après « l’asfiyic », il faut trier et séparer les noix de l’arganier et la pulpe ainsi détachée, l’agalim (ou agali), pour réunir dans un seul panier les jolies noix (appelées «aqqayn »)  à la coque ovoïde et brillante comme une grosse noisette dorée … (Aquarelle Alain MARC 21 x 29,7 cm)

L’agalim sera donnée aux animaux qui en raffolent, (les chèvres, moutons, dromadaires et vaches), les chevaux, mulets et ânes ne les supportant pas … On peut dire qu’à part ces derniers animaux, ceux qui se nourrissent de l’agalim sont les "découvreurs naturels" de l'arganier : ils ont su bien avant l’homme profiter les premiers des bienfaits de cette nourriture aux vertus tout à fait extraordinaires !

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13 septembre 2006 3 13 /09 /septembre /2006 18:14

En route pour le stockage des fruits de l’arganier .

 

Les « tifiyyict », noix mures de l’arganier, sont prêtes à tomber : voici venu le temps de l’ « azway » et du « tigri » . Ce sont les temps forts du gaulage et du ramassage .

Les femmes, s’entraident par petits groupes dans ces travaux des champs et s’affairent souvent en chantant, comme elles le font aussi au cours de la récolte des olives, ce qui donne des scènes bucoliques d’une rare beauté restant à jamais gravées dans la mémoire du voyageur …

Les noix sont mises dans des paniers souples que l’on nomme « agwnin », faits d’inif ou de palmes, eux-mêmes constitués de poches plus petites dites « tigwninin », le tout étant réuni dans une grande « tazgawt » sorte de sac contenant plusieurs agwnin (on dit « igwninen » au pluriel) et ramené à dos d’âne jusqu’à la maison ou à la coopérative pour y être stocké .

Parfois comme ici, les noix de l’arganier sont ramenées directement dans des besaces calibrées de transport à dos d’âne, ce qui permet de les vider plus facilement en arrivant dans les pièces du douar qui jouent le rôle de greniers … (Aquarelle Alain MARC 21 x 29,7 cm)

Ces pièces spéciales sont aménagées au rez-de-chaussée des habitations pour emmagasiner les noix d’argan et éviter aux rats de se rassasier du précieux fruit . Il arrive que ce dépôt de denrées ne soit pas touché pendant plusieurs années en consommation domestique, si les stocks précédents, utilisés au fur et à mesure des besoins de la maison, sont suffisants …

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10 septembre 2006 7 10 /09 /septembre /2006 14:34

Le fruit de l’arganier, une drupe pleine de richesses .

 

Nous avons découvert lors des précédents articles combien l’arganier est utile, combien il fut même irremplaçable pendant des générations pour de très nombreuses tribus amazighs du sud-ouest marocain .

Intéressons-nous aujourd’hui à sa plus grande richesse : son fruit tant apprécié des animaux qui le consomment pour se nourrir, que des populations qui l’exploitent pour son huile aux nombreuses vertus .

Observons une branche en faisant bien attention de ne pas nous piquer à ses épines pour la saisir : les feuilles, d’un vert allant d’un vert tendre à un turquoise verdâtre peuvent parfois s’assombrir et devenir rousses à kaki-orangé, elles sont lancéolées, petites, persistantes et coriaces.

La floraison a lieu au printemps ou à l’automne en fonction des conditions climatiques, car cet arbre peut voir ses feuilles repousser et refleurir au gré d’une rentrée pluvieuse Atlantique après une longue période de sécheresse qui l’aurait laissée à nos yeux comme moribond .

Les fleurs ont une couleur jaune, légèrement verdâtre . Le fruit est une drupe verte, ovoïde, au bout de laquelle pointe souvent une toute petite épine « l’ajdur » (pluriel ijduren - ijdar) : fleur d’arganier en langage Achtouken, qui tombe par la suite, quand la fleur devient fruit (« aghray », qui veut dire « fruit à peine formé ») .

La maturation a lieu de d’avril - mai à septembre - octobre .

Sur mon aquarelle, ce sont les fruits d’en bas qui sont les plus jeunes, ce sont encore des « idmamen » (fruits formés) ; ils sont rougeâtres légèrement tachetés de vert . Puis ils vireront au vert (tizêrgwmma) en tombant leur petite « épine », et au jaune vert et jaune ce seront alors des « bilzîz », avant de commencer à sécher en roussissant (les noix sont alors devenues des « tifiyyict ») . C’est à ce moment-là seulement, que s’il n’a pas été mangé par les chèvres (la pulpe seulement, les noyaux n’étant généralement pas ingurgités mais recrachés), il tombera de lui-même ou sera gaulé pour être récolté .

Il faut savoir qu’un hectare d’arganiers produit environ 800 kg de noix (bilzîz en amazigh), qui ne fourniront que 40 kg d’amandes destinées à l’élaboration de l’huile d’argane (ou d’argan, les deux expressions sont utilisées) .

Nous découvrirons dans les prochains articles l’histoire des noix, qui, des branches de l’arganier, va jusqu’à à l’élaboration de cette fameuse huile …

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