Aquarelliste et peintre voyageur - En peinture, l'art de l'aquarelle est un mode d'expression qui va des carnets de voyages à la création de tableaux : en voici les différentes facettes inspiratrices, techniques et créatives selon Alain MARC ...
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Andalousies

«Andalousie, la Route d’Alain MARC», carnet de voyage de Pierre NAVA
Découvrez article après article en cliquant sur les vignettes ci-dessous le carnet spontané de Pierre m’accompagnant en Andalousie, et les «Petites Histoires vidéo» qu’il m’a inspirées :

La-Barca-1b-Pierre-Nava.jpg

Préambule

La Barca 2a Pierre Nava

L'étape de Peniscola

Andalousie b Pierre Nava

Sur la route de l'Andalousie...

Moulin-b Pierre-San Jose 2

Au Cabo de Gata

Bateau Pierre Isleta 3b

La Isleta del Moro

Huebro Pierre vignette

Huebro, la montagne enchantée

Pierre-Nava-Guadix-4-copie-1

Guadix, les maisons troglodytiques

Rio Fardès

Le rio Fardés

13 mars 2006 1 13 /03 /mars /2006 18:54
 

 Andalousie, arrivée à Cordoue .

 

Je ne sais s'il vaut mieux arriver à Cordoue le jour ou la nuit ...

Ce que je sais c'est qu'il faut voir Cordoue la nuit . Il y règne une atmosphère particulière que je n'ai rencontré nulle part ailleurs en Andalousie . On dirait que les pierres nous parlent, qu'elles exhalent un étrange parfum d'histoire empreint de mystère et de splendeur . Comme si son fabuleux passé voulait émerger de l'obscurité, mêlant aux reflets du Guadalquivir sa parure ambre et argent, se drapant d'une incomparable lumière dorée ressemblant à celle des mosaïques de l'étincelant mihrab de la mosquée .

Au premier plan un moulin arabe en ruines . Nous sommes au bord du Guadalquivir . En face la mosquée, d'où émerge l'ensemble massif de la cathédrale érigée en plein milieu par Charles Quint . À gauche, la silhouette élancée du minaret transformé en clocher . Très forte impression d'un joyau qui sommeille là-bas nimbé de toute la nostalgie du califat omeyyade . Comme ce devait être beau quand les chrétiens entrèrent dans la ville ! (photo Alain MARC)

 Sur mon aquarelle le pont romain qui franchit le Guadalquivir est à gauche, on ne le voit pas . Ce qui m'intéresse c'est cette accumulation architecturale qui émerge de la nuit jetant sa lumière dans le fleuve, comme le phare toujours lumineux d'une civilisation qui se drape dans son lizar d'éternité . (aquarelle Alain MARC)

Voici le pont romain en question, photographié un peu plus loin . La massive tour qui en protège l'entrée c'est la « Calahorra », forteresse musulmane remaniée par les chrétiens, telle une sentinelle guettant pour mieux défendre les vestiges des fabuleuses beautés cachées au bout du pont . (Photo Alain MARC )

Il fait noir de ce côté du pont, et les rumeurs de Cordoue ne nous parviennent que dans un lointain murmure . On n'oserait pas franchir le fleuve . On voudrait encore contempler longuement cet écho mêlé de lumière pulvérulente et de musique des bruits lointains de la ville qui ressemblent à de mystérieuses clameurs traversant la nuit, tel un mirage flottant au dessus de l'eau .

Que de richesses débarquaient ici sur les quais du Guadalquivir, ou arrivaient en cahotant sur le vieux pont ?

C'est au pied des murailles que le murmure des pierres se fait le plus fort : nous ne sommes pas encore entrés dans la ville que nous devinons un tempo différent des autres villes d'Andalousie . Nous savons qu'ici un « compas » singulier  nous attend . (photo Alain MARC)

Il ressemble à l'ombre du cyprès sur la muraille !  Il monte au dessus des créneaux comme une flamme de vie, dans le silence, la beauté pure et la discrétion .  Ce n'est pas la langueur de Grenade, ni le rythme joyeux de Séville ou de Cadix . C'est une atmosphère presque recueillie empreinte de mystère et de grandeur retenue . Une cadence où l'importance des heures prend toute sa valeur !

Nous irons demain matin découvrir ce « compas » à la rencontre de la ville, en commençant par la « Mezquita », son plus inestimable joyau .

Mais pour le moment c'est dans un patio typiquement cordouan que nous assouvons notre faim . Celui du « Churrasco », l'un des hauts lieux de la gastronomie dans la cité, au même titre que « Pepe de la Juderia » ou « El Caballo Rojo » . Ne ratez surtout pas si vous y allez, le fameux « salmojero cordobès », ce gazpacho épais saupoudré de jambon et d'oeuf dur, qui vous initiera à la cuisine à la fois simple et raffinée héritée des traditions de la « campinia » et des imports de l'orient .

Pierre dessine l'ambiance du patio du Churrasco où nous dînons ... (Croquis aquarelle Pierre NAVA)

 

        Vous pouvez découvrir l'ensemble de ce voyage pictural en allant dans les catégories "Voyages et aquarelle" et "Voyages sonores" (colonne à gauche de cette page), et en cliquant tout en bas de la page d'accueil ainsi ouverte (chiffres en petit en bas d'écran 1, 2, 3, etc.) ce qui vous ouvrira la page suivante .
 
 
 

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10 mars 2006 5 10 /03 /mars /2006 22:04

 

Andalousie, une halte autour de Zueros …

 

Juste avant Baéna, petit détour par les portes du parc naturel des Sierras Subbétiques et du Labatéjo ( 1380 m, l’un des deux principaux sommets de ce massif, le second étant le Tinosa qui culmine à 1570 m ) .

C’est un espace protégé parmi les plus remarquables de l’Andalousie karstique, où une riche faune d’animaux aussi rares que la musaraigne d’eau ou le chat sauvage vit paisiblement sur plus de 30.000 hectares . La végétation, typiquement méditerranéenne envahit les espaces sauvages qui dominent les cultures d’oliviers, mouchetées en ce moment du blanc et rose des amandiers dont la floraison est presque passée .

C’est en dessous du premier village blanc que nous rencontrons sur cet itinéraire, Luque, blotti lui aussi au pied de son château mauresque, que nous ne pouvons résister à une séance d’aquarelle tant le contraste est grand entre les tendres couleurs des amandiers et l’aspect sombre et hautin de la place forte à contre-jour . (photo Alain MARC)

Le blanc du village se mêle à celui des amandiers et la fière silhouette de la forteresse me fait penser aux châteaux cathares de Quéribus, Peyrepertuse, Montségur, où nous avons été peindre si souvent . (aquarelle Yolande GERDIL)  

Pierre réalise plusieurs ébauches de ce paysage, donnant une interprétation tour à tour douce et poétique ou plus contrastée du motif, selon les passages nuageux et la lumière qui en modifient considérablement la perception . (aquarelle Pierre NAVA)

 

Dans cette aquarelle, je retrouve en moins dramatique l’atmosphère particulière d’une gravure du XIX ème siècle, dégagée de toute façon par ce lieu lorsque l’orage menace ou dans les lumières du contre-jour . (aquarelle Pierre NAVA)

  Plus loin sur la petite route qui serpente en bas du Labatejo : Zueros, un village que j’aime beaucoup, qui avance au dessus des oliviers comme le front d’un glacier avec ses maisons étincelantes de blancheur . (photo Alain MARC)

La Sierra, les oliviers et les arbres en fleurs dessinés par Yolande Gerdil . Au dessus, dominant ce paysage et le village, se trouve la caverne des « Murciélagos », à laquelle nous sommes montés avec le groupe de peinture en 2002, pour profiter d’une vue à couper le souffle sur la « campigna » alentour et la vallée du Guadalquivir tout au fond . (aquarelle Yolande GERDIL)  

Le village de Zueros avec à sa droite sur une arête rocheuse dominant le vide son château nasride se confondant avec la roche environnante . (aquarelle Yolande GERDIL)

Départ de Zueros, passage rapide par Baéna superbe bourgade blanche suivie d’une série d’autres aussi importantes sur la route de Cordoue : Castro del Rio, Espéjo (où nous reviendrons dans 2 jours), Santa Cruz, Torres Cabrera . Elles mériteraient toutes un arrêt prolongé, mais ce sera pour plus tard car l’après-midi est bien avancée et j’aurais aimé arriver à Cordoue avant la nuit .

Les kilomètres défilent vite, nous ne nous sommes pas arrêtés depuis notre départ de Zueros, et un besoin naturel se faisant de plus en plus pressant, je décide de quitter la nationale au premier carrefour trouvé .

En voici un justement, splendide, avec un panneau de stop tout neuf, c’est une « deux fois deux voies », sauf qu’aucune direction n’y est indiquée . Clignotant, on tourne . … Et 30 mètres plus loin, cette splendide route s’arrête d’un coup dans un champ ! Nous nous regardons interloqués, pouvons aller d’un côté à l’autre de la route sans craindre de voir surgir la moindre voiture ! Ultime et inattendue surprise avant notre arrivée à Cordoue . La photo est indispensable pour mémoriser ce souvenir, elle est pour vous qui n’avez peut-être comme nous jamais vu cela .

 

 

Étrange carrefour, flambant neuf, avec une route qui ne mène qu’à quelques mètres dans un talus ! Aucun piquetage n’indique plus loin qu’une voie va être ouverte ici, et aucune route autre que la nationale dans les environs, nous nous posons de nombreuses questions : - exercice d’examen pour les ingénieurs des ponts et chaussées locaux ? - vestiges d’un décor de tournage ? - matériaux et budget à « épuiser » sur ce secteur lors du « re-goudronnage » de la nationale ?

Si quelque un connaît la réponse, qu’il nous en fasse part !

 

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9 mars 2006 4 09 /03 /mars /2006 23:38

 

Andalousie, sur la route de Cordoue …

 

À quelques kilomètres de Grenade voici Pinos-Puente, l'un des premiers villages blancs sur cet itinéraire . Lieu fort intéressant car c’est ici qu’un émissaire de la reine Isabelle rattrapa Christophe Colomb pour lui annoncer que les formalités nécessaires à la réalisation de son grand voyage étaient réglées .

Cela se produisit sur le pont de la localité, l’un des plus curieux qui soient puisque ses trois arches en fer à cheval sont contemporaines de l’époque califale et que sa porte de défense possède une magnifique voûte mudéjar et une chapelle dédiée à la Sainte Patronne du village . (croquis Alain MARC)

Plus loin nous traversons les Monts de Grenade, belle sierra dominant la vega (plaine) et les champs d’oliviers à perte de vue ponctués de villages blancs comme des taches immaculées … (photo Alain MARC)

C’est dans ce grandiose paysages que se cache le village de Moclin, à quelques kilomètres de la nationale . De son histoire intimement liée au royaume nasride de Grenade ( « Hisn Al-Muclin » - forteresse des pupilles - ) il conserve les ruines d’une place forte importante, dernier verrou sur la route de Grenade après celui d’Alcala la Réal .

Le village blanc s’est développé à ses pieds. C’est l’un des villages forteresses des mieux conservés de la région… (photo Alain MARC)

Nous voudrions pousser à l’ouest jusqu’à Illora et Montefrio, mais il est déjà très tard, nous n’avons même pas le temps de nous arrêter à Moclin, tout juste celui de nous restaurer en vitesse à Alcala La Réal, autre site stratégique dans les montagnes du système bétique, dont la forteresse de « La Mota » couronne la colline dominant la ville .

La campagne est ici particulièrement belle en cette saison : les iris sauvages et de nombreuses fleurs poussent au pied des oliviers, les amandiers embaument, et le printemps s‘affirme jusque dans le chant des oiseaux . (photo Alain MARC)

  Le paysage dans les sierras subétiques à mi-chemin entre Grenade et Cordoue . (photo Alain MARC)

Amandiers en fleurs dessinés par Yolande Gerdil .

La lagune du Salobral, étonnant écosystème d’eau saumâtre est curieusement asséchée en ce moment : peut-être un effet de la sècheresse des derniers été qui a été ici aussi très dure pour les milieux naturels ? 

Avant de redescendre vers Baéna la ville blanche à l’horizon, blottie au milieu des champs d’oliviers, un détour s’impose par le parc naturel du Labatejo et d’autres intéressants villages blancs où nous nous arrêterons le temps de quelques rapides aquarelles …

 

 

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7 mars 2006 2 07 /03 /mars /2006 19:28

 

Andalousie, dernier soir à Grenade, valeurs de l’amitié …

 

Katia me retrouve donc, et nous partons immédiatement rejoindre Yolande et Pierre qui nous attendent au salon de thé .

J’ai insisté dans l’article précédent sur l’intérêt des jardins (petits et grands = patios et « carmenes ») dans les hauts de Grenade . Il en est de même dans l’intérieur des maisons, dont beaucoup conservent encore des vestiges raffinés évoquant d’autres jardins faits de colonnes aux magnifiques chapiteaux, d’azulejos et de dentelles de stucs, de plafonds en marqueterie mudéjar qui rappellent tout le monde arabe grenadin du 14ème siècle : rapport intime entre l’extérieur et l’intérieur, le visible et l’invisible, les jeux de l’eau et de la terre, de l’ombre et du soleil, art de vivre et de penser qui appartient aussi au visage intime de l’Andalousie . 

Il en est ainsi de ce charmant salon de thé, où l’on se croirait davantage à Fès ou Rabat qu’en Europe méridionale tant la restauration des stucs et le décor mudéjar y sont réussis, dans une ambiance intime et chaleureuse … (photo Alain MARC)

L’importance des senteurs se retrouve aussi dans le choix des thés aux noms poétiques que nous goûtons, nous emmenant plus loin encore dans les rêves de l’orient .

Katia nous raconte le succès de son livre présenté à la presse et à la télévision lors d’une soirée mémorable suivie d’une conférence, où tous ses amis de la montagne étaient venus l’encourager, sans oublier le soutien de ses professeurs, du représentant de l’UNESCO et de tous les notables de la ville .

 

Pierre ne cesse de dessiner . Il capte rapidement ces deux andalouses qui devisent dans un coin … (aquarelle Pierre NAVA)

Et puis il me dessine quand je tend l’oreille pour mieux suivre la conversation, car de la musique flamenca s’est rajoutée au brouhaha de la salle tandis que le salon de thé ressemble un instant plus à une « tasca » ou une « bodega » qu’ un paisible lieu de conversations où l’on savoure des thés rares … (aquarelle Pierre NAVA)

Yolande dessine aussi, et je retrouve dans ses dessins l’ambiance de ceux de Marrakech ou d’Essaouira . … Katia est au milieu du croquis, pensive ou attentive, contemplant peut-être les deux superbes théières qui n’en demandaient pas tant ! (aquarelle Yolande GERDIL)

Cette jeune ethnologue porte en elle l’Andalousie des Alpujarras et ce n’est pas pour rien que son ouvrage sur les contes et légendes de ces montagnes magiques fait déjà référence . Ses études continuent à Grenade dans un autre passionnant domaine, celui des arts graphiques où sa curiosité de sociologue cette fois, l’amène à explorer le monde peu connu des grapheurs urbains qui s’expriment sur les murs de la cité . C’est ce qu’elle nous fait découvrir quelques instants plus tard lorsque nous redescendons vers la Grenade bruyante et moderne qui nous attends dans la basse ville …

Un pont entre les anciennes calligraphies et un monde contemporain où le sens de la communication, de l’image et de l’écriture est en perpétuelle mutation ?

Ce « tag » est plus bouleversant encore parce que découvert la nuit en plein cœur de l’Albacin . Je note le texte écrit à droite du portrait : « Un pajaro sale a buscar la inocencia, y vuelve muerto bajo sus alas … Campanas en los solitarios de la noche » (« Un oiseau part chercher l’innocence et revient mort sous ses ailes . … Carillons aux isolés de la nuit ») . Je songe à Lorca, à Manuel de Falla (meurti jusqu’au fond de son âme à l’annonce de l’exécution de Lorca), à tellement d’autres … - Qui pourrait me dire ce que lui évoque ce texte ? Est-ce emprunté à un poème de Lorca ou d’un autre poète que je ne connais pas ? (photo Alain MARC)

 Je laisse descendre Katia, Yolande et Pierre …

Moi, j’ai du mal à m’arracher aux murs blanchis pleins de mystères, je regarde les étoiles et j’écoute une dernière fois le chant secret de l’Albacin où je reviendrai encore saisir les perles de la terre accrochées aux pavés à présent silencieux de la cuesta Maria de la Miel . (photo Alain MARC)

Bientôt, nous retrouvons l’ambiance bruyante et agitée du quartier des Bodegoncillos où nous faisons un vrai repas de tapas accompagnées d’un bon Montilla - Morilès avant de nous quitter . Demain matin nous prenons la route de Cordoue . Nous reviendrons ici fin avril / début mai pour retrouver aussi l’Alhambra (« La Rouge ») que nous n’avons pas eu le temps de revoir cette fois, et si nous le pouvons d’aller aussi faire un tour du côté des quartiers moins connus du Mauror et de la Juderia .

 

 

Dernière photo prise à Grenade dans la bodega où nous nous sommes restaurés . Sous les « serranos » alignés, le grand miroir renvoie l’image insaisissable et pourtant bien réelle du temps qui passe et d’une image qui s’efface : celle de l’existence même, et je la regarde défiler comme sur un écran sans même pouvoir boire ce verre de Montilla que j’ai à la main … (photo Katia FERSING)

POUR DÉCOUVRIR LES AUTRES ARTICLES DE CETTE RUBRIQUE SI ELLE A ÉTÉ OUVERTE À PARTIR DE LA CATÉGORIE "VOYAGES ET AQUARELLE" CLIQUEZ SUR LES CHIFFRES EN BAS D'ÉCRAN (1-2-3-4-5, etc) . VOUS POURREZ AUSSI ÉCOUTER LES ENREGISTREMENTS SONORES DE CE VOYAGE EN ALLANT DANS LA RUBRIQUE "VOYAGES SONORES" (COLONNE DE GAUCHE "CATÉGORIES") !

 

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5 mars 2006 7 05 /03 /mars /2006 23:33

Andalousie, Grenade : charme secret de l’Albacin …

L’Albacin à lui seul mérite plusieurs jours de visite .

C’est le cœur de l’ancienne ville arabe qui s’élève sur l’une des plus hautes collines de Grenade .

Son dédale de ruelles dégringolant vers la rivière Darro et la rue d’Elvire lui donne un charme incomparable .

Entrée d’un « carmen », ces charmantes maisons aux jardins invisibles de l’extérieur . (photo Alain MARC)

Il faut s’y perdre et flâner au hasard entre les « carmens » plus ou moins vastes aux jardins secrets cachés par de hauts murs (maisons typiques du quartier fermées sur elles-mêmes) . Aller de miradors en adorables placettes, d’anciennes portes moresques en vielles citernes de brique flanquées de fontaines, découvrir les innombrables églises « mudéjares » avec leurs antiques minarets transformés en clochers dont la sonorité cristalline des cloches égrène les heures et sonne le moment des offices …

Croquis de Yolande, dans le quartier de l’Albacin . (croquis Yolande GERDIL)

Placette et église San Miguel el Bajo, construite sur une ancienne mosquée (arc outrepassé à gauche de la façade derrière les parasols blancs) non loin de la nouvelle mosquée de l’Albacin, (toute neuve celle-la) qui a été financée par le Maroc et les Emirats Arabes . (photo Alain MARC)

 

J’aime l’Albacin à toutes les saisons … L’hiver comme un îlot déserté des touristes, au printemps pour le chant des oiseaux et les fleurs aux balcons, l’été lorsque les ruelles dégagent à la tombée de la nuit une douce chaleur, l’automne enfin pour les teintes roses et dorées dont se parent les façades au coucher du soleil .

Une porte moresque place de Las Minas, comme il en reste beaucoup à découvrir en parcourant les rues .  (Photo Alain MARC

Une autre dessinée par Yolande en haut d‘une « cuesta » . (croquis aquarellé Yolande GERDIL)

Nous cheminons longtemps jusqu’au soleil couchant . Les ruelles sont maintenant désertes . Il faut savoir que c’est le moment où peuvent se produire certaines agressions (surtout vol de sacs à main) dans les rues les plus reculées, mais à plusieurs, aucun danger . On ne le dirait pas tant cette promenade est agréable .

Les places y sont exquises : San Miguel Bajo, Plaza Larga, Placeta de Fatima, del Salvador, de Ortega …

Rue Candil, avec ses ombres bleues et ses jardins fleuris qui débordent dans la rue, et calle Valenzuela avec ses escaliers de galets . (Aquarelles Alain MARC)  

C’est dans ce moment particulier où le soleil se couche, que l’Albacin se révèle le plus sûrement : il faut écouter le chant des oiseaux dans les patios, les rumeurs lointaines montant de la ville basse, les bruits de voix et autres rires d’enfants venant des fenêtres entrouvertes . Ces sonorités vous accompagnent comme une douce musique tandis que la lumière décline .

Quelques-unes des fenêtres qui font le charme de l’Albacin . (Photos Alain MARC)

La fraîcheur bien normale à cette heure-ci en cette saison décide Yolande et Pierre à pousser la porte d’un salon de thé au décor mudéjar de la plus grande finesse .

Quant à moi, je pars à l’écoute des voix multiples de l’Albacin : chants d’oiseaux s’échappant des patios, fontaines coulant au pied des murailles, petits bruits familiers trahissant la vie quotidienne des habitants du quartier …

C’est en cheminant de ruelle en ruelle que j’arrive au Mirador de San Nicolas, petite place ombragée qui offre sur le palais de l’Alhambra, la Sierra Névada, la ville basse et la « Véga » l’une des plus belles vues de Grenade .

Il y a encore en cette heure tardive de nombreux promeneurs, des jeunes surtout, et un guitariste qui joue quelques notes sur un banc sous les acacias . C’est un endroit rêvé pour les amoureux de paysages romantiques . (Photo Alain MARC)

"L'Alhambra au coucher du soleil" (Aquarelle Alain MARC)  

J’y ai par le passé réalisé de nombreuses aquarelles, mais ce soir je me contente de voir la nuit tomber avec ces notes de guitare en contemplant le paysage qui heureusement n’a pas changé depuis des années . Je suis perdu dans mes rêveries quand soudain une voix m’interpelle : « Alain » !

Je l’avais complètement oubliée, mais nous devions nous revoir lors de mes passages en Andalousie : c’est Katia qui sort de l’université et qui vient nous rejoindre pour la soirée …

     

 

De la côte d’Aceituneras au Mirador San Nicolas : enfants jouant dans les ruelles, chants d’oiseaux dans les patios, cloches sonnant à San José ou au monastère San Isabel la Réal, fontaine de l’«algibe » de San Nicolas, arrivée au mirador avec son guitariste qui jouait si merveilleusement tandis que tombait la nuit, et puis une étrange musique montant de la vallée du Darro qui se mêle aux éclats de voix de la jeunesse regardant l’Alhambra …

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3 mars 2006 5 03 /03 /mars /2006 23:09

Andalousie, Grenade : le « compas » des bas quartiers …


Brouhaha des rues, des « tascas », des « bodegas » .

Appel quasi chanté d’une marchande de primeurs, tel une bribe de « chico » (expression particulière du chant flamenco) arrachée au destin des petites gens de cette ville .

Quelques notes de guitare aux cordes pincées dans la rue Alhondiga par un mendiant perdu recherchant ses racines et celles d’un mélodica jouées par un autre un peu plus loin pour un public indifférent qui passe le regard vague …

Sonorités confuses : elle participent au « compas » (le « souffle », le rythme, la « mesure ») de la ville basse . Elles se rapprochent d’une forme de « duende » (esprit, grâce) comme celui qui nous fait frissonner quand il arrive sans prévenir au sein du flamenco .

Une ruelle de l’Alcaiceria, l’ancien marché moresque de la soie avec en fond l’évêché attenant à la cathédrale . (photo Alain MARC)

Car c’est bien de cela qu’il s’agit : dans le cri libérateur qui transcende celui qui le vit, il y a tous ces extrêmes chargeant le quotidien où se love souvent la misère, la souffrance et la passion, mais aussi des étoiles brillant dans un ciel noir comme du jais .

Je vous reparlerai du flamenco : l’esprit « flamenco », le vrai, ne se trouve pas forcément sur la piste d’un « tablao », en tout cas il n’y est pas toujours quand on voudrait l’y trouver .

N’oubliez jamais que les perceptions même du « compas » et du « duende » peuvent vous toucher n’importe où : sur le quai d’une gare, un chemin de campagne, au fond d’une cuisine où à l’entrée d’un simple bar … Il suffit d’écouter, il faut surtout attendre et être aux aguets .

L’émotion, la passion, toutes les déchirures liées à cette ville m’ont bouleversées dans cette « granaïna » des simples bruits communs extraits du quotidien . Il s’en dégage des échos du « compas » propre à la ville basse que je retrouve inchangée depuis des années .  

La petite vendeuse de légumes place Paseigas, dans les vieux quartiers, derrière la cathédrale … Cliquez sur l'image pour entendre l'ambiance sonore . (Aquarelle Alain MARC)

Je sors de la "tasca", mes pas résonnent dans la rue, je rencontre la petite marchande de légumes et des mendiants musiciens dont les notes finissent par se superposer ; je méloigne avec ce trésor d'un petit extrait du "compas sonore" de la basse ville ...

Vous entrez dans ce voyage sonore si vous avez le lecteur multimédia Quick Time, vous pouvez l'arrêter en cliquant sur le bouton d'arrêt, le relancer avec celui de lecture ; si vous n'avez pas ce lecteur cliquez sur l'image et attendez le téléchargement du fichier son, cela ne durera plus de trois ou quatre minutes (vous pourrez même enregistrer ce fichier sur votre ordinateur pour le réécouter quand il vous plaira) .

Grenade est une ville grouillante qui vous étouffe de son oppressante réalité . Surtout l’été quand la chaleur exulte et écrase les bas quartiers de sa chape de plomb chargée de pollution …

Mais Grenade est aussi un rêve dans lequel nous entrons quand le soleil couchant lèche ses rouges collines, embrasant les murailles de l’Alhambra ou éclairant de rose doré les blanches ruelles de l’Albacin qui lui font face .

Nous montons à présent vers l’Albacin comme dans un songe ; les lieux ici s’écoutent, se ressentent et se respirent bien plus encore qu’ils ne se voient …

Je vais aussi y retrouver un « compas » différent : celui de l’autre visage de Grenade, qui me touche toujours comme dans une grâce parce qu’il est avant tout d’essence musicale .

Ce sera une musique douce faite de grands murs blancs, d’escaliers de galets dégringolant en cascades, de rires d’enfants courant dans les venelles, d’églises-mosquées égrenant leur arpège, de chants d’oiseaux s’échappant des carmens pour se mêler à ceux des anciennes fontaines qui coulent toujours au flancs de ce quartier …   

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1 mars 2006 3 01 /03 /mars /2006 22:25

 

Andalousie, les tumultes de Grenade …

 

Voici Grenade au fond de sa cuvette, blottie au pied de la Sierra Nevada .

Combien de fois y suis-je arrivé par l’ancienne route de Murcie, qui descend vers le centre en serpentant le long de l’Albacin ?

C’est toujours ma route préférée car l’impression d’aboutir à une sorte de sanctuaire y est bien plus forte que par l’autoroute et le périphérique dit de « circonvolucion » . C’est surtout parce que cette arrivée nous plonge dans l’irréelle vision des collines de l’Alhambra, comme la connurent sans doute les troupes d’Isabelle la Catholique lorsque après deux siècles d’impatience, d’intrigues et de combats, elles virent enfin s’élever derrière les murailles au dessus de la cité les minarets de briques roses, et flotter au dessus des palais les oriflammes multicolores aux insignes du roi Nasride .

La ville de Grenade au pied de l’Alhambra ... (photo Alain MARC)

 

Éprouvante réalité ce matin : point d’oriflammes ni de blanche médina pour nous accueillir, mais des travaux sur la voie publique dans toutes la ville, en même temps qu’une nouvelle et draconienne réglementation de circulation urbaine qui nous empêche d’arriver à l’hôtel . Aussi nous passons quatre heures dans un interminable jeu de pistes où éviter les sens interdits, les embouteillages et les agents de circulation nous chassant du centre ville relève de l’exploit !

Infernale Grenade pour la circulation routière …

Exténués, nous parvenons enfin à trouver un parking non loin de notre hôtel, et entrons affamés dans la première bodega venue où d’énormes jambons accroché au plafond sont en train de narguer la faim qui nous tenaille .

Les "bodegas", les "tascas", une richesse de l'art de vivre au pays de Cervantès ! Excellence des tapas, c’est ce qui fait tout le charme des commodités espagnoles : pouvoir se restaurer à n’importe quelle heure et de ne plus se soucier d’autre chose que de la convivialité de cet instant . Et quand bien même seriez-vous un nordique endurci prenant vos repas à heure très précise, vos serez bien obligés en Espagne de prendre d’autres habitudes et de manger fort tard ou à toutes les heures, ce qui est très déroutant au début pour qui ne connaît pas .

Grand choix de tapas, excellentes et copieuses à choisir au comptoir … (photo Alain MARC)

Mais quand vous en serez à la quatrième « copita », au jambon Serrano, aux propos d’amitié sur fond de brouhaha teinté de flamenco, alors là difficile de penser au retour et aux grises journées de beaucoup de banlieues de nos villes nordiques .

La bodega où nous nous précipitons affamés par notre arrivée épuisante à Grenade : typiquement andalouse avec ses tonneaux empilés et le trophée du taureau au dessus du bar . (photo Alain MARC)

Il y a trop à dire sur Grenade . Je ne peux être bref, et encore je me limite . J’espère pouvoir le faire un jour .

En attendant, nous regardons depuis la ville basse la citadelle de l’Alhambra, comme sur un nuage . Nous n’aurons pas le temps d’y monter cette fois, mais nous y reviendrons pendant le stage du mois d’avril . Personnellement, il y a longtemps que je connais ce palais des Mille et Une Nuits, j’y consacrerai un jour tout un chapitre … Il faut dire qu’à présent après tous ces tracas dans la circulation urbaine, nous n’avons qu’un désir : paix et tranquillité loin du tourisme de masse qui gâche en grande partie tout séjour à Grenade !

Yolande me dessine en train de repenser le monde autour des tapas … (croquis Yolande GERDIL)

Nous laissons donc le rêve sirupeux des jardins merveilleux accrochés à leurs murailles et prenons la direction des vieux quartiers dans la ville basse où d’ ostensibles stigmates vestiges d’un passé multiple et bouleversant réapparaissent souvent sous les plâtras d’une façade, dans la pénombre d’un passage, ou mieux encore dans une mélopée entendue au hasard à l’angle d’une rue, ou dans le regard noir, vague et mystérieux d’un passant disparaissant sous quelque porte cochère .

La cathédrale de Grenade . (aquarelle Alain MARC)

Ici le minaret d’une ancienne mosquée, là une porte moresque ou juive, ailleurs l’appel étrange et lancinant d’un vendeur de billets de loterie ou d’une marchande des quatre saisons, parfois les suppliques d’un mendiant …

« Alcaicéria », « Corral del carbon », quartiers sombres et bruyants, entrelacs des ruelles derrière la cathédrale, places de Ribrambla ou de la Trinitad, autant de lieux qui disent et redisent toute la suffisance des colons conquérants et des secrets honteux qui empreignent encore d’une immense tristesse les vielles pierres noircies de promesses trahies aux arcanes des siècles .

Place Santa Ana et église du même nom à l’ancien minaret mudéjar transformé en clocher . Au dessus, sur la colline une tour de la « alcazaba » tête de proue du palais de l’Alhambra . (photo Alain MARC)

Yolande et Pierre dessinent de leur côté, on se retrouvera Plaza Santa Ana et moi je pars tout seul en quête de cette âme doucereuse, amère et tragique dans la mémoire de Grenade …

La place Santa Ana par Pierre Nava, superbe représentation !

Ce n’est plus le regard seulement qui écoute : de toute la clameur des rumeurs de la ville se répète un écho qui traverse le corps …

Il est là comme un souffle, cet immuable et obscur tumulte que Lorca dénonçait et dont il fut la victime comme tant d’autre avant lui, juifs, noir, morisques, socialos, communistes, intellos libéraux et autres syndicalistes :

« Y hoy que el hombre profana tu sépulcral encanto,

quiero que entre tus ruinas se adormezca mi canto

como un pajaro herido por astral cazador . »

« Et aujourd’hui que l’homme profane ton sépulcral enchantement,

je veux qu’au sein de tes ruines s’endorme ma chanson

comme un oiseau blessé par un astral chasseur . »

« Granada », Frédérico Garcia Lorca .

Place Paseigas, depuis l’étal de la marchande

des quatre saisons . (photo Alain MARC)

Rue de Elvira, San Augustin, Almireceros ...

Je viens de saisir quelques bribes sonores de cette mémoire de Grenade, infiniment précieuses parce que si peu perceptibles de tant de visiteurs indifférents à de telles consonances, et qui n’ont d’yeux et d’oreilles que pour l’éblouissant Alhambra !

J’essaierai dès demain de les mettre en ligne et de vous les offrir avant que de partir avec Yolande et Pierre pour un lieu différent où bat aussi très fort le cœur de Grenade : le vieux quartier arabe de l’Albacin, l’ancienne médina, si chère à Manuel de Falla, une autre approche de l’âme grenadine où j’essaierai aussi de réaliser quelques enregistrements qui puissent en révéler, si possible, la «secrète  musique » .

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27 février 2006 1 27 /02 /février /2006 23:34

 

Andalousie, les troglodytes de Guadix .

 

Réveil matinal plutôt glacial avec le vent du nord qui balaye la ville blottie au milieu de dunes érodées d'argile, de calcaire et de grès rose .

Parcours du combattant pour trouver un bar qui ne soit pas complètement enfumé par le tabac des consommateurs afin de prendre notre petit déjeuner .

Étonnante cité entourant sa cathédrale, où les rues du centre sont animées et vivantes, toutes bordées d'anciens palais dorés au façades ressemblant à des bâtisses vénitiennes aux teintes ocres, rouge grenat, parfois toutes blanches .

On ressent tout un mélange de civilisations et d'influences à Guadix : d'extravagance et de sérénité mêlée . (photo Alain MARC)

Yolande note ces façades de décors de théâtre, ces porches en anses de panier suspendus au dessus de frêles colonnades . (aquarelle Yolande GERDIL)

 

« L'alcabaza », le vieux château ( IX ° siècle) au dessus des quartiers hauts sur fond de Sierra Nevada . (photo Alain MARC)

Les collines colorées qui entourent Guadix, falaises ruiniformes aux cônes d'argile empilés les uns sur les autres, ressemblent à la surface d'un gigantesque sac de pommes de terre tant leur aspect chaotique leur donne l'allure d'un paysage en perpétuelle transformation .

Le plus étrange, ce sont ces façades blanchies à la chaux et percées de portes et fenêtres taillées à même la roche terreuse, qui se détachent comme autant de singulières entrées troglodytiques d'habitats des plus charmants qui soient ! (photo Alain MARC)

 

Il en est ainsi d'un quartier entier de Guadix, le quartier gitan, véritable taupinière, où le plus étrange est constitué par les cheminées dépassant du sol sur le flanc des collines, parfois loin de toute entrée visible, qui prouvent à quel point les pièces auxquelles elles correspondent s'enfoncent profondément dans le sous-sol . (photo Alain MARC)

Nous cheminons de talus en maison par-dessus les habitations de terre, sans savoir où nous sommes exactement tant cet étrange univers est fascinant . Pierre et Yolande ne savent plus où donner des yeux et du stylo ! (croquis Yolande GERDIL)

Les rues serpentent au milieu de ce drôle de fouillis, et on y ressent la présence d'une part énorme de l'âme andalouse qui hante ces buttes de terre ocre, rappelant au visiteur toutes ces générations de bêtes à figures humaines qui étaient traquées dès la chute du royaume de Grenade, comme la racaille maurisque à laquelle elle furent un temps assimilée . Elles fuyaient les villes d'où elles étaient exclues, se réfugiant où elles pouvaient pour survivre, et dont le luxe était quelques siècles plus tard ces terriers transformés en palais faméliques (Aranda ministre au XVIII° siècle de Charles III fait ériger un édit permettant aux gitans de résider où bon leur semble pourvu qu'ils ne portent pas atteinte aux bonnes moeurs et respectent la propriété privée) . (photo Alain MARC)

Encore un croquis de Yolande perdue dans le dédale des ruelles, à la recherche de cette mémoire du ventre de la terre . (croquis Yolande GERDIL)

L'entrée d'une maison où sèchent des piments en chapelets vermillon . Comme un oeil surgissant de la terre, un frisson venant du fond des âges, cette façade nous renvoie à l'éternelle mémoire gitane du peuple andalou : un mélange de cultures et de traditions nourries de cryptes mozarabes, de lointains chants indous, de fleuves migratoires aux mélodies hongroises, roumaines ou bulgares, de regards égyptiens et flambeaux de synagogues . Il s'en dégage cette magie muette et pourtant très criante d?une lumière étrange qui nous prend à la gorge dans le frisson du flamenco . (photo Alain MARC)

J'avais été accueilli en 1994, chez un gitan des « grottes » de Guadix . Nous devisions au fond de sa cave dernière pièce de sa maison éclairée d'un lanterneau donnant sur l'autre côté de la colline : nous avions traversé la falaise, et l'intérieur des pièces toutes blanchies de chaux donnaient à cet intérieur étrange un aspect de vielle maison villageoise andalouse qui n'aurait pas eue de fenêtres . Il y faisait très bon, toujours la même température aussi bien l'été que l'hiver me disait le gitan, et ses nombreuses pièces presque toutes en enfilade étaient éclairées à l'électricité, il recevait même la télévision dans sa salle à manger grâce à une antenne plantée à même le sol tout en haut du talus .

 

Croquis aquarellé d'anciennes fenêtres d?argile s'ouvrant dans les falaises du quartier gitan de Guadix . (aquarelle Alain MARC)

Croquis aquarellé de Yolande GERDIL, réalisée à la sortie nord de Guadix, qui prouve combien la tradition de ce type de construction est toujours vivace et appréciée .  

Maintenant, nous partons pour Grenade ! 

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27 février 2006 1 27 /02 /février /2006 01:17

 

Andalousie, d’Almeria à la Sierra Nevada .

 

Nous quittons le sud-est des faubourgs d’Almeria en contournant la ville par l’est, direction Grenade .

Almeria nécessiterait une visite approfondie, surtout son vieux quartier de pêcheurs dénommé « El Chanco » et son château arabe (l’Alcabaza) dominant toute la ville . Les vieilles murailles s’élèvent toujours fièrement autour de l’antique médina dont il ne reste plus grand-chose . Ce sera pour une autre fois …

Peu de temps après avoir dépassé les banlieues nord de la ville, le paysage devient plus aride et grandiose encore : c’est que nous entrons au pied de la Sierra de Alhamilla dans le désert de Tabernas, traversé par la « rambla » du même nom .

Décor somptueux des « westerns-spaghettis », la Sierra de Alhamilla se dresse au dessus des célèbres ruines en plâtre et carton-pâte de films aussi célèbres que « Il était une fois dans l’Ouest », « El Condor » ou « Les sept mercenaires » . Ce paysage que nous traversons trop vite est très attirant : le désert de Tabernas est un miracle de la vie qui cache ses trésors au fond de ses ramblas arides, un univers de poussière allant d’ondulations en canyons pulvérulents et torturés aux couleurs ocres, dorées et cuivrées à la végétation steppique qui n’a pas changée depuis des millénaires . (photo Alain MARC)

 

J’ai voulu avec cette encre aquarellée traduire les nuances tranchées des teintes du désert de Tabernas, dernier désert d’Europe, étonnant de sauvagerie . Les herbes sèches qui y courent en hordes de boules fauves nous emmènent dans des rêves enfantins où on croit deviner des Sioux ou des Comanches se cachant derrière les rochers … (aquarelle Alain MARC)

Parfois une sorte d’oasis, avec des oliviers et des orangers, quelques bouquets de palmiers, et un troupeau de chèvre broutant les rares herbes jaunies . (photo Alain MARC)

C’est qu’il y a non loin d’ici un ancien cortijo aux murs blanchis à la chaux ressemblant à de vielles maisons de la campagne mexicaine . (aquarelle Alain MARC)

 J’y avais peint il y a quelques années déjà cette aquarelle du verger protégé de sa haie de figuiers de Barbarie et de bouquets d’agaves bleutés qui faisaient vibrer les couleurs du sol ocres rouge et vieil or tandis que la montagne derrière disparaissait dans une pulvérulence violine et lie de vin .

(aquarelle Alain MARC)

Nous laissons derrière nous cette terre étonnante, dernier désert d’Europe , espace mystérieux disparaissant de notre regard pour voir en face se profiler la Sierra de Los Filabres que nous longeons au sud ouest avant de voir sur notre gauche les premières pentes de la Sierra Névada s’enfonçant dans les nuages  .

Rayon de soleil sur le Cerro Grande, dernière avancée de la Sierra De los Filabres et de Baza vers l’ouest . (photo Alain MARC)

Sierra Névada : encore une montagne mythique ! Elle culmine à 3482m au dessus de Grenade, et ses sommets enneigés disparaissent aujourd’hui dans la tourmente car le temps s’est beaucoup dégradé . Nous sommes passés sans nous en rendre compte des chaleurs arides aux froidures enneigées . La Sierra est sauvage et désolée . Nul village ne vient ponctuer son immensité . Pourtant sa secrète beauté tient à sa nature protégée où la chèvre ibérique (sorte de bouquetin local) est l’une des fiertés de ses parcs naturels . La Sierra Névada que j’aime le plus est celle de son piémont du sud, celle des Alpujarras, endroit particulièrement attachant dont les villages accrochés à ses pentes ressemblent à s’y méprendre à ceux de l’Atlas . Il faut dire qu’ici les maures chassés de Grenade trouvèrent de quoi vivre et se réfugier longtemps encore après la reconquête .

Des rouleaux de nuages noirs témoignent de la tempête qui souffle sur les sommets vers la pointe du Chullo 2600m plus haut … (photo Alain MARC)

Parfois une éclaircie permet aux sommets d'apparaître : magnifique vision nous laissant présager qu’à Grenade il va faire ce soir certainement plus que frais ! (aquarelle Alain MARC)

Une halte à La Calahorra, car le ciel se déchire et le paysage se transforme en décor fantastique où le jour le dispute à la nuit à grands coups de gloires et de trouées de lumière surgissant des nuées .

Le château de la Calahorra découpe sa silhouette massive au dessus du village et de la vallée comme un récif défiant les éléments . (photo Alain MARC)

J’aime ces ambiance de fin des temps qui nous propulsent dans le rêve et l’irréalité . Dire que la silhouette massive de ce château sans apparent attrait cache comme un écrin un adorable patio renaissance ! C’est que l’ensemble avait été réalisé par des artisans artistes italiens pour le fils naturel d’un cardinal en ces temps reculés … (aquarelle Alain MARC)

Mais la nuit tombe très vite : il est trop tard pour rallier Grenade, nous faisons étape à Guadix où nous resterons demain pour la journée, car cette petite ville offre de nombreuses particularités, et dans la pénombre sa cathédrale éclairée est déjà une invitation à rester : nous allons d’ailleurs avoir bien des surprises dans une aussi étonnante contrée !

  (photo Alain MARC) 

 

 

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24 février 2006 5 24 /02 /février /2006 19:23

  

Enfin l’Andalousie, sur les traces d’un mythe …

 

…Un mal fou à trouver des cybercafés ici, ce qui explique le silence des jours qui s’enchaînent et que nous ne voyons plus passer sous ce chaud soleil du sud, tout au bord de cette mer dont le bleu est si intense qu’il étourdit presque !

J’ai pris l’ordinateur portable avec toutes mes bases de données, les archives des anciens repérages mais ce n’est pas simple de travailler !

C’est que nous sommes au paradis et on ne voudrait pas en partir .

Ou plutôt on ne sait plus très bien où nous sommes, de quel côté de la Méditerranée nous sommes entrés dans cette notion du temps à la renverse qui nous propulse dans un rêve éveillé .

Déjà des panneaux sur la route quelques kilomètres avant d’arriver, nous laissent douter des limites de l’histoire toujours recommencée, nous rappelant d’une étrange façon que c’est ici que le royaume d’Al Andalous a débuté lorsqu’un certain Tariq venu de Bagdad, accompagné de plus de berbères que de princes guerriers du Moyen-Orient débarquait en l’an de grâce 711, sans savoir qu’il allait changer pour des siècles l’histoire et le visage de tout un pays ! (photo Alain MARC)

D’abord, il y a ces plateaux de torpeur écrasés par le soleil où l’ocre de la terre crevassée de sècheresse s’érige de monticules en dômes chérifiens, secrets écrins de son plus vital breuvage de survie .

Ce sont les indispensables et rares « pozos » millénaires, les puits protégeant l’eau, où chaque goutte est précieuse, stockée aussi dans ces « aljibes  abovedados » les antiques citernes à la toiture voûtée .

Et puis le paysage, les couleurs et la nature, l’aspect des bourgs et des maisons qui nous transportent ailleurs, dans les djebels présahariens qui ont tout de commun jusqu’à leur éclatante lumière avec cette émergence africaine déposée ici comme par miracle sur les rivages si longtemps convoités par Isabelle la Catholique . (photo Alain MARC)

Un « cortijo » isolé adossé à la sierra, aux toitures en terrasses comme les maisons du maghreb, aquarelle réalisée par Yolande pendant que je faisais quelques photos . (aquarelle Yolande Gerdil)

Ruines d’une antique noria au pied de la Sierra du Romeral à quelques centaines de mètres de la plage : une ambiance très « présaharienne » qui n’a rien à envier aux djebels dénudés que traverse bien plus loin le serpent bleu et argenté du superbe fleuve Draa …  (photo Alain MARC)

C’est d’ailleurs depuis le sud que nous aurions dû arriver en Andalousie : si j’aime tant le Maroc, les pentes de l’Atlas, l’incontournable Marrakech sur la route de Tanger, c’est pour mieux retrouver par delà le Détroit les terres andalouses où bruissent toujours dans le chant de ses sources les mirages perdus d’un éden onirique qui exista pourtant réellement pendant quelques siècles mythiques …

Cet itinéraire bien plus que celui qui nous amène du nord, est le plus enrichissant pour qui veut entrer en communion avec l’identité andalouse, pour comprendre quelques-unes de ses plus profondes subtilités, et saisir aussi ses différences .

Ce n’est pas le printemps sur une terrasse de l’Atlas où les palmiers dattiers ombragent les vergers, ni un oasis aux parterres de senteurs en vallée d’Ounila, mais un « huertito de vergel » (jardin de verger) au pied du « Serro  des Améthystes » à quelques dizaines de kilomètres d’Alméria . (photo Alain MARC)

Ne cherchez pas sur la carte : ce coin-là personne ne le connaît à part les autochtones, mais un jour je le sais je prendrai cette route d’arrivée par le sud pour imaginer ici que l’Atlas continue et en hommage à Lévi-Provençal le génial géographe qui a su révéler l’existence de ce fil conducteur d’une même beauté des deux côtés de la Méditerranée .

Voici, émergeant d’un vent de sable qui balayait la vallée, un fortin nasride tel que nous le découvrîmes lors de mes premières incursions dans cet endroit d’Andalousie en septembre 1992 . Il défendait dans les années 1480 la route menant à un petit port tout proche aujourd’hui disparu, alors que le royaume Nasride était acculé aux avancées de la reconquête et en butte à d’autres conflits nord-africains . (photo Alain MARC)

Le paysage désertique, l’étonnante végétation subtropicale, les sierras dénudées, tout nous plongea immédiatement dans une atmosphère d’un exotisme rare que je fis partager aux stagiaires du premier carnet de voyage dans cette région quatre années plus tard .

Mes voyages répétés pendant des années à sillonner bien des pistes de cette étonnante région (l’Espagne faisant partie de ma vie depuis mon enfance - lorsque avec mes parents nous allions visiter les familles des réfugiés qu’ils avaient accueillis de ce côté-ci des Pyrénées -), m’ont permis d’en suivre l’évolution, de me réjouir des bienfaits apportés à ses habitants par les avancées technologiques et d’équipement, mais de me désoler de voir certains lieux qui auraient du être protégés aménagés à outrance pour le tourisme et l’urbanisation, créant des outrages irréversibles dans des zones à l’équilibre naturel, écologique et archéologique déjà très fragile . (photo Alain MARC)

À présent le fortin nasride photographié hier au milieu de pelouses d’herbe tendre (ce qui est très rare ici où le climat - dixit les météorologues de l‘université de Grenade - est comparable à celui de Bagdad avec plus de 3000 heure d‘ensoleillement pour 156 mm seulement d’eau par an) constellées de fleurs (il a exceptionnellement plu cet hiver nous disent les autochtones), avec sa route à présent totalement bétonnée (oui, c’est du ciment qui a remplacé la jolie petite piste sablonneuse de la photo précédente), et tout au fond la mer …  (photo Alain MARC)

Pierre ne peut résister à la tentation de dessiner plusieurs fois ce paysage, et pendant qu’il s’installe face au fortin, Yolande en fait de même avec un autre point de vue, tandis que je vais explorer les entrailles de la vielle bâtisse enfin dégagée de ses broussailles et des tonnes de fumier qui envahissaient les pièces du rez-de-chaussée lorsque ces dernières années c’était encore l’abri improvisé par les bergers de la contrée pour leurs chèvres et brebis .  (photo Alain MARC)

Le fortin de Pierre, (aquarelle Pierre NAVA)   ... et celui de Yolande, non loin d’un hameau avec ses maisons en terrasses traversé en repartant . (aquarelle Yolande GERDIL)

Étonnant endroit où se mêlent tous les visages méditerranéens : on passe presque sans s’en apercevoir de lieux évoquant le Maroc ou la Tunisie à d’autres ressemblant à la Sicile ou à la Grèce sur le fond bleu de la mer ! (photo Alain MARC)

 Dessin de Yolande avec en bas à droite le personnage symbole de la province d’Almeria inspiré d’une gravure rupestre tenant dans ses bras un arc semblable à un soleil levant . (croquis Yolande GERDIL)

Miracle de la vie, cette herbe verte qui tapisse la rocaille entre agaves et cactus, disparaîtra bientôt aux premières chaleurs du mois de mars ou d’avril pour ne plus laisser place qu’à sa mémoire africaine cuivrée des roches volcaniques du désert … (photo Alain MARC)

 Pour le moment c’est ici le printemps, et quand bien même on n’aurait pas l’âme botaniste on passerait des heures à courir de talus en « barrancos », à s’émerveiller des espèces les plus rares ! (Miguel Mansanet, dans son livre sur la Comarca en a recensé sur seulement quelques kilomètres carrés 72 espèces extrêmement protégées) (photo Alain MARC)

  L’astéricus maritimus est l’une d’entre elles, et ses bouquets à capitules semblables à des soucis entièrement jaunes, éclatent dans la rocaille comme autant d’explosions ensoleillées … (photo Alain MARC)

 « Le Grand Bleu » : - vous vous souvenez du film ? Eh bien nous l’avons retrouvé ici avec des rochers blancs, mauves, ocres, orangés, saumonés, gorge de pigeons, qui plongent dans une mer turquoise et cobalt . (photo Alain MARC)

Dans la solitude et la pureté, avec pour tout bruit de fond celui de la brise marine, du cri des oiseaux de mer et du clapotis des vagues mourant sur les rochers … (photo Alain MARC)

Il y a longtemps déjà j’avais dessiné les calanques du Cerro Negro, des astéricus, et peut-être …notre déjeuner ! (photo Alain MARC)

De la beauté à l’état pur vous dis-je : une immense toile contemporaine en trois dimensions, que j’oserai parodier sur un bout de papier parce que c’est plus fort que moi, irrespectueux que je suis des choses trop belles pour ne pas tenter de les dessiner … (photo Alain MARC)

C’était comme si je n’avais pas les bonnes teintes dans la palette, comme si je ne connaissais plus rien aux mélanges et aux rapports de couleurs, comme si je ne savais plus rien faire que regarder et pleurer ! (aquarelle Alain MARC)

Dans le film du « Grand Bleu » : - vous souvenez vous aussi de l’adorable petit port où tout au début du film les enfants plongeaient ?

Celui-ci y ressemble beaucoup avec ses maisons les pieds dans l’eau, ses barques de pêcheurs colorées, et une vie encore paisible rythmée par la mer et les saisons … (photo Alain MARC)

Comme sur une île grecque, mais c’est en Andalousie !

(aquarelle Alain MARC)

Les photos à elles seules deviennent des tableaux parce que les choses sont simples, pures, équilibrées, et que l’harmonie qui se dégage de ce rapport au monde passant par la nature n’est rien d’autre que le souffle de la vie . (photo Alain MARC)

L’une des grèves du village qui s’étire paresseusement au pied des maisons .(photo Alain MARC)

Un autre coin du même endroit, un peu taché par les embruns …

(aquarelle Alain MARC)

Yolande et Pierre s’en donnent à cœur joie, (photo Alain MARC)

…et les poissons tout frais ramenés ce matin par les pêcheurs en barque nous sont servis à la petite auberge qui a les pieds dans l’eau, mais on ne cesse de peindre même à table comme si gagner le paradis était à ce prix ! (photo Alain MARC)

On oublie vite autour du « vino tinto » et de « l’abrasado pescado  » qu’ailleurs il ne fait pas forcément très beau, que ça fait des jours qu’on n’a pas trouvé de cybercafé pour mettre mon article en ligne, et qu’il est temps de partir pour Grenade parce que l’Andalousie aux milles visages est une amante qui n’attend pas …  (photo Alain MARC)

« La mujer canta a la puerta :      « La femme chante à sa porte :

   Vida de los marinerons                  Existence des marins :

   el hombre siempre en el mar          l’homme toujours en mer

   y el corazon en el viento . »           et le cœur au vent . »

                                    Juan Ramon JIMÉNEZ

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