Aquarelliste et peintre voyageur - En peinture, l'art de l'aquarelle est un mode d'expression qui va des carnets de voyages à la création de tableaux : en voici les différentes facettes inspiratrices, techniques et créatives selon Alain MARC ...
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- Les stages "carnets de voyages" sont une véritable immersion dans la pratique du carnet de voyage et de l'aquarelle sur le terrain, orientés "autonomie" ils sont ouverts aux stagiaires ayant assez de pratique pour en profiter pleinement . De la Provence au Jura Oriental et jusqu'en Aragon, ce sont quelques destinations où vous pourrez aller en 2022...

- Tous les stages sont différents, n'hésitez pas à m'en demander les informations par courriel (voir plus haut) .

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Andalousies

«Andalousie, la Route d’Alain MARC», carnet de voyage de Pierre NAVA
Découvrez article après article en cliquant sur les vignettes ci-dessous le carnet spontané de Pierre m’accompagnant en Andalousie, et les «Petites Histoires vidéo» qu’il m’a inspirées :

La-Barca-1b-Pierre-Nava.jpg

Préambule

La Barca 2a Pierre Nava

L'étape de Peniscola

Andalousie b Pierre Nava

Sur la route de l'Andalousie...

Moulin-b Pierre-San Jose 2

Au Cabo de Gata

Bateau Pierre Isleta 3b

La Isleta del Moro

Huebro Pierre vignette

Huebro, la montagne enchantée

Pierre-Nava-Guadix-4-copie-1

Guadix, les maisons troglodytiques

Rio Fardès

Le rio Fardés

5 mai 2011 4 05 /05 /mai /2011 16:28

L’art transforme-t-il notre conscience du réel ? … ou la musique du désert .  


La musique du désert (Music of the desert) from Frenchwatercolourist on Vimeo.

Il m’a fallu beaucoup de temps pour finaliser cette vidéo, et même si elle est réalisée avec les moyens du bord tant aux prises de vues (extraites de 10 ans de stages et repérages sur place, où je n’avais ni la place ni le temps d’emporter un pied pour stabiliser la caméra, encore moins de soigner mes plans surtout quand j’étais en charge de mes groupes qui passent avant tout), qu’au montage (où mon ordinateur poussif est au bord de l’asphyxie), je tenais cependant à ne pas en bâcler la charge symbolique, et j’espère que vous me pardonnerez ses défauts techniques, ses images bougées et le temps où vous avez attendu ce nouvel article .

De la même façon j’ai travaillé de longues heures sur l’arrangement musical, laissant une part significative (générique de fin) à la musique que m’avait laissé dans le but précisément d’illustrer le désert, mon fils Jean-Sébastien, quelques jours avant sa trop rapide disparition . Aussi c’est à lui que je la dédie en même temps que je vous l’offre …

Pour voir la vidéo laissez-là se télécharger entièrement avant de lancer la lecture, vous pouvez alors la lire en basse définition et plein écran si vous le souhaitez .

Mais pour l’avoir en haute définition ouvrez le lien «La musique du désert » (très peu de perte mais ADSL rapide conseillé : laisser également la vidéo se charger, pour la lire en toute fluidité), ici le plein écran prend toute sa valeur : cliquez sur le bouton « HD » (pour être en haute définition), puis sur le bouton « Full » du lecteur représenté par 4 petites flèches groupées en bas à droite du lecteur après le curseur de lecture et du volume audio . ("La musique du désert", vidéo d’Alain MARC)

De retour avec vous pour terminer ce beau voyage dans le Grand Sud Marocain, je vous emmène aujourd’hui jusqu’aux immensités de roches et de sable qui se dévoilent au voyageur se rendant aux ergs Chebbi et Lihoudi .

Vous savez combien il m’importe ici de vous offrir des moments que je souhaite de qualité, avec des articles authentiques, (même si leur teneur en est parfois modeste), des articles qui (en dehors des liens) ne soient pas constitués d’éléments « pêchés » dans d’autres sites ou blogs .

Quoi qu’il en soit, certains d’entre eux me demandent un énorme travail en amont, ils vous font alors attendre un peu leur parution (je suis loin de la cadence d‘un article par jour !), mais je suis très fier de vous « récompenser » à chaque fois pour votre patience et votre fidélité .

Plutôt que de développer dans ce nouvel article les particularités des Ergs Lihoudi et Chebbi, que d’en illustrer le propos par une peinture sur le motif ou par la reproduction d’aquarelles figuratives, j’ai préféré vous transmettre quelques réflexions inspirées par le désert de sable à propos de la peinture et du carnet de voyage en général, j’ai surtout souhaité vous mettre au contact de cette beauté à l’état pur qu’est le désert tel que je l’aime …

En repérages en 2006 avec Pierre et Yolande au sud de M’Hamid . Là, nous sommes ensablés et plutôt en mauvaise posture : si un sympathique berbère ne nous avait tiré de ce mauvais pas nous y serions encore ! … Comme quoi la peine que je me donne, (parfois des années à l’avance), pour aller préparer sur place et de façon novatrice mes stages « carnets de voyages » n’est pas toujours récompensée sur le moment . (Photo Alain MARC)

J’avais intitulé cet article «  Notre conscience du réel est-elle transformée par l’art ? … ou la musique du désert ? », mais c’est le sujet du bac philo qui me fait inverser cette phrase, en guise de clin d’œil à tous les enseignants de France et de Navarre .

Nous avions pris, lors de l'avant dernier article de cette série, une journée de repos à Zagora pour nous ressourcer et peindre, l’occasion pour nous de voir comment exécuter très rapidement et de façon assez libre une petite pochade à l’aquarelle apte à mémoriser un lieu, une rencontre, un moment de notre voyage .

Dunes à perte de vue dans l’erg Lihoudi … (Photo Alain MARC)

Tout au long de ce périple, notre attention picturale s’est portée sur la réalité du monde telle que nous la percevions, en nous posant sans cesse la question de savoir comment nous devions le traduire par l’aquarelle :

- soit avec une grande fidélité descriptive (afin que ceux qui voient notre description aillent au plus près de ce que la majorité d’entre-nous perçoit, je repense au portrait d’Ahmed) - car le voyage (découverte qui nous sort du quotidien) peut déjà en soi être considéré comme un objet créatif qui « nous ouvre le regard » et que la transcription de cette réalité dans sa compréhension nécessite une fidélité au sujet formel afin de ne pas le trahir et en rapporter la vision la plus « objective » possible permettant de l’identifier ou de l’imaginer facilement en conservant dans son authenticité cette « ouverture du regard » - ,

Kaïmas du bivouac du Fort Bou Jérif automne 2006, travail descriptif . (Aquarelle Alain MARC)

Kaïmas du campement dans l’erg Lihoudi, stage Grand sud printemps 2005, (la tente caïdale blanche était notre atelier en cas de tempête de sable) . (Photo Alain MARC)

- soit avec notre liberté d’expression et notre sensibilité créative (plus conforme à notre affect, à notre perception intuitive, à notre puissance imaginative ou à nos référents culturels et artistiques), traduisant du sujet l’interprétation que nous en avons individuellement ou la lecture que nous en percevons (par exemple avec mes différentes interprétations d’Aït-Ben-Addou).

Mon attitude face à ce dilemme a toujours été soit d’en effectuer les deux approches (si l’une ne devait pas nuire à l’autre), soit de privilégier l’approche informelle et intuitive lorsqu’il est possible de la compléter par des éléments descriptifs, soit d’utiliser une expression de synthèse qui sans trop s’éloigner du formel s’affranchit de détails ou de lourdeurs inutiles afin d’être plus proche de l’atmosphère d’un lieu, du caractère d’un personnage, de l’esprit d’une scène, de l’importance d’un moment éphémère .

Aquarelles généralement synthétisées, réalisées par les participants (tes) au stage Grand Sud Maroc 2007 . (Photo Alain MARC)

On y parvient mieux dans ce dernier cas en se mettant à « l’écoute du vivant » par une attention, (déjà Ptit’Jo avait compris l’importance de cette démarche lors de sa découverte du désert au cours de son premier voyage dans le Grand Sud), un éveil de tous les instants, et une compréhension de la lumière, des formes et des couleurs où notre éducation du regard et notre réceptivité jouent un grand rôle, mais aussi par la liberté qu’on va bien vouloir s’accorder dans l’expression, dès l’instant où nous dépassons les contraintes techniques, environnementales ou conjoncturelles (celles de la rapidité d’exécution faisant partie des difficultés à maîtriser pour une plus grande force d’expression) .

S’il n’est pas très écolo, le 4 x 4 possède au moins un immense avantage pour l’aquarelliste : il permet de peindre en servant d’abri en cas de vent de sable ! (Photo Alain MARC)

Nuit tombant sur notre campement Erg Lihoudi 2005 . (Photo Alain MARC)

« Sable soulevé par le vent devant une dune » , aquarelle de synthèse . (Aquarelle Alain MARC)

Avec ce nouvel article, nous entrons aujourd’hui dans une dimension complémentaire aux précédentes, de l’expression carnettiste : l’expression informelle, qui allant à l’essence des choses par notre intériorité, n’exclut en rien la puissance évocatrice du réel sur lequel elle repose, et lui reste fidèle dans l’esprit, sublimant même sa dimension émotionnelle .

Nous rejoignons en cela le sujet de philosophie du bac 2008 « L'art transforme-t-il notre conscience du réel ? », j’ai même été étonné de voir ce sujet apparaître au moment où cet article était presque terminé alors que la vidéo ci-dessus était en cours de finalisation !

Il faut dire que le sujet est aussi passionnant qu’on soit esthète ou artiste, simple « consommateur » d’art ou créateur soi-même, quand ce n’est pas les deux à la fois !

« Dans les vagues de sable » . Aquarelle informelle .(Aquarelle Alain MARC)

« Les œuvres d’art, qu’elles soient figuratives ou abstraites, sont des créations qui se superposent aux êtres et aux choses, sans avoir la même réalité que celle qu’on attribue au monde » : certes oui si on n’en considère que l’objet, mais leur pouvoir de véhiculer une certaine dimension de cette réalité permet d’en prendre conscience de façon différente et complémentaire, en même temps qu’elles donnent au monde une existence inaccoutumée, une qualité supérieure, le métamorphosant même parfois à l’état de merveille, le rendant quoi qu’il en soit plus intelligible .

Dans les grandes dunes de Chigaga … (Photo Alain MARC)

En nous montrant que l’art nous fait prendre conscience d’une réalité supérieure à celle que nous avons l’habitude de ne plus regarder, l’évidence dans laquelle est engagé tout individu en démarche créative (aussi bien que tout voyageur - dans « démarche » il y a « marche » -), l’amène à constater (allez voir ce qu’en pensait Nietzsche) que c’est par l’art qu’on prend « conscience que la réalité est elle-même une œuvre à laquelle chacun doit participer » … Alors que dire si on est voyageur et artiste en même temps, cela, sous un aspect trivial, « nous crève les yeux » !

Notre carnet et voyage, en devenant « morceau de mémoire », rend plus réelle et intemporelle l’éphémère durée du voyage en éternisant les êtres et les choses que nous y avons rencontrés . Il rend même permanents nos souvenirs et notre propre existence à travers sa réalisation alors que nous ne sommes que poussière traversant la vie .

Peu importe sa qualité graphique ou plastique car c’est l’acte lui-même qui compte : c’est de l’acte que naît la beauté et non de la seule contemplation du monde dès l’instant où le regard s’approprie la beauté du monde pour mieux la partager ou la transcender (il y a beaucoup à dire aussi au sujet de « la beauté » - autre sujet de philo -, j’y reviendrai un autre jour) .

En croquis sur le motif avec les chameliers de l’erg Chébbi .

Ainsi, comme à travers nombre d’engagements basés sur le partage, on peut faire de sa vie une œuvre d’art .

Bien sur, si une excellente maîtrise s’ajoute à une plénitude d’expression accomplie, l’acte artistique n’en sera que plus porteur des valeurs qu’il diffuse .

Mais la première des nécessités pour comprendre l’importance de cette prise de conscience est de ne pas croire que l’art est un simple divertissement sans influence décisive sur notre conscience du monde . De ne pas croire non plus que la suffisance de notre intelligence, de nos acquis et certitudes autant de nos biens matériels peut répondre à toutes les questions de notre existence .

Être toujours à l’écoute, en éveil, toujours en aptitude d’apprentissage, avec amour pour nos semblables et humilité me parait être l’indispensable consigne de vie pour qui veut en transmettre des éléments essentiels, à plus forte raison si notre position sociale nous distingue de nos semblables par les recours ou les références qu’elle produit . Le cas du peintre voyageur n’échappe pas à cet exemple …

Se laisser absorber par la beauté des éléments, y laisser nos traces, n’est-ce pas déjà créer une œuvre éphémère qui nous englobe et dans laquelle nous sommes acteurs ? (Photo Alain MARC)

Pour qui est sensible aux milieux naturels c’est dans le désert, les forêts sauvages, en haute montagne, en haute mer, dans les profondeurs de la terre que se trouvent les réponses à ces questions .

Et le désert me direz- vous ?

- C’est en vous parlant de l’art et de notre conscience du réel que je vous ai parlé du désert .

S’il y a des mirages dans le désert, c’est parce que le réel y est différent, que notre conscience de la réalité doit y faire un apprentissage différent de la beauté .

Deux petits points dans l’océan de sable : aquarellistes lovés au creux d’une dune saisissent de bon matin les premiers rayons de soleil léchant le désert … (Photo Alain MARC)

Il n’y a rien de plus éphémère et de plus permanant qu’une dune .

Hors, non seulement les dunes se déplacent sous l’effet du vent, mais leur forme, leur couleur, évoluent sans cesse selon les conditions météo, la lumière, et la position du soleil ou de la lune …

Les dunes, ce sont un peu les nuages de la terre . Parfois dans les tempêtes de sable ils rejoignent même ceux du ciel pour aller jusqu’au cœur de l’Afrique avec le vent de l’harmattan .

C’est pour cela que je privilégie pour le désert l’expression informelle, trouvant que nulle représentation n’est assez forte pour le traduire et l’évoquer .

Petit jour sur l’Erg Chebbi : l’incroyable beauté des dunes de Merzouga . (Photo Alain MARC)

Lever de soleil dans les dunes de Chigaga … (Photo Alain MARC)

« Hamada du Drâa », la peinture informelle qui a servi de trame à la vidéo ci-dessus : encres, aquarelle et acrylique . (Technique mixte sur papier, Alain MARC)

Trouvant que seule sa musicalité est significative des beautés qu’il révèle à qui veut bien se donner la peine d’aller les chercher … Sans doute la musique et la poésie sont-elles aptes plus que la peinture à restituer l’abstraction du désert à travers les émotions et les sentiments qu’il nous procure .

Alors je préfère, moi qui ne suis pas un homme du désert, qui ne sais rien de l’adaptation à cet univers de rigueur et de beauté au quotidien, laisser la conclusion de cet article et de notre voyage pictural dans le Grand Sud Marocain à Fati, fille du désert, poète méconnue des grands espaces et des verdoyantes oasis qui nous écrit depuis le bord des rives du Drâa (confirmant en cela dans son poème de façon très simple par un constat d'amour né de son contact permanent avec le désert, que la réalité est elle-même une œuvre à laquelle chacun doit participer) :

«J’aime la magie des lumières du grand sud,
J’aime les caresses du souffle chaud, dans le climat aride,
J’aime la tendresse de l'aurore dans le désert,
J’aime la lune, dans ses apparitions les plus claires,
J’aime la majesté du soleil, qui prépare son coucher,
J’aime le rugissement du vent dans les rochers,
J’aime le déferlement des vagues contre les falaises,
J’aime ces regards troublants qui provoquent le malaise,
J’aime ce silence paisible lorsqu'il vient m'enlacer,
J’aime les étoiles aux yeux des enfants qui passaient,
J’aime les chants des oiseaux au petit matin,
J’aime ces fleurs épanouies, qui exhalent leurs parfums,
J’aime ces discussions surréalistes d'après minuit,
J’aime cette présence qui vient hanter mes nuits ! »

Lever de soleil sur l’erg Lihoudi . (Photo Alain MARC) 

« Vagues de sable », peinture informelle : encres, aquarelle et acrylique . (Technique mixte sur papier, Alain MARC)  

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5 mai 2011 4 05 /05 /mai /2011 16:21

«TOUENTOU, FILLE DU FEU» sur France 5
Je vous en avais averti un peu tard samedi, mais c’était mieux que jamais ...

Pour celles et ceux qui n’ont pu venir avec nous au carnet du voyage «Yunnan Intime», dont la thématique était consacrée aux minorités ethniques de cette splendide province chinoise, le documentaire «TOUENTOU, FILLE DU FEU» a été rediffusé sur France 5 samedi 7 novembre à 21 h 30 .

Pour en savoir plus je vous recommande d’aller sur le site de France 5 voir la présentation par Isabelle Ducrocq de ce film (écrit et réalisé par Patrick Profit, un talentueux réalisateur spécialiste de ce type de documentaire) .

Vous y découvrirez la vie de Touentou, une jeune femme Mosso, appartenant à ce peuple des rives du lac Lugu, aux confins du Yunnan, où la société est régie par les règles du matriarcat .

Notre petit bus sur la piste (qui sera bientôt une belle route) nous menant au petit village de Whang, en territoire Mosso .(Photo Alain MARC extraite du film à venir «Yunnan Intime, carnet de voyage»)

 

Les Mossos sont environ 30 000 et vivent encore  de l'agriculture et de la pêche, mais l'ouverture de leur territoire au tourisme leur offre de nouvelles perspectives où chacun lorsqu'il a la chance de se trouver sur  ces routes providentielles peu apporter son talent, ses bras et sa contribution, les revenus étant redistribués au sein de la famille et de la communauté . Cette rencontre avec Touentou, mère de deux enfants, illustre bien une telle existence (comme nous l’avons en partie découverte avec notre petite guide locale Wang) partagée entre les travaux à la ferme une partie de l'année et comme femme de chambre dans un hôtel sur les bords du lac Lugu (Wang bénéficie d’un sort un peu plus appréciable, en percevant ses honoraires et pourboires de «guide») .

La particularité du peuple Mosso vient de leur organisation sociale, qui est fondée sur le matriarcat . Ce sont les femmes qui sont au centre de la société et de la cellule familiale, et si le mariage n'est pas reconnu, les couples ne sont pas régis sur un rapport de domination .

 

L’une de nos pirogues dans la traversée du lac Lugu vers l’île sacrée du temple Liwubi . .(Photo Alain MARC extraite du film à venir «Yunnan Intime, carnet de voyage»)

Nous étions donc sur place il y a à peine plus de 15 jours et ce fut l’un des temps forts de ce stage, Wang nous ayant invitée à partager le déjeuner Mosso traditionnel chez sa grand-mère . Dans leur ancienne maison de bois, sur les grandioses rives du lac Lugu, auprès du foyer central, elles eurent même la patience et la gentillesse de pauser pour nous . Quant à Wang, je peux vous assurer que c’est une femme jeune,  mais une … femme de caractère !!!

Auprès de l’âtre autour duquel nous avons mangé, dans la pénombre de la maison familiale, Wang et sa grand-mère posent pour nous dans leur habituel et superbe habit traditionnel . (Photo Alain MARC extraite du film à venir «Yunnan Intime, carnet de voyage»)

Je reviendrai dans l’hiver sur les travaux réalisés cette journée-là, en particulier sur mon propre travail avec une nouvelle rubrique de ce blog, mais pour l’instant je vous laisse découvrir cette image extraite du futur film de notre stage carnet de voyage, c’est Wang et sa grand-mère en cours de réalisation (voir photo ci-dessus, merci Antoine pour la vidéo de cette séquence, et merci FU pour avoir favorisé cette belle rencontre) .

Il n’empêche, nous ramenons de la rencontre avec les Mosso, de l’accueil chez la grand-mère de Wang, de la traversée en pirogue, de l’île du temple Liwubi, des balades au bord du lac, de la fascinante danse nocturne « du feu », enfin de ce petit bout de Chine, l’impression étrange et indéfinissable d’avoir vécu quelques jours dans un vrai coin de paradis …

Je vous reparlerai plus tard de ces quelques semaines de stage et des magnifiques carnets de voyages qui en sont nés . Pour aujourd’hui, je vous laisse découvrir Touentou et sa vie au bord d’un lac aux eaux toujours transparentes et bleues …

 

Je vous laisse rêver au lac Lugu en vous offrant cette photo réalisée sur ses rives, qui donne une bonne idée du paysage merveilleux où vivent les Mosso … (Photo Alain MARC)

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5 mai 2011 4 05 /05 /mai /2011 08:50

L’âme sévillane est-elle dans le flamenco version « sévillanas » ?
    Encore à Séville .

    Les mélodies imprègnent les squares, les places les rues …    Jusqu’aux murs blancs, ocres, jaunes, grenats, aux couleurs flamenco …
    Nous sommes dans un tourbillon, et tandis que sous le porche de la cathédrale sur fond de Giralda nous relevons des empreintes millénaires, Pierre croque version flamenca nos silhouettes sous le grand porche, absorbées par l’âme sévillane …
«Autour du maître», Croquis aquarellé Pierre NAVA
Carnet d’Andalousie 2009
 
Quant à moi je peins de mémoire ce mélange coloré de robes à volants accrochées aux murs blancs des magasins de vêtements . J’y vois les filles aux grands yeux noirs, une rose rouge piquée dans les cheveux, dansant leurs sévillanes …
En cliquant sur cette petite photo, vous allez directement sur mon blog en espagnol écouter une sélection de mes sévillanes flamencas préférées (si vous aimez, vous pouvez les mettre en fond sonore et faire autre chose)…
«Parfums de sévillanes», Aquarelle Alain MARC 13,5 x 21 cm, carnet d’Andalousie 2009,

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4 mai 2011 3 04 /05 /mai /2011 23:04

Superbe exposition de Jacqueline GAULLIER à l'Orangerie de la propriété Caillebotte à Yerres 91330 du 29/04 au 08/05/2011 (partagée avec Aniko sculptrice), si vous êtes dans cette région ou y passez avant dimanche précipitez-vous-y, c’est certainement le but d’une belle promenade pour ce week-end !  Depuis-le-12-04-2011 0253

Couleurs, valeurs dans un rapport ombre - lumière intimiste sont les points forts des toiles de Jackie GAULLIER...

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Autant dire qu'elles vous emmèneront dans une atmosphère sobre et intime où vous vous sentirez en connivence avec les lieux et les personnages qu’elle révèle comme si vous les connaissiez depuis toujours .

Depuis-le-12-04-2011 0251

Cela est sans doute dû à la force, l’onctuosité et la profondeur de la matière «huile», mais aussi à la présence de l’âme de ses sujets, de la personnalité de son expression.

nullUne constance certainement : la nuit qui fond toute chose et tout être dans une sorte d’immense creuset où l'on se glisse non pour se diluer et disparaître mais au contraire pour se retrouver, se lover, se rassurer et renaître comme à l’intérieur d’un cocon . Une nuit colorée et lisse qui nous délecte d’aurores boréales sereines et douces prêtes à nous régénérer ...

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4 mai 2011 3 04 /05 /mai /2011 18:34
Accompagnez-moi aujourd’hui entre terre et mer, là où la pointe Bretagne offre de multiples facettes à la fois rurales et océanes, moderne et fière de ses traditions, dans cette région de l’ouest France qui attire chaque année son lot de touristes, de l’hexagone et d’ailleurs. 
Pour les français, c’est une destination privilégiée, à la fois proche et abordable, familière et dépaysante par certains côtés, une balade touristique rafraîchissante et tonique qu‘il ne faut surtout pas rater.

Il suffit de s’organiser un peu à l’avance, entre location de voiture et réservation d’un hôtel pas cher, d’une chambre d’hôtes ou encore d’un gîte rural et partir faire un circuit - découverte du littoral Breton.  

1-Anse de Pors Hir Alain MARC

Contre-jour sur l’Anse de Pors Hir sur la Côte des Ajoncs, lorsque le paysage se fait régal pour les yeux…   

Circuit sur le Littoral Breton

La baie du Mont Saint Michel est un site incontournable pendant un séjour en Bretagne. Diverses formules sont proposées entre randonnées pédestres sur le célèbre sentier GR® 223 le long des grèves, des plages de la Manche, jusqu’à la baie du Mont-Saint-Michel, ou visites culturelles guidées et commentées du site de pèlerinage.

Labellisé Grand Site de France, la Pointe du Raz est sans aucun doute l’une des attractions les plus connues de toute la péninsule Bretonne et compte à elle seule plus d’un million de visiteurs par an. Elle marque - dit-on - l’extrémité occidentale de la France.

Par la route ou les sentiers côtiers, la Route des phares de Bretagne couvre une vingtaine de phares aux noms mythiques de Brest à Brignogan et Ouessant. Un moyen de profiter de l’air marin tout en admirant de superbes paysages et en visitant les légendaires "gardiens de la côte".

Randonnées en vélo, à pied ou à cheval, plaisance, croisière … La côte de Granit Rose offre des formules pour tous les goûts. On peut y découvrir non seulement des cumulus de granit rose sculptés par les vents marins, mais aussi des plages préservées et de superbes petites criques ou encore visiter la réserve naturelle de l'Archipel des Sept Îles.

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L’un des moulins à marée de Ploumanach sur la Côte de Granit Rose.

La Bretagne Thalasso
Souvent choisie pour une rapide escapade bien-être, la  Côte d’Émeraude regorge de stations balnéaires comme Roscoff et Saint-Malo, où profiter des ressources naturelles bienfaisantes du littoral Breton, son air iodé vivifiant et ses boues marines. Reste aux vacanciers en quête de séjours thalasso à choisir la formule qui leur convient le mieux, entre des hôtels Spa ou des établissements Relais et Châteaux avec centre de thalasso privé.
Dans un cas comme dans l’autre, le résultat est assuré : un séjour balnéo en Bretagne assure une coupure totale du quotidien, entre promenades vivifiantes sur les plages, modelages corporels et bains à hydro massage.

Paimpol-Alain-MARCImpressions d’après-midi sur le port de Paimpol : travail rapide aux crayons et sticks aquarellables .

Escapades gourmandes en Bretagne

La Bretagne est un paradis gastronomique où l’on trouve à la fois de succulents produits du terroir comme le célèbre Artichaut de Bretagne et des produits de la mer, du homard breton aux coquilles Saint Jacques en passant par les huîtres de Belo.

Les gourmands pourront ainsi s’offrir un séjour en fermes auberges, un excellent moyen pour découvrir le côté rural de la gastronomie bretonne, mais aussi visiter ses marchés.

A l’heure des repas, là encore, il est possible de choisir entre grandes tables ou crêperie/brasserie à la bonne franquette ! Rien de tel après une balade en bord de mer qu’une bonne galette de blé noir arrosée d’une bolée de cidre, ou une part de kouign amann et un verre de chouchen !

A ramener absolument en souvenir du séjour : des galettes au beurre de Pont Aven, ou encore des caramels au sel de Guérande.

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4 mai 2011 3 04 /05 /mai /2011 16:36

Vallée des roses et danse des ahidous . 

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L’extraordinaire beauté de la vallée des roses ne peut laisser indifférent le voyageur se rendant de Ouarzazate à Tinerhir, lorsque passant par El Kelaâ des M’Gouna, la vallée du Dadès s’ouvre à lui dans un enchanteur panorama . (Photo Alain MARC)

Il va alors s’arrêter pour au moins une ou deux photos, et je l’invite à laisser sa voiture devant une boutique et à descendre au bord de l’oued .

Bien que très pressés par la nuit qui va bientôt tomber nous nous y arrêtons le temps d’une brève aquarelle pour les plus rapides, pour quelques clichés pour les moins expérimentés .

Ici plus qu’ailleurs, la vie qui grouille au bord de la rivière invite au voyage dans sa projection vers les sources du cours d’eau ou au-delà de ses rives, vers les kasbah qui en dominent les falaises et les montagnes lointaines qui bouchent l’horizon . Le tout sur fond d’Atlas rose et bleuté comme dans un rêve orientaliste .

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Le temps d’ajuster nos appareils photographiques, Yolande en est déjà à la fin de son premier panorama du site … Elle en réalise deux, lors de notre petite halte, saisissant au vol pendant ces quelques minutes d’intemporalité, la magnificence des couleurs du soir . (Aquarelle Yolande GERDIL )

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Ce qui frappe le visiteur c’est cette harmonie de couleurs et de formes où rien ne dérange, rien ne choque comme si la vie des hommes et leur architecture restait en parfaite symbiose avec celle de la nature . (Photo Alain MARC)

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Tandis que montent de la vallée des bruits de rires d’enfants et de braiements d’ânes, un groupe d’aigrettes passe au dessus de nos têtes et va se poser sur le bord de l’eau . On devine dans les jardins une intense activité, et le bleu du ciel capturé par le Dadès est remplacé au couchant par de flamboyants roses dorés, qui immergent le paysage tandis que s’étirent à l’infini des ombres turquoises, marines et campanules . (Photo Alain MARC)

Les roses justement : elles embaument à partir du mois d’avril les oliveraies et les jardins qu’elles séparent en petites haies épaisses et basses, si pratiques pour en cueillir les fleurs le moment venu . Nous sommes ici au cœur de la production de la rose du Maroc : rose à parfum, fragile et douce, traitée en grande partie sur place, ou séchée pour être exportée et vendue en l’état . Un grand « Moussem de la rose » clôture le ramassage par une belle fête le deuxième week-end du mois de mai .

Ce qui est traité sur place vous sera proposé sous forme d’eau de rose sur le bord de la route dans l’une des nombreuses boutiques, parfumeries et distilleries de la région .

Cela me rappelle une anecdote qui nous a bien amusés : lors d’un stage, il y a déjà de nombreuses années, une d’entre-nous avait acheté l’un de ces précieux flacons de verre contenant le liquide parfumé, et l’avait déposé dans son sac d’aquarelle, au milieu des pinceaux et de la palette, contre son carnet . Nous étions à cette époque-là en car (un véritable voyage d’aquarellistes « organisés » !) et rentrions tranquillement vers notre hôtel après une journée de peinture bien remplie, quand dans un virage son sac est tombé et le fragile flacon s’est brisé . Ramassage immédiat des débris, tentatives d’épongeage avec tout ce que nous pouvions trouver, enlèvement catastrophique du carnet de voyage mais trop tard il était tout imbibé, c’est le cas de dire que nous sentions tous la rose ce soir-là !

Quelques jours passent, le stage se termine et nous sommes sur la route, dans le bus rentrant à Ouarzazate, car le lendemain c’était « synthèse » (ou débriefing comme vous voulez), et départ le soir avec les avions pour retourner chez nous à regrets . Dans ces cas-là avant la grande synthèse du lendemain, on revit cent fois le stage, on se passe nos carnets, chacun curieux du résultat final de l’autre et de l’avis des autres sur son propre carnet …

C’est alors que notre amie (l’infortunée transporteuse de flacons parfumés), inquiète de ne pas avoir l’avis de son voisin qui feuillette son carnet de voyage en hochant la tête sans mot dire et l’air un peu blasé, lui demande avec insistance de se prononcer .

Et l’autre tout de go à rétorquer : « - Un roman à l’eau de rose, voilà ce que c’est ! » 

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Au fur et à mesure où on avance dans la vallée, le paysage change et s’enrichit sans cesse de nouvelles perspectives colorées . C’est à cette heure-là qu’il est le plus judicieux de peindre ces panoramas dont on ne peut imaginer combien les verts y sont différents tant sont riches les jardins et les vergers : figuiers, pommiers, abricotiers, poiriers, figuiers, pêchers, amandiers, cognassiers et même ceps de vignes rajoutent leurs nuances à tous les arbres « sauvages » qui poussent tout le long du Dadès, et qui s’étagent en frondaisons nuancées créant la plus magique des palettes à ces heures précieuses de la journée . (Photo Alain MARC )

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Il est évident qu’il faut alors travailler vite, sans omettre les roses et mauves de la neige des sommets . … (Aquarelle Alain MARC ) 

 

 

J’ai ajouté aux images de notre voyage en cours, quelques autres images d’archives tournées pendant un moment magique vécu dans le chef-lieu de l’endroit (El Kelaâ des M’Gouna) il y a déjà une douzaine d’années . Moment intense et merveilleux au milieu d’un groupe de danseurs et de leurs « ahidous », partagé avec les stagiaires, duquel il me reste 3 ou 4 pages de carnet, mais dont ma mémoire ne se défera jamais : il y a là-bas un part de moi-même qui y est restée ! (Vidéo Alain MARC que vous pouvez revoir différemment dans un autre clip mis ici en ligne lors d‘un article précédent)

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L’une de ces pages de mon carnet : quatre très belles danseuses sont en train de m’observer tandis que je les dessinais . L’un des musiciens du groupe, un verre de thé à la main s’était rapproché … (Aquarelle Alain MARC )

L'ahidous :
« Danse accompagnée de chant, l'ahidous n'est pas seulement le divertissement préféré des Amazighs (du Maroc central), c'est surtout leur moyen d'expression le plus complet et le plus vivant. On le danse à l'occasion des moindres fêtes et même, l'été, après la moisson, presque tous les soirs dans les villages.
Les danseurs se mettent en cercle, en demi-cercle, ou sur deux rangs se faisant face, hommes seuls, femmes seules, ou, hommes et femmes alternés, étroitement serrés, épaule contre épaule, ils forment bloc. La danse est rythmée au tambourin et par des battements de mains. Les mouvements sont collectifs ; c'est un piétinement, un tremblement qui se propage, entrecoupé d'ondulations larges, coups de vent sur les blés. Par leur aisance et leur ensemble, ils témoignent d'un sens du rythme remarquable. Toutefois, tous faisant presque toujours le même geste en même temps, c'est surtout un ensemble de juxtaposition que l'ahidous présente. En ce sens, il est très caractéristique de la mentalité des Amazighs. L'ahwach dansé par les Chleuhs de l'Atlas occidental est déjà fort différent.

Le sens mystique de la danse ne se dégage pas nettement de l'ahidous, sauf peut-être de certaines formes spéciales comme l'« ahidous n tislit » dansé chez les Aït Hadiddou au moment où la mariée arrive à la maison de son mari : le chant qui l'accompagne est une véritable incantation ; on l'appelle d'ailleurs « lfal » (le sort).

Dans l'ahidous ordinaire, le chant s'appelle « izli » (plur. izlan). C'est un poème d'une extrême concision, en général deux versets qui se répondent. Il est lancé par le meneur de la danse sur un air qui varie selon les tribus, puis repris par les danseurs qui longuement le psalmodient, répètent plusieurs fois chaque phrase. L'« izli » est souvent improvisé et l'ahidous peut être l'occasion de joutes poétiques.

Poésie purement orale, jaillie de la vie même de la tribu, les « izlan » sont familiers à tous. On les chante, on les cite fréquemment, les meilleurs franchissent les limites du groupe, certains passent en proverbe. Les sujets sont ceux de toute poésie populaire, mais avec une tendance marquée vers la satire. Les hommes et les événements y tiennent donc une très grande place; dans l'Atlas central, être la risée des gens se dit « être l'izli du monde ».

D'après Maroc central de J. Robichez, éd. Arthaud, 1946

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4 mai 2011 3 04 /05 /mai /2011 15:41

Envoûtement musical à Djanet avec Jade et son ami Kova?

Ce que je vous présente aujourd’hui, pour notre retour à Djanet, est exceptionnel .
Non seulement parce que c’est le fruit du produit conjugué de la rencontre entre l’amitié et l’étonnant pouvoir d’Internet, mais surtout parce que c’est le reflet de talents immenses qui ne méritent qu’à être révélés !

- Vous souvenez-vous de la
"Ballade de Djanet" et du petit défi que j’avais lancé aux musiciens, comme cela, sans trop savoir ce qu’il allait en advenir par les mystères d’Internet ?


Eh bien Jade et son ami musicien Kova? (pseudonyme artistique) ont relevé ce défit et réalisé quelque chose de vraiment superbe, que je vais vous laisser découvrir .

Si kova? est un véritable musicien, rigoureux et créatif, capable comme les artistes dignes de ce nom de nous ouvrir des portes sur des univers nouveaux, il faut dire que Jade quant à elle chante vraiment bien …

Mais avant je crois utile de faire un petit rappel de mon idée de base chantée au départ «à capella» par moi-même : j’avais écrit une petite «chanson» évoquant notre périple dans le désert et avais proposé à qui en aurait le talent d’en faire «autre chose», sous-entendu «quelque chose de bien mieux» , c’est-à-dire une création à part entière .

Et cette création, elle commence par la reprise de mes paroles «à capella» toutes nues, qui, espérant au moins un bon prêt-à-porter, se découvrent soudain habillées de véritable haute couture grâce à l’obstination et à l’inspiration de nos deux musiciens, jugez par vous-mêmes :

 

 

Ensuite ce qu’ils en ont fait, recomposé et redéfini par eux-mêmes, mérite une attention toute particulière, d’autant plus que le projet était difficile à finaliser et ils ont réalisé là une superbe création que je vous laisser écouter :

 

 

 

Djanet rue principale (à droite la palmeraie, à gauche la citadelle) . Aquarelle directe, Alain MARC 2009


Alors si ce petit voyage sonore vous a plu, intéressé ou ému (e), je vous invite à présent à
visiter la page « Myspace » de Kovac? : vous y écouterez une musique qui ne peut laisser indifférent, révélatrice d’authentiques questionnements artistiques, une musique et une recherche qui méritent d’être connues, n’hésitez pas à la promouvoir autour de vous, et laissez-leur un petit mot d’encouragement .

 

Quant à moi, pour remercier Jade et Kova? de leur contribution autant que de leur talent, je redessine à leur intention cette part de mémoire contenue dans le vent, la poussière et la lumière blanche des rues de Djanet …

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4 mai 2011 3 04 /05 /mai /2011 15:18

De la musique du désert au chant des dunes …

Il n’y avait qu’un pas, et je le franchis grâce à Adil, notre fidèle ami correspondant avec nous depuis le Pays du Soleil couchant (quelle chance a-t-il de vivre si près du désert), qui sans le savoir dans son commentaire de l’article précédent, a entrouvert les portes de billets en préparation qui soulèvent des questionnements artistiques touchant à l’existentiel, dont je vous réserve quelques articles pour l’avenir, et parce que c’est la fête de la musique, je vous invite à écouter le chant des dunes …
« La dune bleue » . (Aquarelle Alain MARC)
Cliquez sur l’aquarelle pour entendre « chanter la dune » . Alors, qu’en pensez-vous ?
Vous savez combien le rapport de notre conscience au réel à travers l’art, la poésie, la musique et les questionnements qu’ils soulèvent m’importe .
Il faut dire que les mystères qui entourent l’existence elle-même sont si nombreux et complexes, qu’en artiste attentif je suis autant à l’écoute du monde à travers ce que la science nous en apporte d’éclairage, qu’à l’écoute de mes propres perceptions et intuitions surtout lorsqu‘elles viennent du fond de mon intériorité …
Alors, pour en revenir aux dunes, je vous invite d’abord à cliquer sur les liens ci-dessous, qui comme je le disais à Adil, vous permettront d’aller à la réalité physique du chant des dunes, et pour celles et ceux qui ne savent pas ce que c’est de les « entendre chanter » comme vous en avez entendu une en cliquant sur mon aquarelle :
1) -
Superbes enregistrements de différentes dunes du monde (il vous faut le lecteur Quick Time),
2) -
La physique des dunes et du sable,
3) -
Intéressant site universitaire .
Mais une fois dévoilé le mystère acoustique dans toute sa compréhension scientifique, que reste-t-il, que reste-t-il face à cette extraordinaire sonorité qui nous envahit et nous élève comme la prière des mélopées de moines tibétains ?
Il nous reste le magnétisme, l’éblouissement, l’hypnotique plongée dans un univers de pure beauté sonore qui nous emporte bien au-delà de ce que nous explique la science, de la cause à l’effet . Elle nous projette dans un autre dialogue entre nos plus obscures profondeurs et ce que nous dit la dune . Avec cette étrange impression de ne savoir déchiffrer quel message nous transmet la voix des sables, sur quels rivages elle veut nous emmener …
Face à ce trouble, à cet appel mystérieux, et en pensant au cours du fleuve Drâa qui disparaît dans les sables du désert pour ne réapparaître à son embouchure qu’à des centaines de kilomètres je vous laisse découvrir ce merveilleux conte perse « La voix des sables » extrait du très beau livre d’Henri Gougaud «
L’arbre d’amour et de sagesse » :
"Il était une fois un vieux fleuve perdu dans les sables du désert. Il était descendu d’une haute montagne qui se confondait maintenant avec le bleu du ciel. Il se souvenait avoir traversé des forêts, des plaines, des villes, vivace, bondissant, puis large, fier et noble. Quel mauvais sort l’avait conduit à s’enliser parmi ces dunes basses où n’était plus aucun chemin ? Où aller désormais, et comment franchir ces espaces brûlés qui semblaient infinis ? Il l’ignorait et se désespérait.
Or, comme il perdait courage à s’efforcer en vain, lui vint des sables une voix qui lui dit :
- Le vent traverse le désert. Le fleuve peut en faire autant. Il répondit qu’il ne savait voler, comme faisait le vent.
- Fait donc confiance aux brises, aux grands souffles qui vont, dit encore la voix. Laisse-toi absorber et emporter au loin.
Faire confiance à l’air hasardeux, impalpable ? Il ne pouvait accepter cela. Il répondit qu’il était un terrien, qu’il avait toujours poussé ses cascades, ses vagues, ses courants dans le monde solide, que c’était là sa vie, et qu’il lui était inconcevable de ne plus suivre sa route vers des horizons sans cesse renouvelés. Alors la voix lui dit (ce n’était qu’un murmure) :
- La vie est faite de métamorphoses. Le vent t ‘emportera au-delà du désert, il te laissera retomber en pluie, et tu redeviendras rivière.
Il eut peur tout à coup. Il cria :
- Mais moi je veux rester le fleuve que je suis !
- Tu ne peux, dit la voix des sables. Et si tu parles ainsi, c’est que tu ignores ta véritable nature. Le fleuve que tu es n’est qu’un corps passager. Sache que ton être impérissable fut déjà maintes fois emporté par le vent, vécut dans les nuages et retrouvera la Terre pour à nouveau courir, ruisseler, gambader.
Le fleuve resta silencieux. Et comme il se taisait un souvenir lui vint, semblable à un parfum à peine perceptible. « Ce n’est peut-être rien qu’un rêve », pensa-t-il. Son cœur lui dit : « Et si ce rêve était ton seul chemin de vie, désormais ? »
Le fleuve se fit brume à la tombée du jour. Craintif, il accueillit le vent, qui l’emporta. Et soudain familier du ciel où planaient des oiseaux il se laissa mener jusqu’au sommet d’un mont. Loin au-dessous de lui les sables murmuraient :
- Il va pleuvoir là-bas où pousse l’herbe tendre. Un nouveau ruisseau va naître. Nous savons cela. Nous savons tout des mille visages de la vie, nous qui sommes partout semblables.
La voix sans cesse parle. Comme la mémoire du monde, le conte des sables est infini. "
Enfin, pour vous emmener dans un autre voyage de l’imaginaire et du merveilleux né de la rencontre des hommes et du désert, je vous laisse cliquer sur le curseur de lecture situé sous la dernière aquarelle ci-dessous, un petit bijou du site d’
Arte Radio .
« Chanson du fleuve de sable » (Aquarelle Alain MARC)


Cliquez sur le curseur traingulaire de lecture ci-dessus, et régalez-vous de cette histoire magnifique !

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3 mai 2011 2 03 /05 /mai /2011 21:20

Peut-être vous souvenez-vous d’Anne-Marie MARY ?

 

Si vous voulez la retrouver et découvrir ses toiles contemporaines, de la plus intéressante facture qui soit, n’hésitez pas à aller visiter son exposition à la Galerie 349, tout près de l’aéroport Toulouse Blagnac (sortie 902.4) du 11 mai au 4 juin : elle y expose avec un sculpteur, M.P. MAJOURAU

Très bonne expo, Anne-Marie !

 

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En haut de l’invitation, quelques peintures d’Anne-Marie.

   

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12 avril 2011 2 12 /04 /avril /2011 09:47

Je vous emmène aujourd’hui dans l’une des plus délicieuses balades qui soient puisqu’il y est question d’une région qui m’est chère, et de l’une des ses plus grandes particularités : celle de sa non moins délicieuse cuisine !

De toutes les régions de France, la plus gourmande est certainement celle du Sud Ouest. Pendant votre séjour en Aquitaine, dans le Pays Basque français ou en Dordogne, vous aurez l’occasion de découvrir en plus d’une infinité de produits du terroir et des vins renommés dans le monde entier, un patrimoine culturel et historique d’une grande richesse. Une location voiture vous permettra de vous déplacer de ville en ville aisément.

Entre deux dégustations de vins de Bordeaux, vous pourrez visiter de charmants villages typiques, des châteaux fortifiés et des cathédrales majestueuses avant de vous asseoir à une table d’hôtes pour déguster cassoulet, foie gras et autre magret de canard !

nullLa «mignonnette» est une liqueur de framboise des Pyrénées pouvant servir de digestif . Celle-ci après le repas bien entendu !

Mais bien avant, nous aurons apprécié un apéritif inattendu et tout aussi délicieux, à la framboise également, mélange de jus de framboises, de plantes, d'Armagnac et d'eau de vie à consommer très frais : tous deux sont une spécialité de la vielle ville de Bagnères-de-Bigorre, de très ancienne tradition…

Commencez donc votre circuit gastronomique en suivant la route du cassoulet. Réservez votre hôtel à Toulouse, la Ville Rose. Classée "Grands sites des Midi-Pyrénées" c’est l’une des villes qui revendique avec Castelnaudary et Carcassonne, la paternité de ce copieux plat, emblématique du Sud Ouest.

Le célèbre chef cuisinier Montagné aurait dit : "Le cassoulet est le Dieu de la cuisine occitane. Un Dieu en trois personnes : Dieu le Père qui est le cassoulet de Castelnaudary, Dieu le fils qui est celui de Carcassonne et le Saint-Esprit, celui de Toulouse".

Le cassoulet, tel que nous le connaissons aujourd’hui, apparaît au début du XVIe siècle. A Toulouse, la recette est à base de saucisses de Toulouse et de haricots blancs. Une longue balade autour des hôtels particuliers de la Place du Capitole vous aidera à digérer !

A Carcassonne, patrie des gésiers de volailles confits, le cassoulet se présente sous la forme d’une potée de haricots secs, agrémentée entre autres de confit de canard ou d'oie. Après un plat aussi riche, vous aurez toute l’énergie nécessaire pour faire le tour de la cité médiévale et du château comtal de Carcassonne.

Le cassoulet chaurien, inventé dit-on pendant la Guerre de Cent Ans, fait quant à lui l’objet d’un festival annuel au mois d’août. Il prend toute sa saveur une fois gratiné au four et servi avec un bon vin rouge du Minervois ! A voir absolument à Castelnaudary, les berges du Canal du Midi et l'Ile de la Cybèle.

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Promenade touristique, gastronomique et picturale passant également ici en Aveyron, entre Najac et Villefranche-de-Rouergue : nous sommes au petit village de Monteils, chez Jacques CARLES éleveur de canards gras, apôtre de la table paysanne et du bien manger, qui vous recevra à sa table d’hôtes et vous régalera des délices dont il a le secret … (Une page extraite de mon livre «Aveyron, carnet de routes» paru aux Éditions du Rouergue et adresse confidentielle que je ne partage qu’avec mes meilleurs amis dont vous faites partie)

A mi-chemin entre Toulouse et Bordeaux, Agen est une très belle ville médiévale, vantant un remarquable Musée des Beaux-arts. C’est aussi la patrie du pruneau d'Agen qui accompagne divinement les plats à base de porc, de volaille ou de gibier. Faites-vous plaisir et offrez-vous un repas au Mariottat, un restaurant gastronomique traditionnel du centre ville d’Agen, pour un tour des saveurs typiques de la région : canard, pruneaux d’Agen et fromages.

Car la région Sud Ouest est reconnue également pour ses fromages, comme le Roquefort, fromage à pâte persillée né dans l’Aveyron, que Diderot qualifie de "roi des fromages". Autre célébrité AOC, l’Ossau Iraty – un fromage à pâte légèrement pressée, originaire du Pays Basque.

Du côté de Bayonne, Biarritz ou encore St Jean de Luz, vous pourrez découvrir le splendide littoral atlantique et visiter les fabriques de salaisons du Bassin de l'Adour où déguster le fameux jambon de Bayonne. Non loin de là, se trouve le village d'Espelette et ses façades de maisons décorées de guirlandes de piments.

Enfin, ne manquez pas de vous promener dans les nombreux marchés traditionnels de la région où débusquer de véritables merveilles du terroir : foie gras de canard ou d’oie, confits et magrets mais aussi cèpes et autres truffes noires.

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Troupeau devant une bergerie à Roquefort, sur fond des falaises du Combalou, ce bout de causse détaché du Larzac dans lequel se trouvent les fameuses caves .

La gastronomie est toujours un reflet par la saveur du terroir… J’aurais longuement pu traiter de tout ce qui unit la vie des hommes et le paysage dans lequel ils évoluent à travers les produits qu’ils élaborent pour se nourrir. Il y aurait même de quoi en réaliser plusieurs ouvrages sur le seul sud-ouest justement ; mais si ce petit article vous donne envie de venir découvrir le Sud-Ouest gastronomique vous y apprécierez également ses indissociables correspondances touristiques, et si elles deviennent picturales, alors là croyez-moi, vous ne serez pas déçus du voyage !

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