Aquarelliste et peintre voyageur - En peinture, l'art de l'aquarelle est un mode d'expression qui va des carnets de voyages à la création de tableaux : en voici les différentes facettes inspiratrices, techniques et créatives selon Alain MARC ...
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- Les stages "carnets de voyages" sont une véritable immersion dans la pratique du carnet de voyage et de l'aquarelle sur le terrain, orientés "autonomie" ils sont ouverts aux stagiaires ayant assez de pratique pour en profiter pleinement . De la Provence au Jura Oriental et jusqu'en Andalousie, ce sont quelques destinations où vous pourrez aller en 2024...

- Tous les stages sont différents, n'hésitez pas à m'en demander les informations par courriel (voir plus haut) .

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Andalousies

«Andalousie, la Route d’Alain MARC», carnet de voyage de Pierre NAVA
Découvrez article après article en cliquant sur les vignettes ci-dessous le carnet spontané de Pierre m’accompagnant en Andalousie, et les «Petites Histoires vidéo» qu’il m’a inspirées :

La-Barca-1b-Pierre-Nava.jpg

Préambule

La Barca 2a Pierre Nava

L'étape de Peniscola

Andalousie b Pierre Nava

Sur la route de l'Andalousie...

Moulin-b Pierre-San Jose 2

Au Cabo de Gata

Bateau Pierre Isleta 3b

La Isleta del Moro

Huebro Pierre vignette

Huebro, la montagne enchantée

Pierre-Nava-Guadix-4-copie-1

Guadix, les maisons troglodytiques

Rio Fardès

Le rio Fardés

16 juin 2011 4 16 /06 /juin /2011 23:28

Souvent je repense au carnet de guerre de mon grand-père… 

C’était un carnet tout simple mais de toute beauté, format de poche cartonné de noir, à petits carreaux, avec des textes admirables écrits entre deux assauts, alors que tonnait le canon et que crépitait la mitraille tandis qu‘il écrivait, tandis qu‘il dessinait.

Il était illustré de croquis au crayon de graphite, griffonnés au fond des tranchées, dans les casemates, puis à l’hôpital, gravement blessé, avant que se termine la grande guerre .

Il ne se releva pas de ses blessures et ce carnet disparut à la mort de ma grand-mère.

Le seul souvenir qu’il m’en reste est celui dans ma mémoire, empreint d’une admiration émue où je revois ma grand-mère le sortir de l’armoire en me disant : «…tu vois, c’était ton grand-père!»

Si je vous parle du carnet précieux de cet aïeul si proche, c’est que l’une de nos correspondantes, Arlette, a la gentillesse de nous faire part d’un extrait des dessins au fusain de son grand-père Pierre FAGART témoignant lui aussi de la grande guerre pendant laquelle il a réalisé plusieurs carnets .

C’est sur un ton humoristique qu’il la regardait, (voir les dessins choisis par Arlette), qui nous confie ces documents rares et précieux, protégés au titre des droits d’auteur. Je vous les laisse découvrir en la remerciant chaleureusement pour son partage.

Qu’aurions-nous faits, nous dans leur terrible situation, un crayon, une gomme, parfois un porte-plume, de l’encre ou une boite d’aquarelle avec un carnet en poche ? …Aurions-nous eu ce courage ?Dessins de guerre, Pierre Fagart

Montage d’Arlette avec quelques dessins de Pierre FAGART réalisés en 1915  null

Détail de deux dessins  

Si ce genre de carnet, de dessins ou de peinture - témoignage des poilus vous intéresse, je vous invite à visiter plusieurs sites passionnants qui recèlent des œuvres devenues de véritables trésors dont certaines sont vraiment magnifiques :

 

 

null Site «Dessins 14-18» : La Grande Guerre en Dessins (cliquez sur la page d’accueil de ce site ci-dessus) : le témoignage des poilus à travers leurs dessins ou les dessins de leurs contemporains, un site d’une grande valeur iconographique et historique.

«La couleur des larmes» site art-www1.com :

http://www.art-ww1.com/fr/present.html    passionnante étude fort bien illustrée sur les peintres de la première guerre mondiale contenant des reproductions de toiles magnifiques (cliquez sur leur vignette pour les agrandir), avant-gardistes pour la plupart, avec des témoignages étonnants comme celui très coloré de  Guillaume Apollinaire, qui fait penser aux tableaux de Matisse …

Quant au site «temp.generation-valentin.fr» http://temp.generation-valentinfr.officelive.com/etienne.aspx    il consacre au poilu Etienne André Valentin, petit fils d'un statuaire breton, une très intéressante page . La guerre d’Etienne André parait moins affreuse dans ses dessins où le tragique est presque absent. On retrouve cependant dans ses carnets l’émouvante présence d’un temps suspendu qui fait toute la beauté et le charme des carnets de voyages anciens.

Enfin vous pouvez acquérir (en le téléchargeant directement par Internet) le livre «Croquis de Guerre 14-18» paru chez LRT Éditions qui contient des aquarelles, gouache et dessins superbes :

http://www.lrt-editions.com/livres-numeriques-a-telecharger/22-croquis-de-guerre-14-18-9782917747063.html   

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9 juin 2011 4 09 /06 /juin /2011 15:34

C’est une lettre ouverte à un ami récemment décédé que j’écris «avec vous» aujourd’hui.

Elle explique en partie mon silence depuis si longtemps.

Elle vous concerne de toute façon si vous vous intéressez un peu à l’art.

Plus encore si votre quête d’expression est devenue l’une de vos raisons de vivre, d’espérer, de vous épanouir, de vous projeter dans l’avenir…

Vous savez peut-être qu’il est des circonstances où la disparition d'un proche (un parent, un ami, une mère, un père, pire quand c'est un enfant), outre la souffrance dans laquelle elle vous plonge, vous atterre et vous paralyse au point de figer votre existence comme si l'instant de l'annonce de son départ arrêtait aussi votre élan créatif, le paralysant, telles ces aiguilles de l'horloge devenues définitivement immobiles depuis le moment où la nouvelle vous est parvenue... Votre vie elle-même s’est arrêtée à ce moment-là, même si vous respirez, pensez, voyez le monde tourner autour de vous indifférent à votre douleur.

Lavis Dominique Armilhon

L'une des admirables esquisses de Dominique ARMILHON, pure, incisive, sure, rapide, sans le moindre repentir...

Dominique : des semaines que je ne savais comment te consacrer cet article, te dire un ultime adieu, un adieu public à partager, à propager, à proclamer, à entendre, car ta disparition nous touche tous que nous te connaissions ou pas, je m’expliquerai plus loin.

Pour moi tu étais un ami même si nous communiquions peu, un ami depuis longtemps, mais aussi celui de plusieurs d'entre toutes celles et ceux qui lisent ces lignes ici : je t'avais depuis longtemps cité comme l'un des plus brillants exemples des stagiaires devenus une référence en accomplissement artistique autant qu'en amitié.

En te perdant nous perdons non seulement quelqu'un d'exceptionnel, mais aussi quelqu'un de Grand (voir ton site de cours en cliquant ici).

Je te considérais et te considère toujours comme un artiste exceptionnel ignoré ou oublié, un de ces artistes qui deviennent un jour un exemple pour leurs pairs lorsqu'ils découvrent leur œuvre. J'avais mes raisons de te considérer si non comme un génie tout au moins un extraordinaire surdoué, car tu m’en avais donné des preuves par tes idées, ton art, ta capacité de travail, et cette indescriptible intuition à deviner en toi l’émergence d’une affirmation créative totalement novatrice même si elle allait passer malheureusement inaperçue jusqu’au moment où quelqu’un d’autre la reprenne avec autorité (mais tant d’autres ont vécu cela et même mon père qui en a tant souffert, je sais de quoi je parle...).

Il suffisait de te connaître et de connaître le produit intime de ton expression, la constance et la rigueur de ton travail, ton acharnement à le remettre toujours sur l'ouvrage, il fallait avoir vu naître le produit de ce qu'il en résultait...

Tout le monde n'y avait pas droit, et j'ai eu ce privilège : quand tu es arrivé dans mes stages il y a plus de vingt ans je t'ai demandé ce que tu étais venu chercher, tu en étais déjà à un tel niveau de maîtrise et d'expression !

Tu transportais avec toi une montagne d'énergie créatrice, forte, inventive, secrète et inflexible parce qu'allant jusqu'au bout des exigences de ton art.

À l'admiration, l'estime et l'amitié que je te portais et te portaient tes élèves se rajoutait ce sentiment curieux de connaître quelqu'un au devenir prédestiné, pour moi un honneur, une fierté de faire partie de ceux qui savaient ta valeur, l'envergure de ton être.

Mais que s'est-il donc passé pour que tu décides de mettre ainsi fin à tes jours ?

Quelle détresse plus forte que les autres est venue faire basculer ta vie, balayer l'appel à l'aide que tu aurais pu me (nous) lancer, autant qu'à d'autres qui ne t'oubliaient pas, précipiter l'acte irréparable dans lequel le désespoir t'a laissé supposer qu'il n'y avait pas d'autre issue ?

N’y a-t-il pas en plus là-dessous la déchirure d’une déception affective anéantissant ce que les fibres les plus intimes de tes sentiments auraient pu rattacher à la vie ?

Dans quel mystère entraînes-tu les fils ténus de l'écheveau que tu n'as pas réussi à dénouer ?

Si je m'adresse à toi qui ne nous donnera jamais la clé de cette effroyable nouvelle, je pense aussi à toutes celles et ceux, créateurs anonymes et talentueux, qui se battent dans l’indifférence et l’oubli, j’interroge également ce que la société contient de "spécialistes", "décideurs en haut lieu de l'art et du devenir des artistes" : - où étaient-ils dans ton cas (- où sont-ils dans tellement d'autres -) ?

- Étaient-ils si aveugles, partiaux, suffisants et injustes en ce qui te concerne (- et concerne tellement d'autres -) ?

Tu peignais dans un incroyable un corps à corps avec la toile, une dépense physique et mentale difficilement imaginable, un engagement de tout ton être.

Tu me faisais penser à Nicolas de Staël, tant ta démarche était chargée d'ardeur, d'inquiétude, de violence, de désespoir. D’ailleurs vos destins se rejoignent bien que lui était connu et avait déjà marqué son époque lorsqu’il se donna la mort.

Comme lui tu réalisais des toiles dont le réalisme dramatique rejoignait ta vie douloureuse et ton caractère tourmenté. Comme lui tu travaillais sans relâche, cherchant à pénétrer l'essence du réel jusqu'à l'épure, sur les chemins de la synthèse et de l'abstraction…

Pour preuve ces photos (visibles en cliquant ici) d’une partie de la collection que tu avais exposée à l’Atelier Arnaud MARIE (dans le 1er arrondissement à Paris chez l’un des rares galeristes qui avait eu l’intelligence de voir en toi le créateur que tu étais et su te faire confiance comme l'avait d'ailleurs fait bien avant la Fondation Taylor).

C'était déjà cela, mais tu aurais mérité d’être vraiment connu, reconnu et apprécié dans tes idées, ta démarche, la constance de ton art et la profondeur bouleversante de ta peinture, de ta sculpture, de ton affirmation plastique !

Parce que tu ne voulais faire aucune concession ou compromission par lâcheté ou par snobisme, tu étais «oublié» ou «ignoré» de ceux qui auraient en haut lieu pu faire de toi l’une des figures de proue de notre monde artistique contemporain…

On en meurt parfois, la preuve !

Je t’avais conseillé, dans une conversation où je vivais si mal mon incapacité à pouvoir réellement t’aider (si je n’y arrive même pas pour moi comment puis-je faire mieux pour mes amis ?) de profiter de ton talent et maîtrise incroyables de prestidigitateur (l’autre de tes vocations innées où tu étais aussi un maître) pour essayer de gagner ta vie de cette façon-là en animant des spectacles partout où tu aurais pu en retirer un bénéfice.

...Et tu l’avais fait comme tu le pouvais sans agent artistique pour s'occuper de toi, admiré, estimé, apprécié par tes pairs dans ce domaine aussi !

Quant à vous qui lisez ces lignes je vous invite à voir à ce sujet l’hommage rendu à Dominique ARMILHON par deux de ses amis prestidigitateurs, MARIO et YRÈN, sur le site de "Virtual Magie" à travers un conte d’YRÈN : LA PRINCESSE ROUGE

Dans ce domaine de la prestidigitation lisez aussi dans le blog d’AHK «À tire d’ailes» le compte rendu d’une soirée de spectacle animée par Dominique, vous verrez à quel point il marquait l’esprit de celles et ceux qu’il rencontrait !

Je voudrais du fond de ma tristesse de te savoir disparu clamer ma révolte face à l’injustice, la complaisance, la complicité, l’indifférence, l’oubli, le mépris, la spéculation, le sectarisme, l’arbitraire, la marginalisation, la privation du regard, l’exclusion, le rejet, les mondanités, le manichéisme, le copinage, les délires verbeux et nombrilistes, le conformisme, la lâcheté, le snobisme, les mondanités, les compromissions courtisanes, et tout ce que je ne nomme pas mais qui nous entoure comme les tentacules d’une pieuvre dans le cloaque nébuleux et trouble de l’art contemporain.

Je voudrais enfin te dire Dominique, que nous continuerons d’exister, de combattre, même si personne ne s’intéresse à ce que nous faisons, quoi qu’il en soit tant que nous vivrons, que nous continuerons de travailler, d’avancer, de réfléchir, de créer, oui, nous tous, comme tu voulais pourtant le faire jusqu'au bout de toi-même, nous le ferons en continuant de nous battre pour nous frayer un chemin dans la jungle de l’art, même si la lutte est âpre, terrible et inégale.

Nous existerons et nous vivrons quoi qu’il en soit, n'en déplaise à ceux qui nous ignorent !

Nous le ferons pour toi, pour ceux qui comme mon père étaient aussi de grands artistes, ont disparus dans l’indifférence et l’oubli, pour le salut de ceux qui prônent encore technique, valeurs essentielles, référence aux grands maîtres du passé, (et sans oublier quoi qu’en pensent nos détracteurs Marcel Duchamp qui exista après et «grâce à» ses prédécesseurs), tout simplement pour répondre à notre manière à ces quelques questions :

- est-ce un critère de qualité (et même - selon certains - «de génie») d’être jeune et inconnu plutôt qu’âgé et méconnu ?

- le message que nous avons à délivrer ne mérite-t-il pas tous les combats que nous devons mener ?

- le vécu dont nous nourrissons notre art ou notre démarche, ou les deux, ne doit-il pas être vivifié sans cesse afin de s’incruster dans la durée du vivant par delà tous les amoindrissements qui nous guettent, défiant tous les obstacles qui nous menacent ou se dressent sur nos chemins ?

- de quelle richesse intérieure devons-nous faire preuve pour continuer de partager avec ceux qui nous ressemblent (et ils sont innombrables !) ces montagnes d’espoir, ces océans de volonté constructive, salutaire à une affirmation saine et positive de l’être, de l'âme de notre art, autant pour nous-même que pour autrui ?

J’aurais voulu "nous" reposer ces questions en en reparlant de vive voix avec toi avant que tu disparaissent, peut-être t’auraient-elles décidé à reprendre le combat et à ne pas retourner tes armes contre toi ?

Alors je le fais pour celles et ceux qui douteraient d’eux-mêmes (d’elles-mêmes) ou simplement de la vie, qui pourraient parcourir ces lignes en arrivant jusqu'ici quel qu‘en soit le moment (plus encore s'il est difficile), en espérant de ton mon cœur, de tout mon être, qu’ils ou elles se relanceront dans le combat de l'existence avec toute l’énergie que leur pensée aurait pu leur transmettre si elle avait levé le voile sur les batailles gagnées grâce à la ténacité, à l’acharnement, à la volonté d’en découdre avec l’adversité lorsqu’on croit du fond de sa détresse que le mot «Avenir» ne doit plus exister.

Tu es parti le 15 mai de cette année 2011, notre adieu Dominique n’est pas tout à fait un adieu si en essayant de répondre aux questions que je n’ai pu te poser je pouvais aider à prolonger d’autres vies, d'autres affirmations créatives, afin que tu ne meures jamais…

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9 mai 2011 1 09 /05 /mai /2011 22:00

Nous avons quitté Hanoï pour les montagnes du Nord, frontalières de la Chine.

…Soif de découverte, de rencontres authentiques, de croquis à connotation ethnologique et d’aquarelles fortes, empreintes  de cette mémoire des minorités ethniques rencontrées il y a deux ans déjà au Yunnan, de l’autre côté de la frontière sino-vietnamienne .
Elles doivent redynamiser nos carnets en les ramenant à leur vocation première : éterniser le regard et capter le vivant dans l’authenticité du témoignage .


Il m’a fallu beaucoup de temps avant de finaliser ce petit clip mais le voici enfin en préfiguration de ce que sera à l’avenir le type de reportage que je vous présenterai (accompagné d’articles comme celui-ci) sur un nouveau site entièrement dédié à mon approche de l’aquarelle en voyage, le jour (prochain ?) où j’arrêterai d’animer des stages, afin de voyager et peindre en pensant juste un peu plus à moi …

B.CAZA3

Synthétique au possible le travail de Bernadette CAZAL (souvenez-vous d‘elle) : aller à l’essentiel, saisir l’ambiance des lieux, celle  de nos émotions elles-mêmes, au cœur de l’action …
La route serpente et s’élève laissant le fond des vallées plonger au cœur de la brume dans une sorte d’onirique vertige .
Nous sommes dans l’une des aires culturelles les plus riches du monde et nous savons que c’est pour nous comme un retour à des sources très lointaines, issues d’identités ethnolinguistiques globalement réparties de façon transnationale…
Celle des H’Mong Fleuris (ou « Bariolés »), l’un des quatre groupes vietnamiens ethnolinguistiques de cette minorité, les trois autres étant les H’Mong Blancs, Verts et Noirs . Ils se distinguent autant du point de vue vestimentaire que linguistique (dialectes miao-yao) même si localement leur implantation ne s’étend pas sur un très vaste territoire .

Bus Route de Can Cau 1Elle se gagne la piste qui mène dans certains villages ! Ici, la pelle mécanique qui nous retirera de l’enlisement lors du premier voyage s’approche du bus pour nous sortir de là, et nous repartons comme si de rien n’était … 

B.CAZAL2Il faut ne rien rater : pendant que la pelle mécanique nous dépannait, plusieurs d’entre-nous ont eu le temps de réaliser un certain nombre de croquis comme celui de ces enfants assistant aux manœuvre, dessinés par Bernadette CAZAL .
Le paysage est tour à tour sauvage et mystérieux ou d’une extraordinaire sérénité .
Partout où l’humanisation de la nature révèle la présence humaine, déboisement, cultures sèches (surtout maïs, légumes, chanvre, coton) et rizières en terrasses montent à l’assaut des pentes dans une merveilleuse harmonie . Nous sommes en période de brulis, généralement pratiqué en itinérance depuis des siècles, mais la sédentarisation  en fixant les familles (qui vivent dans des maisons aux murs de torchis à même le sol et aux toits de chaume), influence les modes de culture et l’orientation agricole .
L’équilibre des formes, la diversité des cultures, la beauté de l’étagement végétal et sa répartition ne sont jamais troublées par un anachronisme architectural, la disgrâce du moindre bâti rural .
Les villages y sont paisibles et calmes . 

FABIENNE VELTHUIS WOHREL 1L’arrivée au village, l’une des illustrations de Fabienne VELTHUIS WOHREL : sur les sommets la montagne sauvage, en dessous les premières terrasses et habitations, descendant progressivement jusqu’au bas des vallées, l’eau s’écoulant de rizières en rizières sur tout le flanc de la montagne, les parties hautes et certains terrepleins étant réservés aux brulis et cultures sèches ainsi que certaines rizières asséchées dans ce but par intermittence . 
C’est dans cet harmonieux environnement que nous arrivons sur l’un des plus vivants marchés ruraux de la région . Il est établi sur un terreplein en terrasse dominant les environs, entouré de quelques maisons, et les paysans descendus de la montagne qui à pied qui à cheval ou accompagné d’un ou plusieurs buffles destinés à la vente y sont nombreux, autant que ceux montés de la vallée en motos, la moto servant ici à transporter aussi bien la famille que les marchandises !  

B.CAZAL2La moto justement : on y voit sur le porte-bagage tour à tour toute la petite famille (jusqu’à trois ou quatre personnes !) autant que la volaille, le cochon, et la foule innombrable de tout ce qui peut être transporté de la sorte … (Carnet Bernadette CAZAL)
Si les hommes ont pour la plupart perdu leurs vêtements traditionnels, les femmes portent toujours de magnifiques ensembles colorés, tissés, cousus à la main, (souvent peints au batik) et des bijoux d’argent superbes, bracelets et colliers .
Le marché est le lieu de rendez-vous hebdomadaire incontournable .
Si son rôle premier est économique (vente, échange, achat de denrées diverses, d’animaux domestiques et de trait où le buffle et les bovins se taillent la principale part), son intérêt en tant que moteur essentiel de la vie culturelle et sociale est tout aussi considérable : on y vient aussi pour se rencontrer, et c’est le principal lieu de rendez-vous pour la jeunesse où de nombreux couples, de nouveaux foyers trouvent leur origine .
Rose-Marie 3En route pour le marché : rien n’est plus joli sur les sentiers et chemins de montagne que de rencontrer ces femmes et enfants la hotte d’osier et de bambou dans le dos marchant à vive allure pour se rendre au marché … (Carnet Rose-Marie HENRY)
IMGP0836Deux jeunes femmes choisissent une pièce de tissu sur un étalage du marché : féerie de taches colorées !
Michèle Le Bris 1L’une des belles pages du carnet de voyage de Michèle LE BRIS, auteur d’un travail révélant une grande pratique …
Dans une contrée où le rapt symbolique de l’épouse est très répandu, où le mariage est interdit entre deux personnes portant le même nom de lignage, le marché est donc un lieu de passage parfois déterminant pour la destinée de chacun !
On y mange en famille et entre amis (toutes la matinée les baraques restaurants de plein-air ne désemplissent pas), on y échange les dernières nouvelles, et surtout on y boit énormément, et il n’est pas rare d’y croiser de jeunes (et moins jeunes) hommes dans un état d’ébriété plutôt avancée !
Il faut dire que les jerricanes d’alcool de maïs et de riz y sont aussi bien remplis le matin que les hottes de légumes et de fruits le sont dans le dos des paysannes descendues de la montagne …

Les restaurants de plein-airDevant les baraques restaurants : il faut penser à se restaurer un peu avant de reprendre le chemin du retour …
IMGP0796L’une des baraques vues de l’intérieur : on voit bien en bas à gauche l’un des fameux jerricanes de plastique blanc rempli des (trop) délicieux alcools de maïs ou de riz … 
Rose-Marie 1La vie aux abords du marché : l’une des pages du carnet de Rose-Marie HENRY .
Ce qui nous fascine le plus ce sont les costumes féminins traditionnels, au corsage soit ouvert sur le devant, soit croisé avec la partie supérieure biaisée en pointe, bordé de franges de fils colorés ou de perles et pendeloques, ou de rubans, aux manches décorées de bandes de tissus multicolores, aux jupes plissées souvent recouvertes d’un tablier et dont la ceinture fait plusieurs fois le tour de la taille .
La plupart des femmes portent aussi des sortes de guêtres en tissu autour des mollets et leur chevelure est maintenue par un foulard tout aussi multicolore, souvent porté comme un turban .
Nicole et JacquelineNicole et Jacqueline en plein travail : chaque participant à ce voyage gardera longtemps en mémoire ces moments forts de la rencontre avec les H‘Mong Fleuris…
Virginie Estienne 1Silhouettes féminines aux crayons de couleurs : croquis de Virginie ESTIENNE .
Virginie Estienne 3Encore un croquis de Virginie ESTIENNE .
B.CAZAL1Dans un style très différent Bernadette CAZAL sillonne elle aussi le marché…
Rose-Marie 4Quant à Rose-Marie HENRY, elle entreprend des scènes complètes comme ces marchandes de canne à sucre,
Rose-Marie 2...ou ce coin du marché aux bestiaux.
Marché coc Ly 1Mouphida et Évelyne du côté des motos …
Virginie Estienne 2Aussi à l’aise en aquarelle qu’en dessin au crayon, Virginie va de portraits en portraits …
FABIENNE VELTHUIS WOHREL 2Cet enfant énigmatique aux yeux profonds regardait Fabienne VELTHUIS WOHREL…
Virginie Estienne 4Lorsque nous nous décidons à repartir, Virginie dessine encore quelques marchands attendant un éventuel chaland .

En ce qui concerne les vêtements masculins, bien qu’ils aient presque tous perdu leur confection traditionnelle, l’usage de pantalons et de vestes amples et sombres teints à l’indigo subsiste toujours bien que jeans et pantalons plus fonctionnels généralement venus de Chine rendent plus facile la conduite de la moto, principal moyen de locomotion sur les pistes et les routes de la région .
Je pourrais encore disserter longtemps sur l’architecture rurale, les arts et traditions populaires, les croyances, l’artisanat et d’autres particularités des H’Mong Fleuris, mais cet article n’est qu’un extrait d’un projet plus vaste que je réserve à un futur site dont je vous reparlerai le moment venu .
Pour l’instant je tiens à remercier à travers lui tous les stagiaires qui m’ont suivis dans les deux belles sessions des carnets de voyages vietnamiens et prépare pour vous comme pour eux encore pour quelques temps peut-être, d’autres inoubliables aventures…

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9 mai 2011 1 09 /05 /mai /2011 19:05

Je ne veux pas revenir vers l’Extrême Orient et notre rencontre avec les H’Mong Fleuris des montagnes du nord Vietnam sans évoquer Sakura («Fleur de cerisier»), jeune et jolie Tokyoïte née à Naha, amoureuse de la région de Takahagi sur la côte nord-est où elle se rendait souvent, entité symbolique, inspiratrice créative empruntée à mon imaginaire, …mais à peine seulement !

Elle est liée (et à travers elle tout le peuple japonais) à une partie de mon être comme le sont pour nous tous ces inconnus aujourd’hui en souffrance au Pays du Soleil Levant auxquels nous ne pouvons que penser, que nous ne devons abandonner ne serait-ce que par la force de notre pensée .

Je ne peux vous dire plus de Sakura, mais elle restera en éternelle beauté liée à tout jamais en cette période de l’année aux chemins du hanami venu comme elle de l’archipel d’Okinawa, autant qu’à une importante période de ma vie .

Elle était pour moi comme un Somei Yoshino dans son kimono de soie blanche brodée de fleurs au rose pâle évanescent.

Mais c’est dans la blancheur de sa nudité fragile à l’image de la vie que j’aimais le plus Sakura… «Sakura» sur fond de forêts et montagnes nipponnes, un etegami sur papier de riz peint il y a déjà si longtemps (en 1984) mais que je n’ai jamais envoyé à qui que ce soit comme carte postale parce qu’il n’appartenait qu’à ma mémoire . D’ailleurs il était trop grand, et j’ai préféré ne pas le terminer avec l’ajout d’un texte qui aurait pu le dénaturer … 

Où es-tu Sakura ?

Le vent pousse vers la mer

L’exhalaison des fleurs

Blanches et roses

Avec l’exosmose

De terribles radiations …

À travers la neige qui tombe

Sur le silence des îles du nord

Et sur le vide immense

Qui a remplacé la ville,

Qui a remplacé le port,

Je recherche ton visage

À l’infinie douceur…

Tu me disais

Accepter la singulière Iphigénie

D’une nature pouvant

Sans aucune mesure

Décimer autant

Les enfants de ton pays

Que tout étranger

Venu en ta Tauride

Essayer de te conquérir.

Je découvrais alors

Ton regard perdu

À la seule pensée

De l’orgueil démesuré

Des hommes qui croient

Maîtriser le monde

En manipulant

Les forces de l’atome,

En imposant

À leurs semblables

Le dictat insensé

De leur unique pensée .

Tu fredonnais la musique inoubliable

De la venue du hanami

Cette métaphore de la vie

À la fois lumineuse et belle

Mais aussi fragile et éphémère

Qu’une floraison de cerisiers.

Ainsi dans tes yeux

Je voyais perler

Des larmes de cristal

Aux reflets indescriptibles

De pétales roses et blancs

Se mêlant aux flocons de la neige,

Qui dispersaient dans ma mémoire

Un grand chiru silencieux

Et déchirant…

- Où es-tu Sakura ?  

  Cerisiers en fleurs

Cerisiers en fleurs, aquarelle 50 x 65 cm réalisée en 1985 pour la Foire d’Art Contemporain de Tokyo…

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Plus que jamais la perception musicale qui me parait le mieux évoquer Sakura est la remarquable musique du compositeur Kenji Kawai écrite pour le film d’animation japonais Innocence sorti en 2004 (qui est si ce n'est une suite, tout au moins une variation sur le thème de Ghost in the Shell sorti en 1995 ). 

Innocence débute par une citation : «Si nos dieux et nos espoirs ne sont rien d'autre que des phénomènes scientifiques, alors notre amour est également scientifique.» - l'Ève Future de Auguste de Villiers de l'Isle-Adam (1886).

Ce film apparaît plus sombre, plus épiméthéen et plus désenchanté vis à vis des promesses prométhéennes de la technique ou de l'évolution de la conscience qu'avait suscité son illustre prédécesseur, Ghost in the Shell… Innocence faisait partie de la sélection officielle du Festival de Cannes 2004.

Hiver au Mont FujiDans une expression très différente «Hiver au Mont Fuji» est une petite aquarelle réalisée en 1985 sur fond texturé qui fait partie d'émotions créatives liées aux souvenirs «forts» de cette époque des salons d’Osaka et de Tokyo … 

C’est en 1984 que je fus invité par l’association «Bilan de l’Art Contemporain» à exposer mon travail d’aquarelliste à Osaka au «Festival International Paris - Osaka» . J’y exposais par le biais de l’association quelques-unes de mes plus représentatives aquarelles grand format .

Cette époque fut remplie de coïncidences extraordinaires ; je m’intéressais  à cause de cela pour la première fois avec autant de passion à l’Extrême Orient et à ses principales cultures .

J’ai «rencontré» Sakura à ce moment-là . Je ne le savais pas encore, mais 15 ans plus tard je devais la retrouver à Hong-Kong au cours d’une exposition singulière dont très certainement un jour, je vous reparlerai, à travers de nouveaux mythes, légendes et traditions proches de ceux liés à Sakura …

C’est en tout cas grâce à l'exposition d’Osaka que mon travail fut apprécié de collectionneurs japonais et que je fus invité de la même façon l’année suivante à participer à la Foire d’Art Contemporain de Tokyo .

J’ai depuis longtemps abandonné ma participation à ce genre de salon car la reconnaissance est aussi éphémère que l’illusoire prétention de penser laisser à l’histoire une trace de son art, alors que tant d’artistes majeurs malgré toute la puissance médiatique du monde dans lequel nous vivons ne seront jamais connus ni reconnus … 

Expo Osaka, Alain MARC 1984

Visiteurs devant mon travail à Osaka . L’attrait pour l’art occidental a toujours été très vif en Extrême Orient …

Expo Tokyo, Alain MARC 1985

L’année suivante à Tokyo pendant l’inauguration de la Foire d’Art Contemporain. Une photo parmi tant d’autres .

Ces fragiles documents font partie des souvenirs solidement ancrés dans la mémoire de tout artiste qui a un jour où l’autre choisi d’emprunter certains chemins. Mais ils ne sont qu’un témoignage pour dire que tout est aussi éphémère et illusoire que la prétention d’un rêve humain …

Ajout de ce matin 18-03-2011, pour agir concrètement : outre la Croix Rouge Française à laquelle on peut faire un don ponctuel pour aider le Japon, j'ai entendu ce matin également sur radio Monte-Carlo dans l'émission de Jean-Jacques BOURDIN "Bourdin and Co" l'intervention de Monsieur David MARTIN, Directeur Général des Éditions SUDARENES, qui lance une généreuse opération de solidarité en faveur des sinistrés du séisme japonais : il offre sur la vente du livre "Sakura, les fleurs de l'éphémère" (je vous assure que je ne connaissais pas l'existence de cet ouvrage lorsque j'ai écrit cet article) 10 € par livre vendu (le livre vaut 20 €) . Une occasion unique de découvrir un beau livre et son auteur (Brigitte Lascombe), de s'approprier une émouvante histoire romantique, tout en faisant une bonne action .

Pour en savoir plus et agir, cliquez ici .

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8 mai 2011 7 08 /05 /mai /2011 16:16

J'ai changé le titre de mon dernier article car de nombreux moteur d'antispam l'avaient classé en spam : si c'est le cas pour vous allez retrouver ma newsletter dans votre boîte spam et remettez-là dans les messages amis, si non vous ne recevrez plus mes newsletters !

Je reprends l'article là où il en était, et je disais :

- Ou le signifiant premier dans l’art révèle-t-il le carrefour entre la perception sensorielle, l’intention, l’inconscient, des forces et énergies immatérielles, certaines formes de mémoire collective et leur quête matérialisée par le produit pictural ?

Après avoir interrogé nos rapports avec le temps, les commencements de la vie et de ses développements dans ce que la peinture peut y puiser d’enseignements et de sources autant que de possibles réponses à nos questions existentielles, c’est l’imaginaire et la puissance intellectuelle, mentale et spirituelle de l’homme confronté à sa survie face aux forces naturelles sur lesquelles il devait s’affirmer depuis ses origines, que j’essaie d’interroger à travers l’inconnu dans mes toiles …

Car si le monde a bien changé (et il n’est pas devenu tendre et facile pour autant loin de là même si la durée de vie humaine s’est considérablement rallongée), nos fondamentales interrogations restent nécessairement les mêmes, au moins par rapport à la souffrance, à la signification de l’existence, à la mort : nous ne sommes que des grains de poussière dans l’univers …

Alors, même si la peinture n’apporte pas de réponse formelle, elle édifie une tête de proue sur laquelle nous pouvons nous pencher pour essayer de voir le fond de l’océan dans cette traversée remplie de points d’interrogation .

  En cela, faire pour moi référence à ces artistes de la préhistoire qui étaient très certainement des chamanes, à essayer de me lover dans les traces de leur art, c’est tenter de "remonter" à ces sources indéfinissables en utilisant leurs évocations, pour mieux me "connecter" au mystère de cette mémoire, de ces forces et énergies enfouies dans les arcanes d’un temps non quantifiable ...

Il n’y a donc pas de différence dans cette quête entre ses manifestations «formelles» proches d’un mimétisme d’expression et ses productions de nature informelle bien plus proche dans ses apparences plastiques de ce dont à quoi nous a habitué l’art moderne et ses débuts contemporains .

le-grand-bouquetin-peinture-alain-marc«Le grand bouquetin», Acrylique, pigments et sable sur toile 25 F (Alain MARC collection particulière)

Griffures et signes, évocations et appel aux «ressentis» perçus au fond des gouffres et des cavernes (tels ceux de l’Aven Noir, qui fait partie pour moi d’une expérience réelle de dépassement au contact d’une nature restée vierge depuis l’aube de l’humanité) font partie de cette quête ...

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«Grande toile informelle» Acrylique et sable sur toile (180 x 180 cm Alain MARC Collection particulière) .

Pas de différence donc, dans l’aventure picturale entre la toile précédente et celle-ci (jamais éloignées d’un très fort rapport à la nature) : toujours à la recherche de la mémoire enfouie d’une quête universelle, de la communication avec des entités incertaines qui me renvoient à des images mystérieuses, comme des signes ou des visions me rappelant un vécu indéfinissable …

- Suis-je seul à avoir cette impression ?

Cet entretien avec le préhistorien Michel LORBLANCHET nous donne-t-il des clés ?

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7 mai 2011 6 07 /05 /mai /2011 15:11

 Parmi les nombreux articles du dernier numéro de la revue «ARTISTES Magazine», il en est un qui risque fortement de vous intéresser !

D’autant plus à regarder de près qu’il nous concerne tous, que nous soyons aquarellistes de terrain ou d’atelier, illustrateurs, encadreurs ou dessinateurs, calligraphes et même graphistes, parce que dans cet article j’ai le plaisir de vous faire part des tests que j’ai effectués pour cette revue et pour vous (pages 24 - 25 «d’ARTISTE») de nouvelles encres végétales de très bonne qualité que vient de mettre sur le marché «l’Artisan Pastellier», encres fort attrayantes puisque totalement élaborées à partir de très anciennes recettes, et 100% naturelles .

Revue-Artistes Le numéro 145 de la revue «ARTISTES Magazine» (numéro de mai - juin que vous pouvez sommairement consulter en cliquant sur l’image de sa couverture ci-dessus), que vous pouvez trouver dans les kiosques, ou bien vous abonner en cliquant ici

Je peux vous faire une confidence : malgré un planning débordant je n’ai pas compté mon temps ni mes efforts pour réaliser ces tests, qui se sont déroulés en deux parties :

1) - les tests techniques (de la fluidité à la résistance aux UV)

2) - les tests créatifs (de la réalisation des nuanciers chromatiques à celle de motifs d’illustration et de carnets de voyages)

Il en résulte donc une analyse poussée qui permet aussi bien au professionnel qu’à l’amateur de se faire une très bonne idée du produit et de l’acquérir en toute confiance en sachant exactement pourquoi il va l’utiliser .

Berger-cevenol-Alain-MARC

Parmi les essais réalisés celui-ci sur papier Canson Montval 300 gr : un berger cévenol peint à partir de différents croquis réalisés sur le motif lors de la transhumance il y a quelques années et que je n’avais pas eu le temps de mettre en couleur (que vous retrouverez dans l’article «d’Artistes») .

Transhumance-Alain-MARC

Le travail sur le motif pour ce genre d’exercice demande un minimum de dextérité et un maximum de rapidité si on veut le traiter (et le réussir) directement à l’aquarelle car croyez-moi, des brebis pendant la transhumance ça va vite, et même très vite, il faut dire qu’elles ont hâte d’arriver dans la fraîcheur des verdoyants et gras pâturages, on les comprend . Ici sur la grande draille du Mont Aigoual .

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Et là sur la draille du Parc aux loups, au col du Haut de Côte  toujours dans les Cévennes . Là, il faut choisir : croquer ou peindre car croquer «et» peindre est presque illusoire ! Pour mon «Berger cévenol», c’est à partir des notes prises et des croquis de terrain que je l’ai peint avec ces excellentes encres végétales …

Pour terminer ce billet, voici le nuancier du test «lavis» de ces fameuses encres qui n’est pas dans «ARTISTES Magazine» (mais dans la revue il y en a un autre de tout aussi intéressant), qui donne une idée de la réaction à l’eau de la couleur et dont ma conclusion est qu’elles gardent toute leur luminosité, leur transparence, et leur intensité même désaturées . Un tableau comparatif des différents tests que j’ai réalisés vous permettra également de voir couleur par couleur comment ces encres se comportent dans tel ou tel cas .

Enfin vous trouverez aussi dans cet article de la revue «Artistes» deux autres œuvres (et avis correspondants) de deux consoeurs : Claire DUPOIZAT et Fleur DESCHAMPS

encres-vegetales-de-l-Artisan-Pastellier

Les chatoyantes encres végétales de l’Artisan Pastellier .

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7 mai 2011 6 07 /05 /mai /2011 08:35

Peut-être vous souvenez-vous de cette incroyable aventure qui m'est arrivée l'an dernier lorsque je suis parti à la rencontre de cette lointaine civilisation, et de mon accueil au sein de la tribu des Revenols ?

Elle est aujourd'hui reprise dans une très intéressante revue en ligne consacrée aux voyages publiant tous les 3 mois jusqu'à 5 carnets de voyages choisis parmi les nouveautés de la presse, de l'édition et du Web, en portfolio (l'un des meilleurs magazines du genre qui se différentie par son exigence de qualité) je vous laisse découvrir cet article en cliquant sur l'image ci-dessous :

GreatfiveCliquez sur cette image et vous arriverez directement sur

la page de la revue en ligne GreatFive consacrée à

mon aventure de la civilisation des Treilles ...

Mais ce billet est d'abord pour moi l'occasion de vous présenter cette excellente revue : CreatFive

C'est un magazine en ligne qui publie tous les 3 mois jusqu'à 5 de vos meilleurs carnets de voyage ou portfolio .
Dédié en particulier au voyage "sac à dos", ils souhaitent vous présenter le monde à travers ses diverses cultures et ses magnifiques paysages .
Vos témoignages peuvent s'avérer être une mine d'or pour tous ceux qui désirent découvrir les récits de voyage d'autrui, d'où l'originalité de leur site .

C'est une sympathique et dynamique équipe de 4 globe-trotters qui en est à l'origine (trois suisses et un sud-africain) .

Voici leur démarche, elle est toute faite pour vous :

"Vous aimez voyager . Vous ne manquez pas une occasion de prendre la plume ou votre appareil photo avec vous ?

Alors ce site est pour vous !
Vous êtes allés à la rencontre des continents, de ses peuples, de ses nombreux regards, de ses somptueux paysages qui façonnent le monde d'aujourd'hui ?

GreatFive a pour but, par vos photographies et vos récits de voyage, de donner l'opportunité aux amateurs passionnés de partager leurs expériences de voyageur . Vos histoires sont des rencontres, des images, des mots, des odeurs et des souvenirs .  Un coquillage ramassé sur une plage, une carte postale, un timbre ou encore une fleur séchée collée dans une page de votre journal ...

Le carnet, c'est comme le livre d'Or du voyageur, qui relu plus tard, permet de faire revivre ce qui avait pu être oublié.  Vous êtes d'imperturbables rêveurs, toujours prêts à décoller (vous enfuir) vers d'autres aventures humaines à l'autre bout du monde, ou même tout près de chez vous. Ramasseurs de babioles, curieux observateurs et infatigables récolteurs de sensations, ce sont vos histoires qui feront notre magazine ."

En vous enregistrant sur GreatFive.net vous pourrez découvrir tous les carnets de voyage et portfolios de ses membres . Et ceci gratuitement !!!
Enregistrez-vous vite...

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6 mai 2011 5 06 /05 /mai /2011 20:10

Puisque je suppose que ma peinture vous intéresse, (enfin me semble-t-il car nous nous éloignons ici du concept de l’aquarelle), je vais un peu vous parler d’elle .

Je ne veux pas vous embêter avec cela, mais je suis sûr que vous aurez plaisir à voyager également avec moi en sa compagnie, puisqu’elle existe et que votre regard, votre pensée peuvent aussi la nourrir sur les chemins du devenir …

Car elle continue de vivre et de grandir à travers le regard de celui qui se sent concerné, interpellé ou attiré par elle .

D’abord il m'est très difficile de parler de "ma" peinture .  Je n'aime guère le faire car cela peut paraître prétentieux hors je ne voudrais pas l'être, mais je me dis aussi que pour permettre aux autres d'ouvrir certaines portes, il faut leur donner des clés ...

Ce qui compte c’est de la produire, de la réaliser, car à travers elle c’est un cheminement intérieur qui se révèle, qui vient parfois de fort «loin» et qui peut même souvent dépasser l’acte déjà très complexe de l’accomplissement pictural …

Mais si on perçoit une partie de ce qu’il se passe à travers cette alchimie on perçoit en même temps que le monde qui nous entoure, tout aussi laid, pourri, impitoyable, ou (et) beau, riche et flamboyant qu’il soit en même temps dans ses incroyables paradoxes, n’est qu’une apparence qui nous cache un univers palpitant et secret qu’il nous appartient de chercher, peut-être de «retrouver», en tout cas d’essayer d’entrevoir de toute son âme …

poisson -peinture-alain-marc«Le poisson originel», Acrylique et sable sur toile (170 x 115 cm collection personnelle)

À l’origine la vie … Si loin dans notre mémoire collective que nous ne pouvons y remonter . Peut-être une tentative de profonde communication avec le passé nous rapprocherait-elle seulement des premiers vertébrés, des paysages inconnus de l’éocène ?

J’aimerais que mes toiles soient empreintes des espaces insondables qui m’ont inspirés, nous rendent aux sables, aux algues, à la terre, aux limons, aux cendres originels . Qu’elles nous ouvrent des portes sur les profondeurs des forces qui sous-tendent l'existence, établissant une communication nouvelle avec les mystères et les questionnements qui nous ramènent à l'éternité de la vie ...

 Donatella Micault, critique d'Art, (Association des Historiens et Critiques d'Art), a écrit à mon sujet il y a déjà près de 30 ans de cela :

«Alain Marc est le peintre de la pensée qui nous échappe .

Deux techniques picturales ont sa préférence : l'aquarelle et la peinture .

Les aquarelles sont figuratives . Elles révèlent les formes visuelles que la conscience ordinaire appréhende . Les formes sont familières . Nous sommes dans le monde du connu .

Après avoir séduit le spectateur, le peintre nous entraîne dans l'univers de ses toiles .

L'artiste s'évertue à franchir les frontières du visuel . Sa recherche, véritable marche en avant perpétuelle, puise ailleurs sa création .»

 

- Avait-elle perçu la quête (peut-être désespérée ? … mais dans le fond qui m’a tout de même délivrée d’intimes et troublantes certitudes) entreprise avec ma réflexion picturale ?  

En tout cas elle avait nettement perçu que ma peinture n’est pas spécialement faite pour séduire, éblouir, flatter .

Il s’agit plutôt pour tous les collectionneurs qui m’en ont acheté une ou plusieurs d’une sorte de "fascination intériorisée" … 

L'hipparion rouge

«L'hipparion rouge» Acrylique et sable sur toile 25 F (Collection privée en Allemagne) .

Comme sur les parois des bouleversantes cavernes explorées par mon ami Jean PÉRIÉ au cœur du Matogrosso, j’essaie de toucher par ces «réminiscences visuelles» la mémoire enfouie d’une quête universelle, d'entrer en communication avec des présences incertaines, subtiles, qui parfois se révèlent, parfois non, mais me renvoient souvent à des images mystérieuses, soit comme des signes ou des images prémonitoires, soit comme des éléments me reliant à des visions échappant à la notion du temps quantifiable : un autre, différent de celui que nous pouvons voir passer …

 
La réalisation ?

Parfois mon travail est si long et laborieux, demande tant de réflexions passant par mille doutes (non pas techniques mais de connivence avec ma quête), qu’il me faut des années pour réaliser une toile .

Parfois, c’est immédiat, foudroyant, comme si c’était un autre qui peignait .

Quelquefois je peux «peindre» sans réaliser la moindre toile .

Je la vois dans la tête comme une vision, un acte accompli . Et je peux ne jamais la réaliser car elle s’efface vite et disparaît dans l’inconnu d’où elle m’est apparue . Je me dis «la toile est terminée, elle a existé» et pourtant je ne l’avais pas commencée : elle a cependant vraiment existé pour moi .

... C'est pour cela qu'il m'est arrivé de détruire de nombreuses toiles (bien réalisées celles-là), que personne (sauf certains proches) n'a jamais vues (j'en ai tout de même conservé des photos pour ne pas être taxé de menteur) . 

D’ailleurs je peux rester dix ans sans réaliser la moindre peinture .

C’est-ce que je viens de faire …

Il me fallait des «réponses» à des questions que je me posais .

Dix ans pour les trouver et simplement, ce matin en m’éveillant, d’une incroyable clarté : je savais .

Alors je vous confie : dès la première heure, avant mes autres «chantiers» je me suis remis à peindre, à retravailler …  

Pour terminer ce premier article consacré à l’un des principaux questionnements de ma quête picturale je vous emmène avec ce beau documentaire d’Arte, dans un voyage à la fois dans l’espace, (au fond de la fosse de Messel) et dans le temps jusqu’à l’Éocène : un jour je vous reparlerai de cette conjonction entre la science, l’art et la spiritualité qui fascinait tant Jean Guitton, et qui pour clôturer cet article a ici tout à fait sa place …

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5 mai 2011 4 05 /05 /mai /2011 22:07

C’est à une belle exposition que nous invite Laurette GÉVAUDAN .

Peut-être vous souvenez-vous de cette superbe traversée du Yunnan que nous avons réalisée en carnet de voyage l’an dernier pendant plusieurs semaines ?

Laurette y était …  

- Si vous voulez en avoir une idée, vous pouvez revoir l’extrait vidéo ci-dessus que j’ai réalisé à notre retour, mais vous n’en aurez vraiment qu’une toute petite idée à travers ces simples images : on ne peut pas en quelques minutes résumer trois semaines de découvertes, d’émotion, de rencontres, de joie de peindre, partager, échanger entre passionnés à 10000 km de la France, dans un pays magnifique !

On ne peut pas non plus traduire l’esprit d’une équipe enthousiaste et solidaire, alors que beaucoup ne se connaissaient pas avant de partir …

Sur le fond d’un mur bien plus beau que beaucoup de toiles abstraites, quelque part dans les rizières des «sculpteurs de montagnes», Laurette GÉVAUDAN en compagnie de deux jeunes femmes de la minorité ethnique Yi .

Mais ce que l’on peut constater au retour, c’est ce que chacune, chacun en a rapporté à travers son carnet de voyage et son vécu personnel .

On se rend alors compte que c’est bien plus qu’un stage hors du commun, plus qu’un superbe voyage, plus qu’un rêve qui s’est accompli : c’est une véritable aventure artistique et humaine qui débouche sur quelque chose d’autre, quelque chose de profond et de beau, d’apte à un véritable enrichissement individuel, et cela, Laurette GEVAUDAN nous le prouve à son tour à travers l’exposition de ses œuvres, résultat de sa quête personnelle à la rencontre des minorités ethniques du Yunnan bel hommage rendu à ce pays après celui de Ling et Antoine PERRELET .

Ces rizières en étage qui sculptent la montagne du côté de Yuanyang, Laurette en a bien saisi l’atmosphère dans ce lavis . Quand on sait que le lavis est l’une des premières disciplines à maîtriser pour avancer en aquarelle que c’est une technique plus difficile et technique qu’il n’y parait on se rend mieux compte en voyant ces rizières aux contours compliqués descendre vers la vallée dans une miroitante perspective que Laurette a réussi là l’un des plus complexes exercices de ce voyage …

Ce qui me frappe le plus en revoyant les carnets et aquarelles réalisés par tous les participants c’est l’originalité et la singularité de leur regard ! Laurette GÉVAUDAN nous le démontre encore dans son travail : on pourrait imaginer qu’en abordant ainsi en groupe des sujets communs ou très proches (d’abord tout le monde n’a pas peint le même sujet pendant une séquence donnée de travail) le résultat en est des motifs identiques, mais il n’en est rien .

Non seulement chacun voit et traduit à sa façon, mais en plus l’impression d’être en groupe disparaît presque lorsqu’on est captivé par son sujet, impression bien plus grande encore lorsque son autonomie d’expression et de maîtrise d’exécution en temps donné étant acquise, on traite un sujet à l’écart du groupe : là se dégage le plus le sentiment de réussir une aventure individuelle magnifique, comme si on faisait seul son voyage tout en profitant de la logistique, de l’organisation et de l’amitié que ce groupe apporte par ailleurs …

N’hésitez pas si vous passez par là (où êtes de la région de Valence) à aller rue Mondan encourager Laurette lors de son vernissage : vous y serez récompensés par un superbe travail et vous pourrez évoquer avec elle les souvenirs extraordinaires qui habitent son carnet de voyage et ses aquarelles sur les cimaises !

Le carnet de Laurette justement : en voici quelques aquarelles, qui traduisent ce que son regard attentif et sensible a saisi de ces autres lieux, ces autres gens, ces atmosphères si différentes des nôtres .

On devine des odeurs, des bruits, des impressions prégnantes ou subtiles, des moments saisis rapidement de ce temps qui passe trop vite, conservés dans leur fragilité, leur fugacité, mais ô combien intenses, plus encore que la photo les aurait éternisés .

Car si la photo a la particularité de figer l’instant, de le sublimer parfois dans une sorte de «sacralisation», l’aquarelle le restitue au sein même de la vie comme s’il suffisait de la regarder pour qu’elle réveille l’éphémère préciosité de choses disparues, aptes à revivre dans le cœur et dans l’esprit de l’observateur, un peu comme le baiser magique du prince charmant réveille la Belle au bois dormant . Car avec l’aquarelle nous ouvrons les portes du magique …

Nous sommes donc toutes et tous des «princes charmants» lorsque nous regardons une aquarelle : nous réveillons une princesse endormie !

Et les aquarelles du voyage de Laurette sont toutes des princesses endormies que nous réveillerons en les découvrant .

Ici nous sommes à Kunming, la capitale du Yunnan … La vie y grouille comme dans toutes les grandes villes de Chine, mais Laurette nous en montre le visage plaisant, plein de joie de vivre et de diversité . Nous entendons les bruits de la rue, mais ne pouvons détacher le regard de ces mille petits métiers qui colportent plus que des denrées : ils tissent des échanges dans l’un des pays les plus peuplés du monde, depuis la nuit des temps …

Extrait d’une page du carnet de Laurette : le pont du Double Dragon à Jianshui . Nous avons passé là une extraordinaire après-midi loin de la foule du tourisme traditionnel : un tel lieu chez nous serait envahi de touristes le photographiant sous toutes les coutures !

Sur le marché de Shaping : l’un des temps forts du voyage, ce fut notre première rencontre avec les minorités ethniques Bai et Yi …

Ici, au cœur des territoires Naxi, le pont de Longchuan, en technique humide à peine rehaussée au trait, image vaporeuse d’une Chine d’un autre âge …

Cette vielle femme appartient à l’ethnie des Hani . Elle porte la coiffe et l’habit traditionnels . C’était un vrai bonheur que d’avoir autant de sujets intéressants à aborder ; lorsque nous étions à Yuanyang par exemple, les vêtements des habitants étaient si beaux qu’il y aurait eu à dessiner et peindre au moins une année entière !

Retour des champs pour deux paysans de Shanxi : Laurette les a saisis tandis qu’ils passaient sur le pont de la vieille ville alors que nous dessinions l’un des lions de pierre ornant les bouts de parapets .

Femme Mosuo rentrant en barque sur le mythique lac Lugu (voir l’article que j'avais publié sur cette passionnante société matriarcale) .

Laurette GÉVAUDAN a su voir dans cette rencontre entre les paysages et les cultures qui s’y sont développées, ce que le temps et l’histoire n’ont pu effacer : l’identité d’hommes et de femmes qui par leurs traditions et la solidité de leurs liens sociaux ont su transmettre à nos générations des valeurs éternelles, mais de plus en plus fragiles dans notre monde contemporain …

Votre prochain beau voyage vous emmènera au Vietnam au mois d'octobre prochain : ce sera une nouvelle découverte et le nouveau point de départ pour d'autres carnets de voyages et de nouveaux projets d'exposition, peut-être les vôtres : il ne reste plus que deux places à prendre (pour quelques jours seulement) avant que ne soient définitivement clôturées les inscriptions à ce groupe, si l'aventure vous tente, faites-le moi vite savoir  !

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5 mai 2011 4 05 /05 /mai /2011 21:34

Chantal et Jean PÉRIÉ au cœur du Mato Grosso …

Terre de découverte par excellence, le Mato Gosso est le troisième État du Brésil de par sa superficie, immense zone de transition entre Cerrado et Amazonie, l’un des territoires les moins connus et les plus extraordinaires d’Amérique du Sud .

C’est en plein cœur de ses paysages grandioses et particulièrement sauvages, qu’un couple d’amis est en ce moment en train de vivre une aventure extraordinaire loin de la médiatisation que devrait normalement susciter une telle épopée .

Si j’utilise ce dernier mot, c’est que cet évènement est le dernier et l’un des plus intéressants épisodes d’une histoire hors du commun commencée il y a 40 ans, lorsque mon copain Jean PÉRIÉ jeune explorateur, (qui allait bientôt être lauréat de la Fondation de la Vocation), entrait pour la première fois avec une petite équipe de scientifiques et d’aventuriers, en contact avec les fameux indiens aux «lèvres de bois» .

 

«Indiens à plateau», dessin pour Jean PÉRIÉ , à la manière des premiers croquis d’explorateurs .

 

Voici un extrait de son journal pendant l’expédition de contact avec ces indiens à plateau de la jungle amazonienne du Mato Grosso en 1969 (Manuscrit « Lèvre de Bois ») :


«... L'attente est chaque jour plus terrible . Doublée d'incertitude, elle mine les nerfs, rend fou. Nous ne savons pas encore quand nous allons les voir, quand nous découvrirons leur visage avec cette lèvre en plateau qui en fait des êtres étranges. Nous ignorons même si nous parviendrons à les apercevoir ne serait-ce qu'une minute. Nous savons en revanche avec certitude qu'ils sont anthropophages, que pour eux notre chair est bonne à manger .» .


Vous pourrez retrouver d’autres extraits de ce passionnant récit en cliquant ici . C’était ainsi le début d’une longue histoire qui se continue donc en ce moment pour Jean PÉRIÉ et son amie Chantal sur la piste des grottes ornées par les lointains ancêtres de ces indiens d’Amérique du Sud, à travers un tout aussi passionnant périple que celui qui avait conduit Jean sur ces territoires il y a de cela tant d’années .

 

- Qui ne rêverait pas de ressentirr les fabuleuses émotions qu’ils sont en train de vivre sur place, dont la teneur scientifique, photographique, littéraire et "vidéographique" a valeur de carnet de voyage à travers leur journal traduisant si bien leurs découvertes actuelles, dans un environnement qui n’a guère changé ?
 

Leur aventure est d’autant plus méritoire que c’est sans aucune aide ni soutien, et dans une grande indifférence médiatique qu’ils accomplissent sur place un énorme travail, difficile, souvent dangereux, mais oh combien passionnant !  C’est pour cela que je leur dédie cet article et que je vous invite à les encourager .

 

 

Le «canyon des diamants» l’un des plus inaccessibles sites de prospection de Jean, tel que je l’imagine au milieu des brumes après une pluie tropicale, à partir de ses récits … Aquarelle A. MARC technique dite «humide» .

 

Je vous invite à accompagner Jean et Chantal sur leur nouveau parcours à travers les étapes les plus importantes de ce cheminement au bout du monde sur leur blog, qui, après leur départ de Paris (cliquer sur les mots soulignés) les a directement plongés dans un univers si éloigné du notre, et à leur laisser quelques commentaires, je suis sur que cela leur fera un immense plaisir :

- Rumo as Parnaíbas... un paysage sans fin : les retrouvailles de Jean avec sa région de prédilection …  

- Guiratinga la vallée des canyons… O vale dos canyons : l’arrivée au «Canyon des diamants»
- L’enfer pour un paradis : la descente au fond du «Canyon des diamants»,

- L’enchanteresse Sierra des Araras : où Jean nous dit l’envoûtement de la montagne des grands perroquets …

 

Pour terminer cet article voici des images inédites extraites des dernières vidéos que Jean, grâce à un cybercafé perdu, vient de me faire parvenir (ah, que c‘est formidable Internet utilisé comme cela !) .

Ne vous fiez pas à la qualité de ma maladroite compression en «flash» de ces 3 mn de partage hors du commun : à un moment où tout le monde «a tout vu» et «sait tout», c’est aussi un exemple de volonté et d’humilité sur notre façon d’aller à la rencontre des beautés du monde que nous envoient Jean et Chantal, comme s’ils voulaient que nous ayons encore plus de bonheur en collant nos billets d’avion à la dernière page de nos carnets de voyage …

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