Aquarelliste et peintre voyageur - En peinture, l'art de l'aquarelle est un mode d'expression qui va des carnets de voyages à la création de tableaux : en voici les différentes facettes inspiratrices, techniques et créatives selon Alain MARC ...
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Andalousies

«Andalousie, la Route d’Alain MARC», carnet de voyage de Pierre NAVA
Découvrez article après article en cliquant sur les vignettes ci-dessous le carnet spontané de Pierre m’accompagnant en Andalousie, et les «Petites Histoires vidéo» qu’il m’a inspirées :

La-Barca-1b-Pierre-Nava.jpg

Préambule

La Barca 2a Pierre Nava

L'étape de Peniscola

Andalousie b Pierre Nava

Sur la route de l'Andalousie...

Moulin-b Pierre-San Jose 2

Au Cabo de Gata

Bateau Pierre Isleta 3b

La Isleta del Moro

Huebro Pierre vignette

Huebro, la montagne enchantée

Pierre-Nava-Guadix-4-copie-1

Guadix, les maisons troglodytiques

Rio Fardès

Le rio Fardés

14 novembre 2006 2 14 /11 /novembre /2006 20:49

 

 

Dernière belle piste de notre voyage, celle de Assif-El-Had ...

 

Il s’agit à présent de rallier Imouzzer-des-Ida-Outanane à la P40 qui vient de Chichaoua .

Pour une ultime splendide balade à travers le Haut Atlas Occidental .

Nouveaux ravins vertigineux, superbes villages accrochés à la pente, canyons encaissés et sinueux …

Arrêt sur la piste de Assif-El-Had pour un dernier briefing de prises de notes .

Puis, à plusieurs reprises abandon des véhicules pour fouler encore des pieds ces pistes de terre battue, marcher dans les ruelles de pisée, descendre dans les oueds, jusqu’à entrer dans la grande grotte qui donne naissance à l’oued … 

Dernière randonnée sur la piste de l’Assif-El-Had . (Photo Alain MARC)

On vient de loin pour puiser l’eau à l’Assif-El-Had qui prend sa source dans la grande grotte . (Photo Alain MARC)

Nous descendons jusqu’à la grotte pour en admirer les impressionnants volumes, accompagnés d’ enfants joyeux qui crient et chantent pour en réveiller l’écho . (Photo Alain MARC)

Les petits ânes de Bernadette CAZAL .

Derniers regards aux petits villages accrochés à la montagne par Magali CHADEAU …

Nous ne voudrions jamais que le séjour s’achève, il reste tant encore à découvrir …

Ce pays est si attachant, les gens si gentils, le monde du stress et des grandes villes modernes si lointain .

- Et si c’était cela la vraie vie : exister les un pour les autres, s’entre aider, partager, rire, peiner, avancer ensemble ?

Bientôt nous retrouvons la route goudronnée . La redescente vers Agadir se fait en passant par le barrage d’Abdelmoumen et la traversée du pays du miel .

Dur de replonger dans la foule à Agadir dans l’ambiance bruyante et artificielle des grands hôtels de vacances !

Heureusement l’avion part très tôt demain matin et nous pourrons rêver pendant le trajet à nos merveilleux souvenirs, avant de parcourir au retour nos carnets de voyages, que je vais réunir en un seul bloc en arrivant pour le présenter à la très prochaine Biennale des Carnets de Voyages de Clermont-Ferrand, où je vous attend nombreux pour en découvrir les pages non publiées ici .

… Et croyez-moi, il y en a de très jolies !

Celle-ci en fait partie : c’est une page du carnet de Marylène DERRIEN .

 Dernier survol de la plaine du Souss … (Photo Alain MARC)

Avec le beau souvenir du sourire de nos chauffeurs : un grand merci à eux, leur compétence, leur connaissance des pistes parcourues . Sans eux nous ne serions jamais arrivés à parcourir ces 1100 km en si peu de temps tout en réalisant un carnet de voyage aussi complet, en prenant le temps de nous arrêter et de faire aussi quelques belles randonnées … (Photo Alain MARC)

Et enfin un grand merci à notre interprète et guide Hassan ESSAF, formidable professionnel qui nous a aidé à mieux aimer encore son magnifique pays . Sans lui certains échanges avec les habitants des régions traversées n’auraient pu avoir lieu le barrage de la langue étant toujours un problème dans les endroits les plus reculés . Il a su répondre à nos attentes, s’adapter à nos particularités, et surtout avec intelligence et intuition devancer nos aspirations picturales et carnettistes avec un formidable brio . (Photo Alain MARC)

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12 novembre 2006 7 12 /11 /novembre /2006 23:03

 

 

De la Vallée du Paradis à Imouzzer-des-Ida-Outanane ...

 

Départ matinal pour une nouvelle journée de découvertes et de peinture .

Le pays de "l'arbre de fer" déploie ses pentes mouchetées d’arganiers à perte de vue, du bleu de l’Océan (que l’on devine vaguement vers l’ouest depuis les points les plus élevés de notre début de trajet) jusqu’aux barres abruptes de hauts sommets situés au levant .

La route se fait de plus en plus sinueuse et étroite, passant tour à tour de collines sauvages à de verdoyantes vallées avant de s’enfoncer dans la montagne .

Prise de notes à l’occasion d’une halte « géologique » sur le trajet . (Photo Alain MARC)

Grandeur du Haut Atlas Occidental aux énormes strates de calcaire plissé où s’accrochent de nombreux petits villages .

La route, avant de grimper en lacets de plus en plus resserrés sur Tifrit, longe l’asif Tamrhakht puis remonte l’un de ses affluents (l’oued Telmed) dans un magnifique canyon aux parois de roches blanches et roses : superbe vision des parois abruptes surplombant le riant ruisseau bordé de palmiers et de lauriers roses .

C’est la Vallée du Paradis !

La vallée du Paradis, à l’endroit où nous avons rencontré Mina et Mbark AGENDID . (Photo Alain MARC)

Nous nous arrêtons une bonne partie de la matinée dans ce site enchanteur pour une séance au bord de l’eau . Près de la petite baraque d’un marchand d’artisanat au bord de l’oued .

À peine la séance de peinture a-t-elle commencé, qu’une agréable musique se détache sur le bruit de l’eau qui coule entre les rochers … Musique gaie, touchante, au charme particulier .

Curiosité : je rejoins la partie du groupe qui est déjà en train de peindre du côté d’où vient la musique et fais connaissance de Mbark AGENDID et Mina, son amie, jeunes chanteurs amazighs qui tournent avec leurs musiciens pour un clip .

J’en profite pour les interviewer et mieux connaître leur démarche musicale . Passionnant moment sous les palmiers où l’aide de notre traducteur et guide Hassan, m’est du plus grand secours . Je consacrerai plus tard un article complet à ces jeunes interprètes de la culture amazigh, car leur démarche est intéressante .

 La chanteuse Mina, les pieds dans l’eau de l’oued … (Photo Alain MARC)

Catherine a un magnifique modèle pour en faire une page de carnet … (Aquarelle Catherine HEREN)

Mbark AGENDID, chanteur berbère à qui je consacrerai prochainement un portrait . (Photo Alain MARC)

Nous reprenons la route . Plus haut c’est le village de Tifrit, près duquel se trouve la cascade d’Askri . Nous n’avons plus le temps de nous y rendre car l’estomac commence à crier famine : il est déjà tard et un tagine de poulet au miel nous attend 18 km plus haut à Imouzzer-des-Ida-Outanane .

 Le tagine de poulet au miel, aux amendes et au raisin d’Imouzzer . (Photo Alain MARC)

La Vallée du Paradis de Magali CHADEAU

Aussitôt après le déjeuner, nous reprenons la piste pour descendre en bas des cascades d’Imouzzer où nous ne nous arrêterons pas car elle sont à sec en cette saison, mais poursuivons au contraire bien plus bas dans la vallée .

Occasion unique de découvrir l’habitat si caractéristique du Haut Atlas de cette région : petites maisons de pisé et de pierres bien assemblées en étage au flanc de la montagne, avec une cour intérieure en partie recouverte de palmes enduites de terre, et aux murs protégés d’épineux et d’une tablette de branchages enrobés d’argile pour empêcher le pisé de se désagréger sous la pluie .

L’architecture caractéristique des maisons dans cette région du Haut Atlas . (Photo Alain MARC)

Nous réalisons à cet endroit-là une séance de peinture fort instructive sur des pages de papier journal déchirées … (Page du carnet de voyage de Viviane BARBIN) .

Fin de la journée par une belle randonnée sur la piste descendant au fond de cette vallée . (Photo Alain MARC)

Nous remontons de nuit à Imouzzer où nous faisons étape ce soir …

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10 novembre 2006 5 10 /11 /novembre /2006 21:38

 

 

De l’oasis de Tleta-Tagmoute au Haut-Atlas occidental ...

 

Fin de la piste de lumières roses et descente vers le sud à la nuit tombante .

Crochet et courte nuit à Tata avant de remonter sur l’oasis de Tleta de Tagmoute, tache verdoyante au pied de djebels particulièrement arides, en plein désert de pierres écrasé de soleil . Endroit paradisiaque s’il en est qui est longtemps resté isolé avant que le goudron ne recouvre la piste qui y passait il y a peu de temps encore . La route est d’ailleurs en cours de prolongement plus au nord afin de relier directement Tata à Taroudant par Igherm .

Le paradis perdu serait-il donc ici ? En serait-ce un fragment, une parcelle, un reflet ? Commencerait-il au cœur de toutes ces palmeraies blotties au fond de gorges étroites entaillant les Djebels, au milieu des dunes du désert, auprès d’une source surgissant comme par miracle des caillasses brûlantes du reg ?

J’ai souvent eu cette pensée en m’immergeant dans la fraîche et verte lumière où jaillit l’eau qui apporte la vie après les traversées assoiffantes, les moments de solitude où le sentiments de ne rencontrer aucune âme qui vive accentuait encore l’impression d’immensité, d’âpreté de l’espace environnant …

Elle m’envahit à nouveau ici, au premiers pas dans la palmeraie .

Sorte de bonheur, indicible, subtil et pourtant très profond qu’il faut éprouver pour vraiment savoir combien il est particulier …

Une renaissance en quelque sorte lorsque la gentillesse, l’hospitalité, l’humanité des habitants de l’oasis vous accueille dans le partage, la simplicité et toute la joie du monde .

Quelles leçons sur les véritables valeurs de l’existence quand ici la lutte pour la simple survie se transforme en joie de vivre !

Émouvante perception de beauté que cette jeune femme se rendant à sa parcelle de culture dans la palmeraie . J’aimerais que cette photo lui rende hommage . Je l'ai faite en tons sépia pour retrouver l’émotion que j’éprouvais enfant en feuilletant les vieux journaux de l’Illustration entreposés dans le grenier de ma grand-mère . J’aimais tant (et j’aime toujours autant) me plonger dans cette vivante mémoire du monde pour y puiser des rêves inouïs . Je m’y projette aujourd’hui avec un immense bonheur car je retrouve en ces lieux les images tout à fait magiques de mon enfance . S’ils sont si beaux ce n’est pas parce que le monde n’a pas changé (ou si peu ici où le mot « temps » a un autre sens que chez nous), mais parce que ce type de beauté est éternel et que c’est un privilège d’en avoir conscience … (Photo Alain MARC) 

Magnifique séance de peinture .

Traversée en randonnée de la palmeraie .

L’eau ruisselle dans les petits canaux en arrosant les parcelles à tour de rôle .

Les oiseaux chantent et volètent de palmier en palmier dont le vent doucement balance les palmes .

En dessous, au milieu des oliviers, des grenadiers, des figuiers et de tous les autres arbres fruitiers de ce merveilleux pays, les silhouettes gracieuses et agiles des femmes aux robes noires, bleues (leur haïk, vous savez, de ce bleu inimitable et si profond qu’il ressemble à la nuit avant l’aube) ou multicolores comme des ailes d’arc-en-ciel, s’affairent et s’interpellent avec des éclats de rires dans la voix . Un âne braie plus loin, on ne le voit pas .

Passages de fraîcheur et clairières de chaleur . Vous ne cheminez plus au cœur du monde, c’est le monde qui chemine autour de vous …

La séance de peinture à l’entrée de la palmeraie, face à l’agadir (le plus ancien quartier du village) et ses vieux murs de pisée . (Photo Alain MARC)

L’ocre des murailles . Poussière ocre sur les murs .

Les ruelles du village à nouveau .

Poussière sur la route qui redevient piste car le désert régulièrement recouvre le bitume de caresses de sable que les camions croisés soulèvent en volutes chrysocales …

Le vert de la palmeraie s’efface dans une brume ocre pâle et jaune de Naples . Là-bas au pied des djebels .

Le haut des palmiers les plus hauts qui dépassent de l’imprécise ligne ocre disparaissent petit à petit dans le rétroviseur .

Nous sommes déjà en route pour plus loin .

Nouveau crochet par Tata, pour revenir sur nos pas vers Igherm au plus carrossable .

Dromadaires traversant la route entre Tata et Igherm . (Photo Alain MARC)

Au loin des campements nomades . Ils les ont recouverts de baches de plastique à cause des pluies des jours précédents .

Igherm c’est plus haut sur la carte et en altitude aussi . 1800m . Fortifié . Le centre administratif de la tribu des Ida Oukensous si doués pour fabriquer des armes aux décors d’argent finement ciselés .

Halte non loin de là pour pique-niquer au bord de la route .

Traversée sud - nord de l’Anti-Atlas .

Paysages fascinants qui défilent et ne se ressemblent jamais .

Avec d’autres superbes haltes dont celle, inévitable des petites chèvres qui grimpent dans les arganiers, lorsqu’on arrive dans la plaine du Sous .

La plaine du Sous avec ses serres et ses cultures d’agrumes et maraîchères impressionne par sa richesse et sa fertilité plus liée à l’abondance des engrais qu’à l’eau de l’oued Sous … Souci pour la nappe phréatique .

Les murailles de Taroudant qui entourent la ville et apparaissent soudain comme une vision onirique . (Photo Alain MARC)

Et puis soudain, des remparts de terre ocre qui vous sautent au visage au milieu des palmiers, des orangers et des bougainvilliers . Leurs créneaux majestueux appellent à la découverte .

Comme on pouvait s’en douter ils cachent des merveilles à la rencontre desquelles nous voulons aller : Taroudant, Carcassonne marocaine, Marrakech en modèle réduit, plus vraie, plus authentique .

Encore une belle séance de peinture, là, face à la grande porte de Bab El-Casbah . On se croirait au Moyen-Âge les automobiles en plus . Ou dans un décor de cinéma . Reflet du soleil qui décline sur les murailles . Qui les pare de chaudes nuances .

Je revois les aquarelles de Delacroix . J’imagine des guerriers aux montures bariolées, aux armes brillantes de lumière .

Dans le souk à Taroudant, une page du carnet de Dany Dangelser .

Promenade au cœur du souk, vivante plongée dans la grouillante mouvance du petit peuple où tout se troque et tout se vend .

Multicolore animation des ruelles étroites tortueuses et sombres, fourmilière si captivante, que les plus distraits d’entre-nous passent à deux doigts de se perdre .

Ambiance faite de sonorités, couleurs et odeurs nous renvoyant aux récits ancestraux des premiers voyageurs de l’Orient …  

Rosie, elle, ébauche la porte de Bab-El-Kasbah, qui petit à petit prend forme . (Aquarelle Rose-Marie HENRY)

Ici aussi le temps passe trop vite . Qui a vu Taroudant une seule fois, se dit toujours « …Je reviendrai à Taroudant ! » .

Nous, nous partons vers la montagne, sur les premières collines du Haut Atlas Occidental pas très loin d’Agadir, pour passer la nuit une fois encore sous les tentes berbères, mais dans le plus grand confort cette fois : celui d’un camping aux allure de maison d’hôtes qui porte sans ostentation son nom superbe de « Paradis Nomade », car nous y sommes fort bien reçus pour un très délicieux repas .

La nuit est tombée depuis longtemps sans que nous nous en apercevions . Nous n’avons pas la force de regarder les étoiles : tant de routes et de belles choses ont été vues aujourd’hui !

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7 novembre 2006 2 07 /11 /novembre /2006 23:17

 

 

La piste de lumière rose .

 

Tafraoute .

Déjà au lever du soleil, la journée est pleine de promesses, le rose est partout : sur les pentes abruptes et tourmentées du Lekst, sur les ressauts de granit saumoné, sur les façades des maisons, et il se reflète même sur l’ombre des grands minarets qui étincellent de blancheur sous les premiers rayons ardents !

Le lever de soleil sur Tafraoute . (Photo Alain MARC)

Notre journée commence donc par cette abondance de lumière colorée qui va dès cet instant nous accompagner tout le long de notre étape .

Premier objectif : le village de Aguer-Oudad et son fameux rocher appelé « Les doigts croisés » ou « Le chapeau de Bonaparte » suivant l’endroit où on le voit . Nous y réalisons une séance de peinture où doivent être abordées les applications de blanc couvrant de façon graphique ou en rehauts sur fonds préparés, en kraft par exemple, afin d’obtenir un résultat plus dynamique dans le rendu de notre motif .

La séance d’aquarelle à Aguer-Oudad . (Photo Alain MARC)

La version sur papier Kraft de Viviane (croquis aquarellé Viviane Barbin) .

Le fameux rocher vu latéralement, un peu à contre-jour . On dirait bien les doigts d’une main ou la forme particulière du chapeau de Napoléon ! (Photo Alain MARC) 

L’interprétation sur papier blanc de Nicole (croquis aquarellé Nicole Guenin) .

Peu de temps après nous sommes dans cette superbe vallée des Ammeln véritable oasis au pied du djebel sauvage et désertique, où les petits villages sont aussi adorables les un que les autres . Ambiance bucolique et douce dans les palmeraies, les jardins et les ruelles écrasés de soleil .

 Parmi ces si beaux villages celui de Aday se blottit au pied d’énormes rochers de granit, dont certains, de centaines de tonnes, en équilibre au dessus des maisons, paraissent par miracle suspendus au dessus du vide ! (Photo Alain MARC)

Plus loin dans la vallée se cachent de vraies merveilles : des gravures rupestre néolithiques superbes, d’assez grande dimensions . Si vous souhaitez les voir, demandez un guide local, il se fera une joie de vous les montrer .

C’est le plaisir que nous fait notre guide Hassan, un homme formidable et très cultivé, grâce à qui nous pouvons accéder à des lieux privilégiés comme celui-ci . Il est de plus un excellent interprète et un très grand connaisseur de cette région .

Le granit n’est pas de la craie, et le travail pour graver ce splendide caprin de près de 2 m de haut a dû être énorme à un moment où l’âge du fer était encore loin dans le futur … (Photo Alain MARC)

Au cours de cette matinée nous ne voyons pas le temps passer . Aussi c’est un peu l’estomac dans les talons que nous nous précipitons sur le délicieux repas qui nous attend dans un petit restaurant de Tafraoute et que je vous recommande vivement : c’est « l’Étoile du Sud », là-bas tout le monde connaît .

Un petit coin du restaurant par Marianne (Croquis aquarellé Marianne Schneitder)

Déjeuner tout de même hâtif, car il nous reste beaucoup de piste à parcourir après cette petite boucle autour de Tafraoute : environ 60 km dans les splendides gorges de Mezdac .

Montée aux panoramas vastes et incomparables sur le plateau d’Aït-Abadallah, à 1500 m d’altitude, longue traversée de cette sorte de steppe caillouteuse, puis plongée par la piste vertigineuse et très étroite (les roues toujours au bord du vide), sur les fabuleuses gorges de Mezdac .

Incroyables paysages de roches stratifiées, aux chaudes couleurs .

Envoûtante minéralité .

Le paysage qui défile maintenant à la verticale de chaque côté des 4 x 4, avec de temps en temps des palmiers isolés paraissant piqués ici comme pour le décor d’un prodigieux tournage d’aventures .

Seul lieu de passage au fond des gorges : le lit de l'Oued, où la vie s'écoule tranquillement, grande source de réflexion sur nos parcours toujours trop pressés ! (Photo Alain MARC)

Au fond des gorges, pur bonheur : nous cheminons à pied dans cette profonde entaille de la montagne qui paraît avoir échappée à toute usure du temps . Le petit village de Mezdac nous réserve la joie de recontrer les enfants du hameau qui descendent en nombre de toutes les maisons semi troglodytiques accrochées à la falaise .

Endroit magique où nous serions bien restés …

Adorables gamines qui s’amusent à reconnaître les dessins que je leur grave sur un galet au bord de la piste : elle me donnent la prononciation dans leur langage, je leur explique en français, on se comprend très bien … (Photo Rose-Marie HENRY) 

Le village de Mezdac avec sa petite mosquée blanche coincée entre l’oued et la falaise et les jeunes filles de dos qui regagnent leurs maisons de pisée … (Aquarelle Alain MARC)  

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5 novembre 2006 7 05 /11 /novembre /2006 16:32

 

 

D’Ifrane de l’Anti-Atlas aux lumières roses de Tafraoute .

 

La route qui monte au nord-est depuis Goulimine vers l’Anti-Atlas passe par Bouzakarne avant de quitter 14 kilomètres plus loin l’ancienne P30 se dirigeant vers Tata …

Nous ne sommes là qu’à 10 kilomètres d’Ifrane de l’Anti-Atlas .

Ravissement en traversant les vastes étendues tabulaires entre Goulimine et Ifrane : les strates différentielles redessinent le relief comme autant de chef-d’oeuvres de land-art .

À Ifrane, nous abandonnons les 4 x 4 pour descendre à pied vers le village . Il serpente au bord de l’oued, accroché à sa falaise de calcaire, et ses maisons d’argile contrastent avec la blancheur de sa koubba . Occasion de déguster un délicieux tagine de poulet au citron chez l’habitant, et faire une séance de peinture … (Photo Alain MARC)

Page du carnet de Nathalie : la petite koubba blanche au dessus des maisons de pisé . (Aquarelle et crayon à papier de Nathalie LEFEBVRE)

Celle du carnet de Daniel . Elle est réalisée depuis le jardin de nos hôtes, dans un pur esprit « BD » qui s’affirme dans une simple et grande liberté d’interprétation . (Aquarelle et crayon à papier de Daniel SCHNEITDER) .

Nadia est séduite par les objets simples comme cette poterie à la fibule gravée . Elle avait dessiné celle-ci dans le petit restaurant de la plage de Legzira, mais la maison où nous avons mangé notre Tagine contient aussi un grand nombre d’objets usuels qui feront son bonheur . (Aquarelle et crayon à papier de Nadia PONDICQ) .

Peu de temps après nous entamons la montée qui va rejoindre le col du Kerdous, en pleine montagne, sur la route de Tafraoute .

Lieux particulièrement sauvages et beaux, avec leurs villages en terrasses perchés au dessus des ravins et leur vie rurale qui n’a pas changée depuis des siècles . Le panorama y est superbe, la faune y est abondante, si abondante même qu’un pauvre sanglier inconscient des dangers de l’automobile viendra se jeter sous les roues de notre 4x 4 en voulant traverser la route à toute vitesse, sans que nous puissions faire quoi que ce soit pour l’éviter car il a surgi du talus comme un boulet de canon !

Il est mort au pied d’un arganier, si fréquent sur ces pentes, ces terrasses et ces ravines . Mais c’est le cœur serré et le pare-choc un peu cabossé que nous sommes repartis impuissants devant sa souffrance et sa terrible destinée .

En redescendant vers la vallée le panorama se déploie, gigantesque, jusqu’aux sommets du Jebel Lekst .

Pour nous changer les idées nous décidons d’une halte peinture car la journée va bientôt toucher à sa fin et nous avons besoin d’air pur autant que de dernières grandes bouffées de lumière avant la nuit …

Grandiose panorama sur le Djebel Lekst (2359 m) qui commence à se parer de bleu, mauve et violet, tout au fond devant nous . C’est à son pied que se trouve la fameuse vallée des Ammeln, magnifique oasis de montagne aux nombreux villages de maisons blanches et roses à la sortie de Tafraoute, . (Photos assemblage panoramique à 180° d'Alain MARC)

Page du carnet de Viviane : le Djebel Lekst derrière les collines d’arganiers . Il commence de se parer de pourpre au soleil couchant . (Aquarelle de Viviane BARBIN)

Soudain nous découvrons toute l’étrangeté de cette lumière rose qui nous enveloppe entièrement au moment où le soleil bascule derrière l’horizon . Elle préfigure la piste de demain . Il faut dire que ces kilomètres carrés de roches sont en granit, rose justement, et que l’air qui nous entoure paraît lui-même irradier cette superbe couleur, plongeant notre séance dans une atmosphère irréelle, fascinante, angoissante même pour certaines d’entre-nous lorsque dépourvue de soleil la montagne passe d’un seul coup de parme à un violet sombre et profond ... (Photo Alain MARC)

 Encore une page colorée de Nathalie : le Lekst du même endroit au moment où il est entièrement baigné de rose doré . (Aquarelle de Nathalie LEFEBVRE)

C’est l’instant magique où les derniers rayons du soleil frappent la crête dominant Tafraoute : derrière le Lekst est déjà violet ! (Photo Alain MARC)

La nuit nous surprend les pinceaux à la main .

Descente jusqu’à Tafraoute, où nous allons nous reposer et nous restaurer .

Des étoiles dans le ciel et dans les yeux . Un gros sommeil sur les fatigues de la journée . Nuit entrecoupée des prières des muezzins .

Il paraît que demain le rose va à nouveau nous irradier dès le lever du jour .

Justement, la piste des lumières roses, c’est pour la prochaine journée !

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3 novembre 2006 5 03 /11 /novembre /2006 23:41

 

 

De Goulimine à Ifrane .

 

Descente plus au sud-ouest encore …

Elles sont loin les arches en grès rouge de Legzira, et le campement de Fort-Bou-Jérif plus à l’intérieur des terres !

Et pourtant, on regarde avec émotion les aquarelles peintes à ce moment-là . J’en choisis deux à l’occasion d’une petite réunion de synthèse, pour vous les montrer, pour vous en faire partager l’atmosphère qui y est particulièrement réussie comme pour toutes les autres . Il sera beau notre carnet de groupe !

Car le carnet de voyage a cela de passionnant de pouvoir réunir en une famille unique tous les participants de cette belle aventure .

Partager les mêmes émotions, les mêmes doutes, découvrir ensemble de nouveaux paysages, rencontrer de nouveaux visages est le plus fort des stimulants pour aller toujours plus avant dans sa propre expression .

Page du carnet de Marylène : l’oasis de Lougzirem se baigne les pied dans les vagues de l’Océan et la dernière arche de Legzira invite à un voyage solitaire le long de cette côte sauvage et désertique ... (Aquarelle et crayon à papier de Marylène DERRIEN)

Page du carnet de Rosie : une Kaïma de notre campement en poils de dromadaires non loin du vieux fort colonial . (Aquarelle et crayon à papier de Rose-Marie HENRY) .

Nous prenons la piste pour Goulimine au milieu des collines érodées aux couleurs ocres, orange et saumon, mouchetées d’euphorbes innombrables …

La piste soulève ses volutes de poussière à l’arrière de chaque véhicule .

C’est qu’il nous faut arriver à Goulimine avant la fin de la matinée pour le souk aux dromadaires . Nous aimerions au moins faire quelques croquis des bêtes avant qu’elles ne quittent l’enceinte de la foire, même si celle-ci n’est plus ce qu’elle était il y a encore quelques années : les touristes ont progressivement remplacé les hommes bleus, mais ce matin nous serons les seuls visiteurs avec deux atypiques cyclotouristes, et nous aurons la chance de voir quelques authentiques marchandages autour des dromadaires et des moutons .

Il faut dire que le dromadaire est aussi une bonne viande, généralement consommée en tagines (nous en avons dégusté à Tata) .

Briefing en arrivant devant les camions de fourrage descendus de l’Atlas . Ils apportent une pâture rare aux animaux domestiques de la région . Le groupe est attentifs aux consignes et explications, avant de s’engager dans l’enceinte du souk carnets de croquis et de notes à la main .

  Un chamelier s’approche, curieux de notre intérêt si singulier pour ses dromadaires . Il a fière allure avec son chèche bleuté, mais nulle gandoura ne déteint sur sa peau : ses vêtements en jeans ont remplacé le beau tissu au bleu si profond . (Photo Alain MARC)

Page du carnet de Marianne : celui-là, elle ne le laisse pas passer ! Il regarde curieux et admiratif son portrait et celui de sa monture prendre forme à toute vitesse sous son œil ébahi ... (Aquarelle, feutre pointe fine et crayon à papier de Marianne SCHNEITDER)

La ville Goulimine, habitée par une très ancienne tribu, celle des Aït Moussa, signifie « porte du désert » en chleuh . Elle fut longtemps considérée comme la capitale du Sahara marocain, plaque tournante entre l’Afrique et le Maroc .

Avec ce crochet à Goulimine le temps passe trop vite .

Le soleil tape dur, il se fait plus brûlant en milieu de matinée et nous quittons la ville des Reguibate (on appelle ainsi à Goulimine le peuple des « hommes bleus »), pour remonter vers les fraîcheurs plus relatives de l’Anti-Atlas . Un périple en boucle qui nous permettra de croiser notre précédent itinéraire pour ne rien rater dès demain d’une piste fameuse que je nomme « la piste des lumières roses » .

Mais nous n’y sommes pas encore .

Avant, nous avons bien plus d’une centaine de kilomètres à parcourir, de bonnes séances de peinture et de découverte, et notre étape montagneuse pour la nuit .

Mais premier objectif de ce programme car il est vraiment tard lorsque nous nous mettons en route : rallier Ifrane où un bon tagine nous attend . … S’il savait comme nous sommes affamés !

Ici nous traversons un « maader » (zone d’épandage alluvionnaire d’un oued) parsemé (c’est plutôt rare car souvent rien n’y pousse) de palmiers et d’arganiers, entre Goulimine et Ifrane ... (Photo Alain MARC)

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2 novembre 2006 4 02 /11 /novembre /2006 21:42

 

 

Difficultés de connexion au pied du Djebel Tabarount !

 

Vraiment dans ce petit cyber de Tata, les connexions avec la plateforme du blog sont difficiles !

Et impossible de faire passer la moindre photo .

Pourtant ils sont très fiers de leur ADSL à eux, les jeunes d'ici . 

Ils ont raison : là, aux portes du Sahara, au pied des premiers sommets de l'Anti-Atlas, c'est une immense richesse que cette porte virtuelle ouverte sur le monde .

Peu importe si elle ne marche pas à merveille .

Les merveilles sont ailleurs .

Et dans nos coeurs elles déposent une lumière d'éternité, de vérité, de pureté ; je vous en dirai tant !

Dès que je retrouve une meilleure communication web je vous fais partager . Il y aura un petit décalage mais vous nous suivrez le plus possible au jour le jour, et même si c'est avec un léger décalage vous serez avec nous .

Toutes . Tous .

Toutes celles et ceux qui nous accompagnez sur cet écran .

Merci pour vos témoignages d'amitié, j'y répondrai plus tard, mais ils nous touchent beaucoup et nous rendent encore plus heureux .

Je voudrais vous dire toute la beauté du monde .

Si simple, si douce dans sa carapace de pierre .

Pierres à perte de vue .

Le reg .

Les canyons de grès rose, les oueds sertis de palmiers . 

Les oasis .

Les enfants qui crient "stylos, stylos, bonbons, bonbons ..." et à qui je dessine comme seul cadeau avec un caillou-stylo de calcaire ramassé sur le bord de la piste un petit oiseau, un poisson ou une tortue sur un galet de l'oued, qu'ils emportent émerveillés comme le plus précieux trésor du désert . Pas besoin de stylos ni de bonbons ni de dirhams pour consteller d'étoiles les yeux des enfants ...

Des petites filles m'offrent le plus beau des cadeaux : elles me font répéter des phrases en langage local dont j'ignore la signification, et elles rient aux éclats de ma prononciation .

Elles ont des foulards sur leurs cheveux noués et des robes multicolores . 

Elles veulent m'apprendre à parler comme elles .

Et pour me montrer qu'elles savent s'exprimer en français elles répétent avec grâce, par des chansons délicieuses, d'une musique inouie dans la voix, ce qu'elles ont appris à l'école ...

Sans que je leur demande rien .

Sans que j'espère rien .

Le soleil bascule derrière des djebels ocres, alizarine, parmes, dorés .

L'immensité .

Les chauffeurs avec les 4 x 4 nous attendent à la sortie du village . Il va falloir repartir . 

Dans les frondaisons au pied des palmiers, les merles bleus se remettent à chanter . 

Ils reprennent le chant des petites filles .

J'ai dans les yeux des brumes indéfinies qui paraissent venir tout droit des rivages océaniques de Sidi Ifni ...  

 

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29 octobre 2006 7 29 /10 /octobre /2006 20:37

 

La magie de la côte Atlantique au pays de l’arbre de fer  ...

Un ciel immense constellé d’étoiles recouvre les Kaïmas de notre campement au moment où j’écris ces lignes dans les étendues désertiques du reg de Fort-Bou-Chérif .

Extraordinaire beauté de ce début de désert .

Agadir est déjà loin . J’ai peu de temps avec l’autonomie de la batterie de l’ordinateur pour vous faire partager cette première journée . C’est déjà formidable de pouvoir l’avoir fait suivre ici . Au cas où on rencontrerait un cybercafé .

 Rochers et petit douar avant d’arriver à Aglou par Bernadette CAZAL .

Mais revenons à notre journée : descente vers le sud en suivant la côte .

Sauvage, déserte à perte de vue . Un rêve que relègue Bénidorm aux plus apocalyptiques villes des bandes dessinées de Bilal !

Mais je vous raconterai cela plus tard en détails .

Ici il a plu il y a deux jours à peine : une bénédiction dans ce pays où l’eau est le bien le plus précieux . Depuis des mois il n’avait plu ! Aussi les oueds ont souvent emporté les pistes dans les passages à gué . Cela nous a contraint à des détours épiques on nous avons pu apprécier toute l’utilité du 4 x4 .

Première halte dans la crique de la plage d’Aglou . Un bout d’oasis perdu tout au bout du soleil couchant .

La même plage par Catherine HEREN

Le temps d’une première séance de peinture .

Puis descente plus au sud encore en longeant l’océan, le temps d’arriver aux superbes arches de Legzera . Une séance de plus après un repas aux tagines de poisson .

Promenade de repérage sous l’une des arches pour trouver le meilleur point de vue à peindre .

Le temps passe vite . Sur la piste de Fort-Bou-Jérif, avant de quitter le rivage et ses immenses plages désertes, encore une séance pour profiter des derniers rayons de soleil : c’est là que toute la lumière du soir s’était concentrée pour embraser l’Atlantique en parant de vermeil des collines sauvages où se blottit une petite mosquée solitaire donnant à ce bout de monde une allure de débuts coraniques

 Notre séance en bord de piste dans la lumière du soir …

Le reste fut une partie de montagnes russes dans les pistes défoncées, aboutissant à la nuit noire au cœur des ruines fantomatiques du vieux fort colonial de Bou-Jérif …

On n’entendit bientôt plus du fond de nos kaïmas, que les cris plaintifs des oiseaux de nuit . Nous, nous dormions du sommeil du juste !

Réveil au lever du jour avant de repartir vers une nouvelle journée d’aventures picturales …  

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24 octobre 2006 2 24 /10 /octobre /2006 20:26

 

 

Départ au pays des arganiers .

 

Le fait qu’il y ait à nouveau peu d’articles ces jours-ci dans ces colonnes ne veut pas dire que je vous ai abandonnés (es) et que je néglige mon carnet en ligne !

Au contraire : je travaille d’arrache pied à cette série d’articles marquant la fin de l’année et le premier anniversaire de ce blog …

Mais c’est un travail de longue haleine qui passe par la réalisation de projets ne pouvant être menés au jour le jour comme le serait un simple carnet de voyage . Leur déroulement dans le temps porte sur des journées pendant lesquelles tout accès au web est à ce moment-là impossible pour moi .

Pour vous faire patienter je pourrais vous dire ce que je fais, mais ce ne serait plus une surprise pour vous au moment de le découvrir . En plus pour au moins l’une de ces aventures qui me tient à cœur depuis longtemps ce n’est pas en 1 ou 2 jours seulement que je vais y parvenir, et réaliser quelques pages de croquis dans ces conditions relève d’une véritable aventure, vous comprendrez un peu plus tard pourquoi .

Pour ce qui est d’aujourd’hui mes pensées sont ailleurs, à quelques milliers de kilomètres, puisque je suis en train de préparer mes valises, mes crayons, et mes pinceaux pour y retourner dès demain .

Il s’agit de ce magnifique pays des arganiers dont je vous ai déjà parlé lors d’articles précédents .

« Retour des champs dans l’Anti-Atlas » . (Aquarelle et encre sur papier kraft Alain MARC)

C’est de la côte Atlantique, d’Agadir jusqu’aux portes du Sahara et aux sommets du Haut Atlas par le bord de l’océan et les granites roses de l’Anti Atlas, que nous allons une petite équipe de peintres et moi-même, parcourir en 4 x 4 cette région du Grand Sud en quête d’authenticité, de paysages, de portraits, de légendes .

Peinture à Taliouine . C’était pendant l’un de mes voyages de repérages dans le Grand Sud Marocain : je continue de tester tous les sites et tous les motifs susceptibles de faire partie des thèmes majeurs de nos futurs carnets de voyages ….

Nous allons rompre avec les codes, découvrir, nous adapter, inventer, aller à la rencontre d’horizons nouveaux loin des grandes villes, avec notre envie, notre expérience (certains d’entre-nous sont totalement débutants), notre enthousiasme .

Chacun en reviendra avec son propre carnet, mais le travail le plus intéressant du séjour sera certainement ce carnet de voyage « collectif » que nous réaliserons sur place, et que je finaliserai au retour pour l’exposer aussitôt . 

« La casbah du Glaoui à Taliouine  » . (Aquarelle Alain MARC)

Nous serons attentif au fait que l’évènement, le hasard, les idées spontanées, soient toujours présents entre nos lignes et dans nos dessins .

Au retour (et peut-être même avant si d’aventure nous tombons sur un cybercafé au bord des pistes que nous emprunterons) je vous ferai découvrir en avant première des pages originales de ce petit trésor, car croyez-moi, nous allons tout faire pour que ce soit un vrai trésor !

Alors à très bientôt, puisque dès le prochain article je vous emmène avec nous vous réchauffer un peu avant les froidures hivernales dans ce périple du Grand Sud !

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18 octobre 2006 3 18 /10 /octobre /2006 23:45

 

La danse des ahwachs, une page de carnet en souvenir d'un stage mémorable ...

 

«La danse des ahwachs» . (Aquarelle Alain MARC extraite du « Carnet du grand sud » )

C’était pendant l'un de nos stages «Carnet de voyage dans le Grand Sud Marocain», le mardi 20 mars 2001 .

Nous avions quitté Ouarzazate de bonne heure le matin et remontions la vallée du Dadès .

Le soleil illuminait les palmeraies et le paysage alentour . Vers le nord tout au long du trajet, les sommets de l’Atlas dominaient le paysage, immense et merveilleux décor éclatant d’une blancheur hivernale qui contrastait avec les chaudes couleurs du désert .

Sur la route d’El-Kelaâ nous avions fait une halte picturale dans l’oasis d’Amerhidil tout près de Skoura, pour y peindre le ksar, magnifique, et une petite koubba que j’adore, cachée au milieu des palmiers . L’oasis était si fraîche et verdoyante à ce moment-là !

Nous y avions rencontré Mansour qui nous avait régalé de son thé bien chaud et avait posé assis à même le sol à l’ombre des palmes, improvisant pour nous avec sa flûte à encoche des airs inspirés d’anciennes romances amazighs pendant que nous le dessinions . Je vous reparlerai une autre fois de ce moment privilégié qui reste gravé dans nos mémoires et sur les pages de nos carnets …

Mais c’est la Vallée des Roses et notre arrivée à El-Kelaâ-de-M’Gouna que je vais évoquer ici .

Nous avions déjà la tête débordante des souvenirs tout proches de la journée . Le soleil déclinait vers l’horizon .

À l’Hôtel des Roses du Dadès, la terrasse panoramique domine la vallée et c’est le lieu idéal pour peindre le spectacle grandiose du soleil qui se couche sur les sommets du Haut Atlas avant que tombe la nuit . On entend des chants et des appels qui montent du Dadès, le premier plongé dans la pénombre .

La neige sur les crêtes encore ensoleillées flamboie à son tour, se parant du rose des fleurs de la vallée . Splendeur inouïe, fragile et éphémère .

C’est un moment magique qu’on ne peut oublier .

 

Les stagiaires de la session "Carnet de voyage dans le Grand Sud Marocain" en plein travail, face à la superbe vallée du Dadès et à ses kasbas, naissance d'aquarelles inoubliables ! (Photo Alain MARC)

 

Maintenant il n’y a plus que le silence . On perçoit à cet instant la présence invisible de toutes ces tribus, descendantes séculaires de royaumes parfois éphémères, perpétuant la tradition des valeurs ancestrales dont nous avons quant à nous perdu trop tôt le patrimoine de vie et le sens du sacré .

C’est à ce moment-là que dans une étrange apparition nous fûmes entourés d’une troupe de musiciens et de danseuses aux costumes simples mais d’une grande beauté . Ils étaient descendus de la montagne pour honorer à l’hôtel une personnalité .

Pour nous, rien n’était organisé . Ils nous avaient vu peindre, travailler, et l’intérêt que nous portions à leur pays, le regard que nous avions sur leurs sommets, les rendirent immédiatement familiers, intéressés . Leur jovialité teintée d’une curiosité naïve et enjouée nous plongeait dans l’allégresse et le ravissement . Nous ne nous comprenions pas mais la complicité des regards, les mots timidement échangés sur les couleurs, les objets, le partage de l’instant, avaient effectivement quelque chose de sacré . On était comme plongés dans un mystère, nous nous sentions être les témoins d’une naissante théurgie, d’un envoûtement imperceptible et délicieux comme si nous étions penchés au dessus d’un balcon surplombant de vertigineux et féeriques liens secrets .

La dimension théurgique est verticale, elle n'est pas à sens unique . Le juste milieu théurgique est ce lieu où l'homme et le Destin coopèrent, cocréent, collaborent . Le Destin appelle, l'homme répond . L'homme appelle, le Destin l'entend . Ce juste milieu est un lieu performatif .

- Et si le carnet de voyage c’était cela ?

J’ai pris mes crayons et ai commencé à les dessiner . Ils ont pris leurs instruments et ont commencé à danser .

Les femmes étaient très belles .

Les hommes l’étaient tout autant …

Nous étions dans un monde à part .

Je vous invite à ce moment de peinture privilégié, qui des ahidous jusqu’au cœur des ahwachs nous a plongés au rythme des bendirs et de l’étonnante sonorité des voix de ces femmes et de ces hommes qui se répondaient en cadence (appelé l'msaq) dans un moment de transe où peinture et musique ne faisaient plus qu’un .

 

«La danse des ahwachs» . (On me voit furtivement dans l’ombre, peindre cette aquarelle tout près des danseurs … Extrait d’une vidéo originale d’Alain MARC «Carnet de route : sur les pistes du Grand Sud » - La reproduction de cet extrait vidéo par quelle forme que ce soit est interdite -)

 

Explication donnée par le passionnant site de musique amazighe http://www.azawan.com/ que je vous recommande vivement de visiter :

« L'ahwach est à la fois le nom générique donné à la musique de village et le nom d'une danse typique du pays chleuh (Haut-Atlas, Anti-Atlas et Souss). Se pratiquant à l'occasion de toutes les célébrations collectives, ce sont des villageois volontaires qui en assurent l'exécution. C'est une danse mixte précédée d'un chant dialogué, une sorte de joute appelé l'msaq.

Pour les gens du pays, c'est ce chant dialogué qui est la partie la plus appréciée et aussi la plus difficile à réussir. C'est également la plus surprenante par son originalité pour les spectateurs non initiés. L'msaq nécessite la participation d'au moins un improvisateur. Mais il est préférable qu'il y en ait deux ou davantage pour qu'il y ait émulation. Il faut également un groupe de tambourinaires et deux choeurs de femmes. Les deux choeurs se tiennent debout en deux rangées se faisant face, les hommes d'un côté, les femmes de l'autre. Ces choeurs doivent être denses, afin d'obtenir un effet de masse chorale compacte sans lequel le chant est jugé inesthétique. L'exécution commence avec l'intervention d'un soliste improvisateur. Il chante une suite de vers appelée «tour de rôle» ou «répartie». Le choeur masculin lui répond en premier, puis vient le tour du choeur des femmes. Un autre soliste intervient avec une nouvelle répartie, puis à nouveau les choeurs et ainsi de suite. les phrases, ponctuées aux tambours sur cadre avec une lenteur solennelle, sont très étirées. les tambourinaires frappent du plat de la main, avec un léger décalage, de manière à obtenir un effet de répercussion, «comme celui d'un muret de pierres qui s'écroule», a-t-on l'habitude de dire. Après un certain nombre de réparties, l'msaq entame une lente évolution (sans transition sensible) qui finit en danse : l'ahwach proprement dit . »

 

Dans une semaine je serai revenu au Maroc avec un nouveau groupe de peinture . Nous partirons d'Agadir pour une grande traversée de l'Anti Atlas, une descente vers le nord Sahara et un retout par le Haut Atlas . Chacun y réalisera son propre carnet, et à tous nous mettrons en oeuvre un carnet collectif !

J'essaierai de relater notre voyage et nos peintures dans ces colonnes . Sinon au retour, ... à très bientôt !

 

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