Aquarelliste et peintre voyageur - En peinture, l'art de l'aquarelle est un mode d'expression qui va des carnets de voyages à la création de tableaux : en voici les différentes facettes inspiratrices, techniques et créatives selon Alain MARC ...
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- Les stages "carnets de voyages" sont une véritable immersion dans la pratique du carnet de voyage et de l'aquarelle sur le terrain, orientés "autonomie" ils sont ouverts aux stagiaires ayant assez de pratique pour en profiter pleinement . De la Provence au Jura Oriental et jusqu'au Portugal, ce sont quelques destinations où vous pourrez aller en 2020...

- Tous les stages sont différents, n'hésitez pas à m'en demander les informations par courriel (voir plus haut) .

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Andalousies

«Andalousie, la Route d’Alain MARC», carnet de voyage de Pierre NAVA
Découvrez article après article en cliquant sur les vignettes ci-dessous le carnet spontané de Pierre m’accompagnant en Andalousie, et les «Petites Histoires vidéo» qu’il m’a inspirées :

La-Barca-1b-Pierre-Nava.jpg

Préambule

La Barca 2a Pierre Nava

L'étape de Peniscola

Andalousie b Pierre Nava

Sur la route de l'Andalousie...

Moulin-b Pierre-San Jose 2

Au Cabo de Gata

Bateau Pierre Isleta 3b

La Isleta del Moro

Huebro Pierre vignette

Huebro, la montagne enchantée

Pierre-Nava-Guadix-4-copie-1

Guadix, les maisons troglodytiques

Rio Fardès

Le rio Fardés

16 octobre 2006 1 16 /10 /octobre /2006 01:09

 

 

Aveyron, sur les hauteurs du pays d'Olt :  le volcan de Roquelaure .

 

Je voulais pour ce premier article « anniversaire » , une page de carnet plus complète qu'à l'habitude, à la fois simple et exceptionnelle, qui nous permette de partir à la recherche de symboles forts et beaux comme la vie .

Dans un voyage sans prétention mais où nous rencontrerions la présence de ce « souffle » que je recherche en toutes choses, à commencer par les êtres que j'aime .

Il fallait que le rêve et l'évasion commencent sur le pas de ma porte ou pas très loin du point de départ de tous mes voyages, (ce petit coin d'Aveyron où je me ressource lorsque je ne suis pas en chemin) .

Afin qu'à travers cette « célébration », ce nouveau commencement, vous soyez comme invités chez moi à fêter ce 1er anniversaire .

Pour vous remercier de vos visites comptabilisées à 37400 ce jour, de votre fidélité, de la consultation des 163000 pages que vous avez vues !

Avec un grand bouquet d'air pur et de lumière qui puisse vous parvenir sans effort particulier : ici même à la lecture de cet article .

Cela commence par le soleil qui perce la brume dans la forêt : une image toujours magique et un signe de bon augure pour tout le reste de la journée ! (Photo Alain MARC)

C'est donc par une modeste mais originale randonnée, que je vous invite à commencer avec Ptit'Jo et moi-même la série des « articles anniversaires » .

Si je l'associe avec joie à ce projet, c'est que depuis la naissance de ce carnet en ligne, vous connaissez Ptit'Jo : il n'a jamais raté une aventure dans laquelle puisse se projeter son regard d'enfant, nous éclairant de sa spontanéité et de sa pureté, nous renvoyant à la nécessité de rechercher l'émerveillement sur chacun de nos pas, et puis c'est lui aussi un jeune « carnettiste » à sa façon !

La condition la plus élémentaire selon mon point de vue pour aborder le carnet de voyage . Curiosité, pouvoir d'écoute et d'adaptation, éveil et création, être colporteur de souvenirs pour compléter .

La Toison d'or de Ptit'Jo : un trésor inestimable qu'il n'abandonnera pas pendant les kilomètres de la randonnée ! (Photo Alain MARC)

Nous partons donc sur les hauteurs du pays d'Olt sur les pentes d'une butte basaltique singulière dominant de plusieurs centaines de mètres la vallée du Lot, appelée communément ici « le volcan de Roquelaure » à cause de ses étonnantes coulées de basalte prismatique et de ses dykes, portant le nom d'un petit village qui s'appuie contre l'un d'eux .

On ne dit pas pour désigner cette contrée « pays du Lot » mais « pays d'Olt », en continuité de son ancienne appellation évoquant la vivacité de ses coutumes, la beauté de ses paysages, et la douceur de son climat (voir mon carnet de voyage "Aveyron, carnet de routes" ) .

Notre randonnée est une boucle qui de la pointe la plus occidentale du « volcan » traverse le flanc nord pour aller jusqu'à l'extrémité orientale et revenir au point de départ par un très panoramique sentier de crête .

Elle ne fait que quelques kilomètres et on peut flâner à sa guise au gré des rencontres et des découvertes sur le trajet, parcourir ses immenses éboulis de prismes basaltiques (attention, le parcours sur les éboulis peut s'avèrer dangereux pour des chevilles fragiles), s'arrêter pour déjeuner à mi-parcours à l'excellent petit restaurant du village de Roquelaure et rentrer face au soleil en empruntant en grande partie le GR 620 depuis lequel la vue s'étend vers le nord du plateau de l'Aubrac jusqu'aux cimes du Lévézou et au Causse Comtal au sud .

On peut très bien faire la randonnée sans traverser les coulées de prismes basaltiques . Mais elles sont inévitables dans la première partie du trajet, lorsque celle-ci traverse la forêt hors sentier . (Photo Alain MARC)

Nous étions sur les éboulis basaltiques lorsque monta de la vallée une rumeur étrange et mystérieuse comme un tumulte sourd et lointain .

Le bruit était parfois recouvert par celui du vent, mais il se rapprochait par vagues sonores comme un écho qui n'en finissait pas, étonnante mélodie aux consonances multiples d'où émergeaient des beuglements de vaches . Quand il se précisa, plus accentué dans la pente, nous reconnûmes l'émouvante marche des troupeaux descendant de la montagne : de retour de transhumance les bêtes rentraient sur les fermes du causse Comtal après 5 mois d'estive dans les verts pâturages d'Aubrac . La tradition est toujours là, et même si la fête ne draine pas des foules comme à la montée du mois de mai, c'est toujours un moment magique qui nous remplit d'émotion . Un signe fort et un symbole de vie qui continue et se renouvelle, un joli un clin d'oeil du destin pour notre « randonnée anniversaire » !

C'était au mois de mai pour fêter la transhumance . Le troupeau accompagné des bergers, d'un accordéoniste et d'un « cabrétaïre » sort du village d'Aubrac pour rejoindre l'estive (on dit ici la « montagne ») qui lui est désignée . Il a parfois parcouru près de 40 km depuis les fermes lointaines du causse ou de la vallée . (Aquarelle Alain MARC)

Nous avons accompagné un troupeau et ses bergers quelques centaines de mètres, toujours autant attendris par la beauté de cette race d'Aubrac, unique en son genre avec son superbe pelage fauve, et ses grands yeux tendres et doux .

C'est l'arrière-garde du troupeau que nous avons accompagné . Tradition séculaire . Il y a moins de drapeaux et de trophées entre les cornes, mais l'émotion est toujours là : c'est un pur bonheur et un privilège que de pouvoir encore y assister . Je rajoute cette phrase après avoir suivi le très beau reportage de TF1 ce midi sur le retour des troupeaux dans les Pyrénées : la sonnaille au ton le plus grave et le plus sourd, (que l'on entend en nombre dans mon enregistrement ci-dessous), applelée en Rouergue la "clape", est destinée à donner le rythme de la marche au troupeau . En écoutant l'enregistrement, on le comprend bien, mieux : on le "voit" ! (Photo Alain MARC)

 Vous entrez dans ce voyage sonore en cliquant sur le bouton de lecture ; s'il ne se charge pas immédiatement attendez un peu et recommencez . Si vous n'avez pas de lecteur cliquez sur l'image et attendez le téléchargement du fichier son, cela ne durera plus d'une ou deux minutes (vous pourrez même enregistrer ce fichier sur votre ordinateur pour le réécouter quand il vous plaira) .

Nous avons aussi vu des troupeaux qui descendaient presque autant décorés qu'à la montée . De toute façon les vaches d'Aubrac sont toujours aussi belles et fières même peu ou pas pomponnées . (Aquarelle Alain MARC)

La halte de Roquelaure fut aussi un grand moment de complicité et de découverte : son château bâti sur le piton volcanique domine le village et coiffe l'ensemble d'une harmonieuse touche offrant au site une allure de lieu privilégié empreint de quiétude et d'intemporalité . Un endroit idéal pour oublier toutes les furies de la terre !

Le hameau de Roquelaure dominant la vallée du Lot sur fond d'Aubrac dans la lumière du soir . Je n'ai pas eu le temps d'en faire une aquarelle car nous n'étions qu'à la moitié du trajet et le soleil commençait grandement à décliner ! (Photo Alain MARC)

Quant au retour, il nous donna des ailes tant nous étions justement au dessus du monde sur cette crête lumineuse, si haute et paisible à la fois qu'on aurait cru marcher sur un sentier fait des rayons du soleil et de parcelles de ciel bleu .

En arrivant à la voiture, Ptit'Jo, serrant dans ses bras un trésor inestimable (un tapis de mousse ramassé dans la forêt), me dit des étoiles plein les yeux : « - Tu sais, avec ton logiciel de synthèse sonore, je te ferai une musique pour l'anniversaire de ton blog ! »

À suivre ...

Voici en orange le trajet de notre randonnée : on peut laisser la voiture au hameau de Fraysse (ce qui veut dire « le frêne »  en occitan) et descendre depuis l'antenne située dans le village à travers la forêt de Cervelaure vers le premier éboulis de basalte . Attention ce trajet entre les points notés A et B est difficile : le sentier est peu marqué au départ, la traversée des éboulis est difficile surtout en forêt, et il n'y a plus de sentier entre la première coulée de basalte et les granges de Guzoutou . Ensuite c'est une partie de plaisir avec un dénivelé positif de 200m environ . Carte IGN au 25000 Espalion 2438 E . (Carte ci-dessus : croquis d'Alain MARC) 

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10 octobre 2006 2 10 /10 /octobre /2006 20:01

En attendant le premier anniversaire du blog .

 

Vous l’avez remarqué : il y a peu d’articles ces jours-ci …

Faute à un surcroît de travail, peu de temps à consacrer à ces colonnes et des tas de projets qui se bousculent .

Mais ces lignes continuent au gré de mes voyages picturaux partagés, du pas de ma porte à de plus lointaines destinations .

Avec des articles nouveaux pour les semaines qui arrivent !

Pour cette fin d’année 2006 nous fêterons ensemble de diverses et originales façons ce premier anniversaire .

Retours vers le passé, reportages ou voyages inattendus où le carnet de voyage et la peinture seront au cœur de nos sujets .

Je vais aussi vous emmener dans des « premières », je ne vous en dis pas plus, vous découvrirez …

Pour commencer, vous allez découvrir des travaux inédits : peintures, croquis, aquarelles, notes de route qui ne sont jamais sortis des cartons à dessins, des carnets ou de l’atelier .

Parfois tout cela est intimement lié ….

 

« La ronde des jours » . (Aquarelle Alain MARC)

Celle-ci est abstraite . Mais elle exprime tout ce que j’aime dans la découverte d’êtres et de paysages nouveaux : que le « souffle » les habitent . Qu’ils soient porteurs de rêves et d’évasion . Afin que notre « ronde des jours » et le chemin parcouru soient toujours sources d’émerveillement …

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6 octobre 2006 5 06 /10 /octobre /2006 13:10

Le blog voyage différent, paysage en bleu et animation de Ptit'Jo .

Le temps passe très vite, je retrouve Ptit'Jo .

Je l'accompagne dans les allées au Futuroscope de Poitiers .

C'est l'année des robots .

Il y a longtemps que c'est l'année des robots .

Mais au Futuroscope c'est cette année ...

Nous parcourons les animations, nous jouons, nous courons .

Nous voyageons, communiquons, réfléchissons .

Comme dans le blog .

Ptit'Jo au Futuroscope . (Photo Alain MARC)

Je rêve d'une planète sans pollution, sans nuisances, sans destructions .

Je rêve d'un carnet de voyage universel .

Nous avons vu le peuple du ciel et de la mer .

Nous avons vu le grand spectacle de l'espace autour de la terre .

Le système solaire et puis ce que nous savons de l'univers .

Nous sommes petits, tout petits .

Nous ne savons pas grand-chose .

Plus nous en savons, moins nous en savons ...

Je lui dessine un paysage en bleu .

Comme la planète bleue .

Pur, (enfin le plus possible) .

Comme avant .

Mon « Paysage en bleu » . (Aquarelle Alain MARC)

Mais Ptit'Jo veut danser avec les robots .

Je l'accompagne et il rit de me voir étourdir par la machine .

Elle nous projette et nous secoue : nous y sommes bien attachés .

Du temps est encore passé .

Ptit'Jo est revenu et c'est lui qui dessine .

Pour lui,

Pour moi,

Pour vous .

Mais cette fois avec sa machine, sans crayons, sans couleurs .

Directement avec la souris, le clavier, les yeux rivés sur l'écran .

Il raconte l'histoire d'un petit garçon qui joue avec ses copains .

Ils vivent dans une grande ville du monde d'aujourd'hui .

Il me dit que si Archimède le grand savant avait eu la même machine,

Il aurait pu bâtir en un instant une ville comme celle de ces enfants qui jouent dans son animation .

Ptit'Jo m'explique qu'il ne faut pas craindre les machines

Car elles font traverser l'espace et le temps :

C'est comment nous nous en servons qui est important .

C'est vrai, c'est un peu grâce à elles que nous nous connaissons,

Que nous partageons sur la Toile cet échange

Sur les choses que nous aimons tant .

Sans le savoir nous faisons ensemble un beau voyage,

Et nous allons bientôt en fêter le premier anniversaire

Car ce blog, dans quelques jours, il aura déjà un an !

Ptit'Jo joue avec ses copains... Grâce à l'informatique il peut inventer des villes virtuelles et animées, réunir des communautés . Ah, si Archimède avait connu une telle invention : il aurait certainement créé plus que des villes, mais aussi de nouvelles formules pour servir l'humanité !

("La ville d'Archimède" animation de Ptit'Jo : il l'a réalisée tout seul dans les logiciels de dessin, édition sonore et montage, a choisi lui-même sa musique, ses sons, fait ses titres et mixé ses bruitages sans accepter mon aide mis à part mes conseils pour finaliser son projet dans Première et l'exporter au bon format vidéo . Il vient d'avoir 9 ans . )  Si l'animation ne se lance pas immédiatement après avoir cliqué sur bouton de lecture, attendre le chargement total de la vidéo avant de recommencer .

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3 octobre 2006 2 03 /10 /octobre /2006 20:24

Fulgurances de l’instant sur la trace des peintres de la lumière .

Un nouveau stage d’automne se termine au pays de Cézanne, Van Gogh, Gauguin, Brayer, Picasso … Et de combien d’autres qui ont parcouru ces contrées du soleil et du vent aux terres écarlates et pourpre, aux roches éclatantes comme la neige, des couleurs plein les yeux, plein le cœur à faire déborder le Rhône de larmes de bonheur ?

Je ne cesse de respirer la Provence, « ma » Provence devrais-je dire tant je la porte en moi comme un accomplissant secret .

Je retrouve dans ses chemins creux, sur ses sentiers et ses rocailles les mots d’un Matisse inspiré qui disait : « La lumière spirituelle naît de toutes les lumières absorbées » .

J’arpente les Alpilles et la Sainte Victoire en quête d’images empreintes de romantisme et de mélancolie, où la blanche roche du calcaire émerge de sa chevelure de pins dont les cimes blondes, ensoleillées, recouvrent le sous-bois pour mieux y cacher la mémoire des poètes et des peintres … J’y retrouve une muse qui ne m’a jamais abandonné . (Photo Alain MARC)

Je voudrais faire découvrir cela à mes stagiaires . Mais cela ne s’explique pas, ne se raconte pas, ne se dit pas . À peine peut-on essayer d’en transmettre l’évanescente perception, d’en partager la bouleversante intuition …

Cela se fait dans les fulgurances du regard, au premier ressenti des émotions nées de la simple et profonde immersion dans les chatoyantes vibrations du paysage méditerranéen .

 

Dans la lumière verte et bleue des oliviers, l’automne au pied du Luberon . Chacun peint sa Provence : celle qu’il découvre, celle qu’il portera pour toujours au fond de sa mémoire . Les séances s’enchaînent .

Les touches d’aquarelle sont toutes parfumées de lavande et de thym, de sarriette et de romarin . On ne peint pas ce que l’on voit mais ce que l’on devient à travers ce que l’on peint . On apprend plus que la technique dans certains stages d’aquarelle … (Photo Alain MARC)

Alors, peindre n’est plus peindre, voir n’est plus seulement regarder, ressentir est déjà exprimer et il faut aller vite, très vite, avant que le temps ne puisse nous rattraper si on veut lui échapper et prolonger l’instant dans un espace d’éternité qui restera à tout jamais gravé sur un petit bout de papier .

« Les Alpilles en Automne » (aquarelle d’Alain MARC 50 x 65 cm) . J’avais rapidement peint ce paysage à l’endroit même où Brayer avait peint son « Amandier aux Baux » . À grands coups de brosse, pour ne pas laisser évanouir mon émotion du premier instant . La nature flamboyait . Il faisait un peu de mistral . Le propriétaire du champ en dessous, avait coupé d’un coup de tronçonneuse les amandiers de Brayer . Mais les amandiers existeront pour toujours avec deux ou trois fleurs printanières au bout des branches décharnées …

En Luberon, les terres ocres de Roussillon, et le village qui garde encore sa couleur de braise et d’écorce d’orange une fois la nuit tombée, on bercés mes nuits . J’ai cru entendre Van Gogh qui me parlait de la mer et me disait : « …on ne sait pas toujours si c'est vert ou violet, on ne sait pas toujours si c'est bleu car la seconde d'après, le reflet changeant a pris une teinte rose ou grise » .

J’ai attendu le lendemain afin de voir le soleil se coucher et s’insinuer dans les ravines pour s’incarner dans les roches et jouer lui aussi le peintre des derniers instants de la journée … Il a ensuite embrasé l’espace en inondant nos yeux d’amour avec tout ce qu’il n’avait pas déposé sur les rochers .

Car il n’est point de regard faisant évoluer notre art qui ne passe par un sentiment d’amour lorsque la nature s’en mêle . On comprend mieux en regardant les terres ocres de Roussillon se parer des teintes du couchant combien toutes les nuances de la lumière se sont ainsi posées sur les pinceaux des plus grands peintres, servant aussi bien l'impressionnisme que le fauvisme, inspirant toujours le moindre amateur de couleurs … (Photo Alain MARC)

Cette problématique de la lumière qui passe vite, qui change sans arrêt, et puis qui disparaît, est au cœur même de la peinture à l’aquarelle : c’est la lumière qui lui dit que le temps est compté si du motif on ne veut être prisonnier mais au contraire par elle se libérer .

C’est ce que je nomme la « fulgurance de l’instant » : bien observer, aller à l’essentiel oublier les formes pour ne plus faire corps qu’avec l’ombre et la clarté . S’en abreuver et poser les couleurs … Peu importe que le produit qui en naît soit synthétique ou abstrait . Au contraire, quelques taches sont suffisantes pour traduire plus et mieux que la beauté du monde : son essence de vérité, sa présence révélée à notre conscience dans sa pureté .

Ici, le soleil pare d’or et d’éclats cendrés les reliefs de la falaise au dessus du sentier, dans le parc derrière l’atelier . Impossibilité de céder à la tentation figurative tant la nature sait faire abstrait ! (Aquarelle d’Alain MARC 22 x 31 cm)

Savoir se positionner par rapport à la lumière est aussi une nécessité .

Si je choisis très souvent le contre-jour, c’est qu’il apporte la transparence à la luminosité, en accentuant les contrastes, les rendant plus profonds dans les parties bouchées . Les ombres sont alors magiques dans leurs radiations bleutées . Il faut attendre les heures tardives, ou bien vouloir très tôt se lever pour bien en percevoir les nuances et pouvoir les noter .

C’est le jardin d’automne de la marchande de fleurs du village de Vaugines, le soir à contre-jour . Observez . Regardez comme cet ensemble est abstrait . Fermez presque les paupières, laissez le flou entre vos cils resserrés : on retrouve dans le fond des frondaisons de la forêt (mais en bien plus sourd, à peine rabattu), le bleu cobalt des fleurs du premier plan avec un soupçon du rose mauve de celles du second plan mélangés . - C’est que la lumière reprend à son compte les mélanges chromatiques des couleurs naturelles isolées si on sait convenablement par rapport à elle se placer . Jamais en éclairage frontal ou même latéral nous ne percevrions ces subtilités ! (Photo Alain MARC)

Je ne cite guère les lieux où nous avons été . Ils étaient tous enchanteurs dès l’instant où nous savions comment les regarder . C’était comme un carnet de voyage où le nom des étapes était sans importance puisque la lumière nous guidait . Un voyage au rythme des saveurs du regard qui nourrissent notre pensée … Je crois que le passage par la Provence est un passage obligé pour un artiste qui veut avancer . Et je ne parle pas seulement des paysagistes, des figuratifs, ou autres peintres de chevalet . Abstraits, informels, ou même conceptuels peuvent ici se ressourcer .

En ce qui nous concerne nous étions là pour l’aquarelle et ses modestes nécessités ; mais j’ai souvent trouvé sous le ciel de Provence les idées de grandes toiles relevant d’une autre forme de peinture sur laquelle j’aime me pencher mais dont je vous ai bien peu parlé …

Un jour peut-être … En attendant ces « Arbres en Luberon » très rapidement réalisés ne sont que des taches, mais ils restent pour moi le reflet d’une émotion et d’un moment privilégié qui n’a duré qu’un instant . Je les garde pour très longtemps ainsi posés sur le papier ... (Aquarelle d’Alain MARC 22 x 31 cm)  

Encore des taches : c’est la plaine au pied des Baux-de-Provence … (Aquarelle d’Alain MARC 15 x 15 cm)

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30 septembre 2006 6 30 /09 /septembre /2006 21:44

L’huile d’argan :

 

Il ne reste plus qu’à filtrer l’huile en la versant dans les jarres ou dans les bouteilles où elle sera entreposée, quelquefois dans des récipients de plastique, mais ce n’est pas le meilleur des récipients pour la conserver . Il vaut mieux qu’elle ne s’évente pas trop, et qu’elle soit consommée le plus vite possible, c’est pour cette raison qu’elle était traditionnellement élaborée au fur et à mesure des besoins de la consommation familiale . On la mettait alors dans des « taxsayt’n wargan » (calebasses séchées) et elle était consommée assez rapidement .

Antique jarre berbère du sud-ouest de Marrakech . Peut-être semblable à celles qui contiennent encore de l’huile d’argan entre Essaouira et le pays d’Agadir … Je suis séduit par la simple beauté des motifs ocres-rouges et bruns qui décorent cet objet usuel . Ils ressemblent à d’autres motifs ornant certaines de nos poteries néolithiques du sud de la France . (Collection personnelle et photo Alain MARC)

Les vertus de cette huile sont tout à fait extraordinaires .

Pour les soins du corps d’abord : essentiellement composée d'acides gras insaturés, elle sera surtout destinée aux soins de la peau (c’est un excellent anti-rides) . Elle protège aussi le tissu conjonctif, adoucit les cheveux et est souvent utilisée dans le traitement de l’acné, de la varicelle, et pour fortifier les ongles cassants .

Pour ses qualités culinaires ensuite : son goût est généralement très prisé, et sa richesse en matières grasses de type oléique-linoléique lui donne des pouvoirs particuliers . Les acides gras insaturés qu’elle contient en quantité plus importante (80% environ) ne présentent aucun problème de digestion par l'organisme humain, et sont considérés en ingestion régulière et équilibrée comme très efficaces contre le cholestérol et anticancérigènes .

L'huile est par ailleurs préconisée dans les régions de l’arganier pour prévenir les maladies cardio-vasculaires, les risques d’infarctus du myocarde, traiter les problèmes de surdité chronique et de maux d'oreille, lutter contre les rhumatismes et les douleurs articulaires, les risques de fausses couches et de stérilité .

On lui attribue enfin de formidables aptitudes à stimuler et développer la capacité cérébrale …

« Dans la cave aux huiles » (gravure au plâtre d’Alain MARC 15 x 14,7 cm), hommage aux femmes des coopératives de la région du pays des arganiers . C’est donc une gravure au plâtre . Elle représente la porte d’une cave où seraient entreposées de jolies jarres bleues contenant chacune le merveilleux trésor de l’huile d’argan . Je leur dédie cette série d’articles, et j’offrirai à celles qui ont accepté de poser pour moi dans une sympathique coopérative située au bord de la route à quelques kilomètres en partant d’Essaouira (à gauche direction Marrakech), l’autorisation d’utiliser ces motifs sous forme de cartes postales ou sous toute autre forme si cela leur est utile pour ajouter quelques Dirhams à leurs maigres revenus .

Si vous passez par-là arrêtez-vous, saluez-les de ma part et achetez-leur l’excellente huile qu’elles fabriquent : vous en garderez un merveilleux souvenir, vous ferez une bonne action, et vous vous ferez un sacré plaisir !

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27 septembre 2006 3 27 /09 /septembre /2006 21:34

Le pressage de la pâte à la main :

 

C’est la dernière opération, la plus importante car c’est d’elle que va naître l’huile avant d’être filtrée .

Les femmes se sont à nouveau regroupées, et chacune devant son tazlaft’n yîzmi (le plat à bec versoir) malaxe de la main l’amlû, cette pâte molle obtenue par le broyage à la meule des tiznin, les amandes des noix d’arganier .

Ce n’est pas une mince affaire ! Il faut verser sur cette pâte, à l’aide aghwnja (sorte de cuillère creuse), ou avec un pichet à bec fin, un peu d’eau tiède (aman ulbanin) et mélanger le tout jusqu’à ce que la pâte se forme en petits grumeaux dans le creux de la main . Le résultat ressemble à du couscous brillant et ambré .

On pense à ce stade du travail que 100 kg de fruits mûrs et plus de quinze heures de concassage, torréfaction, passage à la meule, malaxage, pressage, ont tout juste suffits pour obtenir un litre d’huile qui servira à l'alimentation ou au soin du corps, suivant la nature des tiznin utilisés, torréfiés ou pas ! (Aquarelle Alain MARC 21 x 29,7 cm)

C’est à ce moment-là que les grumeaux commencent à s’agglomèrer et à former la tazgemmut (ou tazegmut), nageant dans l’huile d’argan .

La tazgemmut est enfin pressée (c’est l’îzmi : le pressage) pour en extraire le plus possible l’huile qu’elle contient encore .

Il ne reste plus après pressage et extraction de l’huile qu’un résidu brun légèrement feuilleté comme des copeaux qui est le tourteau (tazgemmut toujours) qui sera donné comme nourriture au bétail pendant l’hiver car il est extrêmement nutritif puis qu’il contient encore 45% d’huile ne pouvant être extraite d’une façon aussi artisanale .

On pense à ce stade du travail que 100 kg de fruits mûrs et plus de quinze heures de concassage, torréfaction, passage à la meule, malaxage, pressage, ont tout juste suffits pour obtenir un litre qui servira à l'alimentation ou au soin du corps, suivant la nature des tiznin utilisé, torréfiés ou pas !

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23 septembre 2006 6 23 /09 /septembre /2006 21:30

Le passage à la meule des amandes d’arganier .

 

Voici venu le moment tant attendu où l’huile d’argan commence à exister (en partie) grâce à la meule de pierre appelée « azerg’n tîznin »  avec laquelle on va moudre les tiznin (amandes) . Travail de force non négligeable, car pendant qu’on introduit les amandes d’une main dans le conduit central de la meule (ouverture traversant la pierre à cet effet), il faut de l’autre main faire tourner la partie supérieure de la meule avec le manche de bois, ce qui devient vite fatiguant .

 

J’ai toujours été ému et émerveillé par le patient et ingénieux travail de ces femmes qui participent depuis la nuit des temps à l’équilibre et à la nourriture de leur foyer, à travers l’élaboration de cette huile si précieuse qui nous est restée inconnue si longtemps . (Aquarelle Alain MARC 21 x 29,7 cm)

On dispose en dessous de la meule qui est légèrement surélevée un plat de terre spécial, le « tazlaft’n yîzmi », muni d’un conduit qui servira plus tard à verser l’huile dans les récipients à filtres destinés à la récupérer . Mais nous n’en sommes pas encore là, car toutes les opérations ne sont pas encore terminées .

Effectivement, ce n’est pas de l’huile mais une sorte de pâte nommée amlû qui sort de la meule et s’écoule dans le tazlaft’n yîzmi !

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20 septembre 2006 3 20 /09 /septembre /2006 11:44

La torréfaction, étape décisive .

C’est le moment de « l’asslay », au dessus du feu, préparé de différentes façons (généralement sur de petits fourneaux de terre ou de fonte), ou sur des chaufferettes à braises .

Les tiznin, amandes dégagées de la carapace du noyau lors du concassage (l’awrag), sont mises sans grosses quantités dans un afellun, plat d’assez grande dimension en terre posé au dessus du feux ou des braises .

L’opération est délicate car il s’agit de torréfier les tiznin sans les brûler .

Aussi ce sont les femmes les plus expertes qui se chargent de cette tâche en surveillant bien le feu pour qu’il reste doux, tout en brassant doucement les tiznin dans l’afellun afin qu’ils ne grillent que très légèrement, et surtout tous de la même façon .

 

Pendant la torréfaction, l’eau contenue dans les tiznin s’évapore, ce qui entraîne la destruction des substances non lipidiques (dont la saponine qui peut s’avérer nocive en forte ingestion), et l’huile qui était retenue en émulsion dans le suc cellulaire retrouve son homogénéité au sein des amandes, tout en leur donnant un goût prononcé de noisette . (Aquarelle Alain MARC 21 x 29,7 cm)

Cette étape de la torréfaction est importante, car certaines huiles sont fabriquées sans les torréfier : elles sont alors de couleur jaune d’or (et dites « pressées à froid ») et destinées aux soins du corps, alors que celles, bien plus ambrées qui sont réalisées traditionnellement avec les amandons torréfiés, seront réservées aux préparations culinaires, particulièrement appréciées pour leurs qualités aromatiques .

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18 septembre 2006 1 18 /09 /septembre /2006 10:11

Spectaculaire et minutieux geste du concassage des noix d’argan .

 

Les « aqqayn », (noyaux des noix de l’arganier débarrassés de leur pulpe au pluriel), sont maintenant toutes réunies dans des paniers .

Les femmes se livrent à présent au travail le plus spectaculaire mais aussi le plus fastidieux et le plus délicat de la chaîne de fabrication de l’huile d’argan : l’awrag, le concassage des noyaux .

C’est qu’il faut une grande habileté pour tenir entre 2 doigts le noyau lisse et glissant bloqué sur l’enclume de pierre (appelée « assargw’n wawrag »), et frapper de l’autre main d’un coup sec la tranche de clivage de ce noyau avec une autre pierre (la « taggunt’n wawrag ») aux allures à la fois de galet et de hache polie, pour extraire l’amandon (le « tîznint ») si précieux : … mes essais personnels se sont toujours soldés par des doigts écrasés et les fous rires de l’assemblée !

 

Les concasseuses, (appelées « timragin »), se rassemblent en une tiwizi (réunion d’aide collective) au cours de laquelle elles se retrouvent traditionnellement de douar en douar ou dans une coopérative, pour concasser ensemble ces milliers d’aqqayn, en extraire les tîznin, les trier, les préparer et réaliser toutes les opérations que nous allons bientôt découvrir, afin d’élaborer leur si précieux liquide… (Aquarelle Alain MARC 21 x 29,7 cm)

Il faut dire qu’une « aqqa», (noyau d’argan au singulier) est 6 à 7 fois plus dure qu’une noisette, et qu’il faut environ 800 Kg d’aqqayn (noix séchées - pluriel -), pour en extraire 40 kg d’amendons seulement !

Ces 40 kg d’amendons ( « tîznin » au pluriel) ne fourniront à leur tour que 18 litres d’huile d’argan, après une suite d’opérations qui est encore loin d’être terminée au moment de l’awrag …

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15 septembre 2006 5 15 /09 /septembre /2006 16:33

Réponse à une question de pratique picturale .

Je réponds à la question suivante (puisque lors de ma réponse directe au commentaire le lien avec les photos ne s'est pas bien fait dans l'article concerné) au sujet de ma série d'aquarelles consacrées à l'arganier et en particulier celle qui débute les phases de travail de l'élaboration de l'huile d'argan  :

- Tes aquarelles, tu les a faites entièrement devant le sujet ?? ou tu les a fignolées plus tard ??

Ma réponse : - généralement et chaque fois que je le peux je fais mes aquarelles sur le motif, surtout si je veux traduire une atmosphère qui lui est intimement liée . Il m'arrive aussi très souvent de faire sur le motif (ou tout à côté si je ne peux plus le voir car il a disparu - animaux, scènes fugaces -) une aquarelle très synthétique ou "abstraite" qui se détache complètement de la réalité en essayant d'en conserver "l'essence", (l'âme ou l'esprit en quelque sorte), ou bien à partir de la vision qu'il m'en reste en mémoire lorsque cette réalité a été forte et surtout très prégnante (exemple mes aquarelles de vol libre) .

Dans le cas qui nous intéresse ici, où j'avais peu de temps pour faire un travail élaboré, je te réponds "les deux", puisqu'un (ou plusieurs) croquis ont été réalisés sur le motif, généralement en prise de notes rapides (car je n'avais le temps de peindre entièrement plus d'un ou deux sujets) et terminés ou recommencés ensuite grâce à ces prises de notes . 

C'est à partir de ces croquis que j'ai réalisé les motifs de ces femmes travaillant pour la fabrication de l'huile d'argan : directement (mais un peu plus tard comme je l'explique) en peignant sur les croquis eux-mêmes, ou bien carrément recommencés et peints sur une autre feuille dès que j'ai 5 mn et que ma mémoire de la scène est encore vivace .

Lorsque j'ai un tout petit peu plus de temps je mets en place les couleurs les plus importantes (celles qui sont déterminantes pour la compréhension, la mise en valeur ou l'impact visuel du sujet), et je laisse le reste du croquis inachevé, comme dans l'ébauche du village de Coubisou .

 Quand je n'ai pratiquement pas de temps du tout, je travaille d'après photos, mais le résultat est toujours moins spontané .

Le plus important quand on débute ce genre d'approche sur le motif est d'évaluer au premier contact avec le sujet le temps qu'il va nous falloir pour le traiter dans tous les cas de figure :

- en aquarelle "aboutie",

- en croquis aquarellé (ou aquarelle rehaussée si on est bon dans cette expression),

- en croquis et prise de notes,

- en prise de notes sommaire seule .

Il faut alors du premier coup d'oeil voir dans quel type de travail s'engager si on veut être efficace .

Il est souvent préférable de faire plusieurs croquis aquarellés ou prises de notes qu'une seule aquarelle aboutie, mais ce choix dépend de chacun, et le contexte de travail autant que la nature du motif, (son importance ou non dans une démarche globale par exemple), sont déterminants .

Dans le cas de l'aquarelle qui nous concerne ici, j'ai travaillé d'après le croquis ci-dessous, d'autant plus qu'il me fallait "recomposer" la scène, (des sacs très gênants cachaient le tri des noix, et on ne comprenait rien à ce qu'elle faisait)  :

La plupart des aquarelles des prochains articles sont faites ainsi sauf une entièrement faite sur le vif .

Quand on fait cela, il faut sans arrêt penser à noter les couleurs et les ombres ne serait-ce que par des hachures .

L'habitude et l'expérience permettent de terminer "en aveugle" par la suite, en ne se trompant que très peu par rapport aux couleurs, au modelé et  à la lumière .

Je préciserai plus tard comment réussir une "prise de notes" ce qui fait progresser, tout en cultivant sa mémoire ...

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